
C'est la feuille de route du Parti socialiste. Débattue pendant de longs mois au sein de la commission présidée par Alain Bergounioux, elle sera soumise au vote de la convention nationale le 14 juin prochain ; avant d'être entérinée au congrès de novembre. Au menu : fini les références révolutionnaires, vive « l'économie de marché régulée » d'un « parti réformiste » qui défend le « socialisme démocratique ».
En un siècle, cinq déclarations de principes pour marquer les grandes évolutions
En un siècle, les socialistes ont élaboré à cinq reprises (1905, 1946, 1969, 1990 et 2008) une « déclaration de principes », sorte de vade-mecum idéologique qui trace les grandes perspectives pour les années à venir. S'il est vrai que la politique est une histoire d'hommes et d'idées, alors celles du PS se trouvent ici. Mieux : si l'on considère l'adage d'Antonio Gramsci toujours vrai -la victoire idéologique précède la victoire politique-, ce texte est censé être la première pierre d'une rénovation attendue par beaucoup.
Outre le préambule, il se découpe en trois parties : nos finalités fondamentales, nos objectifs pour le XXIe siècle, notre parti socialiste, elles-mêmes divisées en 21 articles.
Fin de la référence révolutionnaire
Alors que le PS a toujours inscrit dans ses références la « révolution », il abandonne ici la notion, en dehors d'une allusion, dans le préambule, aux principes fondateurs de la Révolution française. Même s'il s'agit de « bâtir un monde nouveau et meilleur », l'héritage du PS est désormais strictement balisée par le cheminement suivant :
« Il revendique le souvenir de la Commune, l'héritage de la République et de son œuvre démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédé. »
Bref, une histoire de gauche complètement intégrée à celle des cinq républiques françaises. A cet égard, la première partie du document est très nettement articulée autour des valeurs consensuelles de la République, revisitées dans une hiérarchie « progressiste » rappelée au début de l'article 2 :
« L'égalité est au cœur de notre idéal. Cette quête n'a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l'idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature. »
La fraternité disparaît donc au profit d'une humanité universelle.
Le socialisme démocratique, c'est quoi ?
Pour reconstruire une histoire idéologique du PS, sa narration, les penseurs socialistes ont renouvelé le genre en détournant des concepts anciens. Au centre de ce lifting, la notion de « socialisme démocratique » revue et corrigée. Là encore, l'idée est détaillée dans le préambule :
« Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l'action, un avenir pour l'humanité. Sa nature est “d'aller à l'idéal et de comprendre le réel', d'inventer le futur et de travailler dans le présent, d'assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine.”
En somme, le “socialisme démocratique” serait le “story telling” du PS, son récit en cours de tournage. Avec un contenu, immédiatement fourni dans le premier article du texte, qui mérite à lui seul d'être intégralement cité :
“Etre socialiste, c'est ne pas se satisfaire du monde tel qu'il est. L'idée socialiste relève, à la fois, d'une révolte contre les injustices et de l'espérance pour une vie meilleure. Le but de l'action socialiste est l'émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète.”
Personne et planète : binôme indispensable de toute plate-forme de pensées contemporaines.
L'écologie au cœur de la démarche d'émancipation de l'Homme
Est-ce là l'aspect le plus novateur de cette déclaration d'intentions ? En tout cas, les rédacteurs n'ont pas lésiné sur les références appuyées au “deep thinking” du monde : sans respect de la nature, l'homme n'est plus rien.
Préambule :
“Bâtir un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l'homme et assurant la sauvegarde de la planète, est la tâche première des socialistes…”
Article 3 :
“Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l'avenir des générations nouvelles.”
Article 4 :
“Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète.”
Article 6 :
“Les socialistes sont partisans d'une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux.”
Article 7 :
“Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l'innovation technologique, l'impératif écologique, la création d'emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production.”
Alors, fini le productivisme ? La foi dans le progrès et la technologie ? Pas tout à fait, si l'on lit attentivement cette dernière phrase de l'article 7 où “manière” et “contenu” de la production voisinent avec “quantité des richesses produites”. Mais le PS se met à la page (article 4) avec les “nano- et biotechnologies”, “l'ingéniérie génétique”, le “principe de précaution”… Une alliance avec les Verts serait-elle dans les cartons ?
