Aimé Césaire, disparition d'un poète politique

"Mais un homme sauve l'humanité, un homme la replace dans le concert universel, un homme marie une floraison humaine à l'universelle floraison; cet homme, c'est le poète." (Césaire)

C'est de son malaise, de ses difficultés à habiter la société antillaise que Césaire tire ses premières expériences, intellectuelles et littéraires. Le destin collectif d'un peuple devenant aussitôt le moteur essentiel du destin de l'individu et le premier intérêt de l'auteur. D'où, le recours à la poésie qui réalise à la fois cette intimité avec soi-même tout en portant l'écriture "en dehors" vers des instances d'énonciation plus conformes à l'entreprise collective qu'accomplit Césaire; "La poésie est cette démarche qui par le mot, l'image, le mythe, l'amour et l'humour m'installe au cœur vivant de moi-même et du monde".

 

Dans les années trente, quand Aimé Césaire arrive à Paris, le procès qui commence de la société occidentale, la découverte d'autres modes de vie et d'autres expressions artistiques, parfois radicales, ébranlent l'ordre culturel et politique. Césaire se retrouve à la croisée d'un monde colonisé en effervescence qui aspire à la liberté, d'un monde occidental déstabilisé par la remise en cause de son pouvoir colonial et de son hégémonie culturelle.

Mais, l'abolition de l'esclavage et l'accession aux droits démocratiques n'ont pas permis une véritable libération de l'homme antillais. Car celle-ci n'est pas seulement dépendante de la fin du régime esclavagiste ou colonial, elle requière l'arrêt des attitudes de consentement, de la "servitude volontaire" des individus qui participent des mécanismes de l'aliénation culturelle et sont à la base de la reproduction du système politique de la colonisation et de toutes les dominations.

Une vision sans ménagement du monde antillais

Partant, le poète Césaire livre du monde antillais une vision sans ménagement -"en mes yeux des reflets de marais, de honte, d'acquiescement"-, il ne se satisfait d'aucun oubli, d'aucune souffrance ou humiliation; il fait face -"J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies"- et se déprend du mensonge occidental -"faire éclater l'oppression dont nous étions victimes". Ce faisant, il place l'homme devant ses responsabilités.

Ici, la singularité du créateur rejoint la singularité de l'expérience qui fonde le peuple qu'il a choisi d'honorer en premier. La personnalité du peuple martiniquais, celle d'un peuple qui s'est construit dans la déportation, l'exploitation, l'esclavage, le colonialisme, l'aliénation brutale ou silencieuse (Chamoiseau), d'un peuple qui s'est construit dans un mouvement nouveau, que d'autres appellent la "créolisation", la personnalité de ce peuple là exige du créateur qu'il innove, invente, bouscule pour dire ce qui jusque là n'avait jamais eu d'expression littéraire. La poésie aura ce pouvoir de renversement.

"Il faut toujours y revenir [à la poésie]: surgit du vide intérieur, comme un volcan qui émerge du chaos primitif, c'est notre lieu de force; la situation éminente d'où l'on somme; magie; magie."

 

Alors, le poète cherche au fond perdu de lui-même et de son peuple, tel le vatès fouillant la jarre, cette parole inédite:

"et la pureté irrésistible de ma main appelle / de loin de très loin du patrimoine héréditaire / le zèle victorieux de l'acide dans la chair / de la vie - marais."

Il pénètre, au delà des ruptures qui caractérisent le monde antillais, palliant la discontinuité du rapport de l'homme à la nature par l'observation constante et attentive, l'épaisseur du pays.

"A force de regarder les arbres je suis devenu un arbre et mes longs pieds d'arbre ont creusé dans le sol de larges sacs à venin de hautes villes d'ossement."

