
Derrière la ch'timania, beaucoup de poncifs et d'ambiguïtés

Le succès du film de Dany Boon est remarquable : plus d'un quart de la population française, toutes régions et générations confondues, a vu à ce jour cette comédie. Cet engouement est d'autant plus inattendu que l'action se déroule dans le Nord-Pas-de-Calais, une région méconnue dans laquelle –nous enseigne l'œuvre de fiction– la population autochtone parle une langue distincte du Français : le Ch'timi.
Les clivages centre-périphérie (Paris-province) ou nord-sud existent dans la plupart des pays européens. Ces rivalités régionales renvoient, dans tous les cas nationaux, à une opposition d'une double nature : culturelle et de classe.
Dans le cas français, une lecture stéréotypée perçoit le nord comme une région défavorisée, à forte densité ouvrière, donc culturellement fruste. Inversement, on associe au sud le dynamisme économique, un art de vivre supérieur et une population généralement sophistiquée.
Une absurde représentation de « l'enfer du nord »
Dans ce film, Dany Boon cultive les stéréotypes négatifs à propos du nord pour démontrer que cette région n'est pas l'enfer décrit par la plupart des « sudistes ». Grossissant délibérément les clichés anti-nord, Boon fait le pari de démythifier la perception négative que l'on a généralement de cette région. La satire produit un effet paradoxal : se conformer aux poncifs sur le nord pour en révéler la beauté cachée.
Le film aborde le double registre culturel et classiste. Culturel d'abord, avec la mutation dans le nord du directeur de la poste à Salon-de-Provence (Kad Merad), à la suite d'une faute professionnelle (le nord comme peine de prison symbolique). Cette partie du film épuise le répertoire des représentations fantasmagoriques du nord.
L'intrigue et les gags s'enchaînent de manière prévisible (le Pôle-Nord, la sonorité grotesque d'un Ch'timi largement imaginaire, la laideur des paysages, etc.). La caricature est le propre de la comédie et appelle le rire (fût-il gras). Cette mise en train fait rire le public car elle exprime un racisme anti-nord sans fard, tellement outré qu'il ne peut que susciter l'hilarité de tous. Dans une courte apparition, Michel Galabru illustre jusqu'à l'absurde la représentation fantasmée de l'enfer du nord.
Le Ch'ti pour souligner la générosité des nordistes
Le Ch'timi est-il l'attribut culturel essentiel des nordistes ? Rien n'est moins sûr. Seule une minorité de nordistes parle le patois. Et encore cette pratique est-elle socialement et générationnellement connotée : le français mâtiné de Ch'timi est essentiellement pratiqué par les personnes âgées en milieu rural. Il est ainsi invraisemblable que les postiers à Bergues puissent interpeller les usagers du bureau de poste en patois.
Le film donne faussement l'impression qu'à Amiens, Calais ou Armentières, les Ch'tis parlent le même patois. En fait, le Ch'timi n'est pas une « langue » unifiée, mais peut connaître des variations d'une localité à une autre. Le Ch'timi relève surtout de la sphère privée, amicale ou familiale, celle de la détente et du loisir. On plaisantera occasionnellement en patois entre amis ou en famille, mais pas sur le lieu de travail.
C'est la langue de la transgression, du « mauvais Français » comme l'ont inculqué les instituteurs de la République à des générations d'écoliers. « Ecraser le patois », c'est être « cancre », « inculte ». En réalité, ce qui caractérise les nordistes n'est pas tant le Ch'timi qu'un accent régional prononcé et reconnaissable (comme celui des sudistes).
Le sur-emploi anachronique du Ch'timi dans le film n'est pas fortuit : il permet de souligner à gros traits la nature « accueillante » et « populaire » des nordistes et de suggérer en même temps qu'ils sont un peu « babaches » (primaires). Non seulement les personnages principaux parlent un patois incompréhensible, mais ils sont aussi laids et obèses (à l'exception d'Anne Marivin, la postière), inactifs ou oisifs, et bien entendu, ont un penchant pour la bouteille.