Vers une social-démocratie à la française ?
Du “parti révolutionnaire” (historique) au “parti de la transformation sociale” (1990), voici le Parti socialiste devenu en 2008 un “parti réformiste”, comme l'indique l'article 13 :
“Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu'elle résulte d'une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l'idéal, les réalités et l'histoire.”
Ou encore le dépassement de la contradiction initiale du capitalisme, article 7 :
“Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus de l'emploi et d'autres seraient enfermés dans l'assistance.”
Le courant strauss-kahnien semble donc avoir définitivement imprimé sa marque dans la définition du rapport à l'économie, avec le tracé d'une social-démocratie à la française. Même si les compromis accordés aux Fabiusiens truffent le texte : Article 6 :
“Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d'inégalités, porteur d'irrationalité, facteur de crises, qui demeure d'actualité à l'âge d'une mondialisation dominée par le capitalisme financier.”
Ou encore, Article 8 :
“Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l'apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l'Etat social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité.”
Réformiste donc, mais aussi et dans l'ordre parti “républicain”, “laïque”, “décentralisateur”, “européen”, “internationaliste”, “populaire”, “démocratique” et enfin, “des cultures de la gauche”. Ultime concession faite aux différents courants de la rue de Solférino ?
Qui incarnera le mieux les valeurs déclinées : Ségolène, François, Bertrand… ?
Au petit jeu des devinettes qui vont agiter les militants socialistes dans les prochains mois, il est intéressant de relever les différentes valeurs décrites dans la déclaration, comme si ses rédacteurs avaient voulu dessiner le pourtour d'un discours que le prochain premier secrétaire devra incarner. Au menu, d'abord la paix dans le monde, article 9 :
“Lutter pour la paix, la sécurité collective et le codéveloppement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C'est notre horizon pour le siècle qui commence.”
La France, “pays ouvert”, luttant en faveur des “droits de l'homme” et contre “toutes les discriminations”. “Pluralisme et indépendance de l'information dans les médias”, laïcité comme “une condition de notre vivre ensemble” et défense des “grands principes de la Justice”, le PS “met la culture au centre de ses valeurs”. Proposition audacieuse… qui se rapproche beaucoup du programme présidentiel du PS auquel la candidate ne croyait pas tant que ça.
Dernier point : le fair-play auquel chaque prétendant devra s'astreindre, article 20 :
“Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux.”
Vraiment à tous les niveaux ? …





















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à jissé
De tizzi
14H29 | 22/04/2008 |
Jissé,
Tu m'as l'air très versé dans les culottes de zouave (encore plus que ta soeur) !
à tizzi
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 15H14 | 22/04/2008 |
Ah merde, Tizzi, vous êtes là aussi ! ? « Tain, vous en semez partout, vous. Faut arrêter le laxatif, mon vieux. Et y font la grève des moto-crottes, à la mairie de la Rue89, ou quoi ?
à tizzi
De jissé
Ingé retraité | 15H17 | 22/04/2008 |
« Sieur » tizizi.
Ma soeur elle bat le beurre.
Quand ce sera la M…
vous lècheras le bâton.
Sérieux : Elle est psychiatre et chef de service dans un hosto.
Si besoin d'un internement (c'est pour les incurables), « Le Sieur » - vaseline pas huile - peut s'inscrire en consultation.
Y'a des camisoles en promo !
Jissé
à jissé
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 15H35 | 22/04/2008 |
Re-salut, Jissé,
Ne parlez pas de « sœur » à Tizzi, ça le met dans tous ses états, vu qu'il est surtout « versé » (à vue de nez, je dirais plutôt « fourré ») dans les culottes de la sienne.
Courage, y va se fatiguer un jour (des commentaires, hein, pas de sa sœur).
Amicalement
à Quinine
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 16H01 | 22/04/2008 |
Tizzi a un bon côté, si j'ose dire : il réunit les gens estimables, contre lui. Jissé, mes cordialitudes, Quinine mes amicalitudes (ce n'est pas spécialement contre Ségolène Royal, mais contre la novlangue, ce que je viens d'écrire).