Un pays dont le drame essentiel est qu'il est d'un modelage récent et encore fragile de la souffrance et de la brutalité qui longtemps commanda le rapport des hommes entre eux et à la terre. Le poète nomme, désigne les éléments du monde antillais:

"Ce sont mots

Que j'entasse dans mes réserves

Et dont l'énergie est à dispenser

Aux temps froids des peuples…"

Cette pratique poétique des noms cristallise une véritable présence historique et rompt cet éloquent silence sur l'histoire des Antilles. Une histoire qui se perd dans les nombreuses ruptures constitutives de l'univers antillais (la traite, l'esclavage, la mort…) et s'abîme dans le déni d'une pantomime grossière, mise en scène par la puissance coloniale, qui consiste à faire apprendre aux antillais l'histoire officielle de la métropole et réitérer des présupposés idéologiques conformes aux ambitions coloniales. C'est ainsi, et contre toutes les évidences, qu'un corps social malade de refoulement, perclus de tabous s'invente un récit historique qui commence là où s'arrête l'esclavage.

Une quête à travers quelques mots

 

Le poète Césaire tranche, choisit entre les différentes configurations naturelles et traces humaines qui fondent l'histoire des Antilles françaises: "Défié Tyr. Défié Sidon. Adoré le Zambèse…" Il cherche à travers quelques mots particulièrement chargés, pour lui, d'affectivité une intégrité perdue: esclavage, esclave, volcan, feu, eau, Afrique, noir, folie, lait.
Mais on aurait tort de poursuivre à travers ces mots la chose signifiée. Alors, on transformerait l'entreprise poétique en discours et le mot en objet. C'est ce rapport au mot qui permet la transcendance du poème et que des hommes qui n'ont aucun lien particulier avec l'histoire coloniale et esclavagiste des Antilles puissent entendre et reconnaître l'émotion de Césaire.

"Parce que nous vous haïssons, vous et votre raison, nous nous réclamons de la démence précoce, de la folie flambante, du cannibalisme tenace."

Démence, folie, cannibalisme embrasent la raison occidentale. Ils battent la critique du poète, tandis qu'ils sonnent l'insupportable histoire des inquisitions, des intolérances, des volontés de puissance. Le langage se resserre en propositions injonctives -"Que 2 et 2 font 5 / Que la forêt miaule/ Que l'arbre tire les marrons du feu / Que le ciel se lisse la barbe/ Et caetera, et caetera…"- pourvu que des mots jaillisse un monde rassemblé loin de la raison occidentale, qui aura tant fait souffrir, jusqu'à l'occire:

"Donc notre enfer vous prendra au collet.

Notre enfer fera ployer vos maigres ossatures.

Vos grâces de tétras lyrure n'exorciseront rien."

 

L'Afrique, une métaphore infinie

Mais si le poète renverse l'occident jusque dans ces fondements les plus essentiels "pour moi je n'ai rien à craindre je suis d'avant Adam je ne relève ni du même lion / ni du même arbre je suis d'un autre chaud et d'un autre froid", l'"Afrique" est une métaphore infinie, un microcosme où l'on croise aussi bien le refus de l'occident triomphant que des couleurs chaudes et des odeurs profondes. L'Afrique est la terre perdue de l'être dépossédé et le lieu poétique du remembrement, de la découverte de soi.
C'est en référence à l'histoire africaine que Césaire dissocie de la manière la plus significative l'histoire des Antilles de l'Europe colonisatrice, "les oiseaux chanteront tout doucement dans les bascules du sel la berceuse congolaise que les soudards m'ont désapprise". Pourtant, une fois que le poète s'est saisi du mot, il n'est plus besoin que l'Afrique existe, ou qu'un lien quelconque ait existé entre l'Afrique et les Antilles. L'Afrique vibre des émotions du poètes; "à force de penser au Congo / je suis devenu un Congo bruissant de forêts et de fleuves / où le fouet claque comme un grand étendard / l'étendard du prophète". Mais la poésie lui permet dans le même temps de ne sacrifier à aucune mystification, comme celle qui consisterait à reconnaître des traits culturels d'origine africaine à toutes les pratiques collectives encore énigmatiques.
La réduction du discours de Césaire à un débat entre continuité africaine versus changement créole est absurde. Césaire ne reconnaît aucune continuité historique capable de fonder une identité entre les peuples d'Afrique et la diaspora noire des Antilles françaises:

"Il y a toute une attitude émotionnelle qui n'a rien à faire avec l'Europe et qui ressemble pendant le Carnaval, pendant les élections (parfois beaucoup à d'autres moments plus légèrement) à ce qu'on voit dans le vaudou. Mais ce n'est pas un vaudou véritable. Les Noirs furent beaucoup trop influencés par les Blancs -parfaitement encadrés par eux, d'ailleurs- et la Martinique beaucoup trop petite, pour pouvoir conserver leurs rites."

