Nouvel épisode dans la saga polynésienne qui dure maintenant depuis quatre ans. Le gouvernement de Gaston Flosse, constitué au lendemain des élections territoriales de février, a été renversé la semaine dernière. Il n'aura duré qu'une cinquantaine de jours. Pour celui qui rêvait de terminer sa carrière politique, commencée dans les années 1960, sur la plus haute marche, le coup est rude. Non seulement il perd son trône, mais en plus lui succède un de ses anciens affidés devenu un de ses plus farouches adversaires, Gaston Tong Sang.

En renversant son ancien mentor, le maire de Bora Bora prend sa revanche. Porté au pouvoir en décembre 2006 par une alliance des autonomistes au sein de l'assemblée locale, il en fut chassé en août 2007 par une autre alliance, improbable celle-là, entre les flossistes et les indépendantistes d'Oscar Temaru. En février dernier, sa formation, To Tatou Ai'a, remporte haut la main le second tour des élections territoriales anticipées avec 45% des suffrages exprimés. L'Union pour la démocratie (UPLD) de Temaru arrive en deuxième position avec 37% et le Tahoeraa Huiraatira de Flosse bon dernier avec seulement 17%.
L'on pense alors la page du « Vieux lion » définitivement tournée. D'autant qu'au sein de son parti, quelques-uns, comme le député UMP Bruno Sandras, ne cachent plus leur espoir de prendre sa succession. Erreur. En vieux renard de la politique, Flosse parvient à mettre au pas son dernier carré de fidèles –sauf une, Armelle Merceron– et à s'entendre une nouvelle fois avec Temaru pour se faire élire président de la Polynésie. Tollé dans le Landerneau local et poussée d'urticaire à Paris. Nicolas Sarkozy, qui devait se rendre en Polynésie fin avril, repousse son voyage aux calendes grecques. Christian Estrosi est remercié du gouvernement et remplacé par Yves Jégo. Et l'UMP exclut Flosse aussi sec. Ambiance.
« Bascule » d'élus après la défaite aux municipales
A Tahiti, Flosse et Temaru se gaussent du coup porté au protégé de l'Etat sarkozyste. Pas pour longtemps. Aux élections municipales de mars, les électeurs font savoir qu'ils n'approuvent pas leur alliance. Le Tahoeraa perd une trentaine de communes par rapport à 2001 et l'UPLD n'en gagne qu'une dizaine, alors qu'elle en espérait au moins le double. En revanche, To Tatou Ai'a s'implante dans des communes importantes comme Papeete, Pirae, Punaauia, Mahina, Paea…
Mais c'est à l'assemblée que se joue le sort du gouvernement Flosse. Deux représentants (députés) de la majorité, Justine Teura et Michel Yip, viennent en effet de perdre leurs mairies au profit d'autres candidats choisis par le Tahoeraa et l'UPLD. Mécontents, ils se tournent vers le camp Tong Sang pour « négocier » leur transfert.
La « bascule » d'élus est en effet une pratique politicienne bien établie en Polynésie. Depuis 2004 et la victoire des indépendantistes aux élections territoriales de mai, l'archipel a connu six motions de censure et autant de gouvernements. Une instabilité provoquée par des « élus girouettes » dont les attentes se limitent le plus souvent à la prise d'un poste ministériel ou à la présidence d'un des nombreux -et juteux- établissements publics industriels et commerciaux, qualifiés « d'arrosoirs » par la presse locale. Or, la majorité Flosse-Temaru à l'assemblée locale ne tient justement qu'à deux sièges. Au terme de deux semaines de négociations, Yip et Teura rejoignent le camp Tong Sang ouvrant la voie, le 16 avril, à une septième motion de censure (appelée motion de défiance dans le statut d'autonomie modifié).
« L'amitié » et la « confiance » du chef de l'Etat
Sitôt son protégé élu, Paris s'est précipité pour lui apporter son soutien. Dans un communiqué, l'Elysée a indiqué :
« Le Chef de l'Etat a renouvelé, par téléphone, au nouveau président de la Polynésie française l'expression de son amitié et de sa confiance dans sa capacité à rassembler tous les Polynésiens, sans distinction. »
Le nouveau secrétaire d'Etat chargé de l'outre-mer s'est réjouit, lui, des « perspectives ainsi ouvertes de redémarrage des politiques de développement attendues par les Polynésiens qui ont particulièrement souffert de l'instabilité chronique des dernières années ».