De skalpa
actif et militant ? | 21H23 | 21/04/2008 |
Ah ça reste des principes ! ! ! !
Ce serait trop compliqué de faire un projet…
D'ailleurs avec ces principes consensuels, il va être beau le projet !

http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De p.
10H22 | 22/04/2008 |
entièrement d'accord !
Cette déclaration de principe(s) me fait un peu penser à un slogan très imaginatif et rebel : « Pour un monde meilleur »…
commentairedujour.over-blog.com
à p.
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 11H02 | 22/04/2008 |
Ben quoi, vous ne voulez pas un monde meilleur (peuplé de bisounours) ?
De ivantozzi
21H16 | 21/04/2008 |
Bonjour,
Je n'ai pas lu tous les commentaires, car il y en a évidement, et plein, normal …
Mais, de gauche par gène, de gauche par culture … je trouve qu'il assez facile aujourd'hui de sortir cette déclaration de principe qui en fait ne s'inscrit que comme une opposition au gouvernement actuel. Quand est-ce que ce parti sera en fin capable d'être autonome dans sa pensée, quand est-ce qu'il pourra enfin exister sans son histoire (celle de la gauche bien sûr et pas celle des partisans), quand est-ce que la gauche pourra enfin décrire son chemin ? ? ?
Autre chose encore, la déclaration de principe a montré encore la faiblesse du PS quant à une vision éclairée de l'économie. Qu'est-ce qu'une économie de gauche ? Il est bien trop facile d'y acculer une pointe de vert à leur couleur.
En même temps la critique est facile. J'en conviens. Et je n'aurai surement pas les armes pour en discuter longuement … mais c'est mon intuition, et je trouve qu'aujourd'hui le PS n'a pas assez d'intuition. Je ne dis pas qu'ils en manquent. Ils semblent juste toucher quelque chose mais ne mettent pas le doigt dedans, ça reste lisse et poli… en tous cas très au goût du jour, comme une pub edf …
De Peureux anonyme
21H16 | 21/04/2008 |
Le Président Guy Mollet aurait été d'accord.
à Peureux anonyme
De compte supprimé 24
| 11H29 | 22/04/2008 |
Rien que le nom : -)
Mais le vieux Guy, il valait tout de même sa bonne douzaine, alors que les actuels, ils valent même pas un œuf.
à compte supprimé 24
De jissé
Ingé retraité | 15H08 | 22/04/2008 |
Salut cyp.
Mollet (Guy)
« Les actuels » ?
Ils ont les mouillettes !
Bonne fin de journée.
Jissé
à jissé
De compte supprimé 24
| 16H01 | 22/04/2008 |
: -))), Jissé.
: -)))
De Babtou
21H20 | 21/04/2008 |
« Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux. »
Juste pour rebondir sur cette conclusion. A voir de quelle façon a été accueillie « l'initiative » de Pierre Larouturu, la notion de débat politique transparent et ouvert à une drôle de tête au PS. Désolé pour le pavé qui suit, par soucis d'objectivité, je me dois de citer ce mail, reçu le 14 Avril dans son intégralité. Et face au silence de la RUE sur ce sujet associé à l'urgence de la situation, je ne connais pas d'autres alternatives.
(Reçu le 14 Avril)
Lettre ouverte
à tous ceux et celles qui veulent que le PS se mette au travail…
Bonjour à tous,
Je reviens vers vous pour vous donner des nouvelles de notre pétition.
Rappel des épisodes précédents :
1 > nous devions déposer notre pétition le 25 mars. François Hollande nous a interdit de monter à la tribune du Conseil National mais a promis que nous pourrions la déposer au Bureau National du 1er avril et que, avant ce B.N., il recevrait quelques uns des premiers signataires pour que nous puissions parler avec lui de notre demande.
2 > le 1er avril, trois heures avant le Bureau National, nous arrivons enfin à joindre le Directeur de Cabinet de F. Hollande. Stéphane Le Foll commence par dire que nous sommes des inconscients et qu'il est impossible d'organiser une Convention sociale et une Convention européenne d'ici l'été. Au bout de 10 minutes d'un dialogue musclé, il conclut qu'on pourrait peut-être organiser une grande Convention (celle sur les questions sociales).
