
Derrière la ch'timania, beaucoup de poncifs et d'ambiguïtés

Le succès du film de Dany Boon est remarquable : plus d'un quart de la population française, toutes régions et générations confondues, a vu à ce jour cette comédie. Cet engouement est d'autant plus inattendu que l'action se déroule dans le Nord-Pas-de-Calais, une région méconnue dans laquelle –nous enseigne l'œuvre de fiction– la population autochtone parle une langue distincte du Français : le Ch'timi.
Les clivages centre-périphérie (Paris-province) ou nord-sud existent dans la plupart des pays européens. Ces rivalités régionales renvoient, dans tous les cas nationaux, à une opposition d'une double nature : culturelle et de classe.
Dans le cas français, une lecture stéréotypée perçoit le nord comme une région défavorisée, à forte densité ouvrière, donc culturellement fruste. Inversement, on associe au sud le dynamisme économique, un art de vivre supérieur et une population généralement sophistiquée.
Une absurde représentation de « l'enfer du nord »
Dans ce film, Dany Boon cultive les stéréotypes négatifs à propos du nord pour démontrer que cette région n'est pas l'enfer décrit par la plupart des « sudistes ». Grossissant délibérément les clichés anti-nord, Boon fait le pari de démythifier la perception négative que l'on a généralement de cette région. La satire produit un effet paradoxal : se conformer aux poncifs sur le nord pour en révéler la beauté cachée.
Le film aborde le double registre culturel et classiste. Culturel d'abord, avec la mutation dans le nord du directeur de la poste à Salon-de-Provence (Kad Merad), à la suite d'une faute professionnelle (le nord comme peine de prison symbolique). Cette partie du film épuise le répertoire des représentations fantasmagoriques du nord.
L'intrigue et les gags s'enchaînent de manière prévisible (le Pôle-Nord, la sonorité grotesque d'un Ch'timi largement imaginaire, la laideur des paysages, etc.). La caricature est le propre de la comédie et appelle le rire (fût-il gras). Cette mise en train fait rire le public car elle exprime un racisme anti-nord sans fard, tellement outré qu'il ne peut que susciter l'hilarité de tous. Dans une courte apparition, Michel Galabru illustre jusqu'à l'absurde la représentation fantasmée de l'enfer du nord.
Le Ch'ti pour souligner la générosité des nordistes
Le Ch'timi est-il l'attribut culturel essentiel des nordistes ? Rien n'est moins sûr. Seule une minorité de nordistes parle le patois. Et encore cette pratique est-elle socialement et générationnellement connotée : le français mâtiné de Ch'timi est essentiellement pratiqué par les personnes âgées en milieu rural. Il est ainsi invraisemblable que les postiers à Bergues puissent interpeller les usagers du bureau de poste en patois.
Le film donne faussement l'impression qu'à Amiens, Calais ou Armentières, les Ch'tis parlent le même patois. En fait, le Ch'timi n'est pas une « langue » unifiée, mais peut connaître des variations d'une localité à une autre. Le Ch'timi relève surtout de la sphère privée, amicale ou familiale, celle de la détente et du loisir. On plaisantera occasionnellement en patois entre amis ou en famille, mais pas sur le lieu de travail.
C'est la langue de la transgression, du « mauvais Français » comme l'ont inculqué les instituteurs de la République à des générations d'écoliers. « Ecraser le patois », c'est être « cancre », « inculte ». En réalité, ce qui caractérise les nordistes n'est pas tant le Ch'timi qu'un accent régional prononcé et reconnaissable (comme celui des sudistes).
Le sur-emploi anachronique du Ch'timi dans le film n'est pas fortuit : il permet de souligner à gros traits la nature « accueillante » et « populaire » des nordistes et de suggérer en même temps qu'ils sont un peu « babaches » (primaires). Non seulement les personnages principaux parlent un patois incompréhensible, mais ils sont aussi laids et obèses (à l'exception d'Anne Marivin, la postière), inactifs ou oisifs, et bien entendu, ont un penchant pour la bouteille.
Une banderole qui paraphrase ironiquement ce film
La banderole des supporters du PSG était injurieuse, mais elle n'a fait que paraphraser de manière ironique le message que véhicule implicitement le film de Dany Boon. Le scandale qu'elle a provoqué en France peut donc paraître paradoxal car la source de son inspiration se trouve bien dans cette comédie.