Tong Sang a présenté samedi son gouvernement. Son appel à l'ouverture lancé en direction du camp Flosse-Temaru a été rejeté. Seule surprise au sein de cette équipe : la nomination d'Armelle Merceron au ministère de la Solidarité et du Logement. Ancienne ministre des Finances sous Flosse, elle a accepté ce poste pour, dit-elle, « contribuer à faire qu'à l'avenir on débloque un peu le débat politique et qu'on sorte de ces querelles personnelles, et que l'on aborde les vraies questions de fond ». Tong Sang a appelé, lui aussi, à « dépolitiser le débat pour parler des sujets qui intéressent la population ». Seront-ils entendus ? Rien n'est moins sûr. Comme son prédécesseur, le nouveau président polynésien ne peut compter, pour l'instant, que sur une très courte majorité à l'assemblée : 29 voix sur 57. La saga polynésienne pourrait donc connaître de nouveaux épisodes.




















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De pablico
09H07 | 21/04/2008 |
un grand guignol polynésien qui perdure et qui fait honte.
De compte supprimé17
10H21 | 21/04/2008 |
La Polynésie a pulvérisé depuis longtemps les frontières de ce que nous appelons avec ironie une République bananière en parlant d'ailleurs bien entendu.
Flosse, Temaru,Tong Sang, ça pourrais porter à rire si derrière tout ces pitreries politicardes ne se révélaient toutes les turpitudes de la République Française.« Papa » Flosse exclu de l'UMP ? Enfin ?
Ou en sommes nous des investigations sur la mort d'un journaliste enquêtant sur les magouilles locales ? . Qu'en est il des liens entre un certain Chirac, la Polynésie et le japon ? Y a t il des enquêtes sur les liens financiers entres dirigents métropolitains et polynésiens ?
MDR : pas de rire mais de honte ! ! !
Bon, la Polynésie c'est loin ça n'intéresse que très peu par ici et c'est tant mieux pour les mauvais acteurs de ce feuilleton merdique parce que ça risque de durer encore très longtemps.
Plus belle la vie…….sous les cocotiers ! ! !
De raoul le magnifique
10H22 | 21/04/2008 |
Quel cirque cette assemblée politique….57 députés, 200 000 habitants, une prosperité économique (4ème économie du pacifique sud), et ils n'arrivent pas à trouver une majorité avec un programme clair…C'est n'importe quoi…
L'état francais donne 250 millions d'euros de subventions publiques : D'après le magazine THE ECONOMIST, la Polynésie Française reçoit l'aide par tête d'habitant la plus élevée du monde !
Il pourrait hausser le ton…Ou alors qu'il dise qu'il se fout de la polynesie et ses milliers d'iles qui ne vivent que des perles, du tourisme et de la peche
De Lairderien
10H47 | 21/04/2008 |
Il est clair que la Polynésie est pour la Droite en particulier, mais pas seulement malheureusement, un laboratoire grandeur nature de toutes les turpitudes, qui peuvent être mises en oeuvre en politique.
Ce système patriarco-mafieu de partage des fiefs, que représentent les postes ministériels ou les présidences d'établissement publics est peut être exacerbé sous le soleil de Tahiti, mais il n'est pas unique ; en France métropolitaine nous avons le même en plus feutré, moins coloré, mais avec les mêmes rapaces aux serres avides de dépecer leurs proies pour se goinfrer.
De rasko
11H39 | 21/04/2008 |
Et comme si ça ne suffisait pas Gaston Tong Sang a été
attaqué sur ses origines asiatiques, c'est lamentable…Un exemple de ce qui peut se faire de pire…
Je pense qu'on s'achemine pourtant vers une nouvelle
ère : La Chine vient d'y implanter un consulat et a declaré la Polynesie « destination touristique privilégiée », avec un president fils d'immigrés chinois, ça pourrait etre un atout, non ? ? ?
à bientot.
De goutefut
11H45 | 21/04/2008 |
Enfin ! !
De magouilles en parjures, de mensonges en trahisons, de rancunes en malversations il fallait bien qu'un jour l'on retire la place usurpée par ce vieillard orgueilleux, finissant sa vie dans une aura de népotisme et de mégalomanie.
Voici venir le temps des explications sur le GIP, sur le buerau Etudes et Documentation, sur JPK, sur le compte Japonais, sur la SCI le Ranelagh, toutes affaires ou par des manoeuvres il n'est pas en première ligne mais présent dans un édifice financier lézardé.
Quel dommage d'avoir été en charge d'une collectivité, d'avoir amené des aspects positifs certaions à sa communauté et de terminer sa vie politique la tête recouverte de cendres.
Et bien sûr les faux amis plus ou moins discrètemùent savonneront la planche de départ.
Bonne chance à Mme. MERCERON pour avoir eu le courage de choisir la voie de la responsabilité. Ce sera à ele ou peut être à Mr. SENDRAS, de faire revivre un parti Tahoeraa mis à terre par un leader en perte toale de lucidité politique.
Monsieur FLOSSE aidez moi à gangner mon pari politique : vous perdrez les élections sénatoriales.
De chabouc
13H58 | 21/04/2008 |
la Polynesie c'est la France.
la France , pays des droits de l'homme politique et du mépris des citoyens électeurs.
Une honte de plus …. mais qui s'en soucis ?
De Fuel_Injected
15H51 | 21/04/2008 |
Je peux pas m'empêcher de coller ci-dessous le post d'un tahitien qu'il a écrit sur un autre article dédié au sarko gâcheur :
Il est sympa le president de la Republique , il va donner 15 milliards a la Polynesie a un nouveau gouvernement qui vient « » d'acheter « » deux elus pour pouvoir renverser l'ancien gouvernement qui etait en place que depuis 50 jours . CHAPEAU !
Continuez a vous serrer la ceinture , nous , on y peut rien , ils ne veulent pas nous lacher !
http://www.tahitiradiococotier.com/dotclear/
De Calicot Jack
15H53 | 21/04/2008 |
Donnons leur l'indépendance,ça ne fera qu'un état maffieux de plus genre Kosovo ou Montenegro,avec les cocotiers et les vahinés en plus…à moins qu'ils préfèrent leur rattachement à la Chine populaire bien connue pour ses valeurs démocratiques et son respect des droits humains.
De Desactivé
Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 18H01 | 21/04/2008 |
Il était une fois un secoueur de cocotiers , serial plaignant , qui s « auto ( normal pour ce chauffeur de taxi )proclama le plus légalement du monde Président de la Polynésie. Cet homme hors du commun , c “est René Hoffer. Allez nombreux lui rendre hommage sur son site . Il faut aller bien loin de l” hexagone pour rencontrer des résistants. Bravo René. Nous sommes de tout coeur avec toi !
De Desactivé
Pourvu d 'antennes , c 'est pas cou... | 18H16 | 21/04/2008 |
On vous explique mieux : le grand ami de Chirac avait prévu , pour lui assurer une immunité à vie, un poste honorifique à vie de président de la Polynésie. René entre dans la salle , voit tous les documents prêts à être signés , les tampons , et … s « inscrit légalement au poste préparé pour Chirac : et voilà comment-pourquoi-parce que notre grand Chiracketteur finira peut-être en taule ! l'est-y pas beau mon conte de fée ? encore merci , René !
De parti
punishment park | 19H31 | 21/04/2008 |
flosse plus fort et plus long que JR ! ! !
De Papapenu
niakue en vadrouille | 03H14 | 22/04/2008 |
Merci FUEL INJECTED pour ta pub , it was kind of you to do that . . Je reitere ce que je disais dans mon commentaire precedent .
Ca coute la peau des fesses pour voir flotter le beau drapeau francais dans nos cieux mais en sponsorisant un nouveau gouvernement qui regroupe plusieurs repris de justice notoires , la mere patrie a perdu ses lettres de noblesse ! ! a quand le drapeau de pirates sur le mat de la presidence de polynesie .
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De sweetsmoke
bouddhiste | 12H54 | 24/04/2008 |
Ce qui manque à Tahiti, c'est une bonne dictature militaire sanglante, histoire de rappeler à tous ces margoulins, quelle est la douce saveur de la liberté.