Une banderole qui paraphrase ironiquement ce film
La banderole des supporters du PSG était injurieuse, mais elle n'a fait que paraphraser de manière ironique le message que véhicule implicitement le film de Dany Boon. Le scandale qu'elle a provoqué en France peut donc paraître paradoxal car la source de son inspiration se trouve bien dans cette comédie.
La colère du maire socialiste de Lens à cette occasion peut prêter à sourire. Le groupe socialiste de la région Nord-Pas-de-Calais n'a-t-il pas financé à hauteur de 600.000 euros le film de M. Boon ? Cette décision a d'ailleurs suscité l'incompréhension et la colère d'une grande partie de la population nordiste.
On notera enfin que les principaux personnages travaillent à la poste. S'agit-il d'une promotion d'un service public essentiel et un pied de nez indirect à la rupture néolibérale promise par le sarkozysme ? On peut le comprendre ainsi, mais une lecture symétrique est possible : ces postiers sont des fonctionnaires pépères (des « bringueurs » invétérés), pas très professionnels (Dany Boon en postier alcoolique) ; bref le nord que l'on donne à voir ici se conforme à l'imagerie dominante d'une région à la main-d'œuvre peu qualifiée et peuplée d'assistés sociaux.
Un Germinal comique, mais ambigu
Le film dégage un pessimisme social, accentué dans le dénouement de l'histoire : après trois années de purgatoire dans le nord, le directeur s'en retourne vers le paradis sudiste (en réalité, nombre d'exilés involontaires dans le nord décident de s'y établir).
« Bienvenue chez les Ch'tis » est donc une comédie ambiguë. Bien intentionnée, elle campe un Germinal comique, mettant en scène un prolétariat dévoué, mais pas très futé, dans une région économiquement arriérée. Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord : serait-ce la raison de son succès commercial phénoménal ?
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De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 10H58 | 19/04/2008 |
Je n'ai pas vu le film. Mais d'après les commentaires et critiques que j'ai lus, il semblerait que Bienvenue chez les Ch'tis est empreint de nostalgie, d'un rappel du temps où les moeurs décrites étaient effectivement dominantes, et où la sociabilité des classes défavorisées du Nord était incontestable. La solidarité primait dans les rapports de voisinage.
Etant né dans le Pas-de-Calais, je peux attester qu'il était plus facile, dans les années 50, d'être humain dans ce milieu que dans d'autres que j'ai connus par la suite (Versailles -- très bourgeois --, Rouen -- ville fermée comme une huître --, et aujourd'hui le sud-ouest… je ne citerai pas l'endroit pour n'offenser personne).
Quant au patois proprement dit, il a effectivement quasi disparu (nostalgie, encore une fois). Mais il a laissé des traces dans le vocabulaire français : wasingue pour serpilière, par exemple. Il y en a bien d'autres.
Il apparaît que bien des spectateurs partagent cette nostalgie. Peu importe que l'« âge d'or » ait disparu. L'amour pour le film provient sans doute de la conviction que l'on pas mal perdu avec l'individualisme et la modernité.
à Jaycib
De Marie57
18H33 | 19/04/2008 |
mon dieu, mon dieu ! que de bruits pour une comédie !
empreint de nostalgie : voilà un commentaire de bon sens.. Ne manqueront pas les cris d'effroi : comment peut on être nostalgique de « çà » ? ?
Je suis née dans le nord et je peux assurer à tous ceux qui en douteraient, que le patois ch'timi du film existe toujours et pas uniquement pour les personnes âgées en milieu rural, à moins que 50 ans ne soient dans cette catégorie, et n'a donc pas quasi disparu !
J'y suis allée le week dernier et m'en suis donc encore rendue compte et le succès du film, ne fait que l'amplifier et les remarques du style : « bah on va pas se gêner maintenant que la france entière elle cause comme nous ! »
Certes il est prédominant dans les milieux ouvriers ou plus « modestes ». Il suffit d'aller dans un café hors des grandes villes pour l'entendre ou d'aller chercher ses légumes chez le maraîcher du coin. Ce qui, bien sur, ne signifie pas que ceux ci ne sachent pas parler le français, même avec l'accent.
