droit de suite

La presse de l'Océan indien se déchaîne sur le sort de Mayotte

journaux de l'Océan indien (DR)

L'océan indien est actuellement le théâtre d'une guerre d'opinion dans la presse. A l'origine de cet affrontement d'idées entre différents journaux, la chute de Mohammed Bacar, ancien dirigeant de l'île d'Anjouan, et la situation dans l'archipel des Comores et sur l'île de Mayotte, collectivité départementale française. Le débat porte notamment sur le bien fondé des manifestations contre la présence de clandestins anjouanais à Mayotte et contre les émeutes du 27 mars dues à la fuite à Mayotte de Bacar.

Le sujet est très délicat. Qu'on puisse en débattre est mal vu et peut inciter à de virulents échanges. Zaïdou Bamana, directeur de publication du Journal Le Mawana et fils du premier président du Conseil général de Mayotte, Younoussa Bamana, en a donné une preuve flagrante en prenant son téléphone pour réagir à l'article publié sur Rue89 le 7 avril et intitulé  » A Mayotte, dérapages face aux « sans papiers » comoriens » . Furieux, le journaliste envisageait de publier notre article, expliquant :

 » Je veux montrer aux Mahorais ce que pensent des connards de métropolitains. Mayotte est une île en retard. L'immigration anjouanaise plombe le développement » .

A Mayotte, les immigrés Anjouanais sont les boucs émissaires parfaits pour une population qui a souhaité rester sous tutelle française. Des boucs émissaires qui cachent finalement les manquements de l'Etat. Zaïdou Bamana en a conscience :

 » Il faut que Mayotte devienne un département. On n'a pas le choix… »

En face, dans l'Union des Comores, qui regroupe les trois autres îles de l'archipel, indépendantes depuis 1975, le mensuel Kashkazi donne le ton :

 » Les vents n'ont pas de frontières, l'information non plus… »

Dans les colonnes de ce journal, Mayotte s'appelle Maoré, du nom Comorien de l'île. Dans l'édito du mois d'avril, Rémi Carayol dénonce la guerre déclarée à l'immigration à Mayotte.

 » Depuis plusieurs années, les autorités emploient des mots guerriers pour dénoncer l'immigration. « Invasions barbares » avait dit le président de la Cour d'appel il y a quelques années ; « hordes sauvages de clandestins » répètent régulièrement les élus. A situation de guerre, l'on répond donc par des méthodes militaires : rafles, déni des droits élémentaires, discours de rejet basés sur des sentiments… »

Un peu plus loin, Kashkazi relate les manifestations contre les Anjouanais et contre les émeutes du jeudi 27 mars : » Si la marche du dimanche 6 avril jusqu'à la place du marché se veut « digne et pacifique », les discours des intervenants ne le seront pas toujours » . Et de s'interroger sur le bien-fondé d'une telle manifestation en montrant, témoignages à l'appui les violences dont ont été victimes des familles anjouanaises, en représailles : » Certains sans papiers ont vu leur maison caillassée » . Dans le journal Comorien, des familles anjouanaises de Combani affirment avoir subi des coups… Et pendant ce temps, Télé Mayotte demande à Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer si » la fermeté de l'Etat (contre les clandestins NDLR) n'est pas un mot trop léger » . Kashkazi ironise :

 » Il (Yves Jégo) doit encore chercher dans les dictionnaires s'il existe un mot plus fort que fermeté » .

L'ironie, c'est justement la marque fabrique du journal comorien qui s'attaque aussi au Journal de l'Île de La Réunion (JIR) qu'il accuse de défendre Mohammed Bacar et de diaboliser Ahmed Abdallah Sambi, président de l'Union des Comores. Le JIR nie les exactions de l'ère Bacar et traite Sambi d'ayatollah. Dernier exemple en date sous la plume de Jacques Tillier, directeur du JIR, qui dans son édito du 12 avril, écrit :

 » Bacar n'a pas plus fait dans le dictateur, n'est pas plus criminel de guerre par temps de paix non plus d'ailleurs que l'ont été tous les autres, Sambi compris » .

