L’assassinat de Raul Reyes, numéro deux des Forces armées révolutionnaires colombiennes, n’a pas seulement interrompu les négociations pour la libération d’Ingrid Betancourt. Dans le camp des Farc, l’armée de Colombie est également « tombée » sur un groupe d’étudiants mexicains attaqués avant leur interview de Raul Reyes. Ils étaient cinq. L’une a survécu, les autres ont été massacrés. Sur les images saisies après le drame, on voit des corps presque nus, des restes humains éparpillées; sur un étendoir, les étudiants avaient suspendu leurs jeans pour la nuit.
Les autorités colombiennes ont immédiatement fait des cinq étudiants des guérilleros. Leurs parents et la survivante assurent au contraire qu’ils étaient là-bas pour enquêter sur la guérilla sur laquelle ils faisaient des recherches à la faculté d’histoire de l’université de Mexico. Leur séjour en Equateur ne se limitait pas à cette rencontre avec Raul Reyes. A Quito, ils avaient rencontré des responsables politiques, suivi des conférences. Pour la presse sud-américaine, il ne fait pas de doute qu’ils n’étaient pas des combattants. Le magazine chilien Punto Final leur a consacré une enquête sous le titre « Ni ‘angelitos’ ni delincuentes: la muerte de cinco estudiantes mexicanos en el campamento de las FARC en Ecuador » (Ni anges ni délinquants: la mort de cinq étudiants mexicains dans le camp des Farc en Equateur) (lire l’article en espagnol sur Bolpress).
Dans quelle condition sont-ils morts? Victimes du bombardement préalable à l’assaut ou assassinés sur place par l’armée colombienne? Pourquoi ont-ils été tués ? Leurs proches craignent de ne jamais avoir de réponses à ces questions. Que fera le Mexique, leur pays, pour demander justice? Que fera l’Equateur qui ne contrôle pas sa frontière sud, où les Farc se sont repliées? Que fera la Colombie, outre justifier son militarisme par le terrorisme? Le 11 mars, les parents des victimes ont créé l’Association des parents des massacrés du 1er mars, pour tenter de faire la lumière sur ces événements, de faire en sorte que la guerre qui mine la région et a pris la vie de leurs enfants n’ait pas raison de l’idée même de justice.
Un meurtre d’Etat?
Alors que la mobilisation pour la libération d’Ingrid Betancourt maintient la Colombie sous les feux de l’actualité, ce massacre n’a trouvé aucun écho dans la presse française. L’un des risques de la médiatisation de la captivité d’Ingrid Bettancourt est la perte du sens politique de son histoire. Demander sa libération, ce n’est pas seulement faire un geste évident d’humanité. C’est aussi protester contre la barbarie des prises d’otage, érigée en technique de guerre. C’est aussi s’en prendre à la violence et à la faiblesse de la démocratie colombienne. Le risque de la personnalisation à outrance du drame d’Ingrid Betancourt serait de glisser de cette conscience politique vers la pure compassion.
La libération humanitaire des otages est une stratégie diplomatique qui se défend. Mais leur captivité fait partie d’un jeu politique et géopolitique plus large et plus complexe. L’oublier serait trahir le sens même du combat de la sénatrice franco-colombienne qui n’avait pas de mots assez durs contre la corruption et les multiples entraves aux libertés, à la justice, à la démocratie qui minaient son pays. Ne pas passer sous silence le massacre de ces jeunes gens perpétré par l’armée colombienne en Equateur et le déni de justice opposé jusqu’à présent à leurs parents, c’est prolonger son combat contre le meurtre et pour la justice. Si le silence retombait sur le drame des étudiants mexicains sans qu’une enquête ait été menée et que ses circonstances soient éclaircies, leur mort deviendrait un meurtre d’Etat. Quant au sens humain de ce drame, n’est-il pas fondamentalement le même que celui vécu par Ingrid Bettancourt?






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La personnalisation à outrance du drame d’Ingrid Betancourt A GLISSE DEPUIS LONGTEMPS de la conscience politique vers la pure compassion.
Tout cela grace à notre Président et aux grand médias à sa botte … »conscience politique » est surement un gros mot, maintenant , dans les écoles de journalisme ..
On parlait déjà beaucoup trop d’ingrid bétancourt avant l’arrivée de Sarkozy…
et maintenant on veut plus n en parler,enfin les politiques,ça les embetent.
Ce silence est-il spécifique de la presse et des media français?
Sauf erreur, il n’y a eu aucune couverture en Europe.