 

Et, le texte poétique devient une sorte de nébuleuse que le poète habite et qu'il invite à partager, un espace dont les pratiques et les emblèmes ne participent d'aucune tentation nationaliste tant ils s'éloignent d'une identité culturelle absolue ou d'une limite territoriale précise, un lieu où se rapprochent des peuples de langues, de cultures différentes mais qu'une histoire coloniale commune, Césaire s'emploiera à le démontrer, place dans des positions structurelles équivalentes.

"On s'est demandé en particulier quel est le commun dénominateur d'une assemblée qui unit des hommes aussi divers que des Africains de l'Afrique noire et des Américains du Nord, des Antillais et des Malgaches. La réponse me paraît évidente : ce commun dénominateur, c'est la situation coloniale."

Un espace marqué par l'humiliation et la révolte

Cet espace littéraire est marqué par la colonisation, l'exploitation, le racisme, la domination politique, par la révolte comme principe de subversion de l'ordre en place et contre l'abnégation commune. Le poète puise dans le présent et le passé des mondes antillais, américains, africains mais aussi asiatiques les images, les héros, les postures éthiques propres à l'élaboration de la critique qu'il opère. Il ne fait pas d'Emmet Till un orphelin de l'Afrique originelle, il en fait un martyre de la bêtise, du racisme et de la grossièreté d'un monde suffisant, bouffi de certitudes:

"Emmet Till

Tes yeux étaient une conque marine où pétillait la bataille

De vin

De ton sang de quinze ans.

Eux jeunes n'avaient jamais eu d'âge

Ou plutôt sur eux pesaient,

Plus que tous les gratte-ciel, cinq siècles de tortionnaires

De brûleurs de sorcières, Cinq siècles de mauvais gin de gros cigares

De grasses bedaines remplies de tranches de bibles rancies

Cinq siècles de bouche amère de péchés de rombières,

Ils avaient cinq siècles Emmet Till,

Cinq siècles est l'âge sans âge du pieu de Caïn."

Que cet homme fut un noir américain n'est pas une circonstance nécessaire, la petite fille vietnamienne du Discours sur le colonialisme remplit ailleurs une fonction équivalente. Emmet Till est tout entier martyre sans cesser d'être cet homme noir américain, il est la petite vietnamienne, l'esclave…

 

Car, il ne s'agit pas de retourner aux origines ou de donner corps à un lien où s'inscrirait la filiation d'un peuple en exile. Il s'agit d'embarquer le monde antillais vers "la plage des songes et l'insensé réveil". Le poète détruit et recompose "et nous voici pris dans le sacré / tourbillonnant ruissellement primordial / au recommencement de tout", "et je dis et ma parole est terre". Seul le poète peut transfigurer la mort du monde en monde, en faire un sujet poétique si riche et complexe qu'il est un monde.

"A mesure que se mourait toute chose,

Je me suis, je me suis élargi - comme le monde -

Et ma conscience plus large que la mer !

Dernier soleil.

J'éclate. Je suis le feu, je suis la mer.

Le monde se défait. Je suis le monde".

Césaire crée un monde, "forces éruptives tracez vos orbes".

La poésie d'Aimé Césaire embrasse des mondes qui ont en commun l'aliénation, la souffrance et l'humiliation, elle révèle une communauté de sentiments et débouche sur une communauté d'actions; "Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-panthères, je serais un homme-juif / un homme-cafre / un homme-hindou-de-calcutta / un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas". Elle travaille à l'avènement d'une existence maîtresse, réappropriée, d'une existence qui fait face au désastre et qui illumine l'homme d'un "étrange orgueil", celui d'une vie vivante où il est toujours en mesure de refaire "la carte du printemps".

La Négritude, métaphore d'une posture politique

C'est pourquoi la Négritude césairienne est la métaphore littéraire d'une posture éthique et politique, contre les passions, les couleurs de peau, les hiérarchies sociales héritées.