Et le cht'mi, puisqu'il faut faire de ce film une analyse socio-bidule ( ! ) sera quelque peu différent s'il est de Valenciennes, de Lens, d'Arras, de Calais etc…
Je concède également que les facteurs ne l'emploient pas au quotidien si ce n'est comme un clin d'œil amical et confirme par contre, qu'en Lorraine où je vis désormais , le platt est employé partout au détriment de ceux qui ne le comprennent pas et se sentent…exclus.
Pendant plusieurs années, j'ai eu, grâce à ce genre de commentaires, « presque honte » de ce patois. Et puis…ayant vécu dans plusieurs régions différentes, du nord au sud, puis dans l'est, je me suis rendue compte que chacune de ces régions avait son patois, tout aussi incompréhensible et que l'accent ma foi, n'était pas toujours des plus heureux.
J'ai pu lire aussi, qu'il était raciste de représenter un arabe tenant une baraque à frites : mais pourquoi donc ? Les baraques à frites sont nombreuses dans le nord, absentes ailleurs et c'est un commerce qui marche plutôt bien et personne n'a à rougir de les tenir et le moins qu'on puisse dire c'est que ce n'est pas un boulot de fainéant…
Ce film réconcilie les ch'timis avec leur région, leur identité, quoique vous en disiez et les clichés qu'il véhicule tant envers le nord que le sud et ses exagérations leur permet d'en rire, oui mais d'un rire sain, d'autodérision et c'est salutaire.
De la même manière que dans ses sketches, le rire de Dany Boon n'est jamais méchant.
Mais ce qui les fait bien rire, aussi, c'est la ch'timania qui a envahit la france, les journaux tv qui se mettent à enseigner quelques mots de patois. Oui, çà nous fait rire mais c'est pas bien méchant…non plus.
Et lui aussi, Dany Boon, il en rit bien sur les plateaux télé et en remet 2 couches ! Quelle dérision…non ?
Et oui, aussi, pour une fois qu'un des leurs, « pas fier, un bon p'tit gars » emporte la palme en décrivant l'ordinaire, en grossissant le trait certes, sans effets spéciaux, en plaçant l'humain avec ses qualités et ses défauts, au centre d'une histoire, une histoire somme toute ordinaire….et bien, ne boudez pas leur plaisir et ne leur gâchez pas leur fierté, celle de leurs racines, de leurs régions, de ceux qui parlaient mal le français sans doute, de ceux qui se sont échignés dans les usines ou les mines, de ceux enfin qui ne s'arrêtaient pas aux apparences, de ceux qui ne cherchaient pas à décortiquer le pourquoi et le comment avant que de vous accueillir.
Et les plus jeunes, qui ne le parlent pas mais le comprennent et s'en servent parfois pour le clin d'œil, ont découvert un nord qui les réconcilie bien et leur fait dire que tout compte fait…il y a un ptit quelque chose qui a du vrai là dedans…mais faut croire qu'y a que les ch'tis pour le savoir….
à Marie57
De solstice
pigiste | 14H35 | 20/04/2008 |
Bon, là, on est pile poile dans le sujet, Marie 75, ce qui tempère la moitié de mon propos précédent concernant vos commentaires.
C'est longuet mais on est dans le sujet ! C'est un grand pas pour l'humanité rue89 et je vous en remercie (ce n'est pas de l'humour, bande de tocards rigolards, je reconnais que je me suis gourée)
à solstice
De Marie57
16H47 | 20/04/2008 |
Heu…« moi » c'est Marie57 de moselle donc mais native du nord (si c'est à moi que vous vous adressez bien sur ! )
; )
à solstice
De solstice
pigiste | 18H34 | 20/04/2008 |
Quelle gourde, j'avais mal lu, c'était Marie 57 pas 75 qui a rédigé ce post ! …
à Marie57
De noemie974
ile de la Réunion | 14H43 | 21/04/2008 |
Merci marie 57, je me suis parfaitement retrouvée dans votre commentaire, moi même ch'ti (plus exactement boyau rouge)exilée lointaine avec une culture du nord revendiquée et vivace…
merci à dany boon de donner un coup de projecteur d'humour quand tant d'autres ont dépeint notre région avec de la misère, du noir, des larmes et du sang…
Il faut être du nord pour savoir comment réagit systématiquement notre interlocuteur nous demandant notre origine…cela forge notre autodérision ou bien une honte…
Monsieur le maître de conf » de Londres, je tenais à vous faire part du fait que je ne suis pas si vieille que cela , que je viens d'un milieu de cadre moyen et que je parle, comprend le patois…tout en ne me sentant pas inculte, ni cancre (j'ai même réussi à faire quelques années d'études dans nos universités du nord ! ! ! ! )
du fait que Amiens n'est pas une ville du nord pas de calais
et du fait que je ne sois pas certaine que dany boon véhicule implicitement dans son film que ses compatriotes soient des chômeurs, et plus encore des consanguins et des pédophiles.