La colère du maire socialiste de Lens à cette occasion peut prêter à sourire. Le groupe socialiste de la région Nord-Pas-de-Calais n'a-t-il pas financé à hauteur de 600.000 euros le film de M. Boon ? Cette décision a d'ailleurs suscité l'incompréhension et la colère d'une grande partie de la population nordiste.
On notera enfin que les principaux personnages travaillent à la poste. S'agit-il d'une promotion d'un service public essentiel et un pied de nez indirect à la rupture néolibérale promise par le sarkozysme ? On peut le comprendre ainsi, mais une lecture symétrique est possible : ces postiers sont des fonctionnaires pépères (des « bringueurs » invétérés), pas très professionnels (Dany Boon en postier alcoolique) ; bref le nord que l'on donne à voir ici se conforme à l'imagerie dominante d'une région à la main-d'œuvre peu qualifiée et peuplée d'assistés sociaux.
Un Germinal comique, mais ambigu
Le film dégage un pessimisme social, accentué dans le dénouement de l'histoire : après trois années de purgatoire dans le nord, le directeur s'en retourne vers le paradis sudiste (en réalité, nombre d'exilés involontaires dans le nord décident de s'y établir).
« Bienvenue chez les Ch'tis » est donc une comédie ambiguë. Bien intentionnée, elle campe un Germinal comique, mettant en scène un prolétariat dévoué, mais pas très futé, dans une région économiquement arriérée. Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord : serait-ce la raison de son succès commercial phénoménal ?
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à nonow
De Kentin
12H57 | 19/04/2008 |
C'est un film, pas un reportage.
à Kentin
De Desiderio
14H20 | 19/04/2008 |
Quelle grande différence ! Les reportages ne sont pas toujours filmées ? Oui, ils sont parfois sonores, écrits. Un film n'est pas toujours une fiction, il y a aussi des fictions sonores, écrites. Dire film pour histoire inventée, c'est idiot.
à Kentin
De Desiderio
19H16 | 19/04/2008 |
Bon… Puisque l'on a voulu fermer mon commentaire précédent, j'en rajoute une couche. Ecrire comme Kentin que c'est un film et non un reportage est une gigantesque crétinerie sans nom. Un film peut être un documentaire, mais sans doute le nom de Flaherty par exemple ne lui dit rien. Il confond film et fiction. Or un documentaire peut être aussi constitué seulement de sons ou peut être écrit ou peut être filmé. Mais devant de telles évidences, il y a pas mal de gens qui ont du mal à admettre que les reportages filmés sont aussi des films !
à nonow
De solstice
pigiste | 14H33 | 19/04/2008 |
Oui, mais « la mer monte », c'était flippant. Il ne faut pas comparer !
Ce bon Raoul (je parle de Godswarvelde, désolée) avait l'humour dépressif, tant mieux si ce n'est pas le lot de tout le monde.
Mes fistons pratiquent le ch'ti dans le sud ouest : c'est le verlan du déraciné et cela fait dix ans qu'il traitent leurs potes de boubourses !
Je précise que personne dans la famille ne parle réellement le ch'ti, d'ailleurs, il y en a autant de versions que de bleds.
Salut les biloutes !
à nonow
De Lemmy
Headbanger since 1980 | 02H14 | 20/04/2008 |
« De plus, presque plus personne ne parle le ch'timi à part les personnes âgées en milieu rural. »
Vous devriez y aller, dans ch'Nord, au lieu d'écouter les amis des amis (ad lib) de vos amis !
Alors certes les gens du « Nord », comme tout les français, parlent français au quotidien, je vous rassure. Mais la grande majorité comprennent et parlent, s'ils le veulent, le ch'timi. Notre « Maître de Conférence à Londres » ferait bien, à l'occasion d'un voyage en Eurostar vers Paris, de faire escale à Lille !
Dire que l'on ne se permet pas de parler « patois » sur son lieu de travail, relève d'une méconnaissance bien grande de la région, voir de la France dans son ensemble. Et il pourrait même pousser son périple jusque dans l'Aisne : même à St Quentin on parle Picard.