"Je suis pour la négritude d'un point de vue littéraire et comme éthique personnelle, mais je suis contre une idéologie fondée sur la négritude."

Césaire refuse la réduction culturaliste du politique qui revient à superposer l'identité politique à l'identité culturelle. Il refuse la dépolitisation d'une identité ethnicisée ou racisée qui articula la pensée coloniale et est une des grandes causes de douleur du monde antillais. Son œuvre littéraire s'accommode de la pluralité des affiliations identitaires. Elle est ouverte et s'organise autour de points forts comme la Négritude contre le racisme du monde occidental incorporé par les antillais et contraire à leur épanouissement "car enfin, il faut blanchir la race; et cela, toutes les Martiniquaises le savent, le disent, le répètent […] Il s'agit de ne pas sombrer de nouveau dans la négraille […] " (Fanon) ou la reconnaissance et l'affirmation de l'esclavage et de la traite comme acte fondateur des Antilles, qui n'ont d'intérêt que dans la mesure où elles contredisent leur oblitération commune.
La Négritude est une construction littéraire qui emprunte aux mondes noirs et plus généralement, aux mondes colonisés parce que "la liberté éternelle se laisse entrevoir à l'horizon de la libération historique et concrète qu'il [l'écrivain] poursuit". (Sartre).
La proposition d'identité formulée par le poète s'éloigne d'autant des tentatives de réduction ethnicistes ou racistes qu'elle repose sur l'engagement du sujet contre toutes les formes de colonisation et de suggestion culturelle, et pour la liberté universelle et devient une proposition de socialité.

 

Loin d'une représentation moniste du politique, Aimé Césaire a voulu, à travers son œuvre, substituer aux problématiques identitaires un engagement politique et idéologique capable de répondre à la question du "qui suis-je" en en projetant la réponse dans une vigilance et une mobilisation pour l'avenir.


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Akaz | (rêveur à Paris)
19H11 19/04/2008

Joli article, mais...

La réduction du discours de Césaire à un débat entre continuité africaine versus changement créole est absurde. Césaire ne reconnaît aucune continuité historique capable de fonder une identité entre les peuples d'Afrique et la diaspora noire des Antilles françaises:

"Il y a toute une attitude émotionnelle qui n'a rien à faire avec l'Europe et qui ressemble pendant le Carnaval, pendant les élections (parfois beaucoup à d'autres moments plus légèrement) à ce qu'on voit dans le vaudou. Mais ce n'est pas un vaudou véritable. Les Noirs furent beaucoup trop influencés par les Blancs -parfaitement encadrés par eux, d'ailleurs- et la Martinique beaucoup trop petite, pour pouvoir conserver leurs rites."

Le vaudou antillais n'est pas un vaudou véritable. Chez Césaire rien de ce qui est antillais n'est véritable. Une falsification,une version dévoyé de l'original. Merci pour MON bèlè, MON Jazz, MA Biguine, Mon Gwo-ka, pas véritable, trop dévoyé par le blanc, merci Papa-Césaire.

Papa Césaire-je-parle-en-français-de-la-rue-d'ULM pendant les élections en Martinique même si le petit peuple qui vient ,ne parle que créole, cette langue dévoyée, cette falsification coloniale.

N'est ce pas Césaire qui déclarait "Je suis un Martiniquais avant tout. Mais au fond (ou ça, "Koté!" comme on dit chez nous, au fond à gauche ou à droite?)je suis un Africain"?

Alors pourquoi passait-il son temps à observer "l'Africain" chez les Antillais?

Alors oui, Césaire n'est pas un culturaliste, il est internationaliste, tellement internationaliste que de tous ces frères aliénés par l'opression colonialiste, il sera le seul a rapprocher son pays de la métropole qui le colonise.

