Aucun rapport entre l'acteur ultra-bankable du cinéma français et le comédien US hors pair ? Pas sûr… Cette semaine, dans » Cash » , Jean Dujardin pastiche laborieusement le style Clooney. Quant à George, dans » Jeux de dupes » , son troisième film, il se prend pour Cary Grant. Tout cela est-il bien raisonnable ?
» Cash » ou l'application de recettes éprouvées

» Cash » d'Eric Besnard cumule tous les ingrédients du film-marketing. Le casting est calibré pour le prime-time : Jean Dujardin, acteur bankable par excellence, Jean Reno, comédien français numéro 1 à l'exportation, Alice Taglioni, à l'affiche de trois films et de cinq journaux féminins en un mois…
Le scénario est ponctué d'arnaques, de coups de bluff, de poker menteur et de retournements de situations -jusqu'à la toute dernière séquence, rien n'est sûr- qui lorgne sur la série des « Ocean's » (Eleven, Twelve et Thirteen de Steven Soderbergh), de « l'Affaire Thomas Crowne » et des histoires à tiroir chères à David Mamet.
Les décors de rêve, sont eux aussi très exportables (lofts, terrasses et ponts de Paris illuminés, bureaux de flics taillés dans le bois blond et le marbre gris -qui a longé une fois le quai des Orfèvres, à Paris, se pince- villas et hôtels de luxe semblables à l'Eden Roc, sur la riviera, bateaux dignes de « Miami Vice » de Michael Mann).
Malgré ses baisses de rythme et ses arnaques peu vraisemblables, » Cash » devrait donc très bien marcher, en France comme ailleurs dans le monde. Même s'il ne convainc pas, il est fait pour ça.
Au programme, « split-screens » dans tous les sens (Eric Besnard a décidément bien révisé son petit Soderbergh illustré), coolitude et nonchalance, lesquelles reviennent à Jean Dujardin, qui assure comme il peut dans le registre de » Clooney français » . L'acteur -et c'est une première- oublie l'ironie d'un Hubert Bonisseur de la Bath (OSS 117) pour jouer le charme au premier degré.
Offrir des brassées de roses blanches, courir sur des toits de bagnoles à l'arrêt afin d'échapper à de gros bras extrêmement motivés ou se jeter comme un félin sur une Alice Taglioni aux lèvres retroussées. Dujardin laisserait, ça et là, tomber un » what else ? » ou se lancerait dans une violente diatribe anti-Bush que personne n'en serait étonné.
Questions ? Est-il crédible et où se situe l'intérêt d'un french « Ocean'Eleven » ? Réponse : l'acteur a l'air ailleurs et nulle part. Luxueux mais vain, entourloupé à souhait mais cinématographiquement paresseux, » Cash » n'est qu'un avatar glamour de plus dans une production française à bout de souffle. L'application revendiquée d'une recette éprouvée.
» Jeux de dupes » , l'autre pastiche de la semaine

Semaine de tous les pastiches ? Il faut croire. Alors que Michael Haneke signe le remake US de son » Funny Games » autrichien et que Jean Dujardin s'essaie péniblement à la » Clooney's Touch » , ledit George Clooney, lui, cherche à se métamorphoser en Cary Grant.
Avec » Jeux de dupes » , son troisième film en tant que réalisateur, de loin le moins convaincant, l'homme parfait (acteur impeccable, producteur audacieux, citoyen toujours engagé du bon côté…) signe une comédie qui lorgne avec ostentation sur les classiques endiablés des années 1930 et 1940, en premier lieu ceux d'Howard Hawks.
L'argument ? Capitaine et mentor d'une équipe de football américain, Dodge Connoly (Clooney, himself) cherche désespérément à rendre populaire un sport qui, en l'an 1925, balbutie encore. Roublard et malin, il débauche la vedette d'une autre équipe, célèbre pour avoir accompli des exploits durant la grande guerre sur d'autres champs de batailles. Une journaliste, censée couvrir l'actualité des matches, enquête sur le héros militaire, peut-être un imposteur.
Le mensonge et la manipulation, l'Amérique et ses fantômes… Si les deux premiers films de Clooney ( » Confessions d'un homme dangereux » , » Good Night and Good Luck » ) labouraient ces thématiques de premier choix avec une certaine gravité, » Jeux de dupes » préfère rire de tout et fustige l'esprit de sérieux à chaque instant. Noble intention.
Hélas, le film n'est la plupart du temps qu'une pâle imitation de ses modèles avoués. Rien ne marche. Ni le rythme, moins vif que répétitif. Ni l'humour, moins léger que péniblement volontariste… Même constat tristounet côté casting. Clooney-acteur écarquille les yeux, sourit béatement, mais son charme irrésistible se transforme pour une fois en auto-parodie un rien cabotine.
Quant à Renée Zellweger (la journaliste), elle peine à incarner le raffinement séducteur, à haute teneur érotique, dont témoignaient les héroïnes de Hawks, notamment Rosalind Russell dans » La Dame du vendredi » . Bref, » Jeux de dupes » , dans son genre, a tout du ratage. Ce qui nous apprend au moins une chose : George Clooney est bien un homme comme toute le monde. Susceptible, donc, de se planter. C'est fait.