Enfin, dire que le Picard est un patois est tout simplement fallacieux. Des 13 langues d'oïl qui existaient (dont le wallon) il en émergea une 14ème : le françois. Mais cette langue, devenue « officielle », n'en est pas moins une langue régionale comme les autres, d'ailleurs fort influencée par les 13 premières. Elle seule fut imposée pour des raisons administratives qui peuvent paraitre évidentes, encore que…
Fruit du hasard de l'Histoire, ni plus ni moins. Nous pourrions tout aussi bien parler l'une de ces langues régionales, ou l'une des langues d'oc. Le fait est que les Rois de France s'installèrent à Paris.
En y regardant de plus près, vous vous apercevriez que le Picard est en grande partie composé de mots dérivés de l'ancien français (perdus en français moderne) et pour beaucoup du latin « parlé », ce qui lui confère quelques similitudes avec l'espagnol.
Si le Picard est un « patois », alors l'alsacien, le breton, le basque… bref, toutes les langues régionales en sont. Donc le wallon aussi. Mais allez donc dire à un wallon de Belgique qu'il parle patois !
Je n'ose même pas vous proposer d'aller le suggérer à un basque d'Espagne.
Je ne suis pas linguiste, mais à l'évidence, Monsieur Marlière encore moins !
Réflexion d'un lorrain mâtiné d'alsacien, né en Picardie, ayant grandi en Champagne, vivant à Paris et associé d'une entreprise lilloise où, hors relation externe (mais est-il besoin de le préciser ? ) l'on se plait à parler ch'timi de temps à autres, malgrès notre évidente non-ruralité et nos 25 à 45 ans.
à Lemmy
De nonow
européenne | 14H10 | 21/04/2008 |
je n'ai absolument pas dit de mal du ch'timi
De clark kent
12H17 | 19/04/2008 |
pff j'attendrais qu'il passe sur canal plus. Pourquoi devrais-je debourser 9 euros pour ce film ?
C'est pas parce que 120 millions de francais l'ont vu que je dois le voir…
Marre des ch'tis ! overdose totale…
De Deucalion
12H18 | 19/04/2008 |
Le brouillard Londonien vous a bien embrumé votre esprit mon bon « mÂitreee » .
A parement vous n'avez strictement rien compris au film qui se veut simple , généreux plein de troisième degré et qui n'a pas d'autre prétention que de divertir les spectateurs.
Votre parallèle avec la fameuse banderole mise par certains supporters du PSG est ridicule . banderole faite par des personnes qui sont à l'opposées de ce film . Des pseudos supporters haineux , racistes , tout gris….
Vos conclusions sont poussives , vous nous faites comprendre du début de votre article jusqu'à sa fin que vous manquez cruellement de troisième degré. Ce qui vous pousse à analyser ce film au microscope comme le ferait un chimiste sur une molécule alors que le réalisateur et tous les acteurs ont bien eu la volonté de faire de ce film une simple comédie qui se laisse manger comme une bonne grosse pâtisserie , avec joie et gourmandise. Vous vous plantez encore en faisant une comparaison avec Germinal ! Décidément….Article laborieux fait par une personne qui n'a pas la même définition du mot légèreté que la plupart d'entre nous ! Ça pourrait s'arrêter là , mais notre bon « mÂitreeee » se sent obliger de mettre noir sur blanc ses aigreurs et ses incompréhensions pour nous en faire profiter ….Que de générosité ! nous en demandions pas tant !
à Deucalion
De softrain
21H46 | 20/04/2008 |
Un definition du troisième degrée serait bienvenue …
De nono le simplet
illuminé basse tension | 12H24 | 19/04/2008 |
je n'ai pas vu le film mais s'ils se moquent du souverain poncif, Benoit XVI, je n'irai pas , on ne plaisante pas avec ces choses là.
De Natha
comédien | 12H26 | 19/04/2008 |
je suis content de lire cet article. Nous avions eu un vif débat il y a quelque temps à ce propos sur un forum que je fréquente. J'y avais posté ceci, un peu énervé. J'ajoute que je n'ai toujours pas vu le film en question.
