Monsieur Darcos, assumez vos choix éducatifs!

J'étais loin de m'imaginer jusqu'à quel point le président de la République souhaitait resserrer le gouvernement qu'allait lui proposer son Premier ministre. En effet, il apparaît clairement que c'est avec vous, monsieur le ministre du Budget qu'il faut parler d'éducation. Puisqu'il en est ainsi et pour répondre à la campagne de communication (ou de désinformation, comme vous voudrez) que mène le ministre de l'Education nationale, mettons-nous le nez dans le terrain et parlons chiffres.

Le collège Rosa-Luxemburg à Aubervilliers, dans lequel j'enseigne, perdra deux classes l'an prochain, une troisième et une cinquième, et sept postes d'enseignants (sur 40). Cette année, les élèves de troisième étaient vingt par classe, ce qui n'est pas un luxe dans un établissement "ambition réussite" EP1. L'an prochain, vous pouvez être budgetairement rassuré, ce ne sera plus le cas.

Une baisse démographique qui a bon dos

Par contre, sur les 116 élèves en sixième cette année, l'inspection académique en prévoit 96 en cinquième l'an prochain. Il ne s'agit pas d'une baisse démographique, puisque l'inspecteur d'académie nous a répondu que la cinquième qui est supprimée serait "avec une quasi certitude" rétablie après les conseils de classe de troisième trimestre. Parfait, mais d'ici là, les heures ne sont pas comptées et les postes fermés. Ne parlez donc pas de baisse démographique, mais assumez vos choix éducatifs.

Dans un établissement difficile comme le nôtre, vous estimez plus efficace, plus performant d'affaiblir l'encadrement des élèves en obligeant des professeurs à enseigner sur plusieurs établissements, en faisant appel à des vacataires présents quelques heures dans le collège et en distribuant des heures supplémentaires à des professeurs qui ne comptent pas leur temps. Au mois de juin, donc, la cinquième sera recréée, mais avec des heures supplémentaires! Pour vous M. le Ministre, une heure supplémentaire ou une heure de vacataire revient moins cher qu'une heure faite par un enseignant en poste fixe à plein temps. Mais, pour les élèves, c'est l'inverse! Beaucoup de collègues ne veulent pas travailler plus, mais mieux!

Pour une poignée d'élèves de ZEP à Sciences Po

Depuis quelques semaines, un certain nombre de collègues vous alertent en faisant grève ou en manifestant dans la rue. Qu'a-t-on observé depuis dans notre collège? Des élèves démotivés, l'explosion d'une bouteille devant une classe, un règlement de compte à coup de hachoir de boucher, alors qu'aucun incident grave ne s'était produit jusqu'ici!

Nos élèves sont plus fragiles, ils ont besoin d'être davantage rassurés (par des adultes qu'ils connaissent, par des perspectives d'avenir ouvertes…), de plus de temps pour étudier. La majorité d'entre eux s'orientent vers un lycée professionnel après la troisième. En leur proposant un baccalauréat professionnel en trois ans au lieu de quatre, vous leur supprimez la possibilité de quitter le lycée au bout de deux ans avec un diplôme (le BEP) s'ils n'arrivent pas jusqu'au baccalauréat et vous découragerez ceux qui auraient besoin de plus de temps. Ce n'est pas en amenant une poignée d'élèves de ZEP à Sciences Po que vous allez offrir un avenir professionnel à tous, monsieur le ministre!

Voilà ce qui se cache derrière les chiffres, monsieur le ministre, une réalité humaine qui ne rentre pas dans votre calculatrice!


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12H09 14/04/2008

l’avenir de toute société est l’éducation
Danièle Fonck, tageblatt (lux), ce jour

On peut manifester à tort et à travers parce qu’on s’est fait manipuler et cela arrange au premier chef les manipulateurs. Car cela dévie l’attention des vrais problèmes qui pourraient eux mettre en difficulté les classes politiques nationales.

En France, élèves et étudiants ne rentrent pas dans ce jeu. Bravement, jour après jour, ils font face au gouvernement qui n’a qu’un seul fil conducteur, faire des coupes sombres dans les budgets de l’Etat. Suppression de 11.000 postes dans l’Education nationale, fermeture de sections, suppression d’options : il y a de quoi protester et manifester.

Certes, le candidat Sarkozy avait annoncé la couleur pendant la campagne électorale : il est l’ennemi juré de la fonction publique et mettra tout en œuvre pour la réduire à portion congrue. Fermeture de consulats, fonte des équipes dans les ambassades, voilà ce qu’apprend à son détriment le très noble Quay d’Orsay. Les jeunes eux crient leur colère sur la place publique.

A croire qu’eux ont compris ce que les politiques ont tant de mal à admettre, à savoir que la base de tout et donc de l’avenir de toute société est l’éducation.

 
20H36 14/04/2008

Deux journées d'action sont prévues par les syndicats / les organisations de lycéens et de parents, en mai (fais ce qu'il te plaît...) : extrait du Monde.fr :

Pour s'opposer aux "conséquences du désastreux budget 2008" qui prévoit 11 200 suppressions de postes d'enseignants à la rentrée prochaine, dont 8 830 dans le public, elles ont programmé "une journée nationale d'actions diversifiées le 15 mai", et le samedi 24 "une grande journée de mobilisation avec rencontres avec la population et manifestations dans tous les départements".