► Cash de Eric Besnard - 1h40 - avec Jean Dujardin, Alice Taglioni et François Berléand.
► Jeux de dupes de George Clooney - 1h54 - avec George Clooney, Renée Zellweger et John Krasinski.




















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De pomme53
Médiation | 18H41 | 23/04/2008 |
Courage Nathalie LAURENT, vous ferez d'autres reportages et nous ferons d'autres commentaires…
à pomme53
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 01H10 | 24/04/2008 |
Le sujet a le mérite de ne pas trop solliciter nos neurones et ça tombe bien : en la matière ni Dujardin ni Clooney ne semblent pratiquer l'élevage en batterie (reconnaissons toutefois au second le mérite de défendre quelques nobles causes entre deux pauses café).
Oui, Clooney veut avant de briguer la Maison Blanche laisser l'image d'un acteur plus « auteur » que Gubernator Schwartzy. Oui, il aimerait conserver sur la pellicule un souvenir comparable à celui de Cary Grant. En dépit d'un menton à la Jay Leno.
Comme acteur, il est d'une vanité très classique et refuse des rôles qui risqueraient de porter atteinte à son statut. Seule exception à ma connaissance : sa performance secondaire dans « Welcome To Collinwood », mais avec la casquette de producteur en prime. Sean Connery et Cary Grant s'étaient livré à ce type de pitreries sans aller bien loin non plus - ces acteurs populaires ne sont pas pour autant reconnus comme de grands acteurs au sens fort du terme.
Dujardin me parait un poil moins attaché à son look et plus à même de surprendre à l'avenir. Dans un style proche, un Dupontel a déjà parcouru beaucoup plus de chemin.
à stephanemot
De ras-la-patience
09H24 | 24/04/2008 |
moi ce qui me surprendrait chez Dujardin ; ce serait de le voir jouer quelque chose d'intéressant.
à pomme53
De mickafrench
Ecossaise, un physique de rêve avec... | 06H40 | 24/04/2008 |
Des nouvelles de…
Il est grand temps que les « faiseurs de cinéma » français viennent prendre des cours chez nous autres, britanniques !
Scenarii ridicules, castings entre cousins, musique cheap, acteurs « j'expiriens », prises de vues à la sauvage. Un must.
C'est le ch'ti cinéma franchouillard.
Au fait, qui est la rédactrice de ce truc ? Cette Mme Nathalie LAURENT ?
« Les décors de rêve, sont eux aussi très exportables (lofts, terrasses et ponts de Paris illuminés, bureaux de flics taillé dans le bois blond et le marbre gris -qui a longé une fois le quai des Orfèvres, à Paris, se pince- villas et hôtels de luxe semblables à l'Eden Roc, sur la riviera, bateaux dignes de “Miami Vice” de Michael Mann) ».
Plus l'orthographe : « bureaux de flics tailléS » !
What is she muy bien parlando de che cosa about that indeed ?
Allez, pour se détendre et pour que le texte de Madame devienne plus limpide, on va s'écouter un petit : « Prisencolinensinainciusol » (Allright) par Adriano Celentano…
Micka FRENCH
« Les plus grosses queues ne font pas les meilleurs fruits » par Micka FRENCH sur UNBLOG.
http://mickafrench.unblog.fr
à mickafrench
De guerzit
Incomprenant majeur | 09H51 | 24/04/2008 |
Super. Jamais content… Gnagnagnagna….
De framboise59
19H00 | 23/04/2008 |
Rooh Nathalie, le monde est dur, de beaux garçons gentlemen cambrioleurs sur grand écran chuis pas contre. En revanche, mon mari est allergique à George comme d'autres aux acariens… enfin il a vu Cash sans râler rapport à Alice Taglioni.
De compte supprimé 13
19H19 | 23/04/2008 |
quel charabia !
ultra-bankable
comédien US
casting
prime-time
bankable
« split-screens »
« what else ? “
french
‘Clooney's Touch’
Clooney, himself
coolitude
passons sur les :
film-marketing
bluff
poker
glamour
remake
à compte supprimé 13
De Dooley
22H26 | 23/04/2008 |
en effet, serait-ce une honte d'être compris par tous ?
à Dooley
De Lupus Michaelis
Instantiation en cours... | 01H31 | 24/04/2008 |
C'est amusant, c'est souvent le genre de réflexion que j'obtiens lorsque j'utilise du vocabulaire rare, français.
On ne peut malheureusement pas être compris de tous, la langue n'est pas la garantie de la compréhension, alors pourquoi s'offusquer systématiquement de l'emploi d'idiotismes ?
Je ne vois les mots que comme des conventions pour désigner des concepts. Ce ne sont pas les mots qui renferment le contenu, il ne font que le transporter.
à compte supprimé 13
De guerzit
Incomprenant majeur | 09H51 | 24/04/2008 |
Gnagnagnagnagnagnagnagnagnagna….
De Bardamu
difficile | 19H48 | 23/04/2008 |
What else ?