Alors, avec tout le respect que j'ai pour Boon, avec qui j'ai cet été passé plus d'une heure délicieuse à la radio (sur France cucu, oui oui, des questions intelligentes, des réponses qui du coup l'étaient, peu d'extraits de sketchs…) et comme je suis un polémiste téméraire, je vais tenter d'expliquer en d'autres termes mon point de vue.
Le film est certainement très bien, je n'en doute pas.
Les gens qui le voient ne sont pas des démeurés
Pourtant
Je me permets, sans l'avoir vu, d'affirmer que ce film est « de la merde »
double paradoxe : je ne l'ai pas vu et viens de concéder qu'il est surement très bien
Or, campé sur mes jambes un peu flexes, le centre de gravité abaissé, je le redis, je pense que c'est de la merde. Pourquoi ?
Je pense que toute œuvre, quelle que soit sa prétention, est susceptible de proposer, en plus d'un divertissement (narratif (quoi de plus divertissant que « il était une fois » ? ) ou au moins une énigme qui constitue une porte d'entrée dans l'œuvre) une chose impalpable qui fait appel à l'inconscient collectif et qui le nourrit, le charge dans l'objectif d'un progrès possible.
Que la forme soit tragique, dramatique, comique ou farcesque, c'est pareil, les paramètres sus-évoqués restent d'actualité
Or le film de Boon, surement parfait dans les ressorts comiques, captivant par l'énigme (bien menée à défaut d'être originale (on s'en fout) ne nourrit pas du tout cet inconscient collectif.
-Comment peut-il dire ça, il l'a pas vu le con ! ! ?
Quel est le projet ?
Faire rire avec des clichés qu'on démonte. On lutte contre la xénophobie (la crainte de l'étranger, de la différence, pas ce que la télé emploie comme synonyme à « racisme ») parce qu'on peut rire de nos différences et c'est tendre de voir qu'au fond, au delà de nos cultures les hommes sont tous frères.
Partir des lieux communs sur un particularisme local pour arriver à une conclusion universelle de tolérance.
Donc, la fable de ce film a trait au cliché, la xénophobie, le particularisme local et la tolérance, j'imagine que cette fable est portée par des thèmes comme l'amour, la trahison, la cupidité…
Ces thème et cette fable n'ont rien de scandaleux, tout au contraire, parlons en, il y en a grand besoin.*
* à ce moment, je pense que la grande majorité est d'accord avec moi
Or, quel est le point de vue proposé ?
-les clichés s'est bête, je veux dire c'est rigolo mais faut les dépasser
-la xénophobie, l'intolérance c'est mal
-les particularismes locaux c'est bien, car on peut s'enrichir au contact d'autrui
-nous sommes riches de nos différences pour peu qu'on prenne le temps de s'y attarder
-les hommes sont frères
Autrement dit, rien.
Rien que le degré zéro de réflexion sur chaque thème, ce qu'un enfant de 4 ans vous ferait remarquer après un exposé un peu bateau qu'on terminerait pas très convaincu.
Rien qui ne nourrisse l'inconscient collectif, tout pour conforter chacun dans des lieux communs et par delà même, dans un mode de vie donné. Aucune addition, aucun progrès, aucune révolte, voire même pire, une sorte de populisme culturel qui ferait qu'on appelle les flics quand le voisin fait du bruit mais qu'on est tolérant parcequ'on a rigolé devant les cht'is et que ce film démonte les lieux communs.
C'est là où ce populisme culturel est dangeureux…qui veut gagner des millions on identifie tout de suite le côté cradoque, là, non, on tente de le maquiller…ça revient à procurer au spectateur hilare une bonne conscience parceque le film est bien, mais une bonne conscience discount, puisqu'il n'y a aucun point de vue dépassant le degré zéro sur chaque thème. C'est bien, clairement pas méchant ni cradoque, mais en terme d'addition à l'inconscient collectif, le désert, rien. Tiens, vlà pour ton sens du poil mon bon.
Là on me dit « tu exagères, tu l'as pas vu, t'es élitiste »
J'ai la naïveté de penser qu'avec tout ces ingrédients, on peut faire le même film, aussi tendre, drôle, populaire et visible par des millions de gens en ayant un point de vue sur les thèmes. En soulevant des petits lièvres que les gens ramènent chez eux après. Pas en écrivant un tract, en mettant une émotion sur un paradoxe, et oui, c'est pas élitiste ça, c'est un acte artistique.