C’est principalement la presse et la télé mexicaines qui ont couvert le sujet.
« Car selon que vous serez puissant ou misérable… » vous connaissez la suite.
Les FARC ayant le mauvais goût de refuser tout accord négocié avec la France ou le gouvernement colombien, on se rabat sur six pauvres diables qui ont eu la malencontreuse idée de s’en prendre à un yacht de luxe français.
C’est tout de même plus facile d’employer des moyens dignes d’un James Bond au Pountland (je ne connaissais pas avant), que de retrouver cette pauvre Ingrid Bétancourt dans la forêt colombienne entourée d’une armée prête à riposter, non? Alors, vous parlez bien que cinq étudiants mexicains sont loin de faire le poids… on a la révolte sélective dans certains milieux.
S’il n’y avait que ces cinq mexicains… En fait, on ne parle plus des autres otages des FARC.
C’est tout le problème de transformer une volonté légitime de faire libérer les otages en opération de communication destinée au public français.
D’un coté, la libération d’Ingrid Bétancourt n’a plus de sens et de l’autre, on occulte (volontairement ou pas) les autres victimes du conflit.
La compassion n’est même plus présente, on est en plein dans l’agitation médiatique et la course au scoop et aux revenus liés.
http://polemiquons.over-blog.com/
Ingrid?
en état de mort, voici 15 jours!
En pleine forme, aujourd’hui! (les nouvelles sont bonnes, nous fait-on savoir)
Que nous réserve demain?
Le sarkocircus décidera!
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Le Ponant, par contre, quelle victoire!
Les autres … bof!!!!!!!
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suite au prochain épisode
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Zorro … à la recherche d’un cheval à monter
Un cheval à monter?
Ben moi qui pensais qu’il en avait déjà un!
Excellent article!
Et en effet, le boycott d’information sur la réalité
colombienne, toujours.
QUI sont les criminels, en Colombie?
POURQUOI le peuple vit en permanence dans la peur?
Demander à Uribe…
La réalité Colombienne, on peut s’en faire une idée, en recherchant sur Google : bijao del cacarica
On y trouve un article fort intéressant à propos de ce village martyr, où un match de foot un peu spécial (dans le sens de l’épouvante) fut organisé sous les auspices d’un certain général nommé par Uribe « pacificateur de l’Uraba ». On peut aller directement à l’article, via le site ci-dessous :
http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1866
J’avais lu un papier sur celui qui avait offert le tél. à reyes et qui avait communiqué ses coordonnées aux states et à Uribe, mais rien sur ces étudiants mexicains.
TB article … hors de la médiatisation habituelle sur ce sujet.
Dans l’ombre des otages, pourquoi ne parle-t-on plus
- du plan Colombie, des huit cents soldats et six cents « conseillers civils » étatsuniens qui encadrent aujourd’hui les troupes colombiennes ?
- de la base aérienne Eloy Alfaro, située dans la ville côtière de Manta (Equateur), qui abrite soldats et avions étatsuniens qui exercent « diverses activités » dans le Nord de l’Amérique du Sud et dans les Caraïbes. (cette « location expire le 25/11/2009 et ne devrait pas être renouvelée par Rafael Correa)
- de la Société Maurel et Prom (dirigée par JF Hénin)qui fait de la recherche (fructueuse) de pétrole dans la région des Llanos en Colombie (Puits Ocelote).
bref pourquoi les otages semblent-ils être les seuls sujets d’intérêt comme si rien autour n’existait
Ce qui montre que, vu d’ici, détenir des otages n’a plus aucun intérêt pour les FARC, puisque loin de donner une vitrine à leur action politique, on dépolitise le tout en versant des larmes.
Cette tactique semble avoir fait son âge, mais la seule solution véritable ne peut venir que d’une négociation politique et d’une intégration des FARC au jeu politique institutionnel, comme on l’a fait au Salvador, ce à quoi Uribe, lié aux narcos, est loin, très loin d’être favorable.
Que faire sinon atteindre la fin du mandat d’Uribe? Une solution militaire? Certes, celle-ci peut peut-être réussir, mais au prix d’une présence gringo exorbitante, et de nombreuses violations des droits de l’homme, contre les syndicalistes, etc., pour préserver les intérêts des firmes.
En Amérique latine, la « vague rose » n’a pas fait entrer tout le continent dans le XXIe siècle: certains îlots irréductibles résistent toujours et encore, en clamant « vive Theodore Roosevelt! »
D’abord, une « solution militaire » contre l’oligarchie?
Dans cette « fausse démocratie »…
pour le president Uribe alvaro :
Son père fut exécuté par les FARC en 1983 lors de l’assaut de son hacienda[2] et lui méme a survécu à une quinzaine d’attentats et tentatives d’attentats. Un attentat à la voiture alors qu’il était candidat à la présidence colombienne le 16 avril 2002 fit deux morts et une vingtaine de blessés (wikipedia)
Il ne peut y avoir de paix avec les farc tant qu il restera au pouvoir
« Le père du président est mort lors d’un assaut de son hacienda par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) en juin 1983.
Les Uribe affirment que les guérilleros voulaient le kidnapper et, lui, il s’est retranché pour les en empêcher.
Selon le groupe guérillero, l’attaque avait pour objectif de démanteler le camp d’entraînement paramilitaire qui s’y trouvait. Ça, c’est la partie tragique de l’histoire.
Quand Álvaro Uribe Vélez a pris connaissance de l’attaque, il a utilisé un hélicoptère pour arriver sur les lieux et tenter de sauver son père et ses frères. Quand on lui a posé des questions sur cet épisode, le président de la Colombie a répondu :
« Je suis monté de nuit dans le premier hélicoptère que nous avons trouvé (…) Le journal El Mundo a dit le lendemain que l’hélicoptère appartenait au propriétaire terrien Pablo Escobar. »
Selon la presse, l’aéronef était l’un des plus modernes du pays en matière de technologie de navigation, c’est dire si ‘le propriétaire terrien’ n’allait pas le prêter à n’importe qui. »
http://risal.collectifs.net/spip.php?article2151
Pas une ligne dans la presse espagnole, pas un commentaire en radio-télévision publique ou privée hispanophone. S’il y a black-out (mais non! je ne parle pas d’expulsions!) pas la faute à Nicolas en tout cas.
Voici un exemple de question (faussement) naïve :
si c’était un assaut mené par l’armée de Chavez contre un mouvement de guerilla qui avait abouti à la mort violente de 5 étudiants, est-ce que la presse, notamment française, en aurait parlée ?
Bonjour à tous,
Malheureusement ces étudiants Méxicains étaient au mauvais endroit au mauvais moment!
En effet ils se trouvaient dans ce camps des farc pour y interviewer Reyes, lorsque en toute illégalité l’armée Colombienne est intervenue sur le territoire Equatorien.
Dans ces « conditions d’intervention » il est difficile de demander les papiers à tout le monde…
Les autorités Colombiennes ont justifié la mort de ces jeunes en expliquant qu’ils étaient des combattants gérilléros, si les évènements prênent trop d’ampleur, je paris dix contre un qu’ils justifirons la mort tragique de ces étudiants par un regrettable « dommage co-latéral »!
Quand je pense que régulièrement, plus de 10 minutes des JT sont consacrés à Ingrid Bettancourt….
..Qui, riche bourgeoise en manque de sensations fortes, avait voulu négocier avec les FARCs, guérillas de plus de 40 ans…Venue quasiment pas protégée avec ses colombes et son drapeau blanc…On se demande si elle ne l’a pas bien cherché…
Quel dommage qu’elle n’est pas embarquée dans sa jeep Menard et BHL!
..Rendez vous compte, un président de la République française qui enregistre des discours pour elle, qui se propose d’aller lui même dans la jungle la cherche!!!
Mais dans quelle époque vit-on?? Est il possible d’avoir une tare pareille comme président??
Et La nouvelle « mission humanitaire » organisée par Sarkozy et son neuneu Kouchner pour lui venir en aide à Ingrid Betancourt qui est un nouveau fiasco
L’échec était hautement prévisible, puisque les terroristes des FARC n’ont jamais accepté de telles missions, même de la Croix Rouge.
Ces coûteuses opérations, à la charge du contribuable français, n’ont d’autre but que de soigner la popularité du président de la République et de son French Doctor.
Mais les échecs à répétition, doublés de quelques infamies comme la promesse d’accueillir en France des terroristes en qualité de réfugiés, ne peuvent avoir que l’effet inverse, avec en prime l’humiliation de la France sur la scène internationale.
(On nous refait le coup de Mitterand et ses copains Battisti)
Et vous croyez que ceux sont les concert avec Renaud et toute la clique d’artistes débiles et la fausse larme à l’oeil , que les guerriers FARCs vont changer d’avis….Non mais vous l’avez vu Delanoé couiner en faisant son appel de libération aux FARCS…
Et son fils qui nous disait il y a quinze jours que c’était une question de vie ou de mort et qu’elle allait y passer!!
