Les films encombrant les écrans vous semblent trop prévisibles ? La fantaisie vous manque ? Les délires imaginaires vous séduisent ? Alors, pas de doute, un détour par la Cinémathèque française s'impose. A partir du 16 avril, une remarquable exposition consacrée à George Méliès donne l'occasion de mieux connaître le réalisateur le plus inventif de son époque, de découvrir des pépites en images.
Qui était Méliès ? De quoi était composé son musée intérieur ? Quelle fortune, en son temps, pour sa filmographie abondante ? L'exposition, à la fois pédagogique et ludique, revisite le parcours de l'homme et le destin contrarié d'une œuvre, enfin en grande partie rassemblée. La Cinémathèque s'est récemment enrichie de 700 nouvelles pièces concernant Méliès : elle perpétue ainsi le lent travail d'archivage entamé il y a 70 ans par son créateur, Henri Langlois.
Au début était la magie…
Né dans une famille de fabricants de chaussures en 1861, Méliès délaisse l'univers professionnel de ses géniteurs pour celui, nettement plus attractif, de la prestidigitation. En 1888, il devient le responsable de théâtre « Robert Houdin » et y fomente ses premiers spectacles de magie. Avec une fascination obsessionnelle pour l'illusion, la manipulation, le court-circuitage du réel, la perception troublée du monde.
La naissance du cinéma bouleverse l'existence de Méliès. Il s'aperçoit des possibilités inouïes que l'art naissant offre à sa fantasmagorie personnelle. Il achète des projecteurs, fonde sa société de production, crée un studio dans sa propriété de Montreuil.
L'inventeur des effets spéciaux
Scénariste, acteur, décorateur, machiniste, opérateur : non content de donner naissance à un style inédit à base de trucages, surimpressions, collages et autres fantaisies, Méliès fait tout lui-même… Le résultat : de pures merveilles de films qui conjuguent innovations sidérantes (sans le savoir, il invente les effets spéciaux) et génie scénaristique (spécialiste en délires prémonitoires -conquête de l'espace, tunnel sous la Manche- il évoque également son époque, comme en témoignent ses films d'actualité ou celui sur l'affaire Dreyfus).
Certaines des oeuvres de Méliès - « Un homme de têtes », « Voyage dans la Lune », « L'homme à la tête de caoutchouc », « L'homme-orchestre » - font aujourd'hui figure de classiques indiscutables. La jubilation permanente n'y contredit jamais une étrange fascination pour l'inquiétude identitaire et le dédoublement (au moins ! ) de la personnalité.
Mais si la notoriété de Méliès grandit, si son influence sur ses contemporains est réelle (à son propos, Griffith dira : « Je lui dois tout »), les finances, elles, ne suivent pas. Dans les années 20, harcelé par les créanciers, le cinéaste doit quitter son laboratoire artistique de Montreuil.
ruiné, il devient vendeur de jouet
Ses films sont vendus, dispersés, parfois détruits. À la fin de la décennie, Méliès se retrouve vendeur de jouets à la gare Montparnasse… Il faudra que les surréalistes et quelques autres réhabilitent sa filmographie pour que le créateur inégalable sorte du purgatoire et retrouve la place qui lui revient de droit : tout en haut du podium cinématographique.
Inspirateur de Tim Burton, Michel Gondry ou Terry Gilliam
Remarquablement conçue, attractive pour tous les publics (du cinéphile pointilleux aux enfants), l'exposition, baignée dans une lumière rouge « magiquement » tamisée, rend grâce au talent ensorceleur de Méliès et prouve combien son œuvre a influencé les cinéastes des décennies ultérieures. Ce que ne démentiraient pas, aujourd'hui, des metteurs en scènes nommés Tim Burton, Michel Gondry ou Terry Gilliam… Films, maquettes, costumes, objets bizarres, caricatures, projets de décors, synopsis : l'expo abonde en documents instructifs et images stupéfiantes. Y déambuler suscite le bonheur de l'oeil comme celui de l'esprit. Une sorte d'antidote idéal à la mélancolie et aux humeurs moroses…
► Méliès, magicien du cinéma exposition à la Cinémathèque française, 51, rue de Bercy, Parix XIIe - à partir du 16 avril - 4€/5€ - du lun. au sam. de 12h à 19h, le dim. de 10h à 20h, nocturne le jeu. jusqu'à 22h - Rens. : 01-71- 19-33-33.
Parallèlement à l'exposition, de multiples activités autour de l'oeuvre de Méliès sont organisées à la Cinémathèque : projections de films (avec accompagnement musical), conférences, visites guidées, ateliers pour les enfants, etc.
► L'Oeuvre de George Méliès catalogue de l'exposition - éd. La Martinière/La Cinémathèque Française - 360p., 800 docs, 49€.
► George Méliès coffret DVD comprenant notamment trente films tournés entre 1896 et 1912 - Studio Canal/Fechner productions.
► Méliès, le cinémagicien coffret DVD avec, entre autres, quinze fictions de Méliès et le documentaire inédit réalisé par George Franju, « Le Grand Méliès » - Arte Vidéo.





















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De MAGENTA
Pesteux génétique | 06H56 | 15/04/2008 |
Tout ça pour en arriver aux films de Thierry le Bout ,il aurait mieux valu qu'il se casse une jambe ! ! ! : -)
De marie 75
09H26 | 15/04/2008 |
merci de m'avoir confirmé qu'il était bien vendeur de jouets à la gare Montparnasse.
Je connais un vieux monsieur qui regrette encore de ne pas avoir parlé davantage avec ce « marchand de jouets »…
Il ne savait (pas plus que son père) qu'il s'agissait de Méliès.
De dalun
10H40 | 15/04/2008 |
émotions . merci . c'est magique ,ludique …beau.
De www.laguerredesmots.com-yannick
pays de gex | 11H45 | 15/04/2008 |
Si vous voulez de la fantaisie, vous pouvez aussi aller sur www.milliondollarcinema.com, mais c'est pas pour les esprits fragiles : -)
De déluge
menuisier | 12H00 | 15/04/2008 |
Pour ceux qui aime la magie et les vieux films, n'hesitez pas à regarder (en dvd) les film de Ladislas Starevitch (« les comtes de l'horloge magique », « le roman de Renard », « le monde magique de L S »). Ca date des années 20 à peu prês et c'est magnifique.
à déluge
De dalun
17H24 | 15/04/2008 |
merci ,c'est noté ..un peu de création enfin !
à dalun
De déluge
menuisier | 20H30 | 15/04/2008 |
Bonsoir,
D'un point de vue visuel, ça n'a rien à voir avec Mélies. Starevitch faisait de l'animation image/image de marionettes,mélée de prises de vue avec de vrais comédiens.
La « magie » dont je parlais n'est pas de l'ordre de l'illusion de Mélies, mais dans le ton, la simplicité du dispositif (il a tourné ses films dans le sous sol de son pavillon en banlieue parisienne).
Je précise pour que vous soyiez pas déçu.
Pour vous faire une idée :
http://www.youtube.com/watch ? v=gcznvlBTQFk
Les dvd dont je parlais sont disponibles, ou pas très compliqués à se procurer.
à déluge
De dalun
10H38 | 16/04/2008 |
@ bien lu .merci …..Ce que j'aime dans la création , c'est les muliples formes qu'elle prend , les magies multiples provoquant les étonnements ,et une palette d'émotions..créer : donner naissance à une oeuvre ,c'est etre en avance , se projeter..vive les magies !
De vol19
awash | 20H10 | 15/04/2008 |
Merci de l'information, et de nous avoir fait un peu rêvé. Un très grand génie créateur qui n'a hélàs eu la réconnaissance qu'il eut mérité de son vivant.
Intéressante toute de même cette période… certains auteurs, intellectuels de l'époque ont très bien saisi ce qui allait se passer…