à Bardamu
De parti
punishment park | 22H59 | 23/04/2008 |
espèce de fils de pub ! pas mal j'admets
à Bardamu
De léo solo
11H46 | 24/04/2008 |
- what else ?
- cloner Dujardin.
De emachedé
19H49 | 23/04/2008 |
Et sur le net on peut même trouvé Sarkozy parodiant Jean Dujardin dans Cash ! A moins que cela ne soit l'inverse ?
http://cpolitic.wordpress.com/2008/04/16/affiche-de-cinema-cash/
De netchou
assis devant le clavier,m'sieur le ... | 20H47 | 23/04/2008 |
Jean Dujardin,c'est un être sympathique,bonje connais trés peu son c.v hormis un gars ,une fille et un film ou il est vetu de jaune…Fait de mal à personne.'Tain ,ça sonne !
De Autre raleur
20H55 | 23/04/2008 |
Au sujet de « George Clooney en Cary Grant » (si j'ai bien compris ce que ça voulait dire). Il y avait déjà notamment Intolérable cruauté des frères Coen. Certe, Clooney n'était pas réalisateur.
à Autre raleur
De parti
punishment park | 21H10 | 23/04/2008 |
en quoi peut-on comparer clooney et grant en regardant une daube comme intolérable cruauté ? simplement en se faisant un « petit » l'impossible monsieur bébé…quant à dujardin il attend toujours son McCarey…
à parti
De Autre raleur
23H27 | 23/04/2008 |
Je n'ai pas parlé de comparaisons.
à Autre raleur
De parti
punishment park | 23H48 | 23/04/2008 |
certeS
De pfff
21H20 | 23/04/2008 |
1437 visites ; 10 votes ; 8 réactions ? ? ?
à pfff
De parti
punishment park | 23H11 | 23/04/2008 |
pfff
De dilo
23H33 | 23/04/2008 |
Il faut bien admettre que l'affiche de Cash est la copie conforme de celle d'Ocean's Eleven. Fallait oser quand même.
Quant à Dujardin, il me fait plutôt penser à Belmondo plus qu'à Clooney. Il le cite comme son modèle, et ses choix de films (comédies, action) vont dans ce sens.
à dilo
De parti
punishment park | 23H49 | 23/04/2008 |
bebel maintenant ? pov dujardin !
à dilo
De prez
20H43 | 24/04/2008 |
La copie d'Ocean's Eleven, et la même maquette que l'affiche du film de Clooney ! Où s'arrètera la créativité… ?
De FdT
En pleine décroissance | 00H23 | 24/04/2008 |
Je fais presque une réaction allergique épidermique à la vue des affiches de ces films franchouillards pâles copies du style états-uniens.
Quitte à m'avilir, à insulter mon génie insondable : -) en regardant une daube cinématographique à vocation purement commerciale je préfère encore l'original…ces erzatzs franchouillards sont si ridicules et tellement symptômatiques du sacrifice de notre culture sur l'autel du dieu « rentabilité » !
De Petit_ours
actuellement étudiant en Argentine | 06H53 | 24/04/2008 |
Ben disons que pour moi, Dujardin est le symptôme de la mainmise de la télé sur le ciné français. Sorti d'une émission à succès, (marrante du reste, je dis pas), il se propulse sur grand écran sur les épaules qu'il avait d'abord passé à l'éprouvette du petit, sur dès lors d'avoir l'œil et l'oreille (ou les deux oreilles et la queue ? ) des ados (mes oreilles et ma patience souffre encore de ces grands gestes accompagnés de voix déraillantes et semipubères : « hooo, j't'ai cassééé » (j'ai 22 ans, c'étaient mes années lycées.)).
C'est le symptôme du nouvel orgueil national : ces nouvelles fiertés nationales dont on nous assure que ça va conquérir le monde et que ça nous plaît.
S'il vous plaît, laissez moi regarder les Tontons Flingueurs.
Et si vous voulez du bon acteur français, cherchez plus les Cornillac, Magimel, Dupontel, et j'en laisse en route.
à Petit_ours
De mickafrench
Ecossaise, un physique de rêve avec... | 07H08 | 24/04/2008 |
Les « Tontons », certes… mais aussi « Ne nous fâchons pas »…
Micka FRENCH
à Petit_ours
De ljos
photographe / géologue | 09H10 | 24/04/2008 |
vous devriez regarder « les convoyeurs » …. Dujardin a, je pense, plus d'une corde à son arc … il faudrait simplement qu'un réalisateur est le cran de lui proposer autre chose …
… de la même façon que Berri a sorti Auteuil de la médiocrité pour lui faire jouer un Ugolin magnifique … on connait la suite.
Il suffit souvent d'un rien pour transformer un acteur. Enfin … s'il est vraiment acteur ….
à ljos
De ras-la-patience
09H33 | 24/04/2008 |
dans les convoyeurs, Dujardin n'était pas meilleur que d'habitude, surtout face à Dupontel.
à ras-la-patience
De Perez
ingé & zikos | 15H36 | 24/04/2008 |
bah si…et toc l'argument qui tue