Par exemple, la cité de la peur, j'ai été ému de rire autant, du projet formel des scènes, et dans chacun des sujets traités il y avait un point de vue subversif, ou tout du moins décalé, pas les degrés zéros de la bienséance morale. Je ne crois pas que ça ai fait de ce film un objet inaccessible. Quant à la fable, qu'on l'ai captée ou pas, elle était là, elle s'est au moins glissée dans l'inconscient collectif avec douceur, pas avec des bottes ou des tracts ronéotypés.
Donc là, ce film draine des millions de spectateurs pour voir le degré nul de point de vue sur les thèmes abordés, alors qu'avec les mêmes ingrédients on pouvait rencontrer le même succès.
Le cliché…c'est super, quoi de plus exploitable, mais quel point de vue est porté ? Rien, c'est mal..Je sais pas, mais un film débordant de clichés jusqu'à l'indigestion peut être tout aussi marrant, tout en posant la question du comment, du sens, en faisant une addition entre ce que l'on montre et ce que ressent le spectateur. Ici, pas d'addition, on te livre le paquet, t'as rien à faire qu'à signer là, et en plus pas de surprise dedans, pi en plus il marche pas, tu peux même pas jouer avec, que le regarder.
D'où ma réflexion provoc d'hier…les gens qui l'ont vu défendent qu'un film puisse être bien et vide, uniquement divertissant, parcequ'ils se sont fait arnaqué leur inconscient et qu'il n'y a pas grand chose de pire. On m'a pris pour un con ? Et alors ? je préfère me faire avoir par un type sympa que par un connard. Bah non, c'est pire.
Voilà pourquoi je n'en démords pas, ce film vend une morale clef en main humaniste tout en arnaquant les humains, on leur réfutant toute capacité de réflexion. Ce en quoi c'est une merde.
Ne me dîtes pas qu'il faut être chiant pour être intelligent et qu'il faille être médiocre pour être divertissant, les deux sont tout à fait compatibles, la différence se situe dans le projet de départ en ajoutant le soucis de pas arnaquer les gens.
à Natha
De Kentin
13H09 | 19/04/2008 |
Il serait bon de demander l'avis de ces dizaines de millions de personnes arnaquées… Visiblement vous ne partagez pas les préoccupations d'une personne qui va au cinéma pour se divertir.
Le principal est que ça plaise, que ça fasse rire, on a tous besoin d'une tranche de rire chaque jour, et c'est pas l'actualité qui nous aide, ni le cinéma Français ou international quand il se veut intellectuel…
à Kentin
De Natha
comédien | 13H14 | 19/04/2008 |
Mais bien sûr que je vais au cinéma pour me divertir, et que j'adule me poiler. J'ai tout de même le droit de ne pas trouver drôle qu'on me prenne pour un abruti.
Quant à l'avis des interessés, je n'y ai rien déceler de contradictoire, mais je me trompe peut être.
à Natha
De Kentin
13H33 | 19/04/2008 |
Je précise ma pensée :
Il serait bon d'interroger ces 18 millions de spectateurs pour savoir s'ils ont le sentiment de s'être fait arnaquer par le scénariste… et il serait bon de savoir s'ils ont le sentiment d'avoir été pris pour des abrutis.
Une arnaque bien ficelée quand même…tellement bonne que seuls ceux qui n'ont pas vu le film peuvent la repérée.
Aller voir ce film, détendez vous une fois dans votre vie au lieu de vous retourner le cerveau pour rien, ne fusse qu'1h30 dans votre vie. La télé c'est 3h30 par jours de connerie par personne et par jour, ce film c'est 1h30 dans une vie, et au moins il y a matière à rire.
à Natha
De Kris.m
13H25 | 19/04/2008 |
« Tu exagères, tu l'as pas vu, t'es élitiste »
Cela me semble la seule réponse possible.
Faire une aussi grande analyse sur un film que l'on a pas vu en le qualifiant de « merde », c'est toucher le sommet de la bêtise intellectuel.
Quant a l'analyse elle même, on touche le sublime. La comédie pur c'est de la merde en somme ? Vouloir faire rire sans arrière pensé ni démonstration c'est prendre les gens pour des cons ? Le rire c'est du vide ?
