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Peut-on encore parler à la police? Oui, mais...

Un récent article publié sur Rue89 s'intitulait « Outrages à agent : peut-on encore parler aux policiers ? . A la question “Faut-il parler aux policiers ? ‘, la réponse me semble être oui. Mais pas dans n’importe conditions, ni à tout prix. Je pense que la diplomatie, la psychologie et le respect mutuel ainsi que la non-violence peuvent être constructifs et payants, et même devenir des armes puissantes.

Si vous passez devant un CRS en criant « CRS SS », vous n’obtiendrez rien, c’est sûr. D’autant que c’est faux ,comme toute provocation similaire ou toute généralisation hâtive.

Chez les CRS comme dans tout le reste de la population dite « normale », il y a environ 80% de cons (névrosés graves, obsessionnels, psychopathes, pervers, voire des individus pas très évolués ni futés…). Mais pas davantage que sur l’ensemble de la population, toutes catégories confondues. Il y a donc 20 % d’individus qui ne le sont pas.

Flic, un métier d'ordres

Certes, ils sont flics. Il ne faut jamais l’oublier : ils ont choisi un métier d’ordre et reçoivent des ordres. Mais ce sont des hommes, et cela, il ne faut pas l’oublier non plus ; ce ne sont pas tous des brutes épaisses, et, si votre cause est juste, ils peuvent même se révéler convaincus. Vous en faites alors des alliés objectifs à votre cause, et cela crée une force puissante et déstabilisatrice pour les pouvoirs établis, qui, eux, cherchent tous, à droite comme à gauche, à imposer leurs vues, même si elles sont injustes et anti-démocratiques.

Si vous vous présentez calmement, correctement habillés et en vous exprimant de manière sensée, cela peut marcher ; on ne perd rien à prendre ce risque. C'était mon cas lundi dernier, lors de la manifestation au Trocadéro en faveur du Tibet. Je m’étais enveloppé d’un drapeau tibétain et de divers calicots au vent, mais j’avais aussi une cravate, un chapeau respectable style sous-préfet, des chaussures noires cirées etc… et l’habit -qu’on le veuille ou non- « fait le moine ». Tibétain ou non.

Echange sympathique au Trocadéro

Or donc, place du Trocadéro où je me trouvais avec les militants des droits de l’homme et les tibétains, j’ai eu en aparté un échange et une discussion sympathique, spontanée et je pense positive avec un officier de CRS ; un simple sourire de complicité, non narquois bien sûr, mais humain, peut se révéler efficace pour vaincre bien des barrières. Tout au moins dans certaines limites.

Certes, cela reste marginal voire exceptionnel mais je pense que cela peut aider à faire germer la prise de conscience ainsi que le civisme républicain de manière assez forte bien qu’insidieuse.

Bien sûr, un CRS reste et restera toujours un policier, et puis il y eût aussi des heurts inévitables et frontaux, mais l’un n’exclut pas l’autre et les violences ne sont pas toujours en définitive bénéfiques aux forces de l’ordre dès lors où elles renforcent les crispations, les déterminations et les émulations.

Mais, en tout cas, cela prouve que l’on n’obtient rien par l’affrontement systématique ou exclusif et que l’on peut parler à un policier... enfin : dans une démocratie. CQFD.


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Par Aargh
18H18    11/04/2008

on a en France un vrai problème d’éthique policière, et votre papier le montre. Là où il faut amadouer le CRS pour ne pas se faire tabasser, il faudrait que ledit CRS sache qu’il ne peut pas laisser libre cours à ces mauvaises pulsions sous peine d’être sanctionné. Malheureusement, de nombreux exemples montrent que les tribunaux, les autorités et parfois le public (si, si !) les jugent dans leur droit par défaut.
Cet état de fait est en fait très préjudiciable pour la confiance que l’on peut avoir envers ce service public indispensable, mais en l’absence de déontologie des forces de l’ordre, on reste dans l’épreuve de force avec l’impression d’être en dehors de l’état de droit. et je veux dire, une déontologie vivante, appliquée, qui forme la colonne vertébrale des agents et qui fait qu’ils ont une sorte de règle interne grâce à laquelle ils peuvent juger par eux-même qu’il est illégal de confisquer des drapeaux tibétains, par exemple…

 
Par catapulte
23H05    11/04/2008

« Si vous vous présentez calmement, correctement habillés et en vous exprimant de manière sensée, cela peut marcher; on ne perd rien à prendre ce risque. »

Et si je me pointe avec un jean grunge ou un sweat à capuche ?

Ils ont le droit de me matraquer ???

Curieuse conception des droits de l’homme…

 
Par François Doutriaux
02H07    12/04/2008

Dans le même ordre d’idée, il est « intéressant » de flâner à la gare de lyon…

A n’importe quelle heure de la journée, les patrouilles de policier y ménent une chasse musclée au contrevenant dépourvu de ticket.

Etrangement, les personnes contrôlés sont toutes d’origines africaine ou maghrébine.

A plusieurs reprises ces dernières semaines, j’ai pu voir de jeunes gens (20/25 ans) faire l’objet de contrôle pour le moins « énergique » : coincés contre un coin de mur entre trois policiers, à l’écart de la foule. Parfois en pleurs. Subissant des palpations de sécurité pour le moins humiliantes.

L’objet de ces contrôles était à l’évidence de s’assurer de la détention d’une carte d’identité nationale ou de papiers de séjour.

On ne peut s’empêcher de ressentir un profond malaise en assistant à de telles scénes. Soit je suis paranoïaque, soit le climat se dégrade à trés grande vitesse…