La Chine peut crier victoire dans la tension avec la France

(De Pékin) J'ai assisté lundi soir à Pékin, à la représentation d'un ballet franco-chinois intitulé "In the mood for love", comme le célèbre film. Mais entre la France et la Chine, l'ambiance n'est assurément pas à l'amour, elle serait plutôt au désamour.

Parmi tous les pays qui ont critiqué la Chine après les incidents du Tibet, la France est particulièrement montrée du doigt, d'abord parce que c'est à Paris que la flamme olympique a été la plus malmenée. Et que la France avait été placée sur un piédestal par la politique suivie par Paris, de De Gaulle à Jacques Chirac. La réaction outrancière d'une frange nationaliste de l'opinion, tolérée jusqu'à une limite par le pouvoir chinois, est à la mesure de cette désillusion.

Mais il y a un vaste malentendu dans ce désamour. Les Chinois des villes, ceux que l'on rencontre, que l'on entend, ont le sentiment de vivre dans un pays qui a connu d'immenses progrès, et qui sera l'une, voire LA puissance du XXIe siècle. Ils en sont fiers, après un siècle et demi d'échecs et d'impuissance. Tant que le parti communiste leur assure cette croissance et ce regain de statut, il aura l'appui de la nouvelle classe urbaine.

Or l'image que leur renvoient les manifestants occidentaux, est celle de leur arrière cour, tout aussi réelle, mais qu'ils veulent oublier: celle de l'oppression des Tibétains, de la peine de mort à tout va, de l'absence d'Etat de droit ou de l'exploitation de la main d'oeuvre. Ils refusent de s'y reconnaître, et, encouragés par le parti communiste, défendent leur rêve chinois écorné par les étrangers. Un dialogue impossible tant que chacun n'intègrera pas la part de vérité de l'autre.

Ce qui a distingué la France, aussi, c'est l'hésitation de ses gouvernants, qui ont semblé ballotés entre les différentes sensibilités, les réactions de l'opinion, et les brusques inflexions. Les Chinois n'ont toujours pas compris où se situe Paris, pourquoi Nicolas Sarkozy viendra ou ne viendra pas à la cérémonie d'ouverture des JO. La France est-elle une amie, s'est publiquement interrogée la porte parole chinoise.

Les gestes actuels, comme l'invitation faite à l'athlète chinoise Jin Jing bousculée à Paris et devenue le symbole de cette crise, ou encore les messages d'amitié amenés par des émissaires de haut rang, permettront peut-être de faire baisser la tension. Mais le mal est fait, et personne n'est dupe. "La France revient à la raison", écrit mardi le quotidien officiel China daily, réflétant le sentiment de victoire de Pékin. Les émissaires français viennent faire ce qu'on appelait à l'époque impériale le kow tow, la courbette devant l'empereur, un acte d'allégeance pour se faire pardonner.

Cette crise reflète l'absence de politique chinoise claire, au-delà de la volonté de gagner des contrats. Comment gérer l'émergence d'une puissance majeure qui ne joue pas la même règle du jeu que nous? Comment défendre ses valeurs sans s'aliéner un pays aussi puissant? Il n'y a pas de réponse facile à ces questions, et c'est à chaud qu'il faut y répondre. En attendant, la facture politique est déjà lourde.

Pierre Haski

► Edito diffusé mardi 22 avril sur Europe1. Retrouvez l'édito de Pierre Haski tous les mardi et jeudi à 7h42 sur Europe1, et en podcast en cliquant ici.


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Par Jaycib
11H46    22/04/2008

Oui, on a fait "perdre la face" aux Chinois et ils nous le rendent bien aujourd'hui. Il reste que nos dirigeants, une fois la crise passée, devront bien soulever la question des droits de l'homme avec le PC chinois. Ce n'est pas un pari gagné d'avance !

Entre nous soit dit, je ne suis pas d'accord sur un point avec Pierre Haski : la frange nationaliste outrancière n'est pas "tolérée" par le PC chinois, elle est instrumentalisée, organisée par lui. Il est vain de croire que des manifestations publiques contraires aux voeux du PC puissent avoir lieu aujourd'hui en Chine.

 
Par Galletas
12H31    22/04/2008

Actuellement, la situation transcende les problèmes d'exploitation par le marché ou les droits de l'homme bafoués qui ne sont que des prétextes dans les arguments de beaucoup d'internautes ou de certains journalistes outrés.

Les méthodes de cowboy américain du gouvernement, des journalistes et des quelques milliers de manifestants chinois nous piquent au vif et raniment nos sentiments nationalistes. Comment ces gens qui dans "l'imaginaire collectif" (terme que je n'aime pas trop mais que j'emploie faute d'avoir trouvé autre chose) sont perçus comme dociles, travailleurs et faux-culs peuvent-ils se permettre de réagir ainsi ?