Il se pose un peu plus loin comme » un farouche partisan de retour de l'île de Mayotte dans le giron des Comores réunifiées » . Et de s'interroger :

 » On peut s'interroger sur les sincères et réelles motivations de certains Mahorais à demeurer français (…) Voilà pourquoi un référendum national s'impose au plus vite pour que Mayotte reste ou non territoire ou, mieux, département français, comme certains comiques troupiers semblent l'envisager » .

De quoi faire avoir une attaque à Zaïdou Bamana…


Article suivi : A Mayotte, dérapages face aux sans-papiers comoriens

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Portrait de catapulte

De catapulte

président de la République | 22H33 | 13/04/2008 | Permalien

« Voilà pourquoi un référendum national s'impose au plus vite pour que Mayotte reste ou non territoire ou, mieux, département français »

Juste une question : c'est quoi, un référendum « national » ? ? ?

- demander aux métropolitains s'ils acceptent que Mayotte reste Française , ou devienne un département ?

ou

- demander aux mahorais s'ils acceptent que Mayotte reste Française , ou devienne un département ?

et que faire si les 2 résultats étaient contradictoires (avis des mahorais différent de celui des métropolitains) ? ? ?

Et pourquoi se demander ceci maintenant ?

Est-ce que le statut actuel ne convient pas ? (plus ? ) aux mahorais ? Pourquoi ?

Au passage, il faudrait éviter (je pense) d'être trop rapide, dans les articles concernant Mayotte. Car étant de métropole, j'avoue que les noms de Sambi, Bacar, Bamana, Carayol, etc ne me disent absolument rien. J'ai besoin d'articles plus détaillés (pour avoir une chance d'y comprendre qqchose…)

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 00H16 | 14/04/2008 | Permalien

« On peut s'interroger sur les sincères et réelles motivations de certains Mahorais à demeurer français »

Il se pose des questions ? Bon début mais il devrait plutôt les poser aux intéressés.

L'ile de Mayotte, contrairement aux autres iles des Commores a décidé de rester française.

Ceux qui ont demandé leur indépendance se sont fait manipuler par quelques fifrelins qui se voyaient chef d'état. Et ils en paient maintenant le prix, comme nous même en France payons le prix pour avoir écouté notre fifrelin à nous.

Qu'il y ait à Mayotte quelques indépendantistes, pourquoi pas. Que la France puisse mieux faire dans la région, Ben oui mais il semble que les caisses sont vides.

A part dans quelques paradis pour milliardaires comme Saint Martin ou Saint Bathelemy, tous les français d'en bas réclament la même chose : La part qui leur revient mais qui est donnée aux plus voraces.

Portrait de Chipek

De Chipek

03H22 | 14/04/2008 | Permalien

Tillier est un ancien de Minute……………

Portrait de Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09

06H46 | 14/04/2008 | Permalien

Pourquoi pas ?

Mayotte s'est déjà prononcée sur son appartenance à la République française il y a 30 ans. Mais après tout, nous n'ignorons pas vu de France combien les lois de la République peuvent être assouplies au point d'être ridiculisées dans certains des DOM (polygamie notamment). Ce serait peut-être le bon moment pour uniformiser nos pratiques. Et puis je n'aime pas cette hypocrisie qui se développe à Mayotte. Les Anjouanais y ont été les bienvenus pendant des années « mon cousin, ma cousine, mon neveu, ma nièce comment les chasser ». Aujourd'hui, ils dérangent, « ils freinent le développement », ils coûtent. La vérité semble plus sordide, les Anjouanais sont exploités en attendant mieux, un mieux qui ne viendra sans doute plus car la cassette des fonds sociaux est vide.