Je suis désolé si je peux paraître agressif mais en ce moment, on en bouffe sur Césaire et son universalisme. Et plus on lit, plus ça paraît limité. Ce qu'il a écrit est souvent magnifique, mais les idées politiques ou éthiques qui en ressortent sont souvent inquiétantes: un messianisme omniprésent, une espèce de lecture "un seul oeil, un quart ouvert" de la situation antillaise. Césaire n'est ancrée dans aucune réalité, toute sa poésie est par trop intellectuelle, le sang, la fureur, le chambardement de la réalité, répété à l'infini sur toute son oeuvre, paraissent trop souvent creux.
Fanon, qui connaisait l'homme et l'oeuvre, qui avait appris par lui, avait bien capté les limites du concept et de l'esthétique césairienne, lui l'homme qui s'était vraiment engagé(la fureur chez fanon, même dans un essai est tellement plus perceptible). Voilà une nouvelle fabrique de déréalisation, une fabrique à mythes(Le Rebelle, Le leader, la posture du Juste), une fabrique à postures, la poétique, l'éthique césairienne, c'est pour les diseurs.

Dans je ne sais plus quel bouquin de Kundera( l'insoutenable etc.. peut être), le personnage décrit Paul Eluard dansant la ronde avec des jeunes filles, sorte de symbolique de l'union des peuples, et de l'avenir meilleur qu'apporte la révolution, juste après avoir fustigé les "bourgeois" ou je ne sais quoi. Adolescent, la première fois que je l'ai lu, j'y voyais Césaire à la place d'Eluard, dansant la ronde, montant au ciel, chantant sa négritude, criant contre le colon.
Au personnage comme à moi, tout ça n'inspirait que dégoût. "Tout ça c'est du vent!".

 
19H18 19/04/2008

SarKoL'UMP va pronconcer un discours (qu'il a écrit tout seul, bfm dixit) pour "récupérer" la négritude et Césaire ...

Ne pas oublier son discours de Dakar!
Sarko, un jour!
Sarko, toujours! :

"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais l'homme reste immobile au milieu d'un ordre immuable où tout semble être écrit d'avance.

Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.

Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire.

Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé."

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
19H20 19/04/2008

Il avait vraiment AUCUN DÉFAUT , Aimé Césaire ..
95 ans d' une vie absolument parfaite et sans tache.
Ca en devient suspect , à ce point la, je veux dire ..
C'est le politiquement divers correct qui produit ça ?

Ha , les poètes ..

Il est toujours joli, le temps passé
Un' fois qu'ils ont cassé leur pipe
On pardonne à tous ceux qui nous ont offensés
Les morts sont tous des braves ty yyy pes !
"ploink"

 
20H43 19/04/2008

poète
rime avec
brouette

votre post est le contre exemple parfait car :

il ne rime à rien

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
21H21 19/04/2008

Qu'est ce que vous avez contre les poètes chanteurs chantres de la moustachepipitude ?

 
Tinhinane | Médiatrice scientifique
20H46 19/04/2008

Je ne sais pas si c'est un défaut, mais j'ai toujours été intrigué par l'absence de sa signature de la "Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie" (manifeste des 121), un grand merci à tous ceux qui pourront m'éclairer.

 
19H21 19/04/2008

Se souvenir que Césaire avait refusé de recevoir Sarkozy suite à la loi sur le bilan positif de la colonisation (votée en 2005).

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
19H31 19/04/2008

Oui: c'est de la mémoire et du devoir, mieux que du "devoir de mémoire".
La présence de Sarkozy à la cérémonie d'adieux au corps
est une indécence.

 
Tinhinane | Médiatrice scientifique
20H52 19/04/2008

[La présence de Sarkozy à la cérémonie d'adieux au corps
est une indécence.]

Entièrement d'accord.

Il faudra également le laisser "reposer" sur son île et ne pas faire venir sa dépouille au Panthéon.

 
Axior | Citoyen
01H07 20/04/2008

Je ne suis pas d'accord : La présence de Sarkozy en tant que président de la république française est obligatoire pour représenter tous les français.
Nous n'avons qu'un seul président de la République, et la malchance veut qu'en ce moment ce soit un trou du cul. Pas de pot, mais il faut faire avec.
Ce serait son absence qui serait indécente.
Par contre, vu ce qu'il représente vis-à-vis du peuple noir d'une part, et vis-à-vis du défunt d'autre part, qui lui a refusé une entrevue et l'a qualifié d'homme dangereux, il serait hautement indispensable que ce monsieur Sarkozy se contente de faire acte de présence, et surtout qu'il FERME SA GRANDE GUEULE.

 
eelisa | à gauche toute !
08H04 20/04/2008

Il ne pourra pas la fermer sa "GRANDE GUEULE"

Revoyez les images ou il prend Aimé Césaire par la main... observez son attitude ; c'est tout juste s'il ne bouscule pas le vieillard pour passer devant lui !

