L'exposition d'André Zucca perpétue la propagande nazie

La Bibliothèque historique de la ville de Paris présente dans une exposition intitulée « Les Parisiens sous l'Occupation » 270 photographies faites à Paris par André Zucca entre 1940 et 1944. Il s'agit d'une partie des photos couleurs réalisées par ce photographe travaillant alors pour Signal, l'organe allemand de propagande nazie qui vantait la puissance de la Wehrmacht et de la Waffen SS. Une exposition qui révèle de curieux choix de la part du conservateur général de la Bibliothèque Jean Dérens et du commissaire de l'exposition Jean Baronnet.
Des nuances dans le catalogue, pas dans les notes de l'exposition
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Non qu'il ne faudrait pas montrer ces photos, mais il faut les montrer pour ce qu'elles sont, et les remettre dans leur contexte. Or, quand l'historien Jean-Pierre Azéma, dans son texte du catalogue, tente précisément de le faire, les extraits que les commissaires ont choisi pour figurer dans l'exposition écartent des éléments essentiels à cette contextualisation. Azéma conteste d'ailleurs, quant à lui, la dimension proprement documentaire de cet ensemble de diapositives en couleurs :
« Des photos de Zucca, il a été couramment dit qu'elles avaient une dimension documentaire incomparable. L'assertion vaudrait dans une large mesure pour les 10 600 négatifs en noir et blanc 6x6 pris dans Paris.“Il en va différemment, selon moi, pour ces diapositives en couleurs qui reflètent certes le talent incontestable d'un grand professionnel, mais plus encore le regard et le plaisir de l'esthète privilégiant un Paris qui lui est propre.”
Son article est accompagné de trois exemples de ces photos noir et blanc absentes de l'exposition : un meeting du PPF de Jacques Doriot, un discours du chroniqueur de Radio Paris qui acclamait les succès de l'Axe, Jean Herold-Paquis, jugé et condamné à mort en 1945, et les obsèques du collaborationniste Philippe Henriot, tué par des résistants. Aucun de ces clichés n'est présenté dans l'exposition.
L'expo montre un Paris occupé rayonnant de bonheur, le rêve de Goebbels
Que montre cette exposition ? Un circuit touristique de Paris et de ses quartiers sous l'Occupation, et la vie tranquille des Parisiens telle que voulait la montrer la propagande allemande.
Un Paris où l'occupant se promène paisiblement sous le soleil au milieu des Parisiens, où les femmes vont aux courses avec de beaux chapeaux, où les soldats allemands ont leurs cinémas, les Français aussi, où l'on projette nombre de films produits sous le nazisme, un Paris où la vie culturelle est intense, où les affiches et les expositions de propagande allemande s'étalent, et où la machine à divertir fonctionne à plein.
Bref : le rêve de Goebbels, celui d'un Paris occupé rayonnant du bonheur d'être une capitale tranquille sous la main douce de l'Allemand esthète, fidèlement représenté par Zucca.
Quels rapports André Zucca entretenait-il avec la propagande allemande ? Azéma nous l'explique dans le catalogue :
“Les photographes devaient obtenir et faire régulièrement renouveler une accréditation de la Propaganda Stafel et soumettre leur tirage à la censure. Accrédité (…) André Zucca bénéficie d'une carte de presse et d'un laissez-passer, mais il fut le seul Français à disposer des pellicules Agfacolor quasi introuvables.”
Dans l'exposition, le conservateur général de la Bibliothèque nous dit qu'il a été “réquisitionné le 1er août 1941 par Signal” -un magazine qu'il ne qualifie pas, quant à lui, de “magazine de propagande”–, reprenant et amplifiant les dires de la fille du photographe qui, quant à elle, dans le catalogue, dit qu'il aurait été “requis” par Signal. Et le conservateur ajoute que c'est “sans doute” à ce titre qu'il eut à sa disposition des pellicules allemandes en couleur.
Les poursuites contre Zucca à la Libération sont minimisées
Visiblement, les commissaires préfèrent faire écho dans l'exposition aux efforts de la famille pour tenter d'effacer les liens du photographe avec la propagande nazie, plutôt qu'aux informations précises données par l'historien.