Il est acté avec Stéphane Le Foll que notre pétition sera donnée le soir même à tous les membres du Bureau National et que Claudy Lebreton et Patrick Bloche (qui sont signataires et membres du BN) auront un moment pour en parler. La décision sera mise « en délibéré » jusqu'au BN du 8 avril, date à laquelle j'aurai un moment à mon tour pour argumenter devant les membres du BN.
Il est acquis que nous pourrons rencontrer François Hollande avant le 8, pour parler avec lui du fond de notre demande. « On fixe le rendez-vous demain. Tu nous appelles demain et on fixe le rendez-vous ! » me dit Le Foll en concluant l'entretien.
3 > Le 2 avril, nous apprenons que le texte de la pétition n'a pas été donné aux membres du BN.
4 > Malgré de nombreux appels, nous n'arrivons à joindre ni F. Hollande ni S. Le Foll entre le 1er et le 8 avril. Il faudra un jour reparler du cumul des mandats : Le Foll est payé pour garder la maison quand le patron n'est pas là. Mais, en plus d'être Directeur de cabinet à Paris, il est élu municipal au Mans et Député européen à Bruxelles et Strasbourg… Cela ne facilite pas les contacts et laisse peu de temps pour la réflexion !
A la demande de son assistante, nous envoyons par mail les 6.123 premières signatures de militants PS (les seules qui semblent intéresser la direction…) et obtenons un mail « Bien reçu » mais aucune proposition de rencontre.
5 > Le mardi 8 en fin d'après midi, pensant que Claudy LeBreton, Patrick Bloche et moi pourrons déposer et défendre notre pétition, je me rends à Solférino sans avoir pu joindre ni Le Foll ni Hollande. « Il a eu ton message et il a ton numéro de portable » me répondent imperturbablement leurs assistantes quand j'essaye à 6 reprises dans la journée du 8 de leur parler. N'était-il pas « promis » depuis le 25 mars que nous pouvions nous parler et que nous pouvions déposer notre pétition ?
6 > J'arrive à Solférino et demande à voir le Foll avant que le Bureau National ne commence (François Hollande est à l'Assemblée). Il ne répond pas à ma demande. Quand je fais mine de m'engager dans le couloir qui mène au BN, un homme de la sécurité me demande de revenir à l'accueil sur un ton peu amène. J'arrive à coincer Le Foll, qui m'explique en termes peu châtiés que nous lui cassons les pieds (par écrit, mieux vaut ne pas répéter les termes exacts). « Vous voulez foutre en l'air le calendrier décidé par le Conseil National » dit-il. Je lui explique qu'il ne s'agit pas de foutre en l'air quoi que ce soit mais seulement d'utiliser au mieux les 2 mois qui restent avant les grandes vacances : si nous nous mettions sereinement au travail pendant ces 2 mois, nous pourrions avoir un Congrès bien moins violent et bien plus intéressant…
De deux choses l'une : soit ce travail aboutira à un consensus (ce sera alors notre nouveau projet social), soit il n'y aura pas de consensus et c'est le Congrès qui tranchera entre plusieurs stratégies possibles. Mais, si nous commençons par ce travail de fond, le Congrès sera moins violent et sera l'occasion de construire un projet très concret.
J'ai le malheur de rappeler à Le Foll qu'en 2003, déjà, ils nous avaient traité de « casse-couilles » quand, avec quelques amis, on leur avait dit qu'il y aurait un référendum et que le Non allait gagner si on ne faisait pas le maximum pour obtenir un Traité social (à l'époque, toute l'équipe de Soférino était convaincue qu'il n'y aurait pas de référendum et que c'est l'UMP qui allait éclater au moment de la ratification parlementaire du Traité…). Ce rappel a le don d'énerver Stéphane : « Bien sur. Bien sur. Et c'est grâce à vous aussi qu'on a gagné les municipales ! » me dit-il, assez énervé. Visiblement, à force de le répéter, Solférino commence à croire vraiment que c'est François Hollande qui a gagné les municipales. Il faudra un jour qu'on leur parle du travail réalisé par les élus et les militants de terrain, et de l'effet repoussoir qu'a eu Sarkozy. Mais, mardi, je n'ai pas voulu m'avancer sur ce terrain…
7 > Comme l'homme de la sécurité a appelé un de ses copains, plus balèze, et que le scandale n'est pas une façon de convaincre, je n'ai pas tenté d'aller au Bureau National. Quand j'ai quitté Solférino, Le Foll m'a dit qu'il allait donner notre texte à tous les membres du BN (ce qu'il n'a pas fait).