 
Infovite | Plébéien.
12H13 14/04/2008

Pour sauver l'école:il faut sauver la société!
Une seule solution: la grève générale!

http://info-espress.over-blog.com/

 
12H24 14/04/2008

SARKO .... LE ROI DE LA DESCENTE :

Moins 3 ....
et c'est d'opinion way, officine à sa botte!

 
12H37 14/04/2008

Et Darcos ? moins 12 !

 
Numerosix | Prisonnier dans le village global
12H34 14/04/2008

Darcos n'est "pas un homme à reculer"

Alors que le bras de fer continue avec les lycéens, le ministre de l'Education Xavier Darcos a assuré qu'il n'était pas "un homme à reculer" et appelé les syndicats à redevenir "raisonnables".

Ca , c’est bien vrai ; dans le genre « constant dans l’ erreur » , on a du mal imaginer plus beau que Darcos !

Il ressemble trait pour trait au gros voisin épais pas mechant avec sa tondeuse dans le jardin du pavillon d’a coté , celui dont on fuit la conversation..

C'est un peu " Lefuneste"

 
12H53 14/04/2008

Yep, le problème est que je ne vois pas pouquoi il reculerai. Les lycéens font la grêve et alors? Il sait que le temps risque de les user...

Ce gouvernement ne travaille pas pour la population mais pour ses amis que CAC40, rien ne le fait bouger. Le pacifisme si souvant prôné (et que je préfère) n'est bon que si un gouvernement écoute.
Bref, il faut trouver d'autres moyens d'actions qui dérangent.

 
13H03 15/04/2008

Quand j'avance tu recules, comment veux-tu, comment veux-tu que je t'encu...
Darcos ne voulant pas reculer, c'est qu'il est d'accord, il ne nous reste donc qu'à le satisfaire.

Les taxis les agriculteurs ou les routiers manifestent et ils sont au mieux 2000.
Les buralistes, les coiffeurs, les marins pècheurs, les avoués, les huissiers manifestent. Combien sont-ils?
Et le gouvernement recule.

Les lycéens et les professeurs manifestent et ils sont plus de 40.000 et le gouvernement campe sur ses positions.

Il semble que nos dirigeants ne soient sensibles qu'à la capacité de nuisance des manifestants.
En 68 pour bouger son cul de Gaulle avait attendu qu'il y ait un million de manifestants dans les rues.
Le choix est donc simple, pour se faire entendre il n'y a que deux solutions. La première, violente, étant celle qui consiste à paralyser la vie économique du pays et la deuxième, celle qui est prise actuellement mais qui conduira inévitablement aux mêmes résultats ainsi que 68 l'a bien montré, consiste à exposer un nombre important de mécontants.

"Ceux qui ne connaissent pas l'Histoire sont condamnés à la revivre" Telle est la devise de notre gouvernement.

 
12H35 14/04/2008

Sur le Post j'ai mis en ligne cette vidéo trouvée sur le site non officiel de la FPCE du lycée Voltaire (Paris 11e)

http://www.lepost.fr/article/2008/04/12/1180421_darcos-supermenteur-coin...
Le titre original est resté dans l'adresse du lien, mais voilà, à l'instant (ce lundi 14 à 12h30) le titre semble avoir été changé sans m'en avertir par la rédaction du Post.

C'est devenu "Pour une bourde, on appelle Xavier Darcos", ce qui, vous en conviendrez, est bien plus aseptisé (voire trompeur !) que mon titre initial "Darcos Supermenteur coincé par le lycée Voltaire (Paris)".

Je vais essayer d'obtenir des éclaircissements de la part du Post...

A signaler aussi la très bonne analyse de RichardTrois ici http://www.lepost.fr/article/2008/04/12/1180076_pas-vu-a-la-tele-quand-l...

 
12H56 14/04/2008

tb video... j'avais vu la news (avec un interview de profs de voltaire) sur la 3 (je crois) ...
merci!!!!!!!!!!!!!!!

 
12H56 14/04/2008

tb video... j'avais vu la news (avec un interview de profs de voltaire) sur la 3 (je crois) ...
merci!!!!!!!!!!!!!!!

 
eelisa | à gauche toute !
13H27 14/04/2008

Super les vidéos ! merci !

 
15H37 14/04/2008

On le savait déjà qu'il ne savait pas compter... mais pas à ce point !

 
12H39 14/04/2008

Avenir du CNRS et conséquences de la « réforme » de Sarkozy et Pécresse
L’interview de la présidente du Centre National de la Recherche Scientifique, Catherine Bréchignac, dans Le Monde a été suivie d’un article du physicien Albert Fert et du mathématicien Yves Laszlo dans Les Echos, sur la « réforme » des établissements scientifiques français. Les dangers de la politique de transfert des personnels et moyens du CNRS vers les universités apparaissent clairement.

L’avenir du CNRS et la « réforme » de Sarkozy et Pécresse (I)

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/12/l-av......

Après les déclarations récentes de la présidente du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) Catherine Bréchignac, Albert Fert et Yves Laszlo viennent de publier dans Les Echos un point de vue sur la même question. A savoir, la « réforme » de l'établissement imposée par Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse. On ne peut qu'être d'accord avec une partie des conclusions de Fert et Laszlo : au delà des options politiques, vouloir copier en France le « modèle anglo-saxon » n'est pas une stratégie viable sur le plan des moyens et des infrastructures. Tel est pourtant l'objectif explicitement affiché depuis quelques années par les dirigeants politiques français et par les proches conseillers de ces dirigeants. Ce qui revient à oublier les raisons profondes du développement des établissements publics de recherche français comme le CNRS depuis la Libération. Un oubli qui risque de coûter très cher au pays, et dont les conséquences pourraient s'avérer irréparables.

Quel avenir pour la recherche française ? Dans leur article intitulé « Pour réussir la réforme de notre système de recherche scientifique » , diffusé par Les Echos avec date du 11 avril, Albert Fert et Yves Laszlo écrivent notamment :

« Les systèmes anglo-saxons sont fondés sur des universités puissantes et des agences de moyens indépendantes. Pour autant, copier ce système en transformant les organismes, CNRS notamment, en agences de moyens, serait une erreur. Il faudra en effet de longues années avant que des universités acquièrent la puissance de leurs homologues anglo-saxons (les seuls actifs d'Harvard représentent le budget annuel de l'enseignement supérieur et de la recherche français !) ... »

Albert Fert est présenté par Les Echos comme étant « professeur à l'université Paris-XI, chercheur à l'UMR CNRS-Thales, prix Nobel de physique 2007 » . Le mathématicien Yves Laszlo est à son tour « professeur associé à l'Ecole polytechnique, professeur à l'université Paris-VI ».

Le constat de Fert et Laszlo rappelle une évidence actuelle mais aussi historique, qui a déjà joué un rôle essentiel dans la politique de développement de nos établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST). Stratégie poursuivie invariablement, à quelques formes près, depuis 1945 et jusqu'à récemment. Il s'agissait (il s'agit toujours) du seul moyen, pour un pays comme la France, de mettre en place une infrastructure scientifique et technologique susceptible de concurrencer notamment les grandes universités américaines devenues, déjà à l'epoque, superpuissantes. Le colonialisme et les guerres européennes depuis le XIX siècle, ainsi que l'émigration outre-Atlantique d'industriels, universitaires, spécialistes, capitaux... avaient joué un rôle déterminant dans l'émergence des Etats-Unis en tant que première puissance du monde occidental.

Cette situation connue de longue date n'a pas empêché en novembre 2006 l'ancien directeur général du CNRS Serge Feneuille, nommé en juin 2006 président du Haut Conseil de la Science et de la Technologie auprès de la présidence de la République, de déclarer sans nuances à la revue américaine Science : « ... I think it's inevitable that France and the rest of Europe slowly evolve towards the U.S. model. I call it the standard model ». Une appréciation vieille d'au moins vingt ans dans quelques cercles restreints, et qui réduit l'analyse à une question de « modèles ». Feneuille fait du « modèle US » le « modèle standard », sans prendre en considération des données telles que les différences de moyens et les rapports des forces de l'après-guerre. Et qui peut dire quel sera le « bon modèle » pour les institutions scientifiques dans quelques décennies ?

En attendant, rappelons que la Gazette de l'université de Harvard fait état de presque 35 milliars de dollars US de fonds propres capitalisés. Les dépenses annuelles de cette université américaine considérée du plus haut niveau sont d'un peu plus de trois milliards de dollars (comparable au budget annuel du CNRS). Le coût d'une année de scolarité est estimé à environ 50.000 dollars et, même si des aides permettent de franchir cette barrière financière, les 20.000 élèves de Harvard représentent moins d'un dix-millième de la population des Etats-Unis. Le rapport financier 2006-2007 de l'université et son Fact Book pour la même période mettent en évidence qu'il s'agit d'un système conçu pour un pays riche dirigé par des riches. Que deviendra ce « modèle » si la crise de l'économie US se poursuit ?

Le « modèle américain » est-il vraiment à imiter ? Leur richesse n'empêche pas les universités des Etats-Unis de poser un certain nombre de problèmes graves sur le plan humain et citoyen. Un exemple est celui des dépressions et suicides parmi les doctorants, notamment à Harvard.

Pour Nicolas Sarkozy, il s'agit de s'aligner sur ce qui lui apparaît comme « les systèmes de recherche les plus performants du monde », avec à leur tête celui des Etats-Unis (discours du 28 janvier). Mais sa comparaison des résultats de la recherche des deux côtés de l'Atlantique ne tient pas compte des effectifs et moyens réels dont disposent les universités américaines, lorsqu'il déclare :

« L’Université doit être au coeur de notre système de recherche. Il faut le faire parce que la France n’aura jamais un enseignement supérieur digne de son rang s’il n’est pas adossé à ses meilleurs chercheurs. Il faut le faire parce qu’il ne suffit pas de produire la connaissance, il faut la transmettre et la diffuser et l’Université est le lieu de la transmission et de la diffusion. Il faut le faire parce que les systèmes de recherche les plus performants du monde sont construits sur la force des universités et non pas sur leurs faiblesses »

(fin de citation)

Faudrait-il donc enlever au CNRS ses moyens et ses chercheurs pour « renforcer » les universités ? La « feuille de route » de Valérie Pécresse semble bien le suggérer, notamment lorsqu'elle réclame un découpage de l'établissement en instituts. Car, quel est le but de cette réorganisation ? Le 28 janvier, le président de la République avait précisé :

« Déchargés du poids d’une partie de la gestion administrative et financière, bientôt confiée aux Universités, déchargés de l’évaluation, confiée à l’Agence pour l’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, les organismes devenus agences de moyens davantage qu’opérateurs, mettront en oeuvre la politique scientifique qu’au nom des français, le Gouvernement et le Parlement leur aura confiée.