Et si le référendum confirme le souhait des Mahorés, les Comoriens s'inclineront-ils devant le choix populaire ?

mais enfin bon sang c beaucoup plus compliqué que ca . oui les lois sont legerement differentes a mayotte mais il n'y a qu'en y vivant qu'on peut le comprendre mayotte est en voie de developpement certes mais n'oublions pas qu'elle est malgre tout bien en retard meme si pour ma part je trouve qu'elle avance bien trop vite les mahorais ont bien du mal a suivre pour certains.la polygamie me semble t'il est a ce jour interdite depuis juillet 2003 ou 2004.
alors oui les comoriens veulent recuperer mayotte mais pourquoi ? pour de nouveau pouvoir la piller de ses biens de ses femmes comme dans le temps .la pauvreté des comores c'est insuportable je suis d'accord mais malheureusement mayotte ne peut pas assumer les comores on ne peut pas regulariser tout le monde.alors on essaye de les reconduire a la frontiere et pour les plus doués le lendemain ils sont de retour grace a de sordides pecheurs comoriens qui les font passer en kwassa. combien de nos amis y sont restés ? ? trop beaucoup trop .seulement voila depuis le « jeudi blanc » les comores refusent le rapatriement de leur clandestin que devons nous faire ? ?
et puis je n'ai vu dans aucun de vos articles ce que les mzungus (metro) ont enduré pendant les emeutes sequestrations lynchage pillage les anjouannais s'en sont pris aux mzungus ils ont meme tenté de les prendre en otage afin de les echanger contre bacar ….
il me semble que l'info a bien du mal a passer les oceans encore que meme sur l'ile tout n'est pas divulgué.je ne sais pas comment tout ca va va se terminer en attendant courage ! ! et essayez de vous souvenir tout de meme vous etes tous cousins

Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 07H55 | 14/04/2008 | Permalien

« Je veux montrer aux Mahorais ce que pensent des connards de métropolitains… »
La didactique associée à la géographie,les « océans » qui séparent ne sont pas toujours ceux que l'on imagine !
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de jeune-assez-rouge

De jeune-assez-rouge

10H14 | 14/04/2008 | Permalien

étant de la réunion et y résidant, je suis plutot bien informé sur tous ces sujets (mayotte-commores, tillier)
tout d'abord, oui tillier est un ancien de minute, ce journaliste que mesrine avait tenté d'asssassiner.
ensuite rapport aux commores, il est très compliqué de comprendre ce qu'il s'y passe, entre bacar qui veut être indépendant puis éventuellement retourné sous le fief de la france, entre les mahorais et ce qu'ils pensent vraiment.
Il est en tout cas impossible de nier que Mayotte est commorienne historiquement et géographiquement.
De plus, il faut rappeler que les commores sont très pauvres, tandis que mayotte (bien qu'« en retard ») et riche à coté, juste à coté, d'où la forte immigration (clandestine ou pas). Cependant, l'immigration est aussi due au fait que, oui, les commoriens se sentent à mayotte comme dans tout autre île de l'archipel, puisqu'il y ont souvent une famille.
C'est donc une situation extrêmement compliqué, qui demande une réflexion poussé, qui demande à ce que l'on se pose les bonnes question,à ce que l'on pose les bonnes questions aux mahorais, mais surtout, surtout, ne pas se baser sur les propos haineux, fascistes, et fondés on ne sait où, de ce connard de tillier (qui d'ailleurs va bientôt foutre le camp).

Portrait de Servais-Jean

à jeune-assez-rouge Portrait de jeune-assez-rouge De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 16H05 | 14/04/2008 | Permalien

jeune-assez-rouge

Mayotte est Commorienne historiquement et gèographiquement.

C'est comme si vous disiez que l'Angleterre ou la France sont européenne…

Les 4 iles qui composent les Commores étaient réunies d'une façon artificielle pour des commodités administratives. Et cela par la France.

Mais quelques fifrelins en mal de pouvoir ont fait exploser, en se servant de la crédulité de la population, cette unité.

Il se trouve que l'ile de Mayotte n'est pas tombée dans le piège de l'indépendance.

Le cas d'Anjouan est un cas d'école, le dernier fifrelin en date venant de se faire éjecter de son fauteuil « impérial ».

Votre dernier paragraphe est complètement à côté de la plaque et fait montre de votre ignorance de l'histoire récente (moins de 50 ans).

