Des boîtes de médicaments ont été déposées devant les préfectures pour dénoncer ce financement de la Sécu par les malades.
Entrées en vigueur le 1er janvier, les franchises médicales ont toujours du mal à passer. A l'appel du Collectif national contre les franchises médicales, plusieurs centaines de personnes dans toute la France sont allées déposer samedi des boîtes de médicaments vides devant les préfectures en signe de protestation. Ainsi que devant le ministère de la Santé à Paris. (Voir la vidéo)
50 centimes d'euro par boîte de médicaments et par acte paramédical, 2 euros par transport sanitaire, le tout dans la limite de 50 euros par an. La recette des franchises médicales devrait permettre, selon le gouvernement, de dégager 850 millions d'euros par an et de financer des dépenses nouvelles pour le plan Alzheimer, l'amélioration des soins palliatifs et la lutte contre le cancer.
Mais les griefs faits à leur encontre sont multiples. D'abord sur l'application. Le collectif, composé de 70 associations, syndicats et partis de gauche, dénonce :
« Les franchises sur les soins sont appliquées avec un tel zèle que certaines caisses de Sécurité sociale continuent de les prélever au-delà du plafond de 50 euros, tandis que des patients renoncent à certains soins. »
Ensuite sur le principe même du dispositif. Instaurer les franchises médicales revient à faire financer le système d'assurance maladie par les malades eux-mêmes. Avec la stigmatisation des patients atteints d'ALD (Affection de longue durée), l'argument est au coeur du combat de Bruno-Pascal Chevalier, malade du Sida en grève des soins, qui a lancé une pétition déjà signée par 170000 personnes.
« Le montant peut être augmenté par décret du jour au lendemain »
Deux millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté ne sont pas non plus exonérées de ces franchises médicales. Pas assez riches pour figurer au-dessus de ce seuil, mais trop riches pour ne pas avoir à payer ces frais médicaux supplémentaires.
Car ces frais s'ajoutent à d'autres franchises déjà existantes. Depuis 2004, la Sécu perçoit en effet un euro sur chaque consultation ou acte médical, également dans la limite d'un plafond de 50 euros par an.
Le docteur Christian Lehmann, porte-parole du collectif, précise qu'à cette double franchise s'en ajoutent encore deux de plus, qui sont « un forfait de 18 euros sur les actes techniques de 93 euros et un forfait hospitalier journalier de 15 euros » :
« Seul le principe de la franchise a été voté au Parlement, rappelle enfin Christian Lehmann, et son montant peut être augmenté par décret du jour au lendemain. » C'est pour éviter une telle augmentation qu'il participait ce samedi à la manifestation, même s'il confie n'attendre « rien de Nicolas Sarkozy » et « rien de Roselyne Bachelot ». La ministre de la Santé qui n'était pas présente samedi pour voir les marches de son ministère jonchées de boîtes de médicaments vides.

























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De castorpolitique
Rien | 19H19 | 12/04/2008 |
premier point : Nous avons le meilleur système de santé au monde, entre celui peu couteux et très égalitaire mais beaucoup moins efficace du Canada et le système américain, très efficaces… pour les très riches.
Il faut se battre pour le conserver, et si il a besoin d'une amélioration, c'est plutôt en augmentant son budget, pas en coupant partout.
Nos impôts, on sait où ils vont, et si les plus aisés, dont je fais parti, doivent payer un peu plus pour la solidarité, ça me gêne pas. Même si je pense que les beaucoup plus riches devraient être ciblés en premier.
second point : imaginons quelqu'un n'ayant pas les moyens de se payer les médicaments à cause de la franchise. Il attend, et si ça s'aggrave, alors ça lui coutera finalement très cher, ou plutôt, ça coutera très cher à la société, en arrêt maladie, ou en médicaments plus dispendieux. Si ça se trouve, les franchises nous coutent beaucoup d'argent !
Un exemple où c'est effectivement le cas : le secours en montagne. Ca coute moins cher à la société de payer un hélico pour aller chercher quelqu'un qui s'est fait une banale entorse plutôt que de le laisser rentrer par ses propres moyens, aggravant ainsi sa situation, et finalement, coutant plus cher à l'état et donc à nous !
