» Ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux partant à la retraite » . Cet objectif du ministre Darcos est significatif de la méthode d'ensemble du gouvernement concernant l'Etat : d'un côté faire des économies, de l'autre réformer, sans réunir les deux propos et sans se référer explicitement aux dysfonctionnements, notamment aux abus dénoncés depuis des années par la Cour des comptes. Qu'attendent les parlementaires qualifiés, les syndicats, le PS, les autres partis de gauche et même certains tenants de la majorité pour dénoncer cette » méthode » , tout en affirmant la nécessité impérieuse de réformer l'Etat mais avec une vraie stratégie du changement.
Des réformes qui ne s'attachent qu'aux symptômes
L'école est particulièrement concernée. Chaque nouveau ministre de l'Education nationale, quel que soit son bord, croit devoir, dès le pied mis rue de Grenelle, s'engager dans des réformes vite grignotées ou étouffées par le mammouth et qui ne s'attachent qu'aux symptômes (incivilités, violences, illettrisme, évasion annuelle de 150000 jeunes en échec total), sans que les mécanismes profonds du fiasco ne soient mis en évidence.
D'où l'incapacité, notamment après les incendies des banlieues de novembre 2005 comme à l'occasion de la crise du CPE, de pointer les liens entre les rouages et les contenus du système scolaire et la crise sociale. Actuellement, succédant à celle déjà calamiteuse de De Robien, on assiste à une gestion véritablement schizophrénique du ministère par Xavier Darcos : modalité bureaucratique de suppression de postes ; réformes improvisées et aberrantes ; entre les deux aucune analyse critique du fonctionnement administratif de notre Education nationale et aucun projet d'avenir.
Or notre système scolaire amalgame un double héritage :
- Il perdure comme institution napoléonienne jamais remaniée sous les Républiques : centralisation, système rectoral, pédagogie codifiée par circulaire dans des bureaux cloisonnés, hiérarchie d'inspections, normes généralisantes et abstraites comme l'entrée des enfants au CP selon leur année de naissance et non selon leur profil personnel…
- Il se revendique d'une idéologie républicaine qui combine un postulat d' égalité illusoire et le concept de méritocratie. L'école, par la généralisation, sans réflexion institutionnelle ni intellectuelle d'un enseignement secondaire conçu au XIXème siècle pour une mince couche sociale, est devenue une machine à sélectionner. La réussite passe par l'absorption d'une culture encyclopédique et abstraite, condition du parcours ultérieur de voies d'excellence généreusement financées par l'État : classes préparatoires, grandes écoles ouvrant aux carrières prestigieuses publiques et privées.
La méritocratie républicaine ou le poison idéologique du mépris
Fondement de l'édifice social, ce système engendre d'un côté une arrogance pas forcément consciente dans la haute fonction publique, de l'autre des frustrations multiples. Certains voudraient faire perdurer le tabou de cette méritocratie républicaine par l'ouverture des concours à quelques bons élèves de banlieues. Mais l'idéologie des Pères de la République se réclame de la sélection d'une » élite de l'esprit » par l'enseignement secondaire, et les diplômes et les métiers physiques, pénibles, manuels, » sales » n'y sont pas reconnus dans leur utilité sociale, ils restent au bas de l'échelle des considérations et des rémunérations. D'où la perception de l'enseignement technique ou professionnel comme une voie de rebut pour non » méritants » . Le leitmotiv d'une société française en crise parce que l'ascenseur social ne fonctionne plus, cautionne ainsi l'image d'une société pyramidale et le poison idéologique du mépris.
Prétendre » intégrer » sans toucher à cette idéologie négatrice de la fraternité est un leurre et une hypocrisie que la gauche devrait enfin remettre explicitement en cause… De surcroît les comportements d'une partie de l'élite parvenue au sommet peuvent être intolérables : anciens élèves des grandes écoles pantouflant dans le privé sans indemniser l'Etat qui a payé leur formation, va et vient entre la haute fonction publique et la direction des plus grandes entreprises, parachutes dorés, cumul des mandats, dépenses inconsidérées en voyages, en réceptions fastueuses.
Dans un pays qui prône l'égalité, ces dysfonctionnements, couteux, sont particulièrement scandaleux. L'inefficacité par rapport au terrain des hiérarchies administratives -dont il faudrait absolument revoir la matrice napoléonienne- n'est jamais mise en cause, alors qu'il y aurait là de véritables économies à opérer, outre le fait qu'il est grotesque de prétendre gérer l'éducation par circulaires. Les fonctions régaliennes de l'Etat en matière scolaire sont à redéfinir. La partie, qui se joue au ministère de l'Education nationale, lance un défi majeur aux forces de gauche pour qu'elles se mettent au travail et se concertent afin, face au cafouillage actuel, d' offrir rapidement un vrai projet alternatif.






















