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The Last Poets, grands-pères du rap, reformés à Banlieues Bleues



La 25e édition de Banlieues Bleues, qui s'achève ce vendredi soir avec le spectacle prometteur de Jerry Dammers (ex-Specials), restera marquée par la reformation des Last Poets, les précurseurs du rap, le temps d’un concert unique à Aubervilliers.

Personne n’aurait parié que Jalal Mansur Nuriddin, un des fondateurs de ce groupe de légende, surnommé par la génération hip-hop “the Grandfather of rap“, répondrait positivement à l’invitation, tant la brouille avec les autres poètes activistes semblait indépassable.

Jerry Dammers à Bobigny pour la clôture


Jerry Dammers, une autre figure surgie d’un passé musical récent, clôturera ce vendredi soir le festival Banlieue Bleues à la maison de la culture de Bobigny.

Titré « Jerry Dammers Spatial Aka Orchestra, Tribute to Sun Ra & Other Outsiders », le spectacle mis au point par le génial ex-leader des Specials est plus que prometteur.

On ne peut que faire confiance à l’extravagance de celui qui fut à l’origine du retour débridé du ska sur la scène musicale british des années 80 ainsi qu’à l’auteur du très politique et monumental « Nelson Mandela » en 1984.

A croire que la symbolique du 40e anniversaire de la création de la formation, qui a su si bien populariser et alimenter en son temps le mouvement du spoken word, aura été la plus forte. Les organisateurs eux-mêmes n’y croyaient plus, lorsqu’ils ont appris, presque à la dernière minute, que Jalal, l’auteur de l’hymne des Noirs américains « Wake up Niggers ! serait de la partie.

Le 11 avril, le public de Banlieues Bleues a pu découvrir côte à côte, sur la scène de l’Espace Fraternité, ces artistes charismatiques, barbes et cheveux blanchis par les années, dont les albums sont les plus samplés de la planète : David Nelson, Abiodun Oyewole, Felipe Luciano, Umar Bin Hassan, Jalal Mansur Nuriddin ainsi que Don Babatunde et Abdu-Rahman Kenyatté aux percussions.

Ils étaient accompagnés d’un trio somptueux, composé de Jamaaladeen Tacuma à la basse, Robert Irving III (ex-collaborateur de Miles Davis) au clavier et Ronald Shannon Jackson à la batterie. Le moment est d’autant plus à marquer d’une pierre “noire” que Jalal n'est pas allé le lendemain en Suisse pour leur concert au Cully Jazz Festival…

Conflits internes, scissions et reformations ont marqué l'histoire du groupe

Le trio originel, composé de David Nelson, Gylan Kain et Abiodun Oyewole, était pourtant, peu de temps après sa formation à Harlem, le 19 mai 1968 (le jour anniversaire de la naissance de Malcolm X), devenu un groupe de huit artistes avec Felipe Luciano, Nilaja, Umar Bin Hassan, Jalal Mansur Nuriddin et Suleiman el-Hadi. Mais les conflits internes provoqueront rapidement scissions, reformations à quelques-uns et autres séparations.

Depuis leur création, les Last Poets ont, malgré ces vicissitudes, mené tous les combats pouvant provoquer une prise de conscience au sein de la communauté noire américaine. Ils ont exploré sur le plan artistique et popularisé des concepts comme l’afrocentrisme -leur art poétique s’inspire des griots africains- l’autodétermination et le nationalisme noir au travers de performances oratoires aussi radicales que talentueuses.

Ils ont été soutenus par Angela Davis, James Brown, BB King, Miles Davis, Jimi Hendrix, Toni Morisson, etc., qui ont repris leurs lyrics et se sont associés à leur travail. Les Last Poets ont fertilisé le terrain sur lequel a pu pousser à la fin des années 70 la Zulu Nation, qui a engendré la culture hip hop.

Ils sont reconnus comme les inspirateurs du mouvement. Les rappeurs de Public Enemy, comme de nombreux autres, ont coutume de dire que sans les Last Poets, leur formation n'aurait jamais vu le jour.

Ils sont d’ailleurs régulièrement sollicités par certains rappeurs américains (KRS One, Dead Prez, Common, le Wu Tan Clan, etc.). Celui pour qui une des préoccupations artistiques est de porter la parole et le discours transmis par les Last Poets.

Classés parmi les ennemis de l'Amérique par le FBI

Cette parole contestataire aussi poétique qu’engagée avait été considérée comme hautement subversive par le FBI, qui avait déclaré les Last Poets (à l’instar des Black Panthers) “les ennemis de l’Amérique” au début des années 70.

Bien qu'interdits de radio, leurs deux premiers albums, The Last Poets (1970) -qui fit l’effet d’une bombe à sa sortie- et This Is Madness (1971) se sont vendus à un million d’exemplaires.

L’art oratoire des Last Poets et la puissance de leur verbe contribuent en plein mouvement pour l’émancipation des Noirs Américains à dénoncer notamment une culture exclusivement aux mains des Blancs.

Mais leur force et leur talent aura été d’interpeller la population noire, en lui reprochant sa passivité vis-à-vis d’une société blanche qui la rejette. Des lyrics provocateurs comme “Niggers are scared of révolution (”les Nègres ont la trouille de la révolution ») sont devenus des classiques.

Lire aussi : The Last Poets : Le monde a changé, notre parole est à nouveau nécessaire


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Azrael
16H56 18/04/2008

New York, New York,
The Big Apple!
New York, New York!
New york is a stae of mind
That doesn’t mind
Fucking up a brother….

OOOOOhhhh! Yessss! I remember!

 
Freex
17H34 18/04/2008

« When the revolution comes

some of us will catch it on TV

with chicken hanging from our mouths

you’ll know it’s revolution because

there won’t be no commercials

when the revolution comes… »

Dommage que la video n ai pas de son, pouvez vous y remedier ?

 
Don Matito
17H42 18/04/2008

Argh ! Pas de son !

 
skalpa | actif et militant ?
18H54 18/04/2008

Les voilà avec Common en 2005
Big up!

Et un de leur titre, cité plus haut…


http://kprodukt.blogspot.com

 
catsine
11H51 19/04/2008

Merci Skalpa, la 2ème vidéo est géniale ! C’est vraiment dommage qu’on ne puisse pas avoir de son sur celle de l’article.

 
quetzal2012 | enseignant précaire
00H51 19/04/2008

Merci, je ne connaissais pas!

 
patrick114 | psychiatre à st anne
09H47 19/04/2008

merci skalpa et je trouves ça bien raccord avec le décès d’aimé césaire

 
le gac nicolas | animateur cinéma à Bègles
11H29 19/04/2008

Je profite du retour des Last Poets pour lancer une annonce: quelqu’un saurait-il où l’on peut trouver (en dvd ou en 16mm) le film « RIGHT ON! » de Herbert Danska sur les Last Poets, un film tourné en 1972 et produit par Pennebacker & Leacock (parmi les fondateurs du cinéma direct américain). On y voit une séquence extraordinaire où l’un des Last Poets scande un texte sur la terrasse d’un immeuble. (Si quelqu’un a cette info, mon mail: nlg@no-log.org). La B.O. a été rééditée en vinyle et en cd.

 
Gil Scott Heron
13H58 19/04/2008

PAS DE SON… DOMMAGE