A la une 10/04/2008 à 17h31

OGM : Kosciusko-Morizet pas si isolée au sein de l'UMP


Tancée pour son coup de gueule contre la majorité à propos des OGM, la secrétaire d'Etat a des soutiens à l'Assemblée et au Sénat.


Nathalie Kosciusko-Morizet en novembre à l'Assemblée (Jacky Naegelen/Reuters)

Délicate entrée en matière, mercredi, pour Nathalie Kosciusko-Morizet. Quelques minutes avant son intronisation au poste de secrétaire générale adjointe de l'UMP, la secrétaire d'Etat à l'Ecologie a été sommée par le Premier ministre en personne de présenter des « excuses publiques » pour ses propos tenus dans Le Monde daté de jeudi :

« Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaye de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le service minimum. »

Aussitôt demandé, aussitôt fait. NKM s'est vue contrainte de ressortir la rengaine habituelle en cas de rébellion ministérielle : « Les propos qu'on me prête aujourd'hui dans le journal Le Monde ont été déformés. » Et, ravalant un peu plus encore sa fierté : « Je souhaite présenter des excuses à Jean-Louis Borloo et à Jean-François Copé. »

La polémique est close, assurait-on alors dans les rangs de la majorité. François Fillon, qui menaçait d'en tirer « toutes les conséquences », n'ira donc pas (pour l'instant ? ) jusqu'à démettre Nathalie Kosciusko-Morizet de ses fonctions ministérielles. Tout juste a-t-il interdit la secrétaire d'Etat de présence à l'Assemblée nationale mercredi et de visite en Japon, prévue à partir de vendredi.

« Certains de ses collègues auraient pu présenter leurs excuses »

Matignon, son ministre de tutelle, le président du groupe UMP à l'Assemblée... NKM semble bien esseulée au sein de la majorité. Pourtant, nombre d'élus de base tentent de se faire entendre pour venir la défendre. Au premier rang desquels François Grosdidier.

Pour le député UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet « a été très maltraitée pendant ces débats et ce sont certains de [ses] collègues qui auraient pu présenter leurs excuses ». Des collègues qui lui ont réservé un traitement « injuste » car ils « ont dénaturé le projet du gouvernement » sur les OGM et ont obligé Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet « à faire semblant de nous faire croire que c'était le même » :

Sans compter qu'il n'est pas le seul à s'époumoner contre le projet de loi OGM adopté mercredi par l'Assemblée. Jamais, depuis l'arrivée de la droite au pouvoir en 2002, un texte n'avait été voté à une si courte majorité (245 voix contre 228). Surtout, 10 députés UMP ont voté contre et 31 se sont abstenus. François Grosdidier parle d'« une crise de conscience, presque une crise politique. Et encore c'est parce que le Premier ministre leur a demandé de voter non pas pour le texte mais pour le contexte » :

Une lettre d'« indignation et de révolte » au président du groupe UMP du Sénat

Voir le document

(Fichier PDF)

La vague de contestation née à l'Assemblée pourrait maintenant atteindre le Sénat, en passe de devenir LE lieu de la contestation. Après avoir vidé de sa substance l'amendement ADN dans le cadre du dernier projet de loi sur l'immigration, les sénateurs pourraient pousser la contestation lors de l'examen du projet de loi sur les OGM en deuxième lecture à partir du 16 avril. L'UMP Jean-François Le Grand a d'ores et déjà lancé les hostilités.

Ancien président de l'intergroupe sur les OGM lors du Grenelle de l'environnement, puis de la Haute autorité provisoire sur les OGM, il a pris sa plume pour dire son « indignation » et sa « révolte » à Henri de Raincourt, président du groupe UMP au Sénat. Dans une lettre que Rue89 s'est procurée, celui qui dit être un « homme libre » ne craint pas une éventuelle « exclusion » en exprimant le fond de sa pensée :

« Ma conviction politique repose sur les valeurs gaullistes : le seul combat qui vaille est le combat pour l'homme et, dans cet esprit, pour moi, c'est l'économie qui est au service de l'homme et non l'inverse, d'où mon regard extrêmement critique à l'égard du libéralisme, “solution à tous nos problèmes'.

‘Une autre valeur gaulliste est ce refus passionné de ne jamais céder aux fatalités et notamment, dans le cas présent, à celle d'un monde selon Monsanto… !

A défaut d'avoir pour l'heure obtenu gain de cause, Nathalie Kosciusko-Morizet doit au moins se sentir un peu moins isolée au sein de son propre camp.


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  • Sébastien Guittard
    • Posté à 18h27 le 10/04/2008

    Quelque chose m'étonne dans cette polémique entre la ministre et le groupe UMP à l'Assemblée Nationale.
    Si j'ai tout suivi dans les instances de la cinquième République, les élus sont là pour représenter le peuple et non pour soutenir le gouvernement.
    Et que nous dit M Coppé ? ? En gros, on a pas bien compris ce que disait le gouvernement, on s'est fourvoyé sur son intention de vote, etc...
    Mais messieurs, vous êtes de grandes personnes, élues pour réfléchir, aidées en celà par vos attachés parlementaires, et des conseillers ! ! ! Et en plus, vous êtes très bien payés pour le faire ! ! ! Si vous ne concevez votre rôle que comme des presse-boutons aux ordres du gouvernement, démissionnez immédiatement ! ! !
    Je n'ai que faire d'un député qui n'est pas capable de lire un texte de loi, ni de s'en faire une opinion personnelle, et attend sous les ors du Palais Bourbon que la lumière divine vienne l'éclairer sur son choix...
    Revenez aux « fondamentaux » de la politique. Des hommes et des femmes qui pensent et agissent au nom du peuple de France !

  • juliettelucie
    • Posté à 19h17 le 10/04/2008

    J'ai envoyé un e-mail à M. Le Grand, pour le féliciter et l'encourager. Voilà quelqu'un qui porte bien son nom. Si vous voulez m'imiter : Lien
    Je n'ai pas trouvé d'e-mail pour contacter NKM ou son bureau, donc elle aura une lettre papier.
    A aucun moment ne doivent-ils se sentir seuls !

  • cowboysolitaire
    cowboysolitaire répond à boissonzyskind
    doctorant
    • Posté à 19h26 le 10/04/2008
    • Internaute
      doctorant

    C'est bien la tout le problème du fait majoritaire qui caractérise notre République depuis 1962 et l'élection du Président au suffrage universel direct. Les députés du même bord politique que le président sont élus principalement pour traduire en lois son programme politique, phénomène encore accentué par le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral. Les députés critiquant trop ouvertement la position de leur leader risquent d'être lachés par le parti, et se faire réélire sans le soutien d'un appareil partisan est assez difficile..

  • Servais-Jean
    • Posté à 19h53 le 10/04/2008
    • Internaute
      43

    J'ai mis un « top » en fin d'article mais c'était pour Chimulus. Je lirai l'article aprés les infos à la télé.

  • TARPON
    • Posté à 20h35 le 10/04/2008

    helas ,meme les mesures qui engagent l'avenir des futures generations sont prises au nom de l'urgence politique sans se preoccuper de l'avis des français.Comment a t'on pu arriver un an apres l'election presidentielle a un tel fiasco ?
    Meme la gauche qui avait les moyens lors du congres de stopper cette derive n'a rien fait.
    Sur qui peut on compter aujourd'jui ? Jamais un tel bordel n'a existé au sommet de l'etat.