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De manu13
10H12 | 11/04/2008 |
Moui. Comme pour tout, il y a du vrai là-dedans, mais bon.
Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.
Que de chiens enragés, en ce moment…
http://journalduntraducteur.wordpress.com
à manu13
De karlM
09H06 | 12/04/2008 |
Je suis assez d'accord à force d'obéir aux injonctions de la compétition… symbolisée par les notes, on favorise l'émergeance d'une élite implacable qui ensuite n'a plus de doutes sur sa supériorité. (et impose ses vues sans concertation… rôle positif de la colonisation ! ! ! ). Les programmes sont à repenser par les citoyens.
Par ailleurs, j'ai entendu que Fillon accusait les profs de monter la tête aux jeunes.
Mais qui ne réagit pas en connaissant cela :
Très concrètement, à la rentrée prochaine dans la Loire, en collège, nous aurons 240 élèves de plus mais 44 postes d'enseignants seront supprimés.
Nous aurons en primaire 720 élèves supplémentaires. Il sera créé 7 postes. Soit 1 poste pour 103 élèves.
Nous comptabilisons 20 fermetures de classes en lycées d'enseignement général et nous ne savons pas encore combien de BEP disparaîtront dans les lycées d'enseignement professionnel.
à karlM
De kawouede
16H56 | 12/04/2008 |
D'accord avec KarlM
Non pas réformer par la pénurie, mais vers le haut : pour en finir avec l'hypocrisie républicaniste (et non avec l'idéal républicain, c'est autre chose), l'hyper centralisation, etc.)
Bravo Mme Citron dont je recommande les livres
De Seccotine
10H32 | 11/04/2008 |
Extrait du Communiqué de presse de Ferc CGT- FO- FSU- Sgen CFTD- UNSA éducation- FCPE de l'Essonne réagissant aux propos du Préfet alors qu'ils étaient reçus en délégation :
« Vous pouvez poursuivre vos gesticulations de rue et même préparer vos banderoles pour l'année prochaine, rien ne sera changé concernant les décisions nationales ».
à Seccotine
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 12H19 | 11/04/2008 |
Seccotine
40.000 élèves dans les rues le gouvernement s'en fout, c'est pas important.
400 taxis ou 2000 buralistes ou coiffeurs dans les rues alors là ça devient sérieux.
Pour le moment quelques centaines d'éleveurs bloquent le tunnel du Mont-Blanc et là aussi c'est pris trés au sérieux.
De qui se moque-t-on ? De ceux qui sont l'avenir de notre pays, de nos enfants, donc de nous tous.
En traitant un citoyen de pauv'con, Sarkozy nous a tous traité de pauv'con. Et maintenant il nous prouve ce qu'il nous a dit, pour lui nous sommes tous des cons, sauf ceux qui peuvent par leur action paralyser le pays, les taxis, les paysans,etc.
A l'UMP ils sont devenus fous. Et tous, Gouvernement et parlementaires.
Qui va gagner,les fous ou les cons ?
à Servais-Jean
De kawouede
16H57 | 12/04/2008 |
On va y arriver. Les parents vont s'y mettre
A mon marché ce matin, le PCF, les Verts et le PS tractaient pour la mobilisation des lycéens
L'information finira par l'emporter sur la propagande, et une fois que l'opinion aura basculé, je ne donne pas cher de la peau de Darcos
à kawouede
De kawouede
22H07 | 12/04/2008 |
http://www.lepost.fr/article/2008/04/12/1180421_darcos-supermenteur-coin…
à Seccotine
De Lidenbrock
17H25 | 11/04/2008 |
La semaine de classe a dû m'user les neurones, mais je ne comprends pas s'il s'agit-là du contenu du communiqué de presse ou des propos du préfet ?
Merci d'éclairer ma lanterne.
De Tintinac
10H40 | 11/04/2008 |
Pour déterminer le nombre d'enseignants nécessaires Darcos a certainement fait une règle de 3.
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
11H56 | 11/04/2008 |
C'est dommage que le texte soit constellé de points d'interrogation, il est difficile à lire.