Les organismes pourront ainsi, en étroite concertation avec l’Agence nationale de la Recherche (l’ANR), se consacrer pleinement à leur véritable mission, le pilotage des recherches menées dans les universités, qu’il s’agisse de la sélection, de l’animation ou de la coordination des meilleurs projets. A terme, les organismes ne devraient conserver en propre que les activités qui gagnent à être organisées et coordonnées au niveau national. Je pense aux grands moyens de calcul, aux bases de données, aux grands équipements et aux grandes plateformes technologiques, mais aussi aux programmes qui requièrent un regroupement de nos forces et une coordination nationale, comme le font déjà certains instituts au sein des organismes de recherche, je pense notamment à ce que fait le CNRS. Toutes les autres activités ont vocation à se développer dans les laboratoires universitaires... »

(fin de citation)

Des instituts pour ne conserver, au sein du CNRS, que les grands moyens de calcul , les bases de données, les grands équipements et plateformes technologiques, les « programmes qui requièrent un regroupement de nos forces et une coordination nationale »... En somme, les activités dont l'Union Européenne (UE) aura vocation à s'emparer aux termes du futur Traité sur l'Union Européenne modifié par le Traité de Lisbonne. Pareil pour les « agences de moyens », par rapport auxquelles l'UE pourra faire valoir que leurs missions seraient mieux remplies par un ou plusieurs organismes à l'échelle continentale. Et tant pis pour ceux qui feront les frais des délocalisations budgétaires et de grands équipements.

Il s'agit donc bien, dans la pratique, d'une disparition programmée du CNRS. Comment, d'ailleurs, « piloter les recherches menées dans les universités », alors que le rôle d'évaluation a été trasféré à l'AERES et la création de l'ANR tend à marginaliser le CNRS en tant que fournisseur de moyens ?

Dans notre article du 7 mars, nous avions écrit notamment par rapport à cette perspective : « ... les universités françaises, moins à même de mettre en place des infrastructures que les actuelles équipes et laboratoires du CNRS et des autres EPST, se trouveront en général dans une situation plus défavorable pour faire face à la fuite des financements vers les pays avec les plus bas salaires et les plus faibles standards sociaux ». Il nous semble que le rappel de la véritable puissance d'une université américaine comme Harvard confirme cette appréciation. Les situations en France et aux Etats-Unis ne sont pas comparables, et le CNRS reste en tout état de cause indispensable chez nous. Sa disparition annoncée ne pourra en aucun cas être compensée par un prétendu « renforcement » des universités françaises.

Pour le reste, nous ne partageons pas l'optimisme relatif affiché dans l'article de Fert et Laszlo, quant au programme annoncé par Nicolas Sarkozy dans ses discours du 28 janvier et du 5 mars . Si la « réforme » se poursuit, le CNRS et l'INSERM se retrouveront définitivement segmentés en instituts de fait indépendants, avec des conséquences pratiquement irréversibles. Quant au statut des chercheurs, qualifié par Nicolas Sarkozy de « vieux statut mité » dans son discours du 5 mars, il fait partie des garanties essentielles de l'indépendance des scientifiques. Sa mise en cause paraît donc très inquiétante.

Le mode de fonctionnement des universités américaines, très largement basé sur le mécénat, les dons et les financements privés, se trouve à l'opposé d'une organisation républicaine de la recherche et de l'enseignement supérieur, telle qu'elle a toujours été conçue en France depuis la Libération. A savoir, avec des organismes publics réputés garants de la souveraineté du peuple dans ce domaine et de l'indépendance des chercheurs au service de l'intérêt général.

L'article d'Albert Fert et Yves Laszlo aborde donc des questions importantes que nous avions également discutées dans nos articles récents, et qu'il conviendra d'aborder plus en détail dans la suite de cette note. Mais, pour l'essentiel, il paraît très difficile d'amender la présente « réforme » de la recherche française et des universités, sauf à obtenir son retrait pur et simple.

Voir aussi nos notes précédentes :

« Vers une délocalisation générale de la recherche scientifique française et européenne ? » (11 mars 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/10/vers......

« Création d'un Institut européen d'innovation et de technologie et casse programmée du CNRS français » (12 mars 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/crea......

« Délocalisations, recherche scientifique et propagande politique » (13 mars 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/12/delo......

« « Réforme » du CNRS et de l'INSERM, interdisciplinarité et perspectives de cloisonnement de la recherche française » (29 mars 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/03/28/refo......

« Les missions du CNRS et l'interview de Catherine Bréchignac du 2 avril » (3 avril 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/02/le-c......

« L'interdisciplinarité du CNRS et l'interview de Catherine Bréchignac du 2 avril » (7 avril 2008)
http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2008/04/06/l-in......

Indépendance des Chercheurs

http://www.geocities.com/indep_chercheurs

http://fr.blog.360.yahoo.com/indep_chercheurs

http://science21.blogs.courrierinternational.com

De : Indépendance des Chercheurs

 
15H12 14/04/2008

Merci mais le lien suffit hein ! tu donnes le lien, tu fais un petit texte nous expliquant le rapport avec l'article et ça suffit. Si tu pouvais arrêter ce genre de copié/collé car vraiment ça ne se fait pas.

Cordialement

 
15H54 14/04/2008

Cher Collin,

Bravo, mais attention Marie75 va être furieuse!

 
13H11 15/04/2008

Mais non mais non, Marie 75 connait trés bien son petit défaut, mais comme elle veut trés bien faire et qu'elle est beaucoup scandalisée par ce qui se passe aurour de nous...

 
Axior | Citoyen
12H42 14/04/2008

Les jeunes nous montrent l'exemple, à nous de suivre. Tout le monde est concerné par la case du service public.
Baisse du nombre de fonctionnaires
Fermeture de classes, voire d'écoles publiques.
Fermeture des tribunaux
Fermeture des hopitaux
Désertification des quartiers et des petites agglomérations par les structures administratives
Privatisation d'EDF
Et j'en passe ...

Et pendant ce temps :
Augmentation du budger de fonctionnement de certains ministères
Augmentation du nombre de commissions nombrilistes et inutiles
Augmentation du salaire du président de la République
Augmentation du nombre de soldats en Afghanistan
400 millions d'euros consacrés au parcours de la flamme olympique
Affrêtements de jets privés pour le déplacement inutile de certains ministres.
Et j'en passe ...

Oui, c'est bien une grève générale qu'il faut, et illimitée, jusqu'à ce que ces parasites fichent le camp du pouvoir. N'y a-t-il donc aucune structure capable de coordonner un tel mouvement pourtant indispensable ?

 
Infovite | Plébéien.
13H22 14/04/2008

Entièrement d'accord.
Si aucune structure ne se met en place,le peuple des exploités s'organisera tout seul.
Vive l'anarcho-syndicalisme!
http://info-espress.over-blog.com/

 
13H37 15/04/2008

Il semble même que Laurent Wauquiez qui passait un week-end prolongé au Puy en Velay a réquisitionné la semaine dernière vers 3 heures du matin, un avion de ligne de la compagnie Hex-Air qui assure quotidiennement la liaison Le Puy-Orly.
tous les employés de cette compagnie ayant été tirés nuitamment de leurs lits.
Madame Lagarde devant se sentir un peu seule par ces temps agités a fait en sorte qu'il la rejoigne au plus vite.
Economies on vous a dit, économies.

 
mobydick | en migration
12H42 14/04/2008

sarkozy et ses vigiles s'acharnent sur la fonction publique car c'est un des derniers bastions ou la résistance peut encore s'organiser. être salarié d'une entreprise, c'est déjà être esclave du système - et le but recherché est précisément d'accroître l'asservissement et la docilité.

l'école et l'université sont particulièrement visés - même si l'éducation est déjà plus ou moins une entreprise de formatage (formatage des enseignants d'abord, puis formatage des élèves, pour produire des électeurs dociles), ça n'est pour le moment qu'un jeu d'enfant par rapport à ce qui se prépare: le lavage de cerveau disciplinaire par des centres d'instruction financés sur fonds privés.

l'"information" ne consiste plus aujourd'hui qu'en un relais de mots d'ordre dans une société de contrôle. ce qui reste de la fonction publique aujourd'hui se doit de résister contre la manipulation radicalisée des opinions.

 
17H34 14/04/2008

Excusez pour cet aparté, mais votre pseudo sonne bien à mon oreille.

Avez-vous lu mobydick dans la traduction d' Armel Guerne ?
Il est des joies que l'on aime partager.

La littérature à l'école d'ailleurs en est une.
Menacée dans les nouveaux programmes.

 
mobydick | en migration
09H20 15/04/2008

pas dans la traduction d'armel guerne...
je l'ai pourtant croisé avant hier en librairie sans savoir sa valeur - je ne le raterai pas à mon prochain passage!! merci d'avance pour le plaisir.

c'est précisément parce que la littérature est subversive qu'on tente de l'éradiquer des programmes de l'école. on ne brûle pas encore les livres sur la place publique (juste les ss papiers) - mais, ça va bientôt venir... et comme dans bradbury, c'est l'enseignant qui montrera au pompier le chemin de la résistance.

 
marmotte64 | Super héros
13H17 14/04/2008
 
Infovite | Plébéien.
13H33 14/04/2008

La grève pas constructive?
Demandons donc à nos acquis sociaux arrachés de haute lutte qui disparaissent...
http://info-espress.over-blog.com/

 
13H54 15/04/2008

marmotte64 | mammifère alpestre

Alpestre? alpestre? ça me fait penser à des crétins de la même origine!
N'y voyez aucune malice.

 
13H33 14/04/2008

Marmotte

sachez que la privatisation de tous, oui, tous les services publics est le projet écrit et en marche dans les textes de l' AGCS (accord général sur le commerce des services).

Marmotte
get up
stand up

c'est le printemps.

Un petit tour sur les textes produits par
- les mouvements pédagogiques
- les syndicats enseignants
- les programmes passés
- le vieux plan langevin wallon
- les enseignants eux-mêmes (agents du service public d'éducation
- les parents
- liste non close ...
et vous verrez que ce ne sont pas les propositions constructives qui manquent.
"Enfant, je t'ai donné tout ce que j'avais : travail"

 
14H40 14/04/2008

Marmotte,
il me semble que la réforme vraiment méchante c'est maintenant !!!!!
Entendu de la bouche d'un "bien introduit" la fin programmée de la maternelle, transférée aux municipalités.......
J'en passe et des meilleures
Allez jeter un coup d'oeil sur certains nouveaux manuels de lecture conformes aux nouveaux programmes.........débilitants !!!!!!
et je ne parle pas des nouveaux programmes, des postes de profs supprimés et immédiatement recrédités en heures sup..............
On fait quoi ???????????
On bouge ou on attend un nouvel Oswald????????
(Herr Princen, c'est juste une question.......)

 
21H00 14/04/2008

lundi 14 avril 2008 (19h28) :
Grève intersyndicale dans l’éducation mardi 15 avril
Appel de l’AG de grève des personnels du 1er degré Réunis à la Bourse du travail de Bobigny Jeudi 10 avril L’Assemblée Générale des personnels du premier degré en grève ce jeudi 10 avril, soutenus par les syndicats SNUDI-FO 93, SUD éducation 93, CGT éduc’action 93 et CNT-STE 93, exigent :

 l’abandon des stages dits de « remise à niveau » pendant les vacances scolaires  le retrait du projet de décret (repoussé au Conseil Supérieur de l’Education par une majorité de votes contre : FSU, FO, SUD, FCPE…) sur la réaffectation des heures de classe supprimées du samedi matin et annualisant nos horaires (108 h).  l’abandon du projet de nouveaux programmes  l’abandon du projet de mise en concurrence des écoles  la création des postes nécessaires aux besoins du service public et des élèves

Nous appelons l’ensemble des collègues à la mobilisation pour obtenir satisfaction sur nos revendications : • en faisant grève dans l’unité le mardi 15 avril • en appelant à une grève nationale avec manifestation au ministère, le plus tôt possible à la rentrée des vacances de printemps, en convergence avec le mouvement des enseignants du second degré et des lycéens.

Texte adopté à l’unanimité des présent(e)s.

http://www.sudeduccreteil.org/

 
15H05 14/04/2008

Cher(e) Marmotte64

Vous voulez donc vous faire lyncher?
Ne savez vous pas qu'il est interdit de porter le débat en dehors des limites imposées par "le corps" enseignant sous peine d'être accusé de soutenir la "casse" du service public d'éducation.
Non, contentez vous de rejoindre sagement les rangs des "éternels constateurs qui sont les premiers à dire que tout va mal mais qui ne veulent pas rechercher les causes profondes du malaise". Contentez vous de crier aussi fort qu'eux qu'il faut plus d'argent, plus d'enseignants, mais surtout n'aborder jamais le problème des pratiques pédagogiques, de formation des enseignants, des procédures de nominations des enseignants, de compétences, de résultats....
Les enseignants sont une espèce à part, vous ne l'aviez donc pas encore compris.

AAAAAAHHHHHHHHHH !
(Aurais-je des tendances suicidaires?)

 
16H35 14/04/2008

Je ne sais si vous avez des tendances suicidaires.
Je ne vous le souhaite pas.

Par contre, en l'occurence, vous avez plus qu'une tendance à la simplification.

Les enseignants ne sont pas une espèce à part.
D'ailleurs la biodiversité y est réelle et sans doute à protéger (dans le cadre, ça va sans dire, des valeurs de la République qui garantit l'égalité de droit d'accès pour tous à l'education, entre autes et celui des missions des agents de la fonction publique ...)

Sachez que beaucoup d'enseignants travaillent sur la notion d'obstacle épistémologique, concept que l'on pourrait rapidement vulgariser en disant que souvent une représentation erronnée empêche la construction d'un savoir nouveau.
Votre représentation des "enseignants" ( étiquette englobante) demande pour sûr un travail.

 
marmotte64 | Super héros
16H40 14/04/2008

N'est il pas dans ce cas dommageable, que la diversité (logique au demeurant) du corps enseignant, soit finalement réduite à l'image qu'en donnent leurs syndicats de leurs syndicats ?

Car finalement de l'extérieur, la seule image que l'on a des enseignants, c'est celle du SNES ?

 
17H16 14/04/2008

Marmotte,

voici la quatrième de couvertue d'un livre que je vous recommande.

"L'école est soumise à des pressions considérables pour qu'elle se conforme aux nouveaux commandements du néo-libéralisme. La compétition économique mondiale devient l'impératif majeur auqel toute institution doit se soumettre, et le système éducatif n'y échappe pas: dans ce nouveau modèle, il est menacé de se réduire à la formation du "capital humain" nécessaire aux entreprises.
Les "recommandations" des expertsde l'OCDE, de la Banque mondiale, de l'OMC et de l'Union européenne ont été appliquées par les divers gouvernements français depuis 20 ans. Elles se sont traduites par une réorganisation managériale des établissements scolaires mis en concurrence entre eux pour assurer la "liberté de choix" des "consommateurs d'école", par une "professionnalisation " toujours plus poussée des études, par une décentralisation qui n'a rien à voir avec la démocratie promise. Les enseignantys sont sommés de participer activement à cette métamorphose de l'école publique, qui ouvre la voie à une marchandisation générales des savoirs et des apprentissages et à un renforcement des inégalités.

Ce livre s'intitule
L'ecole n'est pas une entreprise.
Il est écrit par Ch. Laval.

On me qualifie souvent d'ours. Sa lecture m'a sorti d'une hibernation prolongée.

 
marmotte64 | Super héros
17H59 14/04/2008

N'y a t il pas de juste milieu ? Tout n'est il qu'extrêmes entre lesquels nul ne pourrait choisir de peur de tomber dans d'autres excès.

Ce serait déprimant.

 
19H02 14/04/2008

Cher Léo Solo,

C'est exaspérant à la fin de ne pas pouvoir interroger sur des problèmes, finalement extrêmement grave.
Merci, votre réaction illustre parfaitement mes inquiétudes et celles de nombreux concitoyens. Pourquoi ne pas accepter ce type d'interrogations? En quoi peuvent-elles déranger?
Quand à la diversité, si elle existe, elle n'apparaît pas ou plus dans le débat sur l'école où tout "le corps" fait "corps" (je maintiens).
Si pour finir, ma représentation "englobante", nécessite "un travail", je considère que c'est aux enseignants de le faire (ce travail).
Ne serait-il pas judicieux et "normal" que les enseignants qui s'interrogent sur les problèmes de Politique gouvernementale, n' oublient pas de s'interroger de ce qui relève de leur pratique et des dysfonctionnements liés aux pouvoirs de leurs syndicats dans la gestion de personnels, le contrôle de leur compétences professionnelles...?
Il y a mieux à faire que d'user du mépris, de la "censure" , de tourner en ridicule tout ce qui interroge cet esprit "corps"
Je suis déçue, moi qui est tant de respect pour la mission des enseignants et pour ce service public. Etonnez-moi!

 
marmotte64 | Super héros
19H56 14/04/2008

Je suis tout à fait d'accord avec vous. J'ai le même respect pour la fonction (j'ai d'ailleurs une bien belle enseignante à domicile), mais je suis consterné par l'acharnement invraisemblable et la violence parfois narquoise de certains à nier même des évidences. Imaginez quand il s'agit de sujets polémiques. C'est juste impossible.

C'est tellement dommage venant d'un groupe de personnes pourtant si intelligentes.

 
21H18 14/04/2008

A défaut de vous étonner, je vous donne une information qui n'a qu'un seul objectif : l'utilité.

Il existe au plan national un mouvement qui s'est nommé "Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics"
site
http://www.v-s-p.org

Vous y constaterez qu'il existe des endroits qui mettent en oeuvre

la convergence comme moyen de refexion et d'action des salariés et de leur organisations syndicales, des usagers et des associations, des élus et organisations politiques.
cette convergence, constitue un élément clé de l'appropriation sociale des services publics dont le fonctionnement et la gestion ne relèvent pas de la seule responsabilité de l'Etat mais élus, salariés et usagers doivent pouvoir exercer leur contrôle.

Nous sommes donc loin des chapelles corporatiste et tout près de la réactivation de la construction des biens communs dont -entre autres- l'éducation.

Donc ni mépris, ni censure.
Simplement du travail.
Citoyen.

Vous raconter notre chantier local serait un peu long.

A chacun de participer, à l'endroit où il vit, s'il veut.
Il existe aussi d'excellents mouvements pédagogiques , ouverts au non enseignants.
Là ça relève du bénévolat, de l'engagement personnel.
"Etre libre ou se reposer, il faut choisir"

 
23H36 14/04/2008

Cher Léo Solo,

Toujours pas convaincu, toujours déçu par votre ton, ne le prenez pas personnellement ce sont mes réflexions sur l'état de l'école. Une opinion, non respectable?
Vous aimeriez nier les chapelles corporatistes, un doux rêve (que je suis prêt à partager).

En ce qui concerne, votre sortie : Bénévolat, engagement personnel! Gardez vos leçons "de morale" pour d'autres, je suis déjà impliqué! Engagement, c'est une seconde nature chez moi.
Et pour "être libre ou se reposer, il faut choisir"???
Puisque j'ai le choix, je préfère être libre, cela n'empêche pas d'être actif. Et le repos je suis pour aussi.
Simplement du travail. Citoyen : ni mépris, ni censure???

Mais je tiens à vous remercier pour l'info sur le site, j'irai y faire un tour avec beaucoup de curiosité.

 
marmotte64 | Super héros
09H12 15/04/2008

Quelle condescendance !

On sent que vous aimez à vous regarder faire et à vous élever en exemple.

Désolé pour vous, mais d'autres le font... Plus discrètement.

 
Julos | ex E.N
15H51 15/04/2008

@Marmote et Eltellis

Je me permets d'interférer dans vos échanges avec Léo pour vous proposer peut-être une autre façon de voir les problèmes très réels de l'école d'aujourd'hui.

J'ai découvert très récemment un article dans le Monde de l'Education qui faisait état d'une recherche/évaluation comme il s'en fait peu. Je me suis procuré le livre où les auteurs de l'étude entrent dans le détail de leur travail avec rigueur et sincérité. Je ne souhaite pas faire de commentaire personnel pour que vous puissiez vous faire votre propre opinion. Voici un lien vers un site pédagogique qui expose les principaux éléments du dossier :

http://www.cafepedagogique.net/lesdossiers/Pages/86_ICEM_Des%C3%A9colesFreinetsurlaloupedel'Universit%C3%A9.aspx

Et voici les coordonnées du livre :

"Une école Freinet. Fonctionnements et effets d'une pédagogie alternative en milieu populaire" Sous la direction de Yves Reuter ed. L'Harmattan.

Bonne lecture !

 
marmotte64 | Super héros
21H49 15/04/2008

très interessant. Merci.

(enfin un de constructif)

 
09H20 16/04/2008

à Julos ex E.N.