Portrait de jack-no

à jeune-assez-rouge Portrait de jeune-assez-rouge De jack-no

06H04 | 15/04/2008 | Permalien

bonjour,

a vous lire, on sent un peu de racisme. je connais la mentalité des réunionnais pour y avoir séjourné pendant 2 ans en transit de Madagascar. je ne m'étendrais pas.

si comme vous dites Mayotte est Comorienne, que dire de la Réunion ? doit-elle être ratachée à Madagascar ? je souhaite que non.

si un référendum national (donc métropolitain) est à faire, que l'on pose la question pour les autres.

Portrait de mzungette

à jeune-assez-rouge Portrait de jeune-assez-rouge De mzungette

09H33 | 15/04/2008 | Permalien

et bien qu'il s'en aille et vite lui aussi ! ! !
cette pauvre zena m'dere doit se retourner dans sa tombe la pauvre elle qui s'est tant battu a la tete de toutes ces mahoraise il y a maintenant plus de trente ans .les « femmes chatouilleuses » ont eu beaucoup de merite a l'epoque .

Portrait de Info13

De Info13

13H12 | 14/04/2008 | Permalien

Archipel des Comores et non Commores ! Reconnue comme une archipel de 4 îles : Mayotte-La Grande Comore-Anjouan-Moheli, par l'ONU.
Jusqu'en 1999, les habitants des 3 îles pouvaient se rendre à Mayotte sans visa.
La circulaire Baladur datant de la fin d'année scolaire 1999 a tout changer.
Depuis, pour se rendre visite à leur famille, se soigner où tout simplement partir à la recherche d'un emploi payé au noir, les comoriens sans visa traversent l'océan indien en Kouassa Kouassa !

14/04/2008 :
la France souhaite que les pirates du ponant soient jugés en France.

Les Comores souhaite également que Bakar soit jugé aux Comores.

Portrait de Info13

De Info13

13H12 | 14/04/2008 | Permalien

Archipel des Comores et non Commores ! Reconnue comme une archipel de 4 îles : Mayotte-La Grande Comore-Anjouan-Moheli, par l'ONU.
Jusqu'en 1999, les habitants des 3 îles pouvaient se rendre à Mayotte sans visa.
La circulaire Baladur datant de la fin d'année scolaire 1999 a tout changer.
Depuis, pour se rendre visite à leur famille, se soigner où tout simplement partir à la recherche d'un emploi payé au noir, les comoriens sans visa traversent l'océan indien en Kouassa Kouassa !

14/04/2008 :
la France souhaite que les pirates du ponant soient jugés en France.

Les Comores souhaitent également que Bakar soit jugé aux Comores.

Portrait de yapadebug

De yapadebug

13H16 | 14/04/2008 | Permalien

En marge de cet article qu'en est il de Mohammed Bacar ? On expulse les sans-papiers à tour de bras mais on va garder ce dictateur ? Ce serait scandaleux non ?
Merci d'avance à Rue89 de nous faire des « droits de suite » de temps en temps sur cette affaire.

Portrait de Chipek

à yapadebug Portrait de yapadebug De Chipek

14H31 | 14/04/2008 | Permalien

La France, pays des droits de l'homme, a une ancienne tradition de terre d'asile, papa Doc, Khomeiny et je dois en oublier.
Pourquoi voudriez vous qu'on abandonne ce pauvre monsieur Bacar à son triste sort ? ? ? ? ?

Portrait de yapadebug

à Chipek Portrait de Chipek De yapadebug

14H55 | 14/04/2008 | Permalien

Vous oubliez Bokassa… : o)

Portrait de parti

De parti

punishment park | 20H27 | 14/04/2008 | Permalien

bob denard aurait réglé tout ça en deux temps trois mouvements…zut…il n'est plus de ce monde…alors qui va agir efficacement ? réponse (peut-être) les passeurs et les trafiquants de chair humaine de tout poil qui embarquent les clandestins et les laissent (souvent) crever en pleine mer… mais ça, estrosi le motodidacte n'en a cure, les rombières de nice valent certainement plus.