Et d'ailleurs, ne trouvez vous pas que c'est plutôt nous servir une analyse sur un film que vous n'avez pas vu qui s'apparente a de l'arnaque intellectuel ?
« Je ne l'ai pas vu mais on peut faire mieux »
à Kris.m
De Kentin
13H35 | 19/04/2008 |
Merci de votre analyse de l'analyse faite par quelqu'un qui à écouté une analyse à la radio.
à Natha
De la champenoise
14H03 | 19/04/2008 |
En écrire si long sur un film que l'on n'a pas vu….
à la champenoise
De Natha
comédien | 14H52 | 19/04/2008 |
oui, je trouve ça rigolo, ça permet de discuter un brin.
Je suis peut être dans l'erreur, peut être avez vous eu des débats enflammés avec d'autres spectateurs, des moments magiques où hilare, on se redit les blagues du film, peut être que j'ai loupé quelque chose de grandiose au sortir de la salle de projection, enfin, peut être…
à Natha
De Lemmy
Headbanger since 1980 | 02H25 | 20/04/2008 |
… peut-être êtes-vous bon comédien et mauvais analyste.
C'est là tout le mal que je vous souhaite.
à Natha
De solstice
pigiste | 14H59 | 19/04/2008 |
« Ne me dîtes pas qu'il faut être chiant pour être intelligent et qu'il faille être médiocre pour être divertissant, les deux sont tout à fait compatibles, la différence se situe dans le projet de départ en ajoutant le soucis de pas arnaquer les gens. »
Remarquez qu'on peut aussi éviter d'être chiant en restant intelligent…
Vous « analysez » un film -pas vu- avec une logorrhée fatigante. Vous êtes comédien ? ? ? Genre art et essai ? ? ?
Sil l'on avait comparé Molière à Racine, si on supprimait Offenbach pour ne laisser que Monteverdi, les intermittents du spectacle seraient au chômage chronique.
Je vous laisse, il y a sûrement une rétrospective Bergman au ciné club du coin.
à solstice
De Natha
comédien | 15H06 | 19/04/2008 |
non absolument pas « art et essai », au contraire…
C'est parce que j'ai le plus grand respect pour le rire que je monte au créneau pour défendre le fait qu'il puisse ne pas être complaisant.
Désolé de vous avoir fatigué avec ma logorrhée.
à Natha
De batila
entrepreneur international | 15H55 | 19/04/2008 |
ben visiblement, on peut être chiant et médiocre sans être ni divertissant ni intelligent !
L'auteur de ce post aurait au moins pu nous faire la démonstration de cette compatibilité…
De vaudieu
cineaste | 12H29 | 19/04/2008 |
J'ai montré ce film à ma mère qui agonise en soins palliatifs à Lille, c'est la seule fois de ma vie ou je me suis permis d'utiliser une copie pirate d'un film ( c'est du vol), elle a rit, elle a oublié la maladie et la mort pendant une heure quarante. Ca n'a pas de prix, c'était bien, c'est ça la force des comédies, il faut parfois arrêter de réfléchir, prendre du plaisir, rire, tout simplement, oublier ce qui ce passe en ce moment dans le France de Sarko et dans le monde.Alors merci Dany Boon, et pardon d'avoir volé votre film, mais ça valait le coup.
à vaudieu
De Natha
comédien | 12H35 | 19/04/2008 |
bah non, réfléchir c'est pas ennuyeux, ça maintient en vie et c'est agréable.
Sans surenchère, je garde quelques jours mon papa malade et en fin de vie et nous on se poile à regarder des courts métrage de Buster Keaton après manger, je pense que le plaisir n'est pas moindre mais que l'objet est beaucoup plus honnète.
à Natha
De Kris.m
13H27 | 19/04/2008 |
De mieux en mieux…
« La poursuite de toute idée peut l'amener à sa propre parodie. »
Kierkegaard
à Kris.m
De Natha
comédien | 13H33 | 19/04/2008 |
Je suis navré de faire vous faire perdre un temps précieux avec ma bêtise intellectuelle.
J'ai bien conscience que je dois être un esprit très inférieur qu'il faut instamment remettre dans le droit chemin pour que vous abaissiez vos lumières à m'éclairer avec une si intense application.