Quand ils disent que Zucca travaille pour l'Illustration, ils se gardent de préciser, comme le fait Azéma, qu'il s'agit d'“un magazine bien pensant, lu par la bourgeoisie pétainiste”.
Quant aux poursuites dont ce photographe a été l'objet à la Libération, ils cherchent manifestement à les minimiser : “Arrêté en octobre 1944, il est rapidement libéré et rejoint la Ire Armée du général de Lattre de Tassigny. Son dossier est classé en 1945”, peut-on lire dans l'exposition.
En réalité, Azema précise qu'il a été poursuivi et incarcéré pour sa collaboration avec l'occupant et considéré en 1945 comme devant faire l'objet d'une procédure d'indignité nationale, situation à laquelle il a réagi en quittant Paris et en s'installant près de Dreux où il vivra longtemps sous un pseudonyme. Quant à l'expression “rejoint la Ire Armée du général de Lattre de Tassigny”, elle semble indiquer une incorporation qui, en réalité, n'a pas eu lieu.
Des cartels consternants
Les textes accompagnant ces photos font l'apologie de leur technique et de leur couleur, sans rien dire de leur contenu problématique. Les cartels sont à cet égard consternants.
Quand une photo montre un vendeur du journal Les Nouveaux Temps, le cartel précise qu'il s'agit du journal de Jean Luchaire, mais sans dire qu'il s'agit d'un intime de l'ambassadeur d'Allemagne Otto Abetz, condamné à mort pour collaboration et exécuté en 1946.
Un autre porte “La milice défile sur les Champs-Elysées et va aux Invalides prêter serment à Joseph Darnand”, sans dire que ce dernier était le chef d'une force armée qui combattait la Résistance.
Un autre, accompagnant la vue d'un café de Paris Le Capoulade, épouse le ton léger du reportage photographique : “Le choix se situait entre Le Capoulade et Le Mathieu en face”.
Mais les cartels se taisent quand les photos montrent les rideaux de fer baissés des boutiques du Marais, quartier où ont eu lieu les plus importantes rafles de juifs ; ils se bornent à indiquer le nom des places et des rues : rue des Rosiers, place des Vosges… Et lorsqu'une photo montre des personnes portant l'étoile jaune, aucune explication n'est donnée.
En insérant des documents iconographiques extérieurs à cet ensemble photographique, les commissaires de l'exposition auraient pu évoquer les souffrances des Parisiens, les restrictions, les queues devant les magasins, les tickets de rationnement, les rafles, les tracts et les affiches de la Résistance. Ils se sont limités à des affiches de films, des publicités et des paquets de cigarettes qui prolongent, eux aussi, le ton et l'esprit du reportage de Zucca sur le “Gai Paris”.
Que peuvent retirer les visiteurs, surtout les jeunes, d'une telle exposition ?
Le comble est peut-être atteint lorsqu'une photo donne à voir un cinéma arborant une grande affiche avec le comédien Harry Baur. Le cartel se borne à dire que le film date de 1936, sans dire que cet immense acteur, dénoncé comme juif, arrêté et torturé durant quatre mois par la Gestapo, est mort en Allemagne en 1943.
Que peuvent retirer les visiteurs d'une telle exposition, en particulier les plus jeunes ? Les commentaires sur l'intérêt esthétique des photographies et la restauration de leurs couleurs ne font que prolonger l'attention portée à cette vision d'un Paris ensoleillé où les images montrent l'occupation comme une période joyeuse et paisible.
L'Observatoire de la liberté de création de la Ligue des droits de l'Homme, qui défend la liberté des auteurs et des expositions, a aussi toujours affirmé que la médiation des œuvres est de première importance, et engage chaque protagoniste à rendre des comptes dans le cadre du débat citoyen.
Cette exposition est coupable, non de montrer des images de propagande, mais, faute de toute distance et de toute contextualisation, d'en perpétuer, de fait, la propagande.
Les responsables ne peuvent se réfugier derrière les qualités esthétiques de ces images pour justifier la façon dont ils les montrent. Nous souhaitons qu'avec la ville de Paris, qui a marqué ses distances avec cette exposition, s'engage un débat public avec les responsables, et que ces derniers s'expliquent sur le contenu politique de cette exposition.
