Etats-Unis: il y a des fachos près de chez moi

Selon les défenseurs des droits civiques, le nombre de groupes d’extrême droite augmente, et leurs idées progressent.

Lors d'un rassemblement de 'white supremacist' à Jena (Jessica Rinaldi/Reuters).

Des néo-nazis à Seattle, un groupe identitaire chrétien à Kenosha dans le Wisconsin, des branches de Nation of Islam en Californie et surtout des antilatinos tout le long de la frontière mexicaine. Depuis 2000, le nombre de groupes incitant à la haine raciale est en progression aux Etats-Unis.

Une étude du Southern Poverty Law Center (SPLC), basé à Montgomery (Alabama) révèle une augmentation de 48% de ces groupuscules depuis cette date. Entre 2006 et 2007, leur nombre est passé de 844 à 888.

Le SPLC, institut fondé en 1971 qui défend les militants des droits civiques, publie chaque année un rapport recensant les principaux mouvements extrémistes aux Etats-Unis, depuis le Ku Klux Klan aux néo-Black Panthers. Le centre de recherche a même réalisé une "Hate Map", « carte de la haine » qui recense les groupes par emplacement géographique.

(Cliquer sur la carte pour accéder aux données par Etat)

Sur la Google Map réalisée par le SPLC, c’est sans surprise le Sud du pays qui est le plus touché, avec en premier rang la Californie et le Texas. Petites bottes pour les skinheads, capuches pour les branches du KKK ou calice mauve pour les catholiques extrémistes: ces deux Etats sont surchargés de petites icônes représentant les différents types de groupes actifs.

Au chapitre des racistes de tous crins, ce sont les groupes anti-immigrants (« anti-aliens » en anglais dans le texte) qui sont en plus forte progression. Vigilantes, Minute Men et Nativists se mobilisent dans le sud du pays pour contrer ce qu’ils perçoivent comme une menace pour l’identité même des Etats-Unis: l’immigration.

« La cible de la violence et de la haine est en train de changer »

Selon Chip Berlet, journaliste spécialiste des mouvements d’extrême droite américains, ces groupes ont même fait perdre du terrain au Ku Klux Klan:

"C’est la cible de la violence et de la haine qui est en train de changer. Traditionnellement, les cibles étaient les Noirs et les Juifs. Depuis cinq ans environ, ce sont les immigrés mexicains et latinos.

« Les manières du clan, leurs déguisements de draps blancs, perdent aussi du terrain face aux discours de haine plus large comme celui des groupes chrétiens identitaires, des païens pour la suprématie blanche ou des néo-nazis.

« Mais il faut relativiser les différences entre ces bandes. C’est comme au football, il y a plusieurs équipes avec différents maillots, mais c’est toujours du football."

Propositions: stériliser les Mexicaines et installer des snipers à la frontière

Chip Berlet, membre de Political Research Associate, observatoire des mouvements extrémistes basé à Boston, relativise aussi l’influence de ces groupes. Souvent, leur capacité de nuire est réduite à leur communauté proche. En revanche, ce qui inquiète le plus les militants des droits aux Etats-Unis: le discours anti-immigrants de plus en plus présent dans les médias.

"Tous les soirs, il y a des gens comme Lou Dobbs sur CNN, ou d’autres sur Fox qui crient au danger de l’immigration et de l’invasion venue du Sud. Ces campagnes jouant sur la peur du public et propices a un sentiment xénophobe global ne peuvent que renforcer les antilatinos en leur donnant une forme de légitimité."

Dernières demandes des groupes anti-immigrants: le stérilisation des Mexicaines après leur premier enfant, l’installation de snipers et de mines antipersonnel à la frontière avec le Mexique. Idéal pour lutter contre le plan secret du Mexique de reconquérir le sud des Etats-Unis…


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12H21    18/04/2008

A New-York, j’avais croisé une professeur de théatre qui avait peur que l’Anglais ne disparaisse aux US au profit de l’Espagnol. J’habitais alors à Montréal, et c’était plutôt rigolo de comparer sa peur sincère à la capacité des québecois à préserver leur langue. Il n’y a donc pas que les cons et les extrémistes qui voudraient voir les mexicains chez eux.

Mais comme ce n’est pas à New-York que les sud-américains sont les plus nombreux, la peur de cette femme ne pouvait venir que des médias. Fox News est incroyable sur ce point, et Bill O’reilly caricatural, il faut le voir pour le croire! Pire que notre Zemmour national.

http://castorpolitique.wordpress.com

 
Par C C
14H28    18/04/2008

Il y a 5 j’étais à Pittsburgh en Pennsylvanie.

Avec des amis nous nous rendons à un genre de fête foraine en banlieue de la ville.

Derrière les manèges, les stands à hot dog et les trucs à la gloire des cow boy et du rêve ricain, un immense stand tenu par des barbus sans complexes, tatoués de tite croix gammées et vendant dans l’allégresse des dagues nazies, des drapeaux, des bouquins… toute la palette du parfait nostalgique du 3e Reich. Le tout devant des passants trouvant ca normal et une foule certaine de gens intéressé et consommant. À une personne à qui je demandais « what the fuck?! », je me vis répondre un magistral « it s a democratic country here »

 
Par Lugi
15H51    18/04/2008

Non l’extrême droite américaine n’a pas fait son chemin jusqu’à la maison blanche. Le corporatisme, je dis pas mais pas l’extrême droite.

Le fascisme aux Etats Unis a certe, une proportion plus importante qu’en Europe où il est en récession un peu partout sauf aux Pays-Bas notamment (J’en suis pas certain non plus).
Bref, ce qu’il y a de bien avec l’extrême droite aux Etats Unis c’est qu’il part un peu dans tout les sens et n’est pas fédérée.
Bref, entre Ultra catho, KKK, Neo Nazis, Milices Blanches, et divers nuances etc… mieux qu’absence d’alliance on a même incompatibilité entre certains groupes.
Bref rien de bien menaçant pour le pouvoir fédéral. Il ne devrait pas être trop difficile avec de l’entrisme et un peu de mise en scène (et pourquoi pas des assassinats) d’empêcher toute alliance de grande envergure entre différents groupes. Surtout qu’un certains nombres des meneurs de ces groupes doivent regarder les autres avec l’oeil d’un concurrent sur le marché de la haine.
Ce sont des spéculations mais je ne serais pas surpris que le gouvernement américain aie recours à de telles barbouzeries.

Bref, c’est pas l’augmentation du nombre de groupes d’extrême droite qui devrait faire peur mais plutôt la diminution.