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Quatre exécutions au Japon: la peine de mort sans débat

La Japon est, avec les Etats-Unis, le seul pays industrialisé à pratiquer la peine de mort, et semble décidé à y recourir plus fréquemment encore. On a ainsi appris jeudi que quatre nouvelles exécutions capitales avaient eu lieu, portant à sept leur nombre depuis le début de l'année, contre neuf pour l'ensemble de 2007.

Les exécutions capitales au Japon se déroulent dans la plus grande discrétion : même les familles des condamnés ne sont informées qu'après la pendaison, pas avant, et les noms des suppliciés ne sont pas révélés. Les condamnés eux-même ne sont prévenus que deux heures avant leur mise à mort, alors qu'ils attendent plusieurs années dans le « couloir de la mort ». Jeudi, les autorités ont simplement précisé que les condamnés avaient entre 41 et 62 ans, et que les exécutions ont eu lieu dans quatre localités différentes de l'archipel.

Les enquêtes d'opinion donnent une écrasante majorité (81% en 2005) en faveur du maintien de la peine capitale. Mais ce ne fut pas toujours le cas : l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, en 1995, a semble-t-il joué un rôle important dans le durcissement de l'opinion. Auparavant, le Japon avait même connu un moratoire des exécutions, entre 1989 et 1993, principalement dû à la position personnelle du ministre de la justice de l'époque, qui refusait par conviction de signer les décrets.

De nouveau en 2005, un ministre de la justice, Seiken Sugiura, a refusé de cautionner personnellement les exécutions capitales, et il n'y en a pas eu pendant plus d'un an. Elles ont repris en décembre 2006, et, en l'absence de changement de loi, les tribunaux continuaient à prononcer des condamnations à la peine capitale. Plusieurs dizaines de condamnés attendent toujours dans le « couloir de la mort », certains depuis dix ans. Des ONG japonaises et internationales (voir un rapport complet de la FIDH remontant à 2003) critiquent cet état de fait, mais sans grand impact sur l'opinion publique.

Outre les Etats-Unis et le Japon, deux autres pays dotés de systèmes politiques démocratiques pratiquent toujours la peine de mort : l'Inde et Taiwan. Partout ailleurs dans le monde démocratique, la peine capitale a été abolie, comme dans tous les pays de l'Union européenne, ou suspendue. Les recordmen d'exécutions capitales restent la Chine, loin devant même si une récente réforme des procédures d'appel devrait réduire le nombre de mises à mort, et l'Iran, suivis des Etats-Unis même si certains Etats ont rejoint le camp des abolitionnistes.


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Gilliatt
15H50 10/04/2008
demain, je tente: On est deja arrive a discuter pas mal sur la seconde guerre mondiale; le pourrisement des relations entre le Japon et ses voisins; les alternatives politiques lors des elections. je vais voir jusqu'ou on peut aller avant de faire caler la discussion. je precise, j'ecris sans accent depuis Tokyo (tant qu'a faire). Et a Okinawa, Doo desu ka?
 
Obash
17H21 10/04/2008
Bonjour, L'attitude des japonais fâce à la peine de mort est en effet complexe : -d'une part, historiquement, la peine de mort (quelque soit sa forme) a toujours existée dans ce pays. Ce qui évolue, c'est son application selon les circonstances. D'ailleurs, si l'attaque au sarin a marqué l'opinion, d'autres crimes particulièrement choquants ont fait évolué le débat (des enfants mineurs ayant assassiné leur famille avec préméditation par exemple). -culturellement, la société japonaise est très éloignée de la notre. En effet, la société est plus basée sur la/les communauté (un individu n'existe que par sa communauté. Un élément à risque n'est pas percu de la même facon que nous). Ainsi, la valeur de la "vie" n'est pas comparable. Cela dit, ce qui m'inquiète le plus en ce moment, c'est l'actuelle montée de l'extremisme et du pro-militarisme. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce sujet... J'allais oublier, il y a bien débat sur la question, mais le contexte politique du parti unique (dans les faits) de droite ne constitue pas un moteur idéal.
 
Jo_le_mojo
20H28 10/04/2008
C'est tout de même navrant j'ai peine à lire tout ces posts étant pour la peine de mort, mais depuis plus de deux siècles ce débat existe lisez Hugo bordel! La société ne pourra punir un crime en tuant quelqu'un et ça n'arrêtera pas les criminelles, au moyen âge ils s'en foutaient complètement voir encore aujourd'hui. Ca serait une régression social de la réhabiliter on tomberait dans le bas instinct des pulsions meurtrière de la foule qui veut une "justice". Et je vois bien le discours sécuritaire "mais s'il recommence" on ne peut le prévoir mais dans combien de cas est-ce réel? Enfin ça ne pourra jamais convaincre un partisan de la peine de mort mais bon je reste révolté qu'il y en est encore en France...
 
otto didakt | citoyen en colère
21H39 10/04/2008
je suggère pour les cinéphiles la vision du 'tu ne tueras point" de Krzysztof Kieslowski ! pour méditer sur la vengeance...
 
Bardamu | difficile
21H46 10/04/2008
Il faut être contre la peine de mort, non pas sous l'effet d'une ridicule sensiblerie, mais pour des raisons fortes : - La peine de mort n'est pas dissuasive, toutes les études l'attestent. - Elle est irréversible, donc il ne peut y avoir réparation en cas d'erreur judiciaire. - Elle est contradictoire avec les valeurs que la société entend défendre : si le meurtre est un interdit, le meilleur moyen de le démontrer est que l'Etat ne transgresse pas cet interdit (sinon, il serait loisible de voler les voleurs, ou de violer les violeurs!). - Enfin, il me paraît évident que la seule peine digne d'un Etat démocratique est la privation de liberté : le niveau de civilisation d'un Etat se mesure à la façon dont il traite ses délinquants. Seules les dictatures ont besoin de supplices exemplaires, pas les Etats forts.