► Lire aussi : Quand Paris rend hommage à André Zucca, photographe collabo
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De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 16H30 | 18/04/2008 |
Gilles Manceron et Agnès Tricoire ont fait, à mon avis, un article trop long sur cette expo.
Ils veulent absolument politiser un événement culturel qui n'en demande pas autant et ils ont réussi, dans cette démarche, à embarquer un conseillé de la mairie de Paris.
Il me semble que cette exposition est une vision d'historien qui présente des faits bruts en donnant l'origine de ses documents. Mais ils tiennent à y voir une apologie du nazisme.
Les visiteurs de cette expo ne sont pas des idiots et chacun d'entre eux y trouvera ce qu'il est venu y chercher en dépit de toutes les mises en garde qui lui seront proposées.
-Un nazillon y trouvera des raisons pour continuer dans sa voie.
-Un démocrate sera renforcé dans ses opinions.
-Un esthète y trouvera se bonnes photos.
-Un contemporain de ce Paris là y retrouvera ses souvenirs, gais ou tristes.
-Etc…
Autant classer X certaines salles du musée d'Orsay ou d'autres.
Ras le bol des pères la pudeur. Mai 68 a existé.
à Servais-Jean
De lifka
22H28 | 18/04/2008 |
« Ils veulent absolument politiser un événement culturel qui n'en demande pas autant ».
Mais une telle exposition - sur un photographe collaborateur - est nécessairement politique. Elle ne peut pas être qu'esthétique. Exactement comme on ne peut pas limiter l'attribution des jeux olympiques à Pékin à un événement sportif. Prétendre que ce pourrait ne pas être politique, c'est se voiler la face.
Vous supposez que les gens viennent forcément voir l'expo en étant informés et y mettent ce qu'ils cherchent. C'est possible mais ça reste à prouver. Mais c'est justement pour ça qu'une telle expo ne peut pas rester neutre par rapport à son objet. A défaut de se positionner par un minimum de pédagogie et d'explications à destination de tous ceux qui ne sont pas forcément historiens et qui ont le droit d'ignorer qui était untel ou ce qu'était tel journal, elle prend le risque qu'un profane - surtout ceux qui sont plus intéressés par l'esthétique que par la politique - ne confonde l'intention du photographe et celle de l'organisateur de l'exposition. Autrement dit d'être regardée comme une propagande pour l'objet qui est filmé.
Il n'y a pas de vision d'historien neutre. Un historien a toujours un projet, et ce projet se retrouve dans son récit et dans le choix des documents qu'il propose. Organiser une exposition de ce genre nécessite absolument une reflexion préalable - et la consultations de spécialistes - sur ce qu'on veut montrer. Et il semble que ce temps de réflexion et de consultation n'ait pas été pris par les organisateurs. Ils n'ont même pas non plus tenu compte des avis des spécialistes quand ils les avaient à portée de la main que ce soit pour le choix des photos, la rédaction des commentaires et celle de la brochure.
Le résultat, c'est que ce qui aurait pu être un extraordinaire instrument documentaire pédagogique sur l'utilisation des journalistes comme outils de propagande risque d'être pris au premier degré et de faire office de propagande.
Dommage.
à lifka
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 10H34 | 19/04/2008 |
Pas mieux !
De Tophee
en haut a gauche | 15H11 | 18/04/2008 |
Gilles Manceron et Agnès Tricoire ont fait, à mon avis, un article excellent, un veritable travail d'analyse. Il ne se sont pas arreter a une impression, mais son aller en profondeur, voir si, rellement, une partie de la veritee etait escamote aujourd'hui comme pendant l'occupation.
Un grand bravo pour leur travail, et un grand merci a rue89 pour leur donner la parole.
à Tophee
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 19H36 | 19/04/2008 |
L'encadré, toutefois, manque de précision. Girard, comme indiqué ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/04/vous-ne-verrez.html
souhaite que l'expo cesse avant la date prévue…
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
De compte supprimé 13
15H49 | 18/04/2008 |
c'est de l'acharnement.
reprocher aux « cartels » de ne pas donner d'explications plus fines relève de la mauvaise foi.
Pourquoi dans ce cas vous qui êtes à la recherche du moindre détail, ne pas préciser dans votre article que Jacques Doriot fut secrétaire général des Jeunesses Communistes ?
Pourquoi rapprocher photos couleurs et Signal puisque ce magazine n'en publiait pas ?
