Le 29 avril, les députés examineront le projet de loi sur les archives. Or ce texte, tel que les sénateurs l'ont adopté en janvier, met en colère les chercheurs. Depuis le début de la semaine, une pétition circule, qui a déjà recueilli plus de 600 signatures en quatre jours.
Parmi les signataires de la lettre ouverte adressée aux parlementaires par l'Association des usagers du service public des archives nationales (AUSPAN), beaucoup d'historiens, mais aussi des sociologues, des philosophes du droit ou de « simples citoyens ». Tous s'insurgent contre « la culture du secret » qui sous-tend ce projet de loi.
Le texte sorti du Sénat il y a trois mois durcit l'accès aux archives nationales, notamment aux dossiers de l'administration et de la police. Pour les signataires de la pétition, parmi lesquels Patrick Weil, Gérard Noiriel, Anne Wieviorka ou Jean-Pierre Azéma, son but initial était pourtant tout le contraire : le législateur avait promis d'assouplir l'accès aux dossiers. Notamment en substituant au délais de trente ans en vigueur depuis une loi de 1979 un « principe de libre communicabilité ».
Or c'est précisément le contraire qui émane du texte discuté fin avril au Palais-Bourbon : les sénateurs l'ont modifié au point d'entraver l'accès aux archives. Ainsi le Sénat a par exemple fait passer de soixante à soixante-quinze ans le délai de consultation pour les « documents dont la communication porte atteinte à la vie privée ». Et le projet de loi actuel rend « non communicables » certaines archives publiques.
Benjamin Stora, historien de renom, a signé la pétition. Pour lui, les dispositions du nouveau texte restreignent considérablement le champ de la recherche :
En interdisant l'accès aux archives avant soixante-quinze ans si le texte passe comme tel, la loi empêcherait par exemple l'accès aux documents pour des périodes aussi sensibles que le régime de Vichy ou la guerre d'Algérie.
« Protéger les territoires brûlants de l'histoire contemporaine »
Réputé pour ses travaux sur la guerre d'Algérie, Benjamin Stora argue que, sans accès aux archives de l'Etat et de l'armée, « le récit historique se trouve mutilé ». Pour l'universitaire, les sénateurs ont plutôt cherché à « protéger les territoires brûlants de l'histoire contemporaine » :
Enseignant à l'Inalco, Stora précise que le champ de la discipline historique a aussi évolué. Aussi, pour lui, « l'histoire, ce n'est pas simplement l'histoire politique mais aussi la sexualité, l'histoire culturelle, les mœurs ».
C'est au nom de la richesse de la recherche qu'il repousse le prétexte de la protection de la vie privée :
« Bien sûr, il faut aussi protéger la vie privée. Mais là, ça fait beaucoup et nous avons forcément un sentiment de fermeture d'archives. Ici, il s'agit plutôt de protéger la vie privée de certains individus. Seulement certains. »
Pour Helen Darbishire, directrice exécutive de l'association Access Info Europe qui œuvre pour « protéger le droit à l'accès à l'information », cette nouvelle loi va « à contre-courant » de la tendance actuelle ailleurs en Europe :
« Au Royaume-Uni, il faut actuellement attendre trente ans mais une consultation publique est en cours pour raccourcir le délai. Dans les pays de l'ex-bloc de l'Est, on assiste en ce moment à l'ouverture des archives de la période communiste, avec un accès dès maintenant à des documents qui n'ont pas plus de dix-huit ou vingt ans. »
Elle aussi affirme qu'il faut protéger la vie privée… mais pas à n'importe quel prix, dès lors qu'il s'agit de personnalités publiques :
« Il faut penser les archives par rapport à l'intérêt qu'elles représentent pour le public. La vie privée doit aussi être considérée dans une perspective historique : pour des personnalités, c'est aussi parlant historiquement ! “























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De DidierB63
Devant un écran | 17H53 | 17/04/2008 |
Certains de nos sénateurs, plus tout jeunes, auraient-ils des choses à cacher ?
http://polemiquons.over-blog.com/
à DidierB63
De Sacha25
18H18 | 17/04/2008 |
C'est la plus absolue évidence
à DidierB63
De weby_love
18H22 | 17/04/2008 |
quelle mafia ! !