Je suis sorti de Solférino absolument furieux. C'est quand même ahurissant dans un parti qui se veut démocratique, qu'on ne puisse même pas déposer une pétition signée par plusieurs milliers de citoyens et bon nombre de parlementaires. Voir un parti aussi verrouillé m'a vraiment mis hors de moi.
Sur le fond, ce refus du débat me semble dramatique. Sarkozy et Fillon ont relancé leurs réformes. Santé, code du travail, retraites, éducation… Sur tous ces sujets, nous allons évidemment nous opposer aux réformes engagées par la droite, mais nous serions 1000 fois plus convaincants si nous pouvions dessiner une alternative ! Pourquoi ne pas le faire ?
Un des élus qui soutient notre initiative a récemment croisé François Hollande et lui a demandé pourquoi il refusait de nous écouter, pourquoi il ne voulait pas que le PS se mette au travail d'ici l'été. « Il ne faut pas nous dévoiler trop tôt, lui a répondu François Hollande. Il faut laisser la droite avancer ses réformes et ne pas nous dévoiler trop tôt ! »
L'élu n'en est pas revenu. « Ne pas nous dévoiler trop tôt, c'est super astucieux comme stratégie. Mais il ne faut pas non plus nous dévoiler trop tard ! A force de ne pas nous dévoiler trop tôt, on n'a toujours pas compris quel était notre projet en 2002 et notre projet de 2007 était tellement faible qu'il n'a pas convaincu grand monde… »
* * * *
L'image que donne le PS recommence à être catastrophique (Cf « Les reconstructeurs socialistes bâtisseurs de dissensions » dans Libération de ce samedi http://www.liberation.fr/actualite/politiques/320801.FR.php )
Depuis le 21 avril 2002, le PS a tenu deux Congrès « classiques ». Nous avons passé des heures à écouter des grandes déclarations générales qui n'ont permis aucune clarification, aucun progrès réel. Au lieu de reprendre les mêmes méthodes, avec les mêmes acteurs, dans le même huis clos, pourquoi ne pas innover ? Pourquoi ne pas nous mettre vraiment au travail, en nous ouvrant à tous ceux et celles qui veulent travailler avec nous ?
Une descente en ski dépend en large part de l'impulsion qui est donnée dans la première longueur. De même, la capacité qu'aura (ou non) la gauche à se renouveler dans les prochaines années, dépend largement de ce que nous ferons (ou ne ferons pas) d'ici au Congrès de novembre.
Face à ce blocage, que pouvons-nous faire ?
Si nous voulons effectivement organiser un grand temps de travail avant l'été, il faut que la décision soit prise avant la fin avril ou dans les tout premiers jours de mai. Ensuite, il sera trop tard pour organiser quelque chose qui a de l'allure. Nous avons donc encore 3 semaines (maxi) pour débloquer la situation.
1° Parmi nos premiers signataires, plusieurs parlementaires veulent utiliser la semaine qui vient à convaincre leurs collègues : « Quand les députés rencontrent des militants, ils se rendent compte que la rénovation annoncée par Solférino n'intéresse pas grand monde. L'idée de travailler sur le fond pendant 2 mois pour avancer sur le projet et pour renforcer notre unité, est une idée qui progresse. On doit pouvoir en convaincre un certain nombre. »
2° J'invite tous ceux et celles d'entre vous qui connaissent des parlementaires ou des élus socialistes à leur en parler.
