Népal : les maos ont finalement permis l'émergence d'une république
Bon, je m’y colle. Le Népal, c’est pour ainsi dire chez moi : j’y ai longtemps vécu et travaillé. Guide de trek. Juste pour me situer. Très au courant des choses politiques du cru ; mouillé jusqu’à l’os dans la Première Révolution de 1990, etc.
D’abord, les maos népalais, c’est pas Pol Pot. Ç’aurait pu, mais au sortir de la clandestinité après treize ans de guérilla contre l’armée royale (250 000 hommes, formés et armés par les Américains et les Brits), on ne put dénombrer que 35 000 combattants maigrichons (mais teigneux).
Après avoir rejoint la coalition des Sept Partis (des cocos modérés aux sociaux-democrates du Nepali Congress (NC), les maos, sous la houlette de Prachanda (le Féroce) et de Bhattarai (l’idéologue), ont trouvé qu’en fin de compte, la bonne bouffe et les fauteuils confortables, c’était pas mal. Bien entendu, ça ne s’est pas fait en un jour : jusqu’à tout récemment, c’était un coup « je me casse du gouvernement provisoire », et un coup « je reviens ».
Les plus rudes d’entre eux, restés à croupir dans des camps insalubres et l’estomac vide, sont repartis dans la maquis, soit pour prêcher la Cause, ou bien pour rançonner le populo. Mais l’immense majorité d’entre eux a rejoint l’armée officielle, ou bien ses champs.
Sans eux, le régime n’aurait jamais basculé. Ils ont commis des exactions ignobles, mais pas que. Dans nombre de régions ils ont fait voler en éclat un immonde système de servage, et aboli l’infâme apartheid des castes. On les bénit dans les vallées où ils ne se sont pas trop attardés, mais pas dans celles qu’ils ont administré.
Le roi Gyanendra et son frère assassiné Birendra (un vrai drame shakespearien, prévoir quinze pages pour tout raconter) ne valaient pas tripette, pas plus que le prince héritier Paras -les connaisseurs me trouveront gentil.
Pas d’autre choix qu’une république, donc.
Etrangement, mes amis népalais font fixette sur notre révolution de 1789... En avril 2006, en pleine émeute (24 morts), de quoi papotions-nous sur le blog de Narayan Waglé, unique canal reliant le Népal au reste du monde en ces temps sombres ? Marat, Danton, etc.
Les conditions de vie du Népal rural sont à peu de choses près celles de notre pays sous Louis XVI : disette, fermiers généraux, mauvaises récoltes, injustice majuscule, monarchie absolue.
Mais ça s’arrête là : la peine de mort a été abolie depuis un siècle et demi ; le roi mange à sa faim et il est libre de ses mouvements (il sort peu, ceci dit : profil bas de rigueur) ; tous les acteurs de la dictature seront jugés loyalement, sous contrôle international. La commission électorale, patronnée par le sage Jimmy Carter (un amoureux du pays, totalement indépendant du gouvernement américain), a garanti l’honnêteté du scrutin, qui a finalement ouvert la voie à une république népalaise.
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Quand on aime le Népal une fois, c’est pour toujours ...
déjà il ya quelques années un petit hotelier se souvenait avec nostaligie du temps où ça allait et ça paraissait normal que ça aille, le temps du bonheur pour les classes commerçantes de Kath, qui étaient passés de la bougie au solaire direct, comme les villages isolés.
je me souviens des femmes qui vendaient leurs tapis dans la coopérative qu’elle avaient faite elles memes, et des voyages elles en ont fait les free-pouilleuses.
Oh Didi, you know what ? et elle disait trois mots d’anglais au tel pour dire Londres New York. Et un jour un sari tremblant dans Orly apparaissait.
Remerciait le Dieu de la lumière à chaque fois que je commutais l’interrupteur.
Des tapis et des montagnes et des monstres de courage les femmes de la montagne népalaise...pretes à prendre l’avion pour découvrir notre monde et pleurant de honte devant notre TGV.
Non Didi, ton monde n’est pas misérable puisqu’on y vient et qu’on l’aime et que loin de lui, il nous manque tellement...
Même que tu m’engueules quand tu ne rêves pas de moi en me traitant de feignasse qui ne vient pas visiter ton âme endormie...
Ave Népal, des journées entières dans les arbres à ramasser les baies avec les femmes du village qui avaient le jazz dans la peau.
Le Népal a le swing avec ou sans Mao.
La nostalgie camarade...




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