Sur l'île de la Réunion, où j'habite depuis quelques années, j'ai toujours connu l'association des ch'tis qui est quand meme assez active…à part peut être une association de bretons, les autres régions de France ne se sont pas représentées de la sorte…comment l'interpréter ? ? ?
Nous avons également « la braderie de l'île »…occasion pour manger des moules frites avec un demi ! ! ! !
De Kris.m
10H58 | 19/04/2008 |
J'adore.
Non seulement je me suis bien marré en allant voire le film, mais je continu en lisant ce genre « d'analyse » (et des commentaires avec).
Le pompon :
« Cette décision a d'ailleurs suscité l'incompréhension et la colère d'une grande partie de la population nordiste. »
Et comme ils étaient vraiment en colère, ils se sont précipités (a UN million en une semaine) manifester leurs fureur dans les salles.
Se pourrait il que finalement ce soit l'auteur de cet article qui ait un problème avec le nord, le patois et les agents de la Poste ? Ou plutôt avec les gens un peu fort qui boivent de la bières ?
Bref, avec le populaire ?
à Kris.m
De aqualibre
21H29 | 19/04/2008 |
Excellent un million de Chtis en colère qui vont voir le film, le bouche à oreille devait être hyper mauvais (ironique je précise pour que celui qui analyse mon commentaire ne s'y perde pas)
à Kris.m
De jimmyb
13H24 | 20/04/2008 |
Et pourquoi aurait-on fait payer au film une décision politique ?
De pikasso02
11H01 | 19/04/2008 |
Pour une fois qu'une critique apparaît nous n'allons pas cracher dessus. Les succès populaires me font peur. Tout comme les déplacements de foule. Il serait bien que Philippe Marlière ou un autre critique, puisse donner son avis sur les stades de foot pleins à craquer. A ceux qui parlent d'analyse, je crois que c'est l'ensemble de notre société qui devrait s'allonger sur le divan ! Quand la France sera devenue un musée, tout comme l'Europe, celles et ceux qui décideront de rester chez eux, devront accepter d'être gardien de musée ou de cimetière. La France était « grande » hier, grâce à son passé. A l'échelle mondiale, aujourd'hui elle est minuscule. Elle tire ses dernières cartouches. Des critiques il en faut sur Rue89, pour ceux qui s'intéressent à l'avenir, pas de la France, mais de l'homme dans le monde. J'aime la France, j'aime les cultures du monde, mais je ne crois pas que les sports qui attirent des masses soient générateurs d'individus qui se tournent vers la culture. Nous avons la culture que nous méritons. Mais nous n'avons pas les critiques qui devraient nous aider à y voir un peu plus clair. Merci à Philippe Marlière.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H04 | 19/04/2008 |
Je n » ai pas vu « Bienvenue chez les Ch'tis ».
Moi ce que me fait rire , quand une comédie populiste ou pas a un énorme succès , c'est les circonvolutions des critiques , intellectuels , sociologues, Maitres es conférence etc etc , surtout ceux qui,conscients d'éviter de paraitre des pisse-froids coupés des masses se perdent en conjectures ..
Ce sont en plus les mêmes qui ont dans leurs vidéotheques tous les films d » Audiard qu » ils conchiaient 40 ans auparavant …
(Attention , je n » ai pas dit que je confondais Audiard et Dany Boom , il ne faut pas exagérer non plus )
à Numerosix
De raoul le magnifique
14H52 | 19/04/2008 |
Tout à fait vrai……
« des critiques , intellectuels , sociologues, Maitres es conférence etc “
Tu touches tout à la sociologie des personnes qui postent sur Rue 89 :
de gauche voir extrême gauche pour certains, plutôt âgé, plutôt éduqué, plutôt CSP…
Autres traits communs : haine de la France, haine du populo…
Ils disent à peu près tout le temps les mêmes choses…C'est d'un conformisme ! !