Pour le fond, je ne me prononce pas. D'abord on parle de suppressions de poste sans donner de chiffres sur le nombre de professeurs, instituteurs etc.. dans l'éducation nationale, donc on peut émettre toutes les hypothèses y compris les plus farfelues. Par exemple, je me rappelle qu'il y a quelques années, certaines de mes relations internautiques se plaignaient d'être des professeurs sans classe, elles n'avaient pas d'affectation et certaines n'en ayant pas reçu pendant plusieurs années, elles ont dû repasser le concours.
Ce qui revient à dire, on supprime certes mais sans parler des profs et des instits à qui on permet de passer le concours alors que le gouvernement est incapable de les employer.
Après, pour ce qui est de la réforme des mentalités, sachant qu'elles sont savamment entretenues par ceux-là même qui y ont intérêt, du haut en bas de l'échelle, j'ose dire : on n'est pas au bout de la fin de l'hypocrisie, tant d'un côté que de l'autre.
PS :
Dans un article du Monde, j'ai trouvé ceci :
« Taux d'encadrement des élèves. “Avec un professeur pour onze élèves, il nous faut repenser l'organisation de nos services”, explique M. Darcos. A la rentrée 2007, les collèges et lycées (public et privé) comptaient 5 371 368 élèves. Sur un effectif de 1 065 327 agents (France et DOM) rémunérés par le ministère de l'éducation nationale, 511 485 professeurs exerçaient dans le second degré (collèges et lycées).
En divisant le nombre d'enseignants par le nombre d'élèves, on arrive à un ratio de 10,5, donc très proche des onze élèves par enseignant évoqué par le ministre. La réalité est plus complexe. Sur ses 511 485 professeurs, un certain nombre n'exercent pas en permanence devant une classe pour des raisons diverses, remplacements, maladie, détachement… “
‘Ce phénomène fait augmenter mécaniquement le ratio élèves/professeurs. Mais, surtout, l'écart entre les chiffres du ministère et ceux des syndicats enseignants s'explique par le fait qu'à la différence de l'école, il y a plusieurs professeurs par classe dans les collèges et lycées. L'existence de classes dédoublées, d'options comme les langues anciennes qui utilisent’ des enseignants pour un nombre d'élèves réduits, amplifie encore cette tendance.
La taille des classes. Avec 27,8 élèves, la taille des classes dans le second cycle est la plus élevée des trois cycles d'enseignement. La seconde reste la classe la plus chargée avec 31 élèves. Selon les chiffres du ministère, près d'une division sur cinq scolarise plus de 34 élèves.
‘Supposons que dans les classes de 35 élèves, on soit partout 30 à la rentrée prochaine, vous pensez que tout sera réglé ? Que le lycée sera sauvé ? ’ A plusieurs reprises, Xavier Darcos a affirmé que la clé de la réussite n'était pas dans la taille des classes. Le sujet est discuté. ‘
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/11/entre-xavier-darcos-et-…
Si le ratio est du triple de la moyenne, je vous laisse imaginer l'absentéisme au sein de cette corporation. Il en va donc du changement des mentalités. Les congés maternité n'expliquent pas ce différentiel.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De Arles Tabet
19H59 | 11/04/2008 |
Excusez moi, mais ce que vous dites montre bien que vous n'avez pas écouté en cours de mathématiaues, c'est navrant… Le tragique étant que je ne suis même pas sûr que Darcos soit de mauvaise foi sur ce coup et ne raisonne pas comme vous….
Supposons que toutes les classe aient 30 élèves. Supposons que chaque classe ait 8 matières équi-réparties en temps, donc 8 professeurs. Les élèves ont 40 heures de cours par semaine, les professeurs en donnent 20 (et travaillent donc environ 40 heures en tout). On voit donc que ces 8 professeurs peuvent s'occuper de 4 classes (5 heures par classe), soit 120 élèves, ce qui fait un ratio de 15 éleves par professeur.
Moins loin de 11, hein ?
à Arles Tabet
De solstice
pigiste | 15H41 | 12/04/2008 |
Je suis nulle en maths mais ce chiffre compte t'il ceux qui n'enseignent pas (congés longue maladie, non affectations et autres) ? Ce n'est pas un jugement, c'est une question !
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De catapulte
président de la République | 21H35 | 11/04/2008 |
« je vous laisse imaginer l'absentéisme au sein de cette corporation. Il en va donc du changement des mentalités. Les congés maternité n'expliquent pas ce différentiel. »
Tu veux bien détailler ta pensée, compte chèques ? ? ?
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De catapulte
président de la République | 21H53 | 11/04/2008 |
« qu'il y a quelques années, certaines de mes relations internautiques se plaignaient d'être des professeurs sans classe, elles n'avaient pas d'affectation et certaines n'en ayant pