a la une

Mexique : les brigades du pétrole public à l'attaque

Les opposants à la privatisation de Pemex occupent les assemblées, et des groupes de militantes s'installent dans les rues de Mexico.

Les opposants à la privatisation du pétrole à la tribune du congrès mexicain (Reuters).

(De Tepoztlán, Mexique) « Nos tienen miedo porque no tenemos miedo » (« Ils ont peur de nous car nous n'avons pas peur 1 ») : voici le nouveau slogan des « brigadistes en défense du pétrole » qui ne sont autres que des brigades de femmes on ne peut mieux organisées, on ne peut plus décidées.

Les Adelitas, des femmes « brigadistes de défense du pétrole »

En effet à les voir, on se dit qu'elles n'ont pas peur de grand-chose, ces 10.000 femmes à Mexico qui ont juré devant leur « président légitime » Andrés Manuel Lopez Obrador, ancien candidat à la présidentielle en 2006, de défendre le pétrole « coûte que coûte ».

Les Adelitas, comme elles se nomment en hommage à une célèbre révolutionnaire mexicaine de 1910, ont fait la une de la presse depuis une semaine et n'ont toujours pas quitté la rue. La stratégie de la gauche a surpris le gouvernement, obligé de dépêcher en urgence des femmes policières pour faire face aux brigades. Claudia Sheinbaum, coordinatrice de « la résistance civile et pacifique pour le pétrole », explique que :

« ce sont les femmes qui vont défendre le pétrole car sans cette ressource, le pays sera trop pauvre pour payer l'éducation de nos enfants. »

Le Sénat et la Chambre des députés déménagés « provisoirement »

La bataille pour permettre l'investissement privé dans les opérations jusque là réservées à la compagnie nationale des pétroles mexicains (PEMEX), a donc débuté avec des images fortes.

Comme prévu, la proposition de réforme énergétique présentée par l'Exécutif allait être combattue par la gauche qui demande depuis des mois, la tenue d'un débat national sur le thème. Mais le combat a été plus rapide que prévu. A peine la proposition présentée, jeudi 10 avril, que les sénateurs et députés ont pris leurs tribunes respectives et dorment désormais jour et nuit devant d'immenses banderoles proclamant un « non à la privatisation du pétrole ».

Les politiques désormais vêtus de l'uniforme blanc de Pemex et casqués comme sur une plateforme pétrolière, n'ont plus bougé, à tel point que leurs adversaires ont préféré mercredi 15 avril déménager « provisoirement » le Sénat et la Chambre des députés plutôt que d'accepter les termes du débat…

A l'extérieur des deux palais législatifs, les brigadistes n'ont pas traîné pour entrer en action. Ce même jeudi, armées des portraits du général Cardenas -qui a le statut de demi-dieu au Mexique pour avoir nationalisé en 1938 le pétrole et exproprié les compagnies étrangères- les femmes ont entouré les deux bâtiments.

A la nuit tombée, ce sont les brigades d'hommes qui viennent les relayer avec une discipline toute militaire. Chaque brigade a un nom avec des méthodes de communication et d'organisation bien rôdées. La résistance doit rester « pacifique, quelle que soit la provocation » est-il écrit sur tous les tracts. On peut chanter, hurler des slogans, s'installer bruyamment pour passer la nuit mais surtout il faut ignorer joyeusement la police qui les veille.(Voir la vidéo, en espagnol, publiée sur le Blog del Astillero.)



Si la revendication principale -la tenue d'un débat national » n'aboutit pas, la gauche a assuré que 100-000 brigadistes dans le pays (dont 20.000 à Mexico) sont prêts à bloquer routes et aéroports.

Les industries pétrolières ont été nationalisées il y a soixante-dix ans

Ces premières manifestations, très critiquées par la télévision privée, qui appuie largement le gouvernement (ce qui leur a voulu une visite des Adelitas), n'ont pourtant pas encore changé la donne, loin de là. La gauche a bien une forte présence dans la rue mais le Congrès est dominé par une alliance entre le PAN (droite au pouvoir) et le PRI (parti au pouvoir pendant 71 ans en continu) qui disposent ensemble de la majorité pour approuver la dite réforme.