à Natha
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 15H02 | 19/04/2008 |
Mais non, c'est un don précieux l'intelligence. Vous n'avez rien fait pour le recevoir, en plus. Donc ça vous donne des responsabilités, rien d'autre.
Celle d'apprendre à l'utiliser, entre autres, non pour la faire tourner à vide en grandes démonstrations intellectualistes indéfendables (et qui hérissent tout le monde, ce doit être en plus très désagréable pour vous)… mais pour en faire quelque chose d'utile ou de passionnant, par exemple.
La belle intelligence, la vraie, elle se nourrit de la vie. Et de l'observation de celle-ci, sans jugement « a priori'.
Du coup vous avez zappé une réalité fondamentale : rire, ça fait un bien fou. Et même si le rire n'a aucune obligation d'être respectueux de quoi que ce soit, il fait encore plus de bien quand il est basé sur la générosité et sur des “petits rien” (selon vos critères) comme : “tous les hommes sont frères”.
Le rire méchant, ça laisse un sale goût, même si ça détend au départ.
Dernier truc, le jour où vous verrez le film (que je n'ai toujours pas vu non plus, donc je n'ai aucune opinion dessus), vous risquez de vous mordre les doigts d'avoir été si péremptoire - si vous êtes honnête avec les sentiments que vous ressentirez à ce moment-là : il y a tant de choses qui peuvent passer dans un silence, un regard, et entre les mots. Certains plans sont miraculeux sans que personne ne sache pourquoi.
Ah, dernier truc. L'intelligence un peu rôdée, elle se nourrit aussi de l'expérience pour prévoir le casse-pipe inévitable : genre, à l'avenir, éviter de démolir un truc qui fait plaisir à tout un tas de gens, sans même l'avoir expérimenté soi-même ; )
à Lohiel
De Natha
comédien | 15H02 | 19/04/2008 |
merci de vos conseils, j'en prends bonne note.
Je refuse néanmoins le procès d'intention concernant le rire, regardons top secret, la classe américaine ou la cité de la peur et poilons nous, avec plaisir !
Sinon, j'imagine que c'est mon déficit d'intelligence qui a provoqué une telle faillite…comment, ils ne mettront pas le distance de provoc qu'il y a dans mes propos…eux, des gens si brillants (qui ne manquent pas de le rappeler en abaissant celle de l'interlocuteur pour le discréditer plutôt que d'avancer des arguments sur le sujet, le film…)
à Natha
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 15H19 | 19/04/2008 |
Relisez mon premier paragraphe, c'est sous-entendu : vu la manière dont vous rédigez et argumentez « intellectuellement », vous êtes sans aucun doute très intelligent. C'est une chance.
Mais l'intelligence qui tourne à vide, ça peut se retourner contre vous, comme ici. Maintenant que vous préfériez les Ch'tis ou Keaton, c'est une question de goût. D'ailleurs on peut aimer les deux.
La vie vous a doté d'un outil précieux, mais complexe à utiliser - et qui peut vous péter à la figure bien plus souvent que vous ne l'imaginez, surtout si vous l'imginez en terme de « supériorité ». N'oubliez pas qu'un grand nombre de « surdoués » n'arrivent jamais à se réaliser socialement, vu de cet angle-là, on peut aussi dire que parfois ça tourne au handicap. Alors allez-y mollo, c'est tout ^^
à Lohiel
De Natha
comédien | 15H26 | 19/04/2008 |
Je vous remercie, j'essaye d'en faire bon usage. En revanche, dire qu'elle tourne à vide…parce que j'ai un avis sur LE FILM que tout le monde a vu et qui alimente toutes les conversations alors que je ne l'ai pas vu, ça me paraît un peu injuste.
J'ai tout à fait conscience qu'il y a une forme de provocation dans ma sortie, mais c'est sur un film !
Me voilà ferraillé par des gens qui m'estiment ennuyeux, pédant, supérieur, parisien (je vis et travaille en province merci)…Je n'ai jamais prétendu être supérieur à quiconque, je m'en garderais bien car c'est faux, et j'invite tout le monde à regarder des films tout aussi populaires, pas intellos pour un rond mais au projet pas complaisant en ma délicieuse compagnie.