Des retraités pour remplacer les profs enceintes
En Ille-et-Vilaine, les professeurs des écoles retraités ont reçu un courrier les conviant à reprendre du service.
En Ille-et-Vilaine, les professeurs des écoles retraités ont commencé à recevoir début avril un courrier les conviant à reprendre du service. Aussitôt, et avant même les vacances de printemps, qui démarrent à la fin de cette semaine, samedi 12 avril, dans cette zone.
C'est un instituteur, toujours actif celui-là, qui nous a communiqué le courrier adressé par l'inspection académique du département. La lettre est datée du 21 mars, signée de Jean-Charles Huchet, inspecteur d'académie, et elle indique :
« Je vous informe que vous avez la possibilité, si vous le souhaitez, de reprendre une activité enseignante au sein des écoles publiques d'Ille-et-Vilaine. Cette activité, qui peut être exercée sur des suppléances de courte ou moyenne durée, est rémunérée sous forme d'heures de vacations. Elle est désormais compatible avec la condition de retraité de la fonction publique. »
C'était une première dans cette académie. Mais d'autres avaient précédé l'Ille-et-Vilaine, à l'instar de l'académie de Créteil, qui battait le rappel pour une centaine de retraités en janvier dernier. Depuis sa « petite annonce » très profilée, l'inspection d'académie indique avoir reçu « une dizaine de candidatures entre vendredi et mardi ». Ces enrôlés volontaires seront affectés à des postes dans le département d'ici les vacances de Pâques. Peut-être au-delà aussi.
A l'heure d'une mobilisation nationale contre la suppression de dizaines de milliers de postes d'enseignants, principalement dans le secondaire, cette offre aux professeurs des écoles de premier degré prend l'actualité à contre-temps. Et le monde enseignant à revers.
Côté syndicats enseignants, on déplore ainsi « qu'on vende une solution conjoncturelle à un problème structurel ». Dominique Peudenier-Lebossé est représentante SGEN-CFDT dans le département. Elle affirme n'avoir aucun accès aux chiffres précis de ce recrutement mais dénonce la politique choisie dans le département :
« Ce sont eux, à l'inspection académique, qui ont justement organisé ce déficit. Cette situation est aujourd'hui de leur responsabilité, dans un département où le flux migratoire est positif depuis près de dix ans. L'Ille-et-Vilaine attire les gens : rien que cette année, on a compté 576 élèves de plus dans le premier degré. Or on n'a créé que douze postes. Faites le calcul : ça fait un enseignant pour 48 élèves ! “
‘Compter avec les décès, les départs, les congés maternité’
Dans ce département réputé pour la difficulté de ses concours d'accès à l'enseignement -les syndicats arguent que les candidats à l'IUFM sont recalés à 13 de moyenne-, l'heure n'est pas aux fermetures de classes mais plutôt à épuiser systématiquement les listes complémentaires. A la SGEN-CFDT, on note même que la tendance va crescendo :
‘Ça fait longtemps qu'on comble les postes vacants par le recours à la liste complémentaire. Mais, cette année, elle était épuisée avant la fin du mois de décembre. Que faire le reste de l'année, sachant qu'on sait bien que des enseignants quittent leur poste en cours d'année scolaire : il faut compter avec les décès, les départs, les congés maternité… D'habitude, on rouvre une liste complémentaire au moins jusqu'à fin janvier. Cette fois, l'inspection académique n'a rien voulu entendre après Noël.’
Les congés maternité : c'est aussi l'argument avancé par Jean-Charles Huet, l'inspecteur d'académie, pour justifier le recours aux retraités de l'Education nationale. Contacté par Rue89, il précise que même les contingents de professeurs titulaires remplaçants sont touchés par les congés maternité, ‘à raison d'un remplaçant sur quatre’ :
‘Cette situation est liée au rajeunissement et à la féminisation de l'enseignement. Il y a forcément plus de congés maternité. Mais, surtout, les jeunes mères ont de nouvelles habitudes : elles prennent systématiquement un arrêt maladie avant le début de leur congé maternité, et le prolongent par un autre arrêt maladie…’
Côté enseignants, on s'étonne que l'Education nationale n'ait pas anticipé la tendance en ouvrant davantage le recrutement si 80% des nouveaux professeurs des écoles sont vraiment des femmes entre 25 et 40 ans, comme le dit l'administration.
De tous les enseignants contactés pour cet article dans le périmètre concerné, aucun ne connaissait de retraité qui ait accepté de donner suite au courrier. Mais, d'après le rectorat, les premiers retraités à avoir repris du service auraient commencé cette semaine. Toutefois, l'intiative pourrait se poursuivre : même s'ils sont payés plus cher au tarif horaire, les retraités-vacatires sont mobilisables au coup par coup.
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Sudoku et Nord de face
Sudoku et Nord de face
quand les retraités seront trop vieux, on imposera la pilule obligatoire pour les profs.
vous me direz qu'il y a déjà eu la cigüe obligatoire ; mais c'était dans l'antiquité.
Mais peut-être se délestent-ils des profs, parce qu'un visionnaire à prévu le remplacement du prof par un ORDI ?




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