Les deux partis ont reconnu que la réforme ne pourrait pas être approuvée aussi rapidement que prévu, et ont accepté pour l'instant de « débattre » mais pas dans les conditions posées par la gauche.

Celle-ci a donc rejetée un « simulacre de débat » et les Adelitas comme les élus n'ont pas quitté leurs postes. Le pétrole, nationalisé il y a 70 ans par le général Cardenas, reste un orgueil national dans le pays, en particulier pour la résistance faite aux Etats-Uniens qui n'ont pas manqué de menacer le général pour oser sortir du pays leurs majors.

L'actuel président est le premier à toucher à cet héritage, malgré plusieurs tentatives de ses prédécesseurs mais qui n'avaient jamais passé la porte du Congrès. Aujourd'hui personne ne peut dire quelle issue aura cette bataille tant symbolique que politique, mais elle sera forcément longue et douloureuse.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 82557 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code

30 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de pablico

De pablico

12H27 | 16/04/2008 | Permalien

en temps de pénurie, et de rareté de pétrole, de chaos financier, de rareté des aliments, est-ce bien intelligent de privatiser cette matière première ?
sauf si les puits sont vides bien entendu.

Portrait de romi45

à pablico Portrait de pablico De romi45

découvre l'information | 14H23 | 16/04/2008 | Permalien

j'etais au mexique en Mars,Et Mes amis m'ont expliqué que PEMEX allait etre Privatiser pour permettre d'augmenter le prix du carburant (cela valait environs 7 pesos soit un peu moins de 0.50€ en mars pour du super).

Ceci afin de permettre au gouvernement mexicain (qui a tres tres envie de faire copain copain avec les USA) de vendre leur petrole moins cher que ce qu'il coute à produire.

Et donc cette nationalisation n'a pour but que de repercuter la difference entre le prix de vente aux USA et le cout de revient reel, plus j'imagine une grosse plus-value pour les future actionnaire privée de PEMEX.

Cdlt

Portrait de yan

à pablico Portrait de pablico De yan

loin | 23H05 | 16/04/2008 | Permalien

on privatise quand ça rapporte….

Portrait de SiDi

De SiDi

g_print("%s\n", _riverain_get_situa... | 12H33 | 16/04/2008 | Permalien

Et depuis quand le gouvernement mexicain, qui, en poursuivant dans la voie de l'Alena, a mis son propre peuple au bord de la famine (explosion du prix des aliments à cause du dumping qui permet aux producteurs américains d'inonder le marché mexicain et de couler les petits producteurs mexicains - et aussi à cause des agrocarburants, qui par ailleurs ne sont pas du tout bio ! ) se comporte-t-il de manière intelligente ?

Portrait de castorpolitique

De castorpolitique

Rien | 13H17 | 16/04/2008 | Permalien

Shell et Exxon apportent une assistance technique à Pemex. Est-ce que ce sont ces entreprises qui sont sur les rangs pour acheter Pemex ? Est-ce que ce sont des entreprises étrangères ?

Sur le sujet, on peut lire :
http://www.mondialisation.ca/index.php ? context=viewArticle&code=LAD20030…

Autre question (cet article est un peu court et me laisse sur ma faim ; ) : est-ce que l'Alena oblige, à terme, à privatiser (comme l'Europe en France) ?

Avec la fin du pétrole, le Mexique doit subir de fortes pressions des multinationales pour privatiser, surtout que parmi les gros producteur, il est un maillon faible. Jamais la Russie, le Vénézuéla, ou les pays du moyen orient ne vont privatiser leur pétrole, ils sont pas si bêtes !

http://castorpolitique.wordpress.com

Portrait de raoul le magnifique

à castorpolitique Portrait de castorpolitique De raoul le magnifique

14H49 | 16/04/2008 | Permalien

« Jamais la Russie, le Vénézuéla, ou les pays du moyen orient ne vont privatiser leur pétrole, ils sont pas si bêtes ! »

Bah c'est sur, comment la russie va massacrer les tchechene et construire de nouveaux sous-marins nucléaires…
Comment le Venezuela va-til faire pour acheter des armes et mener à bien sa deuxieme revolution bolivarienne ?