Portrait de NuklearCocroach

De NuklearCocroach

22H25 | 14/04/2008 | Permalien

les kanaks,les corses,les bretons,les maoris,les basques et même peut-être les Ch'tis aimeraient aussi être indépendants… alors on fait comme le Kosovo,on devient tous indépendants et on devient tous des paradis fiscaux ou des états maffieux occupés par des armées étrangères,pis on en parle plus…

Portrait de raoul le magnifique

De raoul le magnifique

22H27 | 14/04/2008 | Permalien

Bah alors les bonnes ames sans cervelle de l'immigration, vous ne criez pas au fascisme, au racisme, et à la xenophobie ? ? ?

Portrait de martin citron

à raoul le magnifique Portrait de raoul le magnifique De martin citron

stagiaire en Colombie | 00H11 | 17/04/2008 | Permalien

Et vous criez a quoi ? Au génie ? A l'exemplarité de la France bien partie pour acueillir un dictateur de plus sans poser la moindre question.
En plus Bacar a surement pas de papiers ça devrait vous mettre dans tous vos états non ?

Ce serait bien que pour une fois vous puissiez dire quelquechose d'instructif ou qui serve au débat plutot que de dire des trucs du genre « Oh regardez moi je suis le meilleur d'entre nous et vous etes des taches » vachements enrichissants et surtout révélateurs.
J'ai appris que ceux qui se vantent le plus sont souvent ceux qui le méritent le moins, quel que soit le domaine.

Portrait de NuklearCocroach

De NuklearCocroach

22H27 | 14/04/2008 | Permalien

les kanaks,les corses,les bretons,les maoris,les basques et même peut-être les Ch'tis aimeraient aussi être indépendants… alors on fait comme le Kosovo,on devient tous indépendants et on devient tous des paradis fiscaux ou des états maffieux occupés par des armées étrangères,pis on en parle plus…

Portrait de Hadrien100

De Hadrien100

08H28 | 15/04/2008 | Permalien

Mayotte doit regagner le giron des Comores appelé « l'archipel des sultans batailleurs ».La démagogie politique l'a sortie des Comores alors que les mahorais sont uniquement comoriens (coutumes, langue,conditions de la femme,habillement,religion…)
L'appartenance de Mayotte à la France n'a pas d'autres motifs qu'alimentaires ; la concentration de comoriens-mahorais à La Réunion puis à Marseille montre la pompe aspirante ainsi créée.Rien n'empêchera d'aider le développement des Comores réunifiées à condition que les comoriens acceptent la présence d'étrangers sur leurs terres ce qui n'est pas toujours le cas en Afrique.

Portrait de marie 75

De marie 75

16H14 | 15/04/2008 | Permalien

Mardi 15 Avril 2008

Deux morts, quatre rescapés et une quarantaine de disparus : une fois encore la traversée d'Anjouan vers Mayotte a fait des victimes.

Autour de Domoni, la côte est très découpée. Seules quelques petites plages permettent d'embarquer. (Photo d'archive).
C'est dans la soirée du samedi 12 avril, vers 19 heures, qu'une embarcation a quitté les côtes de Papani, au sud de Domoni, avec à son bord cinquante candidats à la migration. Les
hommes, femmes et enfants qui se partageaient les places dans la vedette n'auront même pas parcouru deux cent mètres avant que celle-ci ne chavire. C'est une passagère originaire de
Mwali qui aurait nagé jusqu'à la terre ferme pour annoncer le naufrage. Après trois quarts d'heure, les premiers secours -des habitants de Domoni- arrivent sur les lieux.

« On a entendu le ronflement des moteurs et une minute après c'était le silence, on a cru qu'ils avaient oublié quelque chose. Il faisait déjà noir et on a pas su que la vedette avait chaviré,
mais tout à coup, on a entendu derrière ! nous que vite, il faut sauver les gens dans la vedette, et on a couru », raconte Kadafi, qui avait assisté au départ de son ami.