à DidierB63
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 19H00 | 17/04/2008 |
@ Didier B63,
tu as une partie de l'explication ici :
http://menilmontant.noosblog.fr/mon_weblog/2008/03/hommage-aux-man.html
mais c'est passé inaperçu dans la presse française… fallait lire le presse algérienne !
Bien à toi.
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
à DidierB63
De Incorrect
21H48 | 17/04/2008 |
Vraiment c'est dégueulasse cette censure. Moi j'aurais bien aimé connaître le nom de tous ces salauds de porteurs de valises qui ont tiré dans le dos des Français.
à Incorrect
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 23H34 | 17/04/2008 |
Que je sache les salauds porteurs de valises se vantent de l'avoir fait.
à Incorrect
De C. Creseveur
D'actualité | 09H01 | 18/04/2008 |
Chirac a prétendu en avoir porté. Allez donc le voir !
Au demeurant je ne vois pas en quoi les porteurs de valises étaient plus salauds que les français qui écrasaient militairement le peuple algérien.
à DidierB63
De DBL8
Retraité | 06H34 | 18/04/2008 |
Il n'y a, HÉLAS, pas qu'eux !
Bien d'autre qui ne sont pas sénateur n'ont pas envie de voir leurs turpitudes étaler au grand jour.
Et, malheureusement, les héritiers en pâtissent.
à DBL8
De kkadim
service public rhone alpes | 08H21 | 18/04/2008 |
ou en profitent….
à DidierB63
De MéKésKiPuDoncTan
07H56 | 18/04/2008 |
Les archives de la Stasi sont plus ouvertes que les archives françaises. La France est déjà la spécialiste du « secret défense » pour couvrir des faits massifs de corruption ou des opérations barbouzardes.
à DidierB63
De Bebert Cassandre
10H13 | 18/04/2008 |
Nantes 2007.
Exposition consacrée à la traite des noirs. Des familles nantaises de très bonne réputation ont demandé à ce que leurs noms soient retirés de cette exposition. Ces familles devaient leur fortune à ce commerce triangulaire. La municipalité nantaise, initiatrice de cette exposition au château d'Anne de Bretagne a obtempéré. La traite des noirs, c'était il y a 200 ans.
Des fois que l'argent pourrait avoir une odeur….
Donc, rien de nouveau.
à Bebert Cassandre
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H45 | 18/04/2008 |
Ne doit-on pas être immoral et ne pas respecter les droits de l'Homme pour faire fortune ?
Pour que les hommes publics puissent vivre plus longtemps en paix (l'espérance de vie n'augmente-t-elle pas ? )n'ont-ils pas besoin de se protéger plus longtemps ?
à DidierB63
De Chele
15H21 | 18/04/2008 |
Ça donne furieusement le sentiment que la seule vie privée que ça protège, c'est celle des bourreaux. Ce sont eux qui ont tout à gagner au silence.
Les victimes, elles, n'ont rien à perdre à être reconnues.
à DidierB63
De solstice
pigiste | 16H47 | 19/04/2008 |
« Certains de nos sénateurs, plus tout jeunes, auraient-ils des choses à cacher ? »
Ahhhhh, le fameux « train de sénateur » relu version Vichy… Excusez cet humoir noir…
à DidierB63
De psyche
Agitateur d'inconscience | 18H06 | 19/04/2008 |
Bonjour à tous,
Ce genre de décision vous étonne ?
Mais au fait êtes vous sûrs que TOUTES ces archives étaient vraiment consultables ! ?
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
17H59 | 17/04/2008 |
Les archives concernant la guerre d'Algérie ne sont pas les seules concernées par le propos, loin de là. En fait, il s'agit également d'interdire toutes recherches concernant la généalogie des particuliers, et ça va à l'encontre de la mémoire individuelle et collective.