Et comment vont-ils faire pour enrichir l'oligarchie au pouvoir dans ces deux pays…..Qui va nourrir les
frères, copains et cousins de Poutine et Chavez ?

Comment le pétrole va t'il permettre aux monarchies islamistes du golfe d'assoir leurs domination sur leur peuple ?

Mais bon, après tout, je me fous assez royalement des droits de l'homme, du moment qu'ils viennent pas nous enmerder…

Portrait de Servais-Jean

à raoul le magnifique Portrait de raoul le magnifique De Servais-Jean 4591

Retraité | 14H55 | 16/04/2008 | Permalien

raoul
« je me fous assez royalement des droits de l'homme, du moment qu'ils viennent pas nous enmerder… »

C'était pas la peine de préciser !

Portrait de Servais-Jean

à castorpolitique Portrait de castorpolitique De Servais-Jean 4591

Retraité | 15H25 | 16/04/2008 | Permalien

Vous vous posez beaucoup de questions qui me semblent un peu naïves.

Dès qu'il y a de l'argent à ramasser les entreprises privées montent en première ligne et achètent les hommes politiques qui peuvent leur servir.

Cela se passe en France avec les semenciers et leurs OGM, les distributeurs d'énergie, et nos politiques sont trés sensibles aux petits « avantages » que peuvent leur procurer ces firmes internationnales. Il suffit d'entendre nos élus sur les bancs du Sénat ou de la chambre des députés pour comprendre la puissance corruptrice des Monsanto, Limagrains, Shell,Exxon sans compter les firmes pharmaceutiques qui ne sont pas en reste.

Alors ne soyons pas idiots, si cela est possible en France la proximité des USA fait que ça l'est encore plus pour l'Amérique du Sud. Seulement ils ont une histoire révolutionnaire plus récente, et même encore d'actualité avec Chavez et autres, qui leur permet de mieux résister que nous aux prédateurs mondiaux qui, soit-dit en passant, sont en train d'affamer des centaines de millions d'êtres humains et cela pour quelques milliards de dollards qui au bout du compte seront pris dans nos propres poches en faisant fonctionner nos bons sentiments altruistes.

Portrait de Network 23

à castorpolitique Portrait de castorpolitique De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 15H21 | 16/04/2008 | Permalien

Oui, l'ALENA oblige, à terme, à privatiser, toute exception n'étant que dérogation provisoire.

De tous les accords de libre-échange, c'est le plus offensif qui soit, « aussi bien en matière de services, d'investissements et de marchés publics », ce qui explique, selon D. Brunelle (1), que le chap. XI sur les investissements ait servi de canevas pour l'AMI (Accord multilatéral sur les investissements) - ce traité négocié en toute confidentialité au sein de l'OCDE, et qui est tombé à l'eau à la dernière minute du fait de la mobilisation des alters qui ont convaincu Jospin de s'y opposer (et on ne pouvait faire l'AMI sans la France, apparemment) - la plupart des mesures de l'AMI ont néanmoins été implémentées par la suite au compte-goutte.

Il y a quelques réserves temporaires. Par exemple, le chap. VI en établit pour l'industrie énergétique mexicaine, tandis que l'article 1110 du chapitre X interdit les nationalisations sauf pour raisons d'intérêt public, si une indemnité est versée, et si les investissements étrangers bénéficient du même traitement. (http://www.international.gc.ca/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-…)

Mais selon D. Brunelle :

« l'ALENA innovera en cette matière en recourant à une approche dite “ négative ”, approche selon laquelle le principe de la libéralisation des marchés s'applique à tous les services sans exception, sauf aux services qui figurent en annexe, et qui sont exclus pour un délai prévu à l'accord même, délai au-delà duquel les négociations doivent reprendre sur le maintien, ou non, des exclusions. »