Un homme de 26 ans qui tenait dans ses mains un bébé de six mois qui n'était pas le sien, a été secouru, de même qu'un autre naufragé qui était resté dans le kwassa, et qui a sauvé la
vie d'un enfant de deux ans et demi. Les secours ont aussi retrouvé le corps d'une femme d'environ 45 ans, décédée avant leur arrivée.

Au cours de cette nuit, seules ces six victimes - cinq rescapés et deux défunts- ont été repêchées. Ni les autorités, ni les pêcheur, n'ont essayé d'organiser d'autres recherches. « Vu le
manque de carburant qui frappe Anjouan, on ne peut pas aller au large », a affirmé un collectif de pêcheurs.

On peut penser que la quarantaine d'autres passagers ont été emportés par le courant de Papan ! i, l'une des plages les plus agitées de la région. On ignore ! s'il existe d'autres rescapés.
Le lendemain du naufrage, dimanche vers 15 heures, le hasard a fait transporter un autre corps au large de Domoni, celui d'une femme âgée d'une trentaine d'années. Les deux passeurs
n'ont pas été retrouvés.

Il y a tout juste une semaine, 30 autres personnes ont achevé leur route dans les coraux du lagon mahorais. Il a fallu l'intervention de la Police aux frontières (PAF) de Maore pour les
transporter saines et sauves au Centre hospitalier de Mayotte (CHM).

Depuis ce samedi soir, une partie de la population de la région de Domoni commence à hausser le ton et demande que justice soit faite. Alors qu'il était communément admis que le
régime de Bacar collaborait avec les réseaux de passeurs, des citoyens réclament des nouvelles autorités qu'elles se soucient de la question. « Maintenant, qu'est-ce que nos autorités
vont encore nous raconter ? O ! n savait que les brigades de gendarmerie n'étaient là que pour sécuriser les départs des kwassas et non la vie des gens. Nous voulons voir traduire ces
gens devant la justice » proteste ainsi Mwe Dhoiou, notable à Domoni.

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Une délégation française devait arriver lundi soir 14 avril aux environs de 23 heures à Moroni pour une mission de trois jours.

Selon le programme officiel communiqué par le ministère comorien des Affaires étrangères, la délégation rencontrera mardi 15 avril le ministre des Affaires étrangères à 10 heures, le
ministre de la Justice à 11 heures, puis le président de l'Union des Comores à 16 heures. Selon Mohamed Nafion, conseiller politique au ministère des Affaires étrangères, cette
délégation va sans doute évoquer avec les autorités de l'Union des Comores « des sujets d'intérêt mutuel » afin de relancer le dialogue entre les deux pays.

Au menu certainement, le sort de Mohamed Bacar et l'interruption des expulsions pratiquées par la France à Mayotte ! .

ANJOUAN Justice
Bacar : la FCDH prépare un dossier à charge
Mardi 15 Avril 2008

Le président de la Fédération comorienne des droits de l'Homme (FCDH), Nassur Mohamed Riziki, a annoncé vendredi 11 avril que son organisation mettait la dernière main à un rapport
qu'elle rendra public dans les prochains jours sur l'univers du président déchu de l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar, en matière des droits de l'Homme.
« Nous ne prétendons pas tout savoir sur l'univers Bacar », a dit le secrétaire général de la FCDH, Kaled Saïd, qui a fait état de 15 cas de viol et de violences sexuelles recensés, 400 cas de
tortures de détenus portant les stigmates de brûlures de cigarettes et cinq personnes brûlées au troisième degré de manière volontaire.

Selon le numéro deux de la FCDH, son organisation a recensé aussi une centaine d'enfants traumatisés par les arrestations musclées qu'opéraient les milices dans leurs foyers, tandis
que 200 prisonniers politiques libérés souffrent de malnutrition. D'anciens détenus ont révélé qu'ils pouvaient être laissés sans manger ni boire pendant ! deux à trois jours.