Certains sont tout de même amusants
Et tu vois, ton post est mal noté : ils se sentent visés par tes attaques…
Pour les chtis, je l'ai vu sur mon ordinateur en sreaming : jamais je n'aurais mis 10 euros pour une merde pareille…Et j'ai bien fait le fil m'a fait sourire deux fois…
De chtibre
11H07 | 19/04/2008 |
Etant un « exilé involontaire » en Nord Pas de Calais, je suis bien sur allé voir le film (2fois), la première fois il m'a fait bien rire mais m'a laissé un sentiment ambigu.. Je suis donc retourné le voir et ce sentiment a été renforcé.
Certes le film est comique et l'esprit qui s'en dégage est très humain et fraternel, cependant je crois en effet que ce film peut entretenir une certaine caricature du nord pour beaucoup de spectateur (spécialement pour ceux qui n'y habitent pas). Personnellement, si j'avais vu le film depuis ma région d'origine sans avoir connu le Nord, je n'aurai pas eu l'envie d'aller m'y installer… Alors qu'aujourd'hui j'y vit très bien.
à chtibre
De Kentin
12H53 | 19/04/2008 |
TF1, Delarue, etc… exploitent le Nord pour faire des reportages croustillants, ils utilisent la misère sociale pour faire de l'audience… et personne ne s'insurge… ces reportages installent sournoisement un racisme anti-Nord vis-à-vis duquel certain commence seulement à s'insurger…
à chtibre
De jimmyb
17H22 | 20/04/2008 |
Je suis d'accord avec vous, d'ailleurs, si le film combat certains clichés, il en impose d'autres, pas beaucoup plus flatteurs. Ceci, oui, j'ai bien ri en le regardant, mais je ne pense pas du tout qu'il ait atteint son but. S'il n'avait été qu'une comédie, ce n'était pas gênant, tandis là, ce n'est pas en faisant croire que le ch'ti est monnaie courante et le verre facile que l'on peut promouvoir la région Nord. Ceux qui sont de cette région savent bien à quoi s'en tenir, mais pas monsieur « tout le monde » qui risque de prendre cela au premier degré.
Et le soutien de la région n'est pas là pour améliorer les choses, c'est une caution qui n'avait vraiment pas lieu d'être. Et les 600000 euros auraient bien pu être mieux employé. Mais bon, nous avons maintenant l'habitude du gaspillage lorsque l'on voit le futur grand stade de Lille.
De compte supprimé 13
11H16 | 19/04/2008 |
cher maître (de conférence) que n'avez vous pris le temps de méditer cette affirmation de Montesquieu :
« j'aime les paysans ; ils ne sont pas assez savants pour raisonner de travers ».
à compte supprimé 13
De marie 75
13H34 | 19/04/2008 |
excellent ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
De skalpa
actif et militant ? | 11H20 | 19/04/2008 |
Je n'irai pas voir ce film, je tomberais peut-être dessus par hasard et peut-être passerais-je un bon moment…
film de son temps ?
film hors temps ?
film plébiscité du nordiste au sudiste, de sarko aux communistes, on a du mal à trouver d'autre voix que celles unanimement consensuelles qui se flattent de ce succès.
On dissout des groupes de supporters limite fascistes et racistes suite à une banderole tournant ce film et ce qu'il représente en dérision, de mauvais goût certes et limite puant, c'est clair, mais pas plus que lorsque ces mêmes supporters cri(ai)ent comme des singes et lanç(ai)ent des bananes sur des joueurs noirs !
Enfin, bon ce film :

toute une histoire, pas la meilleure, pas très utopiste, pas très révolutionnaire, mais l'heure est à la rigueur et aux réformes…
Alors,
http://kprodukt.blogspot.com
à skalpa
De parti
punishment park | 21H09 | 19/04/2008 |
société du spectacle…
à skalpa
De pene-r
22H37 | 19/04/2008 |
Va le voir skalpa ; -)
Mais ne pas va le voir pour produire une thèse sur le Nord, comme tu ne re regarderas pas « la grande vadrouille » pour faire une thèse sur la 2ème guerre.