3° Nous retournerons à Solférino le 22 avril avec une vraie délégation. Si, d'ici là, nous avions doublé le nombre des signatures, peut-être que F. Hollande et les membres du BN seraient plus attentifs… Chacun et chacune peut prendre quelques minutes pour appeler un(e) ami(e), PS ou non-PS, pour lui demander de signer.
Si vous allez à une réunion de section, donnez l'adresse www.nouvellegauche.fr à tous ceux qui sont ouverts au débat.
4° D'autres prises de parole collectives sont en préparation dans les grands médias d'ici au 22. Nous vous tiendrons au courant.
Pour info, j'étais lundi l'invité du NouvelObs.com (http://forums.nouvelobs.com/1348/Pierre_Larrouturou.html) et mardi, avant d'aller à Solférino, j'ai rencontré à nouveau l'équipe qui anime Les Inrockuptibles. Visiblement, à lire son blog, l'un des journalistes des Inrocks apprécie notre façon de faire :
« Déjeuner avec Pierre Larrouturou. Vous avez peut-être lu son entretien dans Les Inrocks du 25 mars, ou alors ses bouquins. Larrouturou, c'est cet économiste qui militait pour la semaine de quatre jours, qui croit fermement qu'une vraie politique de gauche est possible dans le contexte global actuel.
Gai, souriant, parlant à toute berzingue, sortant de sa manche chiffres et graphiques toutes les deux minutes à l'appui de ses idées, Larrouturou donne la pêche.
C'est à lui tout seul un jacuzzi, un energizer, un rail de coke, une capsule de viagra : après deux heures avec lui, on redevient optimiste. On aimerait que son énergie, sa croyance dans les dossiers de fond atteignent l'air raréfié de la rue de Solférino, mais ça, c'est pas gagné. »
C'est la première fois que je me fais traiter de « Rail de Coke ». Je n'ai jamais été très porté sur ce genre de complément alimentaire, mais c'est vrai que Solférino aurait besoin d'un truc un peu fort !
5° Tous ceux et celles qui ont des idées à proposer pour activer le mouvement sont évidemment les bienvenu(e)s ! Vu le peu de temps que nous avons devant nous, nous ne pouvons pas organiser de rencontres « physiques » mais nous pouvons échanger par mails. N'hésitez pas à nous envoyer toutes vos propositions pour réveiller Solférino !
Ce mail est déjà trop long (désolé ! ). Juste deux mots de conclusion : il nous reste 3 semaines pour faire bouger Solférino. Ensuite, je crains que nous ne soyons embringués sur un toboggan qui nous mènera à un Congrès très très dur et nul ne sait dans quel état le PS et l'ensemble de la gauche en sortiront. Alors, AU TRAVAIL !
Chacun de nous peut convaincre un(e) élu de sa connaissance.
Chacun de nous peut trouver 2 ou 3 signatures d'ici le 22 avril.
BONNE SEMAINE A TOUS !
Pierre Larrouturou
à Babtou
De Grums
à bâbord + + | 21H37 | 21/04/2008 |
Si Hollande ne veux pas bosser avec vous, demander à Besancenot ! ! !
à Grums
De compte supprimé 24
| 13H07 | 22/04/2008 |
Oui : je me demande sincèrement comment de véritables Socialistes tels que Larrouturou ou Pupunat (la Motion 6, Utopia) fichent encore au P(s).
Barrez-vous vite, les gars : le café est meilleur au troquet d'en face.
à Babtou
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
21H51 | 21/04/2008 |
Bien cher vous,
Le PS n'a rien à battre des « donneurs de leçons » car le PS a compris 2 choses :
1°)les électeurs qui ne veulent pas de la droite voteront toujours à gauche, donc en parfaits épiciers ils sont sûrs de la recette moyenne même s'ils ne remportent pas le jack-pot
2°) à gauche du PS il n'y a plus rien, même Besancenot n'est pas un danger, pour le moment, et à droite il n'y avait que Bayrou pour gêner, mais Bayrou n'existe déjà presque plus
Que vous votiez ou que vous vous absteniez, vous faites le jeu de tous les partis, de droite comme de gauche. Si vous n'êtes pas contents, créez un parti nouveau. On attend toujours celui de Melenchon, pour vous dire que le courage n'étouffe pas, par les temps qui courent.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De Grums
à bâbord + + | 06H17 | 22/04/2008 |
Besancenot n'est pas un danger, pour le moment, vrai. Donnons lui du poids et vous verrez alors comment les beaux du PS irons lui cirer la saccoche.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De Dan51
13H38 | 22/04/2008 |
Cher ami,
En écrivant :
« il n'y avait que Bayrou pour gêner, mais Bayrou n'existe déjà presque plus »
vous prenez vos désirs pour des réalités et vous trompez LOURDEMENT.