Mais on nous prend vraiment pour des cons…
Ingrid!!!!!….. et puis il y a tous les autres…
D’accord pour reconnaitre que le meurtre des 5 etudiants est un crime d’état, mais quid des meurtres et prises d’otage perpétrés par les FARCs ? Je suis loin d’être pro-US mais donner aux FARCs une crédibilité politique est un grotesque non-sens et trop de gens tombent dans le panneau. Betancourt agent de la CIA peut-etre ?
Une crédibilité politique, malheureusement, ne provient pas de la vertu morale du parti en question, mais d’un rapport de forces - bien que la morale, c’est bien connu, ait une force incontestable: regardez Uribe, c’est presque un saint, maintenant qu’il est président! C’est triste, ça s’appelle la… politique. Cynik, moi? -:)
cinq de plus au palmarès d’Uribe,qu’il aille pourrir en enfer (désolé Satan…)
Zorbek : affirmer haut et fort qu’ Uribe, son armée et ses alliés paramilitaires sont des assassins sans scrupule n’implique en rien qu’on ne pense pas du mal des FARC. Ce qui est clair en revanche, c’est qu’ Uribe jouira de l’appui indéfectible des EEUU, en tant que dernier allié dans la région. Tous aux abris : ce genre de « bavures » peut tout à fait se reproduire…
Quant à Bétancourt… C’est sans doute la seule de tous les otages des FARC à s’être jetée dans la gueule du loup. Dommage pour elle, mais sa vie ne vaut pas plus que celle des autres (elle permet tout au moins à nos politiques de verser de très médiatiques larmes de crocodile…)
http://www.youtube.com/watch?v=N4qEKCwesow
l operation des militaires qui ont tue raul reyes
Je rapelle que le pere du president colombien a ete tue par les farc en 1983. et celui-ci doit leur en vouloir a mort. Ce qui ne laisse esperer aucune liberation d otages , car il s en fout. Je dirais aussi que Ingrid B est la cle de survie des farc, sinon il serai attaque par uribe
pour les mexicains, je l ai lu dans quelques journaux sud-americains, mais on en a tres peu parle. Je croyais qu n etaient que 4 seulement a avoir ete tues.
Le soucis avec Uribe, c’est que d’une, il a une légitimité, de deux il est encore relativement populaire.
En gros ce n’est pas lui la source du problème : derrière lui, il y a des gens qui le soutiennent : parmi lesquels, il y a l’armée, les paramilitaires, les USA, la CIA peut être, mais surtout une grande partie de sa population : et c’est elle qui vote.
Donc que ça plaise ou non, il est absolument incontournable. De plus rappelons que la politique de conciliation de son prédécesseur a été un désastre (faut dire qu’il était pas aidé par les paramilitaire, le pauvre).
Uribe: Un assassin assermenté, un criminel autorisé, celui qui a fait échouer une (ou plusieurs) tentative de libération d’Ingrid Bétancourt. La dernière en éliminant le seul homme des FARC capable de servir d’intermédiaire et de négociateur avec notre « Zorro » national… Urible-§arko-Berlu-Bouch-khadaf-Poutine (à travers son homme de paille dont personne n’a retenu le nom), ça promet des jours pas si meilleurs que ça…(Je suis sûr que dans la liste « petits-chefs », j’en ai oublié. Bonne soirée quand même!!!
En étant plus sérieux et compatissant, 5 jeunes sont morts sans qu’on le sache, et qu’eux-même sachent pourquoi.Les parents les pleurent, mais leurs assassins ont-ils des remords, Mr Uribe???
Et vous,avez-vous des enfants, monsieur el presidente!!!
Pour approfondir la compréhension de la situation en Colombie et la politique criminelle de son gouvernement:
Colombie: Alvaro Uribe: un vulgaire narcotraficant…:
http://internationalnews.over-blog.com/article-15307346.html
(« On pouvait dès 2002 savoir qu’Álvaro Uribe Vélez était le représentant de la néobourgeoisie issue du narcotrafic et du paramilitarisme. Mais toutes ces informations, disponibles en anglais et en espagnol, étaient soigneusement cachées par le dispositif culturel dominant habituellement si tapageux sur ces questions. »)
James Petras: Coût des initiatives humanitaires unilatérales:
http://internationalnews.over-blog.com/article-18122872.html
Politique du pire à Bogotá, par Maurice LEMOINE (le Diplo):
http://internationalnews.over-blog.com/article-17298678.html
Plus de 2000 otages en Colombie. La seule question que je me pose est celle de savoir si la France entend faire libérer 2000 colombiens ou une colombienne…