Va le voir comme un bon moment, une onne occasion de rire de situations idiotes et de « clichés » érodés, mais peu importe au final (pour moi qui aime bien les films qui me font voyager sans réfléchir), ce film c'est du pur bonheur au premier degré et c'est très bien ! !
à pene-r
De parti
punishment park | 22H49 | 19/04/2008 |
on peut discuter d'un « film » sans l'avoir vu…
De fav
11H28 | 19/04/2008 |
Ce film est effectivement très ambigu.
Outre que son humour est basé sur des poncifs racistes (l'arabe qui tient la baraque à frite, les gens du nord des alcooliques ect …), il y a à mon avis plus grave. Ce film fonctionne parce qu'il tire la corde du nationalisme régional. On avait les bretons, les basques, les corse, maintenant nous aurons peut être le nord.
Comment peut on se réjouir devant des gens qui parlent le patois. Comment peut on se réjouir quand les habitants du nord se reconnaissent dans les clichés de ce film et que le reste de la France se fout de leur gueule. Parce que le vrai succès du film est là à mon avis. Car quoi de plus réjouissant que de rire de l'autre.
Le nord a perdu sa culture ouvrière sous les coups de la globalisation. Mais le nord ce n'est ce montre ce film. Malheureusement n'est pas Guediguian qui veut.
à fav
De Kris.m
12H20 | 19/04/2008 |
C'est confus la comme démonstration.
Contre la globalisation et contre le régionalisme ? C'est pas un peu paradoxale ?
Et l'auto-dérision doit cruellement vous manquer…
De juliettelucie
Agitée du bocal | 14H06 | 19/04/2008 |
« Comment peut on se réjouir devant des gens qui parlent le patois. »
Je ne dirais pas que je me réjouis, mais qu'il est quand même agréable de voir que les langues régionales ne se perdent pas complètement.
« Comment peut on se réjouir quand les habitants du nord se reconnaissent dans les clichés de ce film et que le reste de la France se fout de leur gueule. »
Parlez pour vous. Moi, dans ce film, j'ai surtout envie de rire des « sudistes » bourés de stéréotypes contre les ch'tis. Et j'ai pas mal rit des blagues potaches.
Je n'ai pas vu de « nationalisme régional », plutôt des gens qui en avaient marre de se voir caricaturer qui ont retourné les clichés contre les moqueurs, et les ont dépassé magnifiquement.
En aucun cas je n'ai trouvé que ce film se moquait des ch'tis.
à juliettelucie
De monika
ex secrétaire médicale | 09H35 | 21/04/2008 |
A juliettelucie
Votre analyse est excellente, la meilleure que j'ai lue jusqu'à présent. Je pense que Dany Boon n'ait pas eu envie de se foutre des ch'tis puisqu'il est ch'ti lui-même, qu'il aime sa région. Il a surtout voulu se moquer des idées reçues que l'on a sur cette région !
à fav
De solstice
pigiste | 14H28 | 19/04/2008 |
J'ai raté sa sortie dans le sud et, comme je « remonte » dans le nord bientôt, j'espère le voir : comme « la vie est un long fleuve tranquille » il passera encore longtemps là haut. Pour ce que j'en sais, puisque tous les nordistes qui l'ont vu se sont régalés, ce n'est pas ce que vous croyez : les gens du nord sont très marrants et pratiquent l'autodérision avec bonheur, à la différence des autonomistes de tout poil. Corse mariée à un lillois, je sais de quoi je parle !
Ce n'est certes pas du Guediguian, mais la marseillite aigüe, à moins d'en être, cela lasse aussi… Ce n'est surtout pas le même rayon.
Ah, mon bon Georges, « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part » on encore de belles années.
à fav
De Steeve Dansavi
19H50 | 21/04/2008 |
Je pense qu'évidemment il faut chaque donne lieu à des critiques. Encore faut-il qu'elles soient fondées sur des arguments sérieux. Eh oui, un gros succès, et toujours le sempiternel journaliste bien décidé à faire le malin. On a l'impression que le journaliste qui a écrit cet article n'a jamais mis les pieds dans le Nord, ou bien n'y a fréquenté que des CSP+ ! !