Car « Bayrou » comme vous l'appelez, c'est le Mouvement Démocrate, et ce sont des dizaines de milliers d'adhérents, et surtout quelques millions qui ne font pas encore de bruit, mais ne sont pas prêts à suivre un PS qui tel un astre mort n'envoie plus que sa lumière qui nous parvient en décalé, ni l'UMP néoconservatrice et liberticide que même les gaullistes ne reconnaissent plus.
Ne fanfaronnez pas trop vite et surtout ne prenez pas vos désirs pour des réalités, nous saurons vous réveiller, nous les DEMOCRATES, n'en doutez pas…
à Babtou
De zénon denon 84
Bonne | 09H43 | 22/04/2008 |
Merci,Pierre .
Ah la cuisine interne de Solferino !
Deja « casse couilles“en 2003 !
Sans parler bien sur des assistantes ,certes
il en faut ,mais quand meme à force de
cumuler les mandats divers et variés voila ou
on arrive : la folie .UN MONSTRE à GERER.
Ce siège du parti socialiste…
Pourtant on a bien besoin de lui .
Mais j'ai tout de meme l'impression que c'est
un véritable panier de…crabes.¨Pour rester ZEN !
Pour le reste un seul instant
songer ce que doit penser un militant de base
aprés lecture de cette lettre ! ! !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 21H46 | 21/04/2008 |
Ca mange pas de pain ,leur projet .
En espérant qu'il nous en reste , du pain , et qu'il n » y ait pas trop de spéculation sur les miettes ..
De Christobal Colon
Scandalisé à 999% | 21H43 | 21/04/2008 |
Article 6 :
« Les socialistes sont partisans d'une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux. »
Régulée par la puissance publique, ainsi que les partenaires sociaux.
OK, moi je veux bien voir cette projection, noir sur blanc, détaillée de « A à Z » avant son vote.
( « A » étant le local, « Z » étant l'international, vers le milieu nous trouverons l'Europe si… convoitée… )
Sinon, bye bye PS…
La crédibilité se paye très cher maintenant.
La droite a fait monter les enchères…
à Christobal Colon
De jojo1er
14H33 | 22/04/2008 |
Je crois que ça va pas être possible, pas êêêêêêêtreuuuuh possible…
Cf le Trait(r)e de Lisbonne…qui prévoit pas du tout une économie de marché qui pourrait-être d'une quelconque manière soumise à la puissance publique
Jojo1er, 4 février 2008, condoléances.
De hagalma
22H24 | 21/04/2008 |
C'est aussi emballant qu'un discours de François Hollande, aussi énergisant qu'une prise de parole de Lionel Jospin… Heureusement que les ouvriers de Dacia, et d'autres je l'espère, obtiennent gain de cause, parce que nos politiques y finiraient par nous faire croire qu'un changement peut se faire mais sans dépasser la dose prescrite, et pas sans avoir consulté son docteur es socialisme. Remarquez, quand on met en continuité la Commune et mai 81, y faut pas s'attendre à du Max Stirner !
De Obash
22H32 | 21/04/2008 |
Créer une politique sur de nouveaux concepts inovateurs, pourquoi pas. Sauf que je ne vois pas trop en quoi cette déclaration peut être un tant soit peu inovatrice. Pire, elle ne fait que créditer le système malade actuel qu'est le sacro saint capitalisme.
Ces gens, qui se disent de gauche, n'ont ils aucune capacité créatrice ?