Dorval Brunelle note aussi que : « le libre-échangisme représente une composante déterminante d'une politique économique axée sur la libéralisation et la privatisation (…)

En effet, si la ZLEA a peu d'effets au niveau substantiel pour nous ici, elle en a au niveau stratégique, tout simplement parce que l'extension des normes et des principes de l'ALENA à la grandeur des Amériques contribuerait à renforcer encore davantage l'implantation des mesures de libération des marchés intérieurs et rendrait encore plus difficile le maintien ou la sauvegarde des prérogatives des
pouvoirs publics en matière de défense des droits économiques et sociaux, par exemple. »

Conclusion de Brunelle :

« ce seront désormais les principes applicables en droit commercial qui serviront à définir la politique économique domestique et, par voie de conséquence, la politique sociale également »

Enfin, « dans le cas mexicain également, le lien entre la réforme constitutionnelle et le libre-échange avait été établi ex ante. En effet, l'amendement à l'article 27 de la Constitution qui levait l'interdit sur la libéralisation des terres communales, les ejidos, une institution protégée par la Constitution de 1917, avait été proposé avant l'ouverture des négociations qui devaient conduire à la sanction de l'Accord nord-américain de libre-échange (ALENA) au début les années quatre-vingt dix.

Par la suite, le lien entre les deux avait été dénoncé avec force par les Zapatistes au moment de leur sortie publique le jour même de l'entrée en vigueur de l'ALENA, le 1er janvier 1994. »

(1) Dorval Brunelle, Démocratisation & privatisation dans les Amériques : de l'ALENA à la ZLEA », Univ. du Québec, http://www.er.uqam.ca/nobel/ieim/IMG/pdf/memoire-brunelle.pdf)

Portrait de castorpolitique

à Network 23 Portrait de Network 23 De castorpolitique

Rien | 15H41 | 16/04/2008 | Permalien

Merci pour ces infos !

Portrait de Axior

De Axior

Citoyen | 13H23 | 16/04/2008 | Permalien

Les mexicains ont au moins la chance d'avoir une opposition qui se bouge, ce n'est pas le cas partout dans le monde …suivez mon regard.

Portrait de Eric citoyen

De Eric citoyen

"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 13H25 | 16/04/2008 | Permalien

Bonjour à toutes et tous,

La lutte contre les privatisations …

Encore un bon exemple pour nous et un encouragement à lutter !

Reprenons le pouvoir .

Bésitos

Eric Bloggeur Mulhousien

http://monmulhouse.canalblog.com/

Portrait de breakfast

De breakfast

08H52 | 17/04/2008 | Permalien

Il faut frapper un grand coup contre ceux qui nous abrutissent,nous appauvrissent,nous crétinisent,nous méprisent,nous stigmatisent sans cesse,et s'engraissent sur notre dos.

Tous ceux là qui se retrouvent dans leur sphères privés pour préparer des plans anti-liberté ; anti laïcité,anti valeurs humaines,anti épanouissement,anti-mieux vivre…

http://demarchcitoyenne.skyrock.com/
des hommes élus ou pas qui détiennent des richesses,du pouvoir et du savoir pour atomiser des millions d'êtres…)

Portrait de amilcar

De amilcar

peureux célèbre | 13H57 | 16/04/2008 | Permalien

privatisations= vol, l'élu public privatisant comme représentant du peuple propriétaire, vend à ses amis privés, à un prix d'ami, fixé frauduleusement bas. la privatisation c'est dépouiller les pauvres pour habiller les riches avec un prix ridicule qui produit des milliardaires privés mais reconnaissant et généreux, c'est le mélange des genres entre public et privé qui est scandaleux, en tant que président je vend à un prix d'ami à mon beau frère, et les simulacres de transparence ne trompent personne.