C'est vrai ça, comment des sous-développés s'octroient-ils le droit de nous parler en maîtres à nous, puissance colonisatrice, patrie des droits de l'homme, matriarche et bienfaitrice universelle ?

Ah ! le Péril jaune !

Là où la Chine peut crier victoire, c'est dans le fait qu'elle à réussi à instrumentaliser l'assurance de notre supériorité. Et nous, nous sommes tombés dedans...

 
15H00    22/04/2008

S'il y a un malentendu il vient tout d'abord de la France qui par le truchement de ses autorités a préféré se prostituer en acceptant toutes les conditions des chinois dans le seul but de ne pas les indisposer.
Il vient ensuite des chinois eux-mêmes qui ont donné au parcours de la flamme partout dans le monde un tour extrêmement paranoïaque dans une invraisemblable atmosphère d'hyper protection militaire purement représentative d'un régime dictatorial. S
i ces derniers avaient laissé les sportifs courir simplement avec leur flambeau il ne serait pas arrivé grand chose. Le seul fait de voir ces renforts de protection n'ont fait qu'exciter le désir de manifestation.
Enfin les autorités françaises et Sarkozy le premier ont eu une immense responsabilité dans cette spirale en autorisant la police française à jouer les supplétifs. Il est en effet inadmissible qu'on ait arraché les drapeaux tibétains des mains des spectateurs.
C'est une honte pour la France. Une honte pour la démocratie.

 
Par sinclair
15H21    22/04/2008

La diplomatie de la France pour ce gouvernement se réduit a la vente de centrale nucléaire, de TGV et autres armes. L'homme au sac de riz voit son peu d'aura se réduire a rien.

Notre pays est déconsidéré diplomatiquement. L'allemagne elle a une cohérence et des valeurs qu'elle défend. Jusqu'à l'Angleterre Qui bien qu'alignée sur les USA est plus sensée.

Notre attitude face a l'OTAN, la Libye, l'Inde, le Tchad, l'Iran, l'Afghanistan, les USA, la Colombie et j'en passe est dictée par un seul homme qui change d'avis comme de chemise. La France n'est plus le pays des droits de l'homme si tant est qu'elle ne l'a jamais été.

Pas moins de trois "personnalites" vont se sucedees au chevet de la Chine pour s'excuser et se mettre a plat ventre. Poncelet Président du Senat, Raffarin ancien premier ministre et vice président de l'UMP. Levitte conseiller de notre Président.

Tour ce petit monde avec leur suite va se succéder a nos frais pour présenter des excuses a une dictature pour avoir ose dire la vérité. Combien couteront ces excuses en déplacement et voyage? nous ne le saurons jamais.

En un an la France est passée de référence diplomatique a paillasson. Nous sommes devenu un sujet de dérision. Nous sommes devenu une nation dirigée par des marchands obséquieux.

Heureusement si le ridicule ne tue plus, l'argent n'a pas d'odeur.

Lire aussi http://www.bakchich.info/article3482.html

 
Par zahikel
21H17    22/04/2008

La Chine, ce n'est plus seulement l'atelier du monde.
C'est aujourd'hui une super puissance dans la recherche et le développement (numéro 2 mondial, numéro 1 en 2015).

Vous croyez que la Chine a besoin de la France pour vivre ? C'est tout l'inverse !
Se fâcher avec la Chine, c'est se tirer une balle dans le pied. On a beaucoup de choses à faire avec eux.
On ne peut pas arriver et dire "chez vous c'est pourri, vous crevez tous de faim, vous n'avez pas de droits, ect ...".
Il faut un peu de diplomatie et laisser le temps aux chinois pour qu'il découvre et fasse évoluer les choses.

 
Par thomasfan
00H49    23/04/2008

De France ou de Chine, qui a plus besoin de l’autre ?

Des voix s’élèvent, qui appellent au boycott des produits importés de Chine. Les extrémistes des droits de l’homme cherchent à nous entraîner dans une guerre commerciale où se joue peut-être notre avenir.

Ils partent d’un constat simple : la France est déficitaire dans son commerce avec le géant de l’Asie. Il est pour ainsi dire sur un pied d’argile. Il suffit d’engager un bras de fer en brandissant la menace de boycott pour faire plier les autorités chinoises, dont les réactions obéissent à une logique de rapport de force réaliste. Quant aux consommateurs, ils peuvent se reporter sur les produits venus d’autres pays à bas coût de mains d’œuvre.

Ces calculs simplistes risquent de nous induire en erreur. La France se retire définitivement du marché américain de voitures, à la suite des tentatives de Renault qui avaient échoué. Carrefour a mis la clé sous la porte au Japon et il se désengagent totalement du 2ème marché du monde en fermant ses 8 points de vente. Les concurrences rudes sur un marché mûr et l’accès difficile à une culture de consommation différente reviennent souvent dans la bouche des spécialistes pour expliquer les déboires des entreprises françaises.