C'est bizarre comme la solidarité, c'est efficace. Il faudrait peut-être lui expliquer à Sarkozy !
http://castorpolitique.wordpress.com
De kane85
20H52 | 12/04/2008 |
Pour combler le déficit de la Sécu nos gouvernants nous font payer :
- 1 euro sur chaque consultation médicale
- des contrôles intensifiés des arrêts de maladie
- une consultation de généraliste avant une consultation de spécialiste
- 18 euros de notre poche en franchise médicale, par exemple, sur un traitement de 91 euros
Ces mesures sont destinées, nous dit-on à combler ce fameux trou qui s'élève, à ce jour, à 11 milliards…
Or, qu'en est-il de l'Etat sur ses reversements à la Sécu ?
- Une partie des taxes sur le tabac non reversée : 7,8 milliards
- Une partie des taxes sur les alcools non reversée : 3,5 milliards
- Une partie des primes d'assurance automobiles, destinée à la Sécu, non reversée : 1,6 milliards
- La taxe sur industries polluantes non reversée : 1,2 milliards
- La part de TVA, destinée à la Sécu, non reversée : 2 milliards
- Le retard de paiement pour contrats aidées : 2,1
Qu'en est-il des entreprises pour ses paiements à la Sécu :
- Retard de reversement de cotisations : 1,9 milliards
Allez, on sort la calculette : 20,1 milliards d'euros manquent dans les caisses de la Sécu et ce n'est pas de notre fait.
On continue avec la calculette : le soi-disant et fameux déficit de la Sécu actuel de 11 milliards d'euros devrait, en réalité, être un excédent de 9 milliards d'euros, si les responsables de la Sécu avaient fait leur boulot en recouvrant les créances et si l'Etat et les entreprises versaient leur dû.
Ces chiffres sont issus du rapport des comptes de la Sécurité Sociale.
De kane85
22H54 | 12/04/2008 |
je suis de ceux qui refusent ! par principe ! et je n'ai pas la CMU.
Et voir mon post plus haut au sujet d'un soit disant trou de la sécu.
Mon Oncle a été l'un des premiers médecins conventionnés et prenait deux fois trois semaines de vacances par an pour éviter de dépasser un certain niveau d'impôts. Il ne s'est jamais plaint, au contraire, il trouvait le système très pratique.
Je trouve très offensant de parler d'abattage et salaires des médecins quand :
- ils ne veulent pas aller travailler dans les campagnes et de ce fait nous, qui habitons les dites campagnes, sommes obligés de faire des kilomètres pour en trouver un.
- les revenus des médecins sont loin de les faire habiter dans des HLM. (ne me mettez pas la longueur des études dans le nez, il y a des BAC+10 qui ne s'en sortent pas et voudraient bien être payés aussi décemment que les médecins)
- ces médecins voient moins de malades et prescrivent moins ! ! ! c'est du n'importe quoi ! ! ça veux dire qu'il faut un médecin de plus pour voir les malades que le premier n'a pas vu ! Il y a toujours autant de malades que je sache ! c'est pas parce qu'un médecin en voit moins qu'il y en a moins.
De plus, je ne vois pas en quoi un médecin conventionné et sans dépassement verrait plus souvent les patient ? ça sous entendrait qu'il ferait express de mal soigner les grippes, angines et autres rhumes pour voir revenir les patients ? quant à la multiplication des actes ? Quid ?
quand à ce que je pense des dépassements d'honoraires :
Cas dans le sud : une jeune femme va voir un chirurgien pour un cancer du sein.
Il lui explique bien qu'à son âge faut opérer vite car ça risque de dégénérer vite. Il lui donne rendez vous dans 10 puis dans la foulée il lui dit de voir sa secrétaire qui lui préparera son dossier et lui demandera un « dépassement d'honoraire de 400 euros » « en liquide s'il vous plait ».
Elle fond en larme : elle n'a pas 400 euro ! elle vit chez ses parents, élève seule son enfant depuis que « monsieur » est partie sans laisser d'adresse et est au chômage.