Portrait de NouNouiLL

De NouNouiLL

14H38 | 16/04/2008 | Permalien

« D'un côté, la droite, qui gouverne et vient de proposer une réforme permettant à Pemex de s'associer avec des entreprises privées. »
Vous appellez ça une privatisation ?
Oulala faire des joint venture … C'est dangereux. Sauf que pratiquement tout les entreprises pétrolières nationnalisé le font.
On peut se rappeller que Petrobas à découvert son dernier gisement avec BG Group et Repsol. La russie le fait massivement…
Et cela n'est pas fait totalement que par pur plaisir. Il y a un besoin de capitaux, car le cout des investissements progressent très rapidement. A cause de deux points :

* Les nouveaux gisements dans le golfe du mexique sont pratiquement inaccessibles sans de nombreux capitaux et une technologie adéquate. C'est notamment obligatoire pour les gisements à plus de 10 000 m de profondeur.(ça coute très très cher rien que pour sonder l'océan)

* Et deuxiemement, la production du mexique périclite très rapidement… Bref elle a deja connu sont pic oil national, ce qui induit un besoin de technologie pour faire sortir les derniers gouttes de ces gigantesques champs…(A cause de la pression qui diminuent au fil de l'exploitation)

Et puis faite moi rire, la gestion publique mexicaine n'est pas vraiment connu pour sa redistribution excessive… D'ailleurs les zapatistes, se sont avant tout rebeller pour cela… Le chiapas région béni par l'état ?

Portrait de Network 23

à NouNouiLL Portrait de NouNouiLL De Network 23

identité perdue dans mes papiers | 15H18 | 16/04/2008 | Permalien

Ironisez ironisez…

Au Chili, la Constitution Pinochet de 1980 déclare les ressources minières « inaliénables », entérinant ainsi la nationalisation du cuivre menée à terme par Allende.

Sauf que… Pinochet a fait passé des lois, encore en vigueur aujourd'hui, accordant des concessions à très long terme aux multinationales, lesquelles s'abstiennent de payer des impôts et des taxes.

Donc, privatisation de fait, « patriotisme économique » de façade.

Lagos, le prédecesseur de M. Bachelet, a fait passer une loi, dite « Royalties 2 », qui, de fait, revient à faire encore baisser le nombre de taxes payées par les firmes minières, lesquelles ne les payaient déjà de toutes façons pas.

Enfin, votre argument concernant la nécessité d'obtenir des capitaux me fait penser à ceux utilisés par l'oligarchie bolivienne pour privatiser le gaz naturel. Comme si la Bolivie ne pouvait pas simplement emprunter, mettre en valeur elle-même son gaz, et rembourser ses emprunts grâce à la plus-value obtenue de cette manière, au lieu de laisser les multinationales transformer le gaz, et se faire tout le pognon, au Chili, avant de l'envoyer en Californie.

Portrait de amilcar

à NouNouiLL Portrait de NouNouiLL De amilcar

peureux célèbre | 21H49 | 16/04/2008 | Permalien

« Vous appellez (sic) ça une privatisation ? “nous appelons ça une porte hypocritement ouverte en vue de privatiser à terme sans le dire franchement, dit autrement : une ruse de capitaliste que même les paysans mexicains ont comprise et pas vous, ce qu'ils souhaitent c'est peut-être qu'une grande banque sud-américaine leur prête les fonds pour se moderniser et rester maitres chez eux sans la domination yankee, voire une collaboration avec le vénézuela, on peut rêver, quant à votre raccourci sur pourquoi le chiapas s'est soulevé, ça n'est certainement pas pour être racheté par le capitalisme étatsunien.

Portrait de compte supprimé 23.01.09

De compte supprimé 23.01.09

15H16 | 16/04/2008 | Permalien

Ce sont les USA qui exigent la dénationalisation de la PEMEX en échange d'un accord migratoire plus souple pour les travailleurs émigrés .