Ces échecs entrent en contraste avec les succès fulgurants des Français en Chine. Carrefour s’implante sur le marché chinois avec plus de 120 magasins dont la superficie de vente moyenne est de loin supérieure à celle en France. Réaliser un jour un chiffre d’affaires comparable en hexagone, ne fait plus partie d’un scénario irréaliste. C’est vrai que les Français n’aiment pas crier sur tous les toits leur succès, d’autant que ceux-ci causent des dégâts latéraux. Signalons en passant que le rouleau compresseur de Carrefour a écrasé sur son passage des milliers de petits commerces chinois. Pour vivre heureux, on vit caché. Du coup, les Français sont mal informés.

Les entreprises françaises réussissent en Chine là où ils ont échoué ailleurs. Il ne faut pas chercher loin des explications. Un marché émergent et un accès facile réussissent quasiment à tous les entrepreneurs arrivés des 4 coins du monde. Il faut vraiment beaucoup de mauvaise volonté pour se mettre en dehors de situation de réussir. C’est pour cette raison que la Chine arrive en 2ème position juste derrière les E-U pour drainer les investissements internationaux. La France est-elle prête à bouder ce marché énorme en pleine croissance en croisant les fers avec la Chine dans une guerre commerciale ? Les entreprises vont-elles laisser les mains libres à leurs concurrents qui sont en train de marquer leur terrain sur un marché pour le moment assez facile ? Est-ce que nous avons le droit de rater ce train, de déserter la zone de croissance la plus importante et de se replier sur notre marché européen ? Suffit-il à la France de tenir par ce repli son rang dans le monde ? De Gaule doit se retourner dans sa demeure éternelle.

Les produits que certains appellent à boycotter, sont fabriqués pour la plupart par des entreprises occidentales, y compris françaises implantées en Chine. Elles seront les premières à être frappées de plein fouet. On met souvent en avant un moindre coût des mains d’œuvre en Chine pour expliquer la délocalisation des entreprises françaises. Mais dans de nombreux pays, les employés ont un salaire similaire pour ne pas dire plus bas. Pourquoi les entreprises étrangères ont-elles jeté leur dévolu sur la Chine ? Pour une raison évidente, la Chine représente un marché de 1 milliard 300 millions de consommateurs. Les investisseurs étrangers écoulent sur place pour une bonne part d’entre eux jusqu’à 80% de leurs produits. Personne d’autre ne peut rivaliser avec la Chine sur ce terrain et lui dispute ce rôle unique.

Dans les médias français, le chancelier allemand Markel est érigé en exemple de fermeté avec la Chine du seul fait de sa rencontre avec Dalaï Lama. Ce geste est loin de faire l’unanimité de l’autre côté du Rhin et la suite des événements n’est pas si reluisante que la presse française ne laisse entendre. Le milieu industriel d’outre-Rhin a mis beaucoup de pression sur l’épaule de son chancelier, car la moisson des contrats record récoltée par la France durant le dernier voyage de son président en Chine reste en travers de la gorge des industriels allemands. Sarkozy a profité de la situation et il a décroché des marchés qui auraient pu être attribués aux Allemands sans le refroidissement des relations bilatérales. Markel a multiplié depuis des déclarations d’apaisement et envoyé des clins d’œil en direction de Pékin. La presse français laisse passer sous silence ces signes qui peuvent être interprétées comme un infléchissement de position.

Personne ne pense que la France va faire cavalier seul dans cette guerre commerciale. Est-elle capable d’entraîner les autres pays européens dans son sillage ? Rien n’est moins sûr, si l’on renvoie à la performance de Volswagen en Chine : le constructeur allemand va vendre autant de voitures en Chine qu’en Allemagne cette année. Les industriels européens acceptent-ils de sacrifier leur expansion sur l’autel des ambitions personnelles de ces fondamentalistes des droits de l’homme ?

La France a déclamé la déclaration des droits de l’homme en 1789. Il n’empêche que la traite des noirs, la colonisation, la discrimination des femmes par le non-droit de vote et d’avortement, la peine de mort coexistent pendant longtemps avec son titre de patrie des droits de l’homme. Comment pourriez-vous demander à la Chine de faire du jour au lendemain le chemin que vous avez mis deux siècles à parcourir ? Il est évident que la France n’a rien à gagner et tout à perdre, si elle entre dans une logique de guerre.

 
Par fred6098
03H50    23/04/2008

Travaillant en chine je ne peux qu'appuyer vos propos tres justes et tres bien exprimes.
Il y a juste votre derniere remarque sur laquelle je ne suis pas vraiment d'accord, je trouve au contraire qu'ils sont incroyablement (trop?) reactifs et qu'ils sont tres difficiles a suivre, on est vite pris a contre pied.