Réponse de l'éminent docteur qui est là pour soigner et a fait le serment d'hypocrate (serment d'hypocrite oui) : A, je vais vous donner l'adresse d'un collègue qui ne fait pas de dépassement d'honoraires mais je vous préviens, il risque de vous faire attendre plusieurs mois avant de vous opérer ! ! ! »
Répugnant ! c'est de l'assassinat !
Le « dépassement d'honoraires est de plus en plus pratiqué dans le sud… voilà où mène une politique à “l'américaine” : les riches serons soignés, les pauvres crèverons.
Merci ! !
Je ne peux adhérer à vos pratiques et non, je n'accepte pas les franchises.
De Pete Bondurant
Celui qui fait le sale boulot! | 15H00 | 13/04/2008 |
Oui, bravo ! Ert que ça continue, à chacun d'assumer ses responsabilités, et concernant le trou de la sécu l'état n'est pas en reste.
Tout ça est bien regrettable en effet. Etant moi-même en ALD (affection longue durée) je me suis intéressé au rapport de la cour des comptes publié en septembre 2007. C'est on ne peut plus édifiant même si un peu rébarbatif à lire…
Un petit résumé permet d'établir clairement que si l'état payait sa dette à la sécu et lui octroyait une ligne budgétaire digne de se nom les choses seraient bien différentes, plus de trou, hé, hé.
Lisez vous même
»…Au 31 décembre 2006, les dettes comptabilisées à ce titre (la dette de l'état) dans le bilan de l'Etat s'élevaient à 9,13 Ms€ en incluant les charges à payer constatées en fin d'exercice, soit une progression au cours de l'exercice 2006 de près d'un milliard d'euros24.
Si l'établissement du bilan de l'Etat a permis enfin la reconnaissance par ce dernier des « dettes anciennes », il n'en demeure pas moins qu'il ne les a toujours pas réglées.
…la Cour estime que cette situation ne saurait se prolonger sans affecter la sincérité des états financiers du régime général.
Dès lors que l'Etat vient de reconnaître ses dettes dans ses comptes 2006, il doit s'en acquitter dans les meilleurs délais.
Afin d'éviter la reconstitution de nouvelles dettes, il importe que l'Etat inscrive des dotations budgétaires suffisantes pour faire face à ses engagements et pour éviter qu'ils ne s'accroissent d'année en année. »
À ne pas négliger non plus dans la Synthèse du rapport,
»…De nombreux dispositifs d'exonération, de réduction ou de redressement d'assiette se sont superposés et conduisent à minorer les produits des régimes, et notamment du régime général.
Un objectif général de réduction de ces dispositifs devrait être retenu.
…Quant aux modalités de calcul des contributions des employeurs publics, elles induisent une inégalité de traitement injustifiable avec les employeurs du secteur privé.
L'examen de la concentration par individu bénéficiaire des avantages accordés conduit à recommander en particulier la suppression ou le plafonnement de l'exonération des cotisations sociales appliquées à la plus-value d'acquisition des stock-options, aux déductions forfaitaires spécifiques dont bénéficient certaines professions et aux avantages de départ en retraite et de licenciement. »
Il faudrait donc d'après la cour des comptes :
»… Réexaminer ou plafonner les exonérations de cotisations sociales appliquées à la plus-value d'acquisition des stock-options, aux déductions forfaitaires spécifiques dont bénéficient certaines professions et aux avantages de départ en retraite et de licenciement.
… Aligner les taux et les assiettes des cotisations patronales famille et maladie du secteur public sur ceux du secteur marchand.
… Apurer les dettes anciennes de l'Etat vis-à-vis des régimes sociaux. »
Évidemment l'état remboursera ce qu'il doit quand les poules auront des dents. Quant à la baisse du taux
d « exonération des stock-options et autres régimes spéciaux on pense les évoquer à la saint Glinglin
Il est bien plus facile de faire raquer les malades, c'est du racket organisé ! Y en a marre de payer pour les dettes de l'état et à la place des parachutistes dorés ; des dettes, on en a bien assez nous-mêmes ! !