Pourquoi dire qu'il n'y a pas de file d'attente ? Vous avez raté celle de la rue Cadet (p.68-69) ?
Pourquoi ne pas épingler les docu-fictions récent comme contrefaits ?
Ces photos sont un témoignage : elles ne sont pas posées, elles reflètent UNE vision de la réalité, et alors ? Savez-vous qu'en 14-18 les gens s'amusaient dans Paris pendant que les troufions se faisaient massacrer ? Des photos existent aussi, vous voulez les ignorer ?
« Les images ne mentent pas, on ment sur les images. »
à compte supprimé 13
De bloozmarch
21H29 | 18/04/2008 |
Bien sûr que si Signal publiait bien de « superbes » (je parle technique évidemment) photos couleurs pleine page, plusieurs et dans tous ses numéros, c » était un journal de propagande plus militaire que politique, et donc disposait de moyens à la hauteur de sa mission d » exaltation de l » Allemagne, un document exceptionnel pour l » histoire de cette époque, mais faisait évidemment l » impasse sur tout ce qui ne magnifiait pas l » image que la propagande nazie voulair donner de la conduite des guerres et des occupations de pays divers par l » Allemagne. Sur l » article, évidemment qu » il faudrait mettre en parallèle les côtés les plus abominables et les plus atroces d » une occupation qui fut une horreur absolue, et insister sur ce que dévoile cette exposition, la politique de l » autruche de nombreux français qui tournaient la tête, dans le meilleur des cas, pour ne pas voir la réalité en face, et ont su profiter au mieux de ce que subissaient tant d » innocents pour leur profit personnel.
à bloozmarch
De compte supprimé 13
08H56 | 19/04/2008 |
« il faudrait mettre en parallèle… »
c'est stupide : l'expo concerne la vie à Paris, le sujet est ciblé. Ce n'est pas l'ensemble de la 2e GM qu'elle veut couvrir mais un aspect particulier.
C'est comme si pour une expo sur le Front populaire vous vouliez voir la Guerre d'Espagne à côté.
De plus vous voulez « expliquer » aux visiteurs ! ! le but d'une photo ce n'est pas la légende qu'on lui met au-dessous. Ou alors vous commettez la même erreur : vous manipulez l'image par des mots.
De personne
15H51 | 18/04/2008 |
Cet article est une insulte à mon intelligence, depuis que j'entends parler de cette exposition, j'ai toujours lu juste à coté qu'André Zucca travaillait pour la propagande allemande, on ne peut accuser l'exposition de minimiser ce fait : c'est répété partout et tout le temps !
Et alors ? Que ce ne soit que la vision allemande de Paris pendant le début de l'occupation change quoi à son intérêt historique tant qu'on en connaît le contexte ? Que certains détails aient été oubliés change quoi à leurs pertinences ?
On voudrait nous faire croire que les spectateurs sont trop cons pour savoir ce qu'est une étoile jaune ou ce que représente la rue des Rosiers.
à personne
De kawouede
17H07 | 18/04/2008 |
D'accord avec vous personne : tout le monde s'engouffre dans la brèche (après Birenbaum, Kossos, etc.) on dirait ; pourtant, j'aimais bien la chronique à contrecourant de Pierre Marcelle la semaine dernière
http://www.liberation.fr/rebonds/chroniques/smoking/320312.FR.php
à personne
De Deborah
18H20 | 18/04/2008 |
Non, ce n'était pas la vision « allemande » de Paris, mais la version « nazie ». Et c'est là toute la différence.
Et on ne peut pas expurger un pan du travail de Zucca juste pour la beauté des choses ! La réalité de ce temps-là, à Paris, ce n'était pas que les jolies parisiennes déambulant dans les rues de Paris. Il fallait le montrer aussi puisque Zucca a quand même fait quelques clichés moins… optimistes.
à Deborah
De personne
20H02 | 18/04/2008 |
Non et non, c'est la version allemande pendant sa période nazie, à vouloir détaché l'Allemagne de sa période nazie vous faites du négationnisme : personne n'a forcé les allemands à voter pour le parti Nazi.
Et on ne peut reprocher à Zucca de ne pas être exhaustif, sinon ce seul prétexte suffirait à refuser toutes les photos de guerres. Il faut être capable d'accepter des points due vues partiaux tant qu'on en connaît l'orientation.