Alors lui demander de rester respectueux, c'est trop pour lui ! il adooooooore les enterrements et les cérémonies avec plein de photographes !

 
Axior | Citoyen
10H45 20/04/2008

Oui, hélas !

 
20H25 19/04/2008

Je te trouve parfois pinailleuse, Marie, mais ta vigilance a vraiment du bon.

 
19H41 19/04/2008

Sarko et hortefeux organisent des "retours" musclés des immigrés vers l'Afrique...
Alors son discours (écrit par lui comme on nous le répète)... il peut se le garder...
D'ailleurs ... ce discours sera lu (pl de la Sorbonne) par qq du ministère de l'outre mer...

La lanterne .... c'est mieux!!!

Quant à ce qui sera "sorti" à la Martinique ... le CRAN et SOS racisme s'y rendent pour l'applaudir!!!!!!!

Une "contre-manifestation du souvenir" organisée pl. du Panthéon!

 
17H26 20/04/2008

" Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »

 
22H50 19/04/2008

"Une civilisation qui s'avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde." Aimé CESAIRE (discours sur le colonialisme)

Fan de "chichourle"!
Ce texte est on ne peut plus d'actualité!
Handicap!
Education!
Exclusion!
Immigration!
Ségrégation!
Inégalité!
Travailleurs SDF !
SDF sans travail !

La liste se fait de plus en plus longue!

 
02H09 20/04/2008

merveilleux!

 
10H38 20/04/2008

Merci Aimé Césaire d’avoir mis l’accent sur la négritude. Vous en avez parlé avec la langue des blancs dans vos poèmes. Vous ne pouviez pas faire autrement ! Grâce à Senghor et à vous, le nègre est devenu un humain aux yeux des occidentaux. Je ne crois pas que la littérature et la poésie puissent suffire pour que l’Afrique retrouve ses racines. Un travail reste à faire sur la danse, la musique et la sculpture Africaine. Ce travail ne peut être fait que par des linguistes. Se contenter de la poésie de Senghor ou de Césaire, des musiques traditionnelles enregistrées ou d’un musée des arts premiers est insuffisant. L’Afrique ne retrouvera pas ses racines, en vendant sur les marchés de pâles copies de masques ou sculptures, ou en faisant avec des boutiques spécialisées des ventes d’objets un peu mieux copiés. L’Afrique ne possédait pas de langage écrit, mais possédait un langage des signes. Tant que ce langage des signes, lié au mimétisme, ne sera pas reconnu, l’Africain ne connaîtra rien de son passé. La parole et l’écriture ne sont pas les seuls moyens de penser. L’art en fait également partie. Ce travail sur l’humanisme « premier » Africain reste à faire à partir des oeuvres Africaines présentes dans les musées du monde entier et chez des particuliers. Après les avoir "empruntées" pour les sauver, ce serait bien de leur rendre et d'en garder des copies fidèles. Ce n'est pas par la spéculation sur ces masques présents dans les salles de ventes renommées que l'Africain retrouvera ses racines et aura le désir de s'enraciner à nouveau chez lui.

http://pikasso02.skyrock.com/

 
Révolutiona | Hawwah
19H55 20/04/2008

Je l'avoue, je ne connaissais pas, et pourtant grande proximité de pensée !

Aujourd'hui, j'ai entendu une de ses citations :

"Même le crayon de Dieu n'a pas de gomme !".

Merci, Aimé, bien capté, c'était ce que je pensais aussi...

Il ne sera jamais possible, en effet, d'un coup de gomme d'effacer les souffrances endurées... Là, d'accord à 100 % ! Repose bien en paix, tu étais un grand homme et je t'ignorais...

 
21H46 22/04/2008

Une bonne analyse de la vision Sarkozyste, suivie de l'allocution de S. Royal

http://www.betapolitique.fr/A-Aime-Cesaire-04366.html