1) « une région méconnue dans laquelle –nous enseigne l'œuvre de fiction– la population autochtone parle une langue distincte du Français : le Ch'timi. » NON ! Il y a le Ch'timi en tant que langue régionale (comme l'Alsacien par exemple), mais qui n'est quasiment plus parlé. Mais le Ch'timi qu'utilisent les acteurs du film concerne juste un tas d'expressions et de tournures langagières (qui font plus penser, linguistiquement, à de l'argot local) et bien entendu un accent. Autrement dit, dans le film, les acteurs parlent un français chtimisé et non une autre langue. Première erreur grossière.D'autre part, Le chtimi est présenté ici comme minoritaire et le film « invraisemblable » alors que le Chtimi est parlé par une grande majorité, avec des variantes selon les classes sociales (les classes aisées ont souvent un accent moins fort, n'utilisent les mots « vulgaires » comme « biloute ! » mais connaissent un grand nombre d'expressions idiomatiques régionales)
2)« se conformer aux poncifs » : où sont les poncifs ? Représenter des gens de la classe populaire dans oeuvre cinématographique n'est pas se conformer à des poncifs, ou plus précisément c'est le propre du cinéma de forcer le trait : l'aventurier est toujours très aventurier, le gangster très méchant, etc.
3) « L'intrigue et les gags s'enchaînent de manière prévisible » : si c'était si prévisible que ça, les gens trouveraient le film moyen et n'iraient pas le voir.
4)« la sonorité grotesque d'un Ch'timi largement imaginaire » le « chtimi » parlé dans le film, je l'ai parlé toute mon enfance (c.a.d dans les années 80) il n'y a rien d'imaginaire là-dedans et libre à vous de trouver ça grotesque.
5)« Le film donne faussement l'impression qu'à Amiens, Calais ou Armentières, les Ch'tis parlent le même patois. » Désolé, mais c'est encore…un poncif ! J'habitais à l'autre bout du Nord, et pourtant le « chtimi » pratiqué est rigoureusement le même ! J'ai rencontré un pote picard, il y a des variantes (comme dans le monde entier ! quel scoop ! ) mais on a strictement le même accent et la même mentalité/culture régionale.
6)« En réalité, ce qui caractérise les nordistes n'est pas tant le Ch'timi qu'un accent régional prononcé et reconnaissable (comme celui des sudistes). Le sur-emploi anachronique du Ch'timi dans le film n'est pas fortuit. » Dire tout et son contraire dans deux phrases qui s'enchaînent : alors, accent régional ou anachronique ? Technique bien connue : partir d'un faux postulat pour le détruire juste après.
7)« Le scandale qu'elle [la banderole PSG] a provoqué en France peut donc paraître paradoxal car la source de son inspiration se trouve bien dans cette comédie. » Ah bon le film parle de consanguinité et de pédophilie ? ça serait donc la faute du film ! Bravo !
De Quen_tin
11H29 | 19/04/2008 |
> Bon gré, mal gré, ce film flatte les principaux poncifs anti-Nord :
La mentalité du nord est d'après moi très marqué par un certain esprit d'auto-dérision. Les gens ne se prennent généralement pas aux sérieux. C'est donc normal qu'un film sur la région fait par un gars du ooin prenne cette forme.
Pour ce qui est de la banderole, j'y vois plus une parodie des reportages télévisés sur l'affaire d'Outreau, personnellement…
à Quen_tin
De TARPON
12H05 | 19/04/2008 |
bien vu,et le juge ainsi que le proc qui n'ont fait rire personne sont toujours en exercice prets à recommencer
De nonow
européenne | 12H06 | 19/04/2008 |
Des amis (d'amis) de Dunkerque ne supportent pas ce film bourré de clichés.
« La mer monte“(Yolande Moreau) est, selon eux, beaucoup plus valorisant pour leur region que le film de Dany Boon.
De plus, presque plus personne ne parle le ch'timi à part les personnes âgées en milieu rural.