Maintenant il faut voir aussi que cette société va devoir fortement investir , la production de brut a baissé de 6% entre 2006 et 2007 .
Coût de la modernisation ; dans les 18 milliards de dollars . Est-ce qu'il n'y a pas d'autre priorité pour l'argent public au Mexique …

Portrait de Tophee

à compte supprimé 23.01.09 Portrait de compte supprimé 23.01.09 De Tophee

en haut a gauche | 15H27 | 16/04/2008 | Permalien

Comme les stratege de l'UMP, vous semblez confondre depense et investissement.

Portrait de compte supprimé 23.01.09

à Tophee Portrait de Tophee De compte supprimé 23.01.09

15H50 | 16/04/2008 | Permalien

Les investissements sont des dépenses , d'ailleurs on utilise l'expression « dépenses d'investissement'

Pour le reste , vos phantasmes UMP sur un sujet sur le Mexique … heu …

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 15H26 | 16/04/2008 | Permalien

Le Mexique, comme d'autres pays d'Amérique du Sud, garde une conscience citoyenne capable de se mobiliser alors qu'ici en Europe, nous avons Sarkozy, Berlusconi et bientôt McCain aux Etats-Unis.. ? Bien triste tout ça…

http://phil195829.overblog.com

Portrait de Olif _archipolak

De Olif _archipolak

varsolidaire a la bonne cause | 16H38 | 16/04/2008 | Permalien

Deux fusil quatre pistolets, et un couteau a cran d'arret, s'en vont a Guadalajara…

Portrait de Job

De Job

19H43 | 16/04/2008 | Permalien

Une première remarque sur l'article : l'image n'est pas vraiment inédite, vu que ce mode de protestation (occupation de la tribune du parlement), est très courant. Cela d'aileurs tout simplement car c'est - hélas ! - le seul moyen ici de passer dans les Noticieros des chaînes nationales…

Autre point : ni le PAN ni le PRI ne parlent de privatisations. Ils parlent de la possibilité d'investissements étrangers. La phrase : « Pourtant, les deux groupes ont reconnu que les protestations allait retarder l'adoption de la privatisation » me paraît trop prendre partie, de ce point de vue là.

Je voudrais aussi que les lecteurs se rendent compte de l'état du Mexique : quarante pour cents des revenus de l'état (et donc du système scolaire, du système de santé, qui ne sont pas si mal foutus) proviennent du pétrole, et, comme le signale un commentaire, le pic est passé. La baisse des revenus pétroliers, malgré la hausse du prix du baril, est inéluctable. Face à cela, il faut que le pays se bouge, sinon c'est la catastrophe qui se profile (imaginez l'état francais perdant en quelques années 40% de ses entrées d'impots). L'argument du PAN et du PRI, c'est que pour aller chercher le pétrole qui reste, plus difficile d'accès, c'est qu'ils ont besoin de capacités d'investissement supplémentaires. Je ne sais pas si c'est bidon ou pas, et j'admet tout a fait qu'il y a des vautours parmi les politiciens dans tous les partis mexicains, prêts à s'enrichir sur ce coup-là, mais je le trouve néanmoins recevable. Pour être impartial, cet argument aurait du être exprimé dans l'article.

Enfin, et pour aller plutôt du côté gauche, l'article aurait du, je pense, mentionner les forts soupcons de conflits d'intérêt et de trafics d'influence qui pèse sur le Secretario de Gobernacion (un peu notre ministre de l'intérieur), Mouriño, autour de Pemex justement. Vu les intérêts financiers de la famille de Mouriño dans des contrats avec Pemex, il y a la un argument de poids pour ne pas accepter la réforme, ou en tout cas la faire dans beaucoup plus de transparence (et avec un autre Secretario de Gobernacion).

Sinon, j'en profite pour dire qu'il me semble que, à tous les échelons de la société, le débat a effectivement lieu sur l'avenir de Pemex. Dans mon lieu de travail (domaine universitaire), des ateliers ont été créés pour que les techniciens de Pemex viennent exposer leurs problemes technologiques et pour étudier les possibilités de contributions scientifiques et technologiques des chercheurs du coin. Et tous les points de vue s'expriment (la majorité contre cette réforme d'ailleurs).