« Quant aux cinq régimes d'exception, qui s'échelonnaient de soixante à cent cinquante ans, suivant qu'ils mettaient en cause la vie privée, la sûreté de l'Etat, les affaires judiciaires, les données médicales ou patrimoniales, ils n'étaient plus que trois : vingt-cinq, cinquante et cent ans. Dans toutes les catégories, les délais se trouvaient raccourcis. Certes, une nouvelle catégorie d'archives “incommunicables” était créée, portant sur les armes de destruction massive et la protection des agents secrets. Mais l'équilibre général représentait un réel progrès aux yeux des chercheurs. »
http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/04/16/des-historiens-denoncen…
J'ai idée que cette révision implique plus qu'on ne le pense en première analyse, certains ont bien des choses à cacher encore aujourd'hui que cette loi arrange car elle leur permet de maquiller l'histoire peu glorieuse de leur famille en se réfugiant derrière le principe de la vie privée (je ne cite aucun nom, notez bien).
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De toots
void | 18H58 | 17/04/2008 |
J'ai dans l'idée depuis un moment que notre societé est en train de changer profondément son rapport au passé.
Pour moi, cela à majoritairement trait au fait que les générations n'ayant pas connu la dexuième guerre sont maintenant au pouvoir alors que celle l'ayant connue sont de plus en plus lointaine.
Ainsi, le clivage qui avait eu lieu après guerre entre les différents comportements durant l'occupation (pas seulement resistant vs. collabo, il y a toute une continuité..) s'efface progressivement, et avec elle un certain nombre de non dits et autres formes de culpabilité.
En témoignent les déclarations tonitruantes sur la fin du programme politique de la résistance, cad le démantèlement de ce qui a fait la France d'après guerre, ordonance de 45, sécurité sociale, retraites solidaires, protection des salariés etc..
Enfin, le parachèvement de tout ça est bien entendu la cloture des archives et des mémoires, afin de bien laisser tout ca créer une espèce de passé idéalisé ou toute la France était résistante, et se reconnait dans Jules Ferry et Guy Môquet.
Beurk.
à toots
De DBL8
Retraité | 06H39 | 18/04/2008 |
« La résistance » // N'oubliez pas les règlements de comptes à la libération ! Tous les fusiliers ne l'ont pas été pour fait de collaboration.
La nature humaine…
à DBL8
De kkadim
service public rhone alpes | 08H27 | 18/04/2008 |
remarque interessante à UNE condition : ne pas oublier que les salauds étaient du coté des nazis. à trop critiquer la résistance ( qui était disparate ) certains voudrait nous faire oublier que la resistance n'est que réaction à l'occupation et la collaboration. On finissait fusiller simplement pour avoir distribuer un trac, souvent aprés avoir été torturer. alors rendons hommage aux hommes et aux femmes qui eurent ce courage, dont beaucoup ici, dont moi certainement, se savent pas s'il l'aurait aujourd'hui. il est facile de tapoter sa liberté sur un clavier quand on ne risque rien.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De kkadim
service public rhone alpes | 08H18 | 18/04/2008 |
je me souviens d'une remarque faite par un chercheur, il y a quelques années, sur les antennes de france culture (du temps ou cette station existait encore culturellement) : il indiquait que si vous cherchiez des travaux sur les ouvriers, les salariés, les pauvres, les couches populaires, les classes moyennes, les vagabonds, vous crouliez sous les ouvrages, par contre si vous orientiez votre regard vers les couches les plus riches de la population, le fonctionnement du pouvoir à l'intérieur des entreprise, à leur sommet, c'était le desert…. et l'argument que l'on opposait à la recherche etait : le respect de la vie privée ; et ce chercheur de conclure : les pauvres n'ont pas de vie privée, eux.
pourtant, d'un point de vue historique, sociale, économique il sertait, par exemple, trés interessant de voir comment les plus grande fortune se sont crées dans ce pays. les libéraux ne cessent de vanter la supériorité de leur systéme qui donnerait une chance à chacun de gravir les échelons de la société, même pour le plus humble. mais comme l'un des prinicipes fondamentaux du libéralisme est de réconstruire une réalité pour masquer le vrai fonctionnement du systéme ne soyons pas étonner de telle loi. il serait peu glorieux de momtrer que beaucoup de fortunes furent le fait de profiteurs de guerre ( mais si, de grand nom émergent aprés les guerres soit qu'ils aient profiter du conflit directement (pendant que les uns donnent leur sang d'autres vendent leurs services), soit indirectement par le pillage (qu'est devenu le trésor du bay d'alger, un des plus grosse fortune de l'époque, en 1848 ? ? ? °.