Je reviens d'un long détour rue "Chômage". Merci pour l'information je vais souvent sur le site du "café pédagogique".
En ce qui concerne la pédagogie "Freinet", je connais beaucoup d'enseignants qui s'inspirent de ce "modèle" avec des adaptations. Les résultats sont très inégaux.
Les expériences qui donnent des résultats, qui méritent d'être relevés, sont celles qui impliquent l'ensemble d'un établissement, sur le long terme.
En échange, si vous ne l'avez pas encore lu voir le livre de Julien Dazay (c'est un pseudo, représailles obligent) cet inspecteur de l'Education Nationale, sur l'école maternelle.

 
Julos | ex E.N
15H37 16/04/2008

"Les expériences qui donnent des résultats, qui méritent d'être relevées, sont celles qui impliquent l'ensemble d'un établissement, sur le long terme."

************************

Oui, absolument. et c'est bien toute la difficulté pour améliorer de façon significative et durablement les résultats. C'est sans doute aussi ce qui explique amplement qu'aucune réforme venant d'en haut, même dotée de moyens conséquents (ce qui s'est quand même un peu vu dans une des versions gauche socialiste au pouvoir) n'a été jusqu'ici convaincante, voire applicable.
J'ai eu connaissance de la démarche de cet IEN qui, pour secouer le cocotier, a cru bon de grossir le trait et de provoquer avec un titre et des propos accrocheurs. Ayant enseigné 20 ans en maternelle dans une ZEP, inutile de vous dire que je ne vois pas bien l'intérêt de ce type d'approche. Respectons-nous un minimum les uns les autres si nous sommes d'accord pour dire qu'une école de la réussite doit être l'affaire de tous.

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
15H20 14/04/2008

Non, la "réforme vraiment méchante" ne viendra pas (c'est le futur que je conteste): elle se met en place depuis au moins le ministère Allègre, à supposer qu'elle n' ait pas commencé avant.

Evidemment que tout n'a pas été détruit d'un seul coup, cela aurait été trop visible de l'extérieur.

Les profs, ou plutôt des profs, et d'autres personnels enseignants, se sont éreintés à tenter d'expliquer ce qui se passait, quels étaient les dangers, ils ont été de plus en plus accueillis par des "fainénants, incapables, etc..."relayés par la plupart des médias.
Aujourd'hui, on atteint un stade proche du dernier. Ce n'est pas une raison pour baisser les bras - question de respect de l'autre et de soi-même - devant les ultimes efforts de privatisation de l'Education Nationale.

 
marmotte64 | Super héros
16H21 14/04/2008

Dans l'absolu j'ai quand même l'impression que les syndicats enseignants sont toujours contre les réformes, d'où qu'elles viennent.

Or, une seule chose est claire c'est qu'à l'heure actuelle le ministère de l'éducation nationale n'est pas un service public satisfaisant. Ce serait être d'une infinie mauvaise foi que de dire l'inverse.

Du coup pourquoi chaque réforme est elle accueillie avec un rejet immédiat.

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
16H47 14/04/2008

Il est certain que l'Education Nationale n'est pas aujourd'hui un service public totalement satisfaisant, cela se déduit d'ailleurs du message précédent que je vous ai envoyé.
Il ne s'ensuit pas que ce que vous appelez "réforme" (et moi "changement", pour être neutre) va par définition
améliorer les choses.
J'aimerais que vous m'expliquiez en quoi moins de professeurs en particulier, et moins de personnels dans l'Education Nationale en général, vont améliorer la qualité de ladite Education Nationale.

 
marmotte64 | Super héros
20H43 14/04/2008

Je ne dis pas que moins de profs est la bonne solution, loin s'en faut. MAis juste qu'il est impossible de proposer quoi que ce soit sur l'éduc nat ( à droite comme à gauche) sans avoir un rejet immédiat. Je m'interroge surtout sur les raisons de cet immobilisme.

Quand je vois le niveau de recrutement des profs en ce moment, quand je vois qu'on est obligé de baisser les seuils d'admission au CAPES pour remplir les postes, je me demande si ce ministère va bien.

Je préfèrerai moins de profs s'il le faut, mais bien plus payés comme en allemagne ou en angleterre (je crois que c'est dans ces pays qu'ils sont très bien payés). Je voudrais que l'on prenne les choses à bras le corp et qu'on ait le courage de regarder la situation et de dire ça , c'est bien et ça, c'est nul. Et de modifier les choses en ce sens.

Mais les réactions face à ce genre d'avis sont symptomatiques : Toute modification est nécessairement mauvaise.

 
16H48 14/04/2008

Le mot "réforme" apparaît deux fois dans votre post.
Le sociologue Richard Sennett (Le travail sans qualité ; Respect ; De la dignité de l'homme dans un monde d'inégalité )nous avertit que ce mot est une véritable chausse-trappe qui masque des intentions moins louables.

 
marmotte64 | Super héros
17H10 14/04/2008

ok...
Quel terme (utilisable deux fois) serait aux yeux des disciples de Durkeim susceptible d'être accepté pour que je puisse dire ce que je souhaitais indiquer dans mon message à savoir : quels modifications apporter à l'éducation nationale pour qu'elle soit plus performante ?

 
17H25 14/04/2008

Aucune modification ne sera entendable si en préalable chacun ne refuse pas de se laisser séduire par les sirènes chantant le refrain de "l'inégalté naturelle"...
et si on ne se pose pas la question de la performance visée.