Par exemple en ce moment la Chine est en train de se replier sur elle-meme, si vous vous renseignez sur les changements en cours sur la fiscalite, sur la politique de visas, vous vous rendrez compte du retournement de situation depuis quelques semaines.
Tout laisse a penser que le gouvernement de Pekin veut limiter de nouveau les implantations occidentales en Chine, mais en cela ils s'opposent aux interets economiques des provinces qui beneficient des echanges avec l'occident...
Tout ca est trop recent pour en tirer des conclusions, personne ne comprend ce qui se passe et si c'est temporaire ou un changement de strategie.
En tout cas c'est une illustration que la chine est un pays d'un milliard et demi de personnes qui est capable de prendre des virages a 90 degres d'un jour sur l'autre. Ca peut nous faire peur mais ca pourrait aussi nous inspirer...

 
Par colanga
04H47    23/04/2008

Je dirai plutôt Liberté Inégalité et Hypocrisie.

Inégalite: Tous les hommes ont mêmes droits... Mais du commun lot, il en est qui ont plus de pouvoirs que d'autres. Là est l'inégalité. (Dixit Aimé Césaire)

A l'école au Sénégal on m'a toujours dit que la France est le berceau des droits de l'homme en 1789 mais je n'ai jamais compris comment ce pays des droit d'une certaine catégorie d'Hommes a pu coloniser et asservir des peuples d'un côté et parler de droit et de liberté de l'autre.

Je pense que c'est de cela que découlent beaucoup plus d'incompréhension de la part des intellectuels africains vis à vis de la France. C'est paradoxal mais c'est ainsi. La France en prendra toujours plein la gueule à cause de cet ambiguïté historique mais le mal est fait.

On ne peut pas se targuer d'être le pays des droist de l'homme et être un des derniers à donner le droit de vote aux femmes bien après les turques etc, et ne pas voir un retour de bâton. Le comble c'est Kadhafi qui ose donner une leçon de droit de l'homme à la france et en France.

Je crois aussi que d'une part c'est de là que part le préjugé d'arrogance de la part de la France, que lui portent les autres pays.

 
12H12    23/04/2008

Vous parlez monsieur Haski des "Chinois des villes", mais ceux des campagne sont il pour les action française? Sont il pour le boycotte des Jeux? Pour l'indépendance tibétaine? Permettez moi d'en douter!
La grosse différence que j'ai constaté entre les Chinois des "villes" et des "champs" est que les premier sont plus nostalgique du Maoïsme que les second plus "Dengiste", cette nostalgie peut s'expliquer par plusieurs raison:
1/Sous Mao le paysan avait une fierté il était le centre des préoccupation, l'icône de la nation, valeur qu'il a perdue avec Deng, aujourd'hui il se sent (et à juste titre) l'oublié du développement.
2/C'est le paysan qui a le plus subit le mauvais côté des "réformes" en particulier le démantèlement des aides social, la sécurité et les soins de santé (grosses erreurs de Deng qui elle sont la préoccupation de toute la nation beaucoup plus que l'état de droit),heureusement l'équipe de Hu est plus à gauche que celle de Jiang zemin.
3/L'absence de corruption, ou du moins la limitation de celle-ci sous Mao dont l'époque est devenue un certain symbole de pureté dans l'esprit de nombreux paysans, de nombreuses révoltes paysantes se font d'ailleurs portrait de Mao à la main. (une reportée dans vos propres pages) http://www.rue89.com/chinatown/chine-ils-luttent-contre-la-corruption-au...
D'ailleurs n'est-ce pas après avoir été le témoin de 2 révoltes de paysans, Mao, âgé de 13 ans, commence à prendre conscience des problèmes sociaux de son pays?
4/Les conditions de vie de nombreux paysans se sont plus améliorée sous Mao qu'après, quand ma grand mère vivait en Chine les arbre n'avais pas de bourgeons, les gents les mangeais pour ne pas mourir de faim, c'était il y a à peine 80 ans...vous comprendrez que ces gents qui peuvent maintenant pour la plus part manger de la viande soit reconnaissant!
Cette nostalgie s'illustre par un portrait du grand timonier qui reste accroché dans les maisons des campagnes alors qu'il ne fait plus que pendre à l'essuie glace dans les villes, et les queues interminables de paysans plus que de pékinois, tout les matin, devant le mausolée qui renferme le sarcophage de Mao.
On pourrait dire que les paysans sont plus à gauche et les citadins plus droitier (eux on plus subit les erreurs de Mao que celle de Deng), mais dans l'ensemble une grande majorité est avant tout patriote, penser que les paysans apprécient plus nos actions que les citadin est ridicule, il s'en foute encore plus de la démocratie si ils en ont déjà entendu parlé!