De aïtos
18H01 | 17/04/2008 |
Le sénat, un hospice de vieillards autoproclamés représentants du peuple, bien en phase avec la merdocratie française. Vraiment ras le bol de toutes ces nouvelles nauséabondes.
à aïtos
De DBL8
Retraité | 06H42 | 18/04/2008 |
Vous n'êtes pas beaucoup informez sur le sénat, depuis quelques élections à celui-ci, il y a un renouvellement par des plus jeunes.
A ma connaissance, Voynet n'est pas un vieillard !
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 18H03 | 17/04/2008 |
Il me semble que cette volonté de contrôle (pour dire le moins) des archives des deux périodes cruciales de notre histoire récente présente une cohérence forte avec le fantasme d'une identité nationale administrée. C'est également en ligne, je trouve, avec cette loi grotesque qui, peu ou prou, prétendait dire le vrai sur la colonisation (quand on pense qu'il s'était trouvé des députés pour la voter ! ).
Les archives permettent de confronter les mythes ou les idées reçues à la réalité (et, notamment, dans ce qu'elle a de nécessairement complexe).
Si le but de ce projet de loi était de provoquer l'affrontement entre mythologies antagonistes, on ne s'y prendrait pas autrement. C'est un projet de loi portant en lui l'obscurcissement de l'intelligence (puisque l'intelligence est la capacité à comprendre).
à thierry reboud
De solstice
pigiste | 18H06 | 17/04/2008 |
C'est clair que cela fait un bel écho avec l'apprentissage des « bienfaits de la colonisation ».
Pour autant, je pense qu'il faut tout de même un « tampon » pour que les protagonistes retrouvent un peu de distance. Mais une génération devrait suffire, non ?
à solstice
De kkadim
service public rhone alpes | 08H20 | 18/04/2008 |
remarquez qu'on parle ici d'ouvrir des archives aux chercheurs, pas de les diffuser dans la grande presse, il me semble. c'est déjà un premier tampon.
à kkadim
De solstice
pigiste | 10H54 | 18/04/2008 |
Effectivement, mais c'est un premier pas vers le public, qui devra de toutes façons y avoir accès… Quand ? C'est mal parti !
à thierry reboud
De Kainto
Elu municipal socialiste des Pyréné... | 20H51 | 17/04/2008 |
Bonsoir,
Cette nouvelle est un grand retour en arrière. C'est le devoir de mémoire que l'on supprime. Ce devoir doit se faire dans la lumière et dans la vérité.
Sinon on laisse la porte ouverte à toutes les interprétations possibles et on ne permet pas de guérir la blessure. Je suis d'accord avec l'idée de l'obscurcissement de la mémoire. Ce travail ne sert qu'une cause permettre aux extrémistes de tout poil de faire leur histoire et de continuer à embrigader. L'obscurantisme a ces adeptes.
Cela montre le projet de civilisation de notre Président de la République. Une orientation déplorable pour les générations futures.
Kainto
http://kainto.blogspot.com
à Kainto
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 20H55 | 17/04/2008 |
Bonsoir.
Globalement d'accord avec vous, il me semble en fait que c'est même plus nocif : ce n'est pas le DEVOIR de mémoire, c'est le TRAVAIL de mémoire qu'on entrave.
Et il me paraît que le travail est plus important que le devoir…
à Kainto
De compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
bye bye.... | 21H30 | 17/04/2008 |
Ce n'est pas le devoir de mémoire que l'on supprime, c'est le (peu de) pouvoir de mémoire. Et c'est bien plus grave, parce que quand nous aurons perdu le peu de pouvoir de mémoire que nous avions, on pourra nous édicter le devoir de nous souvenir de n'importe quoi : par exemple, que Guy Môquet a écrit une lettre émouvante à ses proches, mais pas qu'il a été exécuté en tant que communiste.
à Kainto
De DBL8
Retraité | 06H48 | 18/04/2008 |
Le devoir de mémoire…
Il a bon dos ! Ce n'est pas TOUTES la mémoire qui est dans le politiquement correct !
Lors des guerre de Vendée, les colonnes infernales ont Massacré à tour de bras, au point qu'il a fallut repeupler certains village !
Qui en parle dans le devoir de mémoire ? !
2 poids 2 mesures ? Surement, car ce n'est pas glorieux de tuer des enfants aux berceau et des vieillards.