Portrait de rackamlerouge

à Job Portrait de Job De rackamlerouge

22H00 | 16/04/2008 | Permalien

J'ai vécu deux ans au Mexique.
Trois points
1°Il y a plus de millionnaires en dollars sur le paséo de la réforma qu » en France.Je ne pense pas qu'aucun le soit devenu honnêtement.
2° Le système de santé public est catastrophique
3° c'est encore pire pour l'éducation

Portrait de compte supprimé17

De compte supprimé17

17H10 | 16/04/2008 | Permalien

Découverte d'un gisement extraordinaire au large du Brésil : 33 milliards de barils au bas mot ! à 114 $ pièces faites le compte. La société publique du Brésil se frotte les mains, combien de temps avant que les multinationales ne viennent y mettre leur mot ? (3émé plus gros gisement de la planète)
Un bonheur n'arrivant jamais seul : Un autre gisement recèlerait 8 milliards de barils !
Allez ! j'amais deux sans trois !
A la place de Lula, je me ferait des cheveux ! y'en a plus d'un qui s'est fait éjecter pour moins que ça ! Va falloir qu'il soit aimable avec les lions celui là et qu'il oublie ce qu'il lui reste d'idées altermondialistes !
Et la planète dans tout ça ? Et le climat ? Et tout et tout ?
Tait toi et roule ! ! !

Portrait de Impots-utiles.com

De Impots-utiles.com

www.impots-utiles.com | 17H32 | 16/04/2008 | Permalien

il ne serait pas étonnant de voir ce même phénomène arriver par chez nous suite aux révélations du canard enchainé a propos des hausses des tarifs de Gaz de France de 5.5% alors que la compagnie a enregistré cette année un chiffre d'affaire record…
http://www.impots-utiles.com/augmentation-du-prix-du-gaz-les-mensonges-d…

Portrait de desbois

De desbois

commerçant | 18H49 | 16/04/2008 | Permalien

C'est loin le Mexique et avec toute la sympathie qu'occasionne ce mouvement,ici nous ne pouvons pas les soutenir.Par contre,nous pouvons soutenir des mouvements de revendications qui se passent,en France,en Ile-de-France meme comme le mouvement des salariés sans-papiers dans la réstauration….Depuis trois jours que le mouvement dure,je n'ai encore rien lu ici sur cette mobilisation.Pourquoi rue 89 garde le silence sur ce juste combat ? Je me pose la question………..

Portrait de NuklearCocroach

De NuklearCocroach

20H48 | 16/04/2008 | Permalien

Ils ont bien raison de bloquer la privatisation,et si par la même occase ils arrivent à virer leurs cancrelats de gouvernants vendus à l'Oncle Sam,ça sera encore mieux.Viva Mexico ! ! !

Portrait de Job

à NuklearCocroach Portrait de NuklearCocroach De Job

06H08 | 17/04/2008 | Permalien

« vendus à l'Oncle Sam », ce n'est pas à mon avis le principal problème des gouvernants mexicains.

Portrait de Simonette

De Simonette

Enseignant dans l'Hérault | 19H34 | 18/04/2008 | Permalien

ça branle dans le manche, surtout quand les femmes s'y mettent.
Elles ont une manière de faire la révolution qui ne ressemblent à rien, ou plutôt qui n'appartient qu'à elles.
je pense parfois à Rosa Luxemburg, ma camarade, ma soeur, ma mère, mon amie. Elle, qui avait tout subi, de l'humiliation et des trahisons, s'apitoyait devant la souffrance d'un buffle tabassé par son cornac. Ce buffle apportait les provisions dans la prison où Rosa la Rouge était enfermée. Rosa voyait dans la détresse animale quelque chose de plus humain que l'humain. Elle disait : « mon frère buffle, tu pleures par mes yeux, notre souffrance est pareille ».
Et c'est elle qui mourut, assassinée, d'avoir voulu la grève politique comme réponse à la montée des fascismes environnants. Lucide et généreuse, une femme, quoi.