à personne
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 00H23 | 22/04/2008 |
Bien sûr qu'on peut détacher l'Allemagne du pouvoir nazi et les Allemands des Nazis - et on doit même le faire par souci de la verité historique.
Si non, que faites vous des centaines de milliers d'Allemands et Autrichiens opposés au Nazisme, emprisonnés dans les camps depuis 1933 ou refugiés en France et ailleurs à travers le monde.
Croyez vous sincèrement que pour ceux-là sous l'occupation Paris était la capitale insouciante de l'élégance et de la culture raffinée que Zucca montre dans ses prises de vue. Pensez donc !
De marie 75
17H28 | 18/04/2008 |
j'irai y faire un tour pour voir, non pas pour les photos de signal mais pour me rendre compte du travail de l'image dans la propagande nazie (cf leni Rifenstal : pas sûre ortho).
à marie 75
De compte supprimé 13
17H45 | 18/04/2008 |
il vous faudra aller jusqu'au bout et vous intéresser à la propagande Alliée (EU, GB…) pendant cette période, là aussi vous aurez des surprises !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 19H41 | 18/04/2008 |
Les visiteurs de cette exposition sont des naifs qui n » ont jamais entendu parler de l » occupation ,des nazis et de la deuxième guerre mondiale ; ils ne savent même pas a quoi correspond le port de l » étoile jaune, tellement ils sont bêtes.
Heureusement les brigades du bien et du vrai veillent .
Et savent qu » il n » y a jamais eu de soleil et de couleurs pendant cette période : uniquement de la nuit et du brouillard et du noir et blanc .
C'est quoi un bien qui prend à priori le peuple (même celui qui va voir une exposition) pour des crétins ? Et les adultes pour des enfants incultes ?
.
De marie 75
07H13 | 19/04/2008 |
pour avoir croisé sur des brocantes des numeros de signal … il y a une véritable esthétique aryenne, reprise d'ailleurs par bcp de pub actuelles (en france)pour produits pour hommes (travail en quadrichromie noir et blanc, visage à ossature visible, profils ou 3/4…).
J'irai voir …
à marie 75
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 08H59 | 19/04/2008 |
Bien vu , le coup du concept magazine !
De AC-89
08H44 | 19/04/2008 |
Tout d'abord les auteurs devraient se documenter : Harry Baur n'est pas mort en Allemagne mais à Paris des suites des tortures subies par la Gestapo, il est enterré à Montmartre, cimetière St-Vincent. La confusion mentale dont témoigne cet article vous fait aussi confondre cartel et cartouche.
Sur le fond je trouve cette polémique ridicule et la pusillanimité de Christophe Girard pathétique : quiconque a des notions d'histoire sait remettre ces photos dans leur contexte sans avoir besoin de leur coller une légende interminable.
à AC-89
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 09H05 | 19/04/2008 |
Oui, il faudrait coller des encadrés noirs sur les photos :
Attention , le nazisme a tué . Il a entrainé des millions de morts lentes et douloureuses . Les victimes sont mortes prématurément . Les bombes au phosphore ont provoqués des cancers mortel . Il a nuit et brouillard gravement à la santé . Ne pas avaler .
à AC-89
De matrasov
07H05 | 22/04/2008 |
bravo
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 09H32 | 19/04/2008 |
On peut remarquer sur les photos de l » occupation , que les parisiens de l » époque, roulaient presque tous a bicyclette ou avec des voitures au gaz ..Christophe Girard et Denis Baupin devraient etre contents !
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 09H22 | 20/04/2008 |
2108. Paris. Exposition au Sarkolita Muséum.
Exposition de films et photos de l'époque 2008.
Le clou de cette rétrospective est certainement l'ensemble des documents d'époque, qui nous montre la liesse de la population chinoise lors de jeux zolympiques de 2008.
Nous pouvons y découvrir également des images d'archives du peuple tibétain, aujourd'hui disparu, fêtant le passage de la flamme olympique dans leurs contrées.
les sourires et la décontraction de ces hommes en costumes safranés, le bonheur qui illumine le visage des enfants , que des policiers aident à traverser la route, témoignent de l'insouciance de l'époque.