« Les tortionnaires avaient une technique bien à eux », a ajouté Echati Chadhouli, une militante anjouanaise de la FCDH, qui a expliqué que les tortures à la cigarette commençaient par
une question banale posée par des miliciens aux victimes, dans le genre : « Combien chaussez-vous » ? La question répondue, selon Mme Chadhouli, le prisonnier se fait indiquer un
nouveau numéro, désigné comme sa future pointure. « C'est après que les tortures commencent », a dit la militante de la FCDH. Selon elle, les tortures se poursuivront jusqu'à ce que les
deux pieds du supplicié enflent au point de ne plus pouvoir entrer dans ses chaussures.

D'après Mme Chadhouli, les miliciens se servaient de câbles de courant dégainés pour flageller leurs victimes, notamment les femmes qui leur re ! fusaient leurs charmes. « No ! us nous
constituerons partie civile contre Mohamed Bacar et ceux de ses compagnons identifiés comme auteurs ou complices des nombreuses tortures subies pendant le règne des rebelles
séparatistes », a-t-elle conclu.

(Panapress)

Lire à ce sujet Kashkazi n°70, mars 2008 : le récit des victimes du régime Bacar.
Disponible sur www.kashkazi.com

ANJOUAN Statut de Mayotte
Le Comité Maore pour « un Etat, deux administrations »
Mardi 15 Avril 2008

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Au cours d'une conférence de presse tenue samedi 12 avril à Moroni, le Comité Maoré, une association qui milite depuis des années pour le retour de l’île de Mayotte dans l’ensemble
comorien, a proposé la mise en place d'« un Etat, deux administrations ».

Cette proposition permettra, selon le Comité, « de clore petit à petit, dans une atmosphère gagnant-gagnant, le processus de décolonisation des Comores ». Il s'agit d'une petite
révolution au sein de cette association qui, jusqu'à présent, revendiquait le retour sans condition et immédiat de Mayotte dans l'ensemble politique comorien. Le Comité Maoré est
présent dans les quatre îles de l'archipel –même s'il est surtout actif en Grande-Comore- et en France.

L’organisation s'est par ai ! lleurs félicité de la position ferme des autorités comoriennes sur la question de Mayotte, notamment la dernière mesure du gouvernement visant à interdire le
transport de tout Comorien expulsé de Mayotte vers les trois autres îles.

A deux reprises, le gouvernement comorien a demandé aux autorités françaises de lui remettre le colonel Mohamed Bacar pour qu’il puisse répondre de ses crimes et autres actes de
tortures contre la population d’Anjouan. Le Comité Maoré appui cette démarche. Selon l'organisation, en opposant un refus à cette demande de l’Union des Comores, « la France montrera
encore au monde le peu de cas qu’elle fait de notre pays qui se devra d’en tirer toutes les conséquences ».

Enfin, pour le Comité Maoré, la justice comorienne ne doit aujourd’hui se concentrer sur le cas Mohamed Bacar ; elle devra aussi dépoussiérer les sombres pages du séparatisme pour !
entendre également ceux qui ont été aux avant-postes du séce ! ssionnisme à Anjouan. Le Comité appelle à « un traitement équitable de ceux qui sont aujourd’hui arrêtés et de ceux qui
ont servi à un titre ou un autre, à un moment ou un autre, le séparatisme ».

VM (avec APA)
ANJOUAN Mouvements sociaux, Syndicalisme
Des cailloux jetés sur la voiture de Christian Job
Mardi 15 Avril 2008

Envoyer Imprimer
Christian Job, ambassadeur de France aux Comores depuis 2005, a vu lundi 14 avril son véhicule caillassé par des jeunes lors de son passage dans le quartier d'Itsandra plage.

Le pare-brise de sa voiture a été cassé. Les recherches pour trouver les coupables n'ont pour l'instant rien donné. Seules les premiers pierres lancées ont été saisies par la gendarmerie
en attendant que leurs lanceurs soient rattrapés. Un incident qui fait suite aux mouvements de tension contre les wazungu (occidentaux) en Grande-Comore comme à Mayotte le 27
mars dernier après l'affaire Mohamed Bacar.

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ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers

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