Réponse : non
La France est vraiment au plus mal…
De amilcar
peureux célèbre | 23H07 | 21/04/2008 |
il y a une chose qui me choque gravement, c'est ça :
« Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus de l'emploi et d'autres seraient enfermés dans l'assistance. »
certains tireraient leurs revenu de « L“'emploi des autres, ou de ‘LEUR’ emploi ? ça change tout, les rentiers de la bourse tirent leurs revenus de l'emploi, ou bien sont-ils classés dans les malheureux prisonniers à libérer de l'aliénation avilissante de la triste vie de vivre de ses rentes, les rentiers sont-ils enfermés ? et les socialistes souhaitent-ils les libérer de l'ennui et de l'oisiveté, mère de tous les vices comme chacun sait ?
ou bien les rentiers sont-ils considérés comme de braves travailleurs comme les autres dans cette duale société où la lutte de tous se dirigent seulement contre les malheureux pauvres enfermés dans l'‘assistance’ ? la société duale dont on parle est une alliance des riches avec les travailleurs contre les sans emploi, alliance permettant de baisser le cout de la main d'oeuvre, c'est donc un non-sens économique qui est contenu dans cette phrase. Tout cela pour ne pas libérer les rentier de leur terrible enfermement. Tiens donc.
mais où voit-on que l'assistance est un enfermement ? l'aide n'est pas un enfermement, ou bien c'est une mauvaise aide, insuffisante peut-être pour libérer, on enferme les gens pour les aider par l'assistance ? l'Assistance Publique serait une gigantesque prison sans qu'on le sache, initialement confondue avec l'Administration Pénitentiaire ? Non, dans cette phrase se cache la valeur travail obligatoire qui permettra aux riches de continuer à s'enrichir en faisant trimer les pauvres pour des salaires toujours maintenus au minimum, si le travail est obligatoire alors les rentiers doivent travailler sinon nous sommes dans une société inégalitaire et non duale ou triale dans laquelle les pauvres continueront à se faire exploiter.
De Sacha25
23H22 | 21/04/2008 |
A quoi ça st, tout ça.
Ds gens comme Fabius, Emmanuelli, Mélencho, Montebourg …. ont largement prouvé qu'ils n'en avaient rien à faire
La seule chose qui les intéresse c'est d'être chef de quelque chose au PSG pour se faire plus de fric en travaillant moins
Non, je ne crois pas m'être trompé de sujet
De A.V.
tamagotchi89 | 23H37 | 21/04/2008 |
Le texte est tellement beau que Sébastien Tellier devrait le chanter à l'Eurovision. Ça mettrait fin à la polémique.
Italy one point
Germany one point
Norway one point
Spain one point
Greece one point
Ireland one point
Sweden one point
The Netherlands one point
Austria one point
Belgium one point
Poland one point
Romania one point
etc…
Ouais… Et ben c'est pas ce coup-là qu'on va gagner.
Je sais pas, moi, le P.S… Prenez Diam's pour écrire vos déclarations à la mors-moi-le-nœud.
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 23H41 | 21/04/2008 |
économie de Marché ? C'est comme l'autre pingouin qui nous parle de CRÉATION DE RICHESSE !
ça n'existe pas la création de richesse, celui qui s'enrichit le fait toujours, soit au détriment de la nature, soit avec la sueur de ses congénère ! Il faudrait arrêter de croire au père Noël .
Notre problème mondial actuel et futur est lié a la bourse qui enrichi des riches qui ne font que créer des pauvres (chômeurs) en demandant 10% de gains de plus chaque années !
N'importe qui de sensé doit comprendre que ceci a une fin … souvent … tragique !
Je vais encore être obligé de voter pour le M.E.R.D.E
http://bonsensisme.canalblog.com/
http://merdenfrance.canalblog.com/
à Art-35_Constitution-1793
De Putt Bill
14H16 | 22/04/2008 |
Salut Art 35 ! ! !
En apparté…
Je me souviens que tu avais fait référence (dans un autre fil) à un art de la constitution qui rendait possible la « reprise du pouvoir » par le peuple dans le cadre d'une défection grave du gouvT… Au moyen de cet article justement !
Te serait-il possible de le reposter ?
Merci !
Putt Bill