Les couleurs festoient à l'unisson des sourires qui semblent répondre à la beauté naturelle du paysage.
Certains révisionnistes ont tentés de jeter le discrédit sur cette période harmonieuse, les images de cette manifique exposition sont autant de démentis.
Une belle ballade culturelle et familiale à fortement recommander .
La vérité ne ment pas .
à Charles Mouloud
De matrasov
07H03 | 22/04/2008 |
chinois facho le peuple aura la peau ?
à Charles Mouloud
De matrasov
07H04 | 22/04/2008 |
… aura TA peau (évidemment)
De Révolutiona
Hawwah | 18H50 | 20/04/2008 |
Soyons vigilants, la « bactérie » du nazisme n'a pas disparu de ce monde…
En faire une expo « photo », cela, il fallait le faire…
On dit : « Tant qu'il y a étincelle, il y a espérance de brasier »… dans ce cas de figure, « tant qu'il y a étincelle, il y a risque de brasier ! », merci de ne pas attiser les braises… Il y en aura toujours qui essairont de tirer les marrons du feu !
Cela me désole… C'est pourquoi, il faut continuer d'en parler de cette époque non « olympienne », le risque est toujours là… Les homme sont faibles, et plus ils sont faibles, plus ils essaient de se regrouper pour dominer le monde. Gare aux dérives !
De matrasov
07H00 | 22/04/2008 |
Cette expo a surtout quelque chose d'extrêmement déplaisant pour les Français, c'est de leur renvoyer leur propre mirroir, celle d'une nation très majoritairement dans la collaboration (passive ou active). On se souvient de ce film avec la Place de l'hôtel de ville de Paris bondée acclamant Ptain et le plan suivant les mêmes acclamant De Gaulle. A ce point les réactions du public visitant très nonchalament l'expo étaient très révélatrices : un public de touristes. Qui savait tr ! s bien mais ne voulait pas savoir en même temps. Exactement come il y a 68 ans. Ce qui émeut à ce point les uns et les autres aujourd'hui - car il faut être vraiement naïf ou totalement ignorant pour ne pas savoir ce qu'évoque cette expo et que la BHDVP indique plutôt clairement à l'entrée - ce qu'émeut les uns et les autres c'est ce mirroir d'eux-mêmes en Français collaborateurs. Alors vraiement que cesse ces excès indignes d'indignation.
De uscan
11H05 | 24/04/2008 |
Personnellement je trouvais cette exposition passionnante. Les parisiens heureux, détendus, insouciants. Voilà une réalité de l'occupation totalement occultée. Personne n'ignore aujourd'hui ce qui se tramait au même instant, et c'est précisément de ce non dit que provient la force des images. C'est là qu'est tout l'intérêt.
A une échelle, évidemment moins dramatique, il y a un écho fort intéressant avec le bien-être de Paris-Plage alors qu'à quelques encablures les étrangers sont enfermés dans des CRA où leurs droit fondamentaux sont niés, puis ils sont « éloignés ».
J'ai toujours regretté de ne pas disposer de plus de documents de l'époque nazie en France. J'aimerais avoir des interview des bons pères de famille qui rationalisent et justifient les agissements du régime. Tous ces échos sont d'une force potentiellement inouïe, parce qu'ils dévoilent une même logique de fond : la soumission aveugle, bourgeoise et populaire, à l'autorité.
La différence fondamentale, je crois qu'il faut la rappeler entre les nazis et les sarkozystes, c'est que les premiers agissaient au nom d'une idéologie fanatique, tandis que les second pratiquent un populisme sécuritaire et xénophobe de base. C'est, je crois, une démagogie. Si l'opinion des français se retournait radicalement, le courant UMP actuellement au pouvoir serait capable d'en faire de même. On ne peut pas en dire autant des nazis. Ils suivaient une ligne et il fallait la suivre avec eux ou disparaitre - eux-mêmes préférant la disparition au compromis.
Pour autant la soumission de la majorité à l'autorité, sujet qui aurait certainement intéressé Freud, nous donne à voir la même lâcheté et le même égoïsme aujourd'hui qu'à l'époque. C'est ce consentement silencieux des masses qui permet le pire, encore et encore. Cette exposition, selon moi, le donnait à voir, elle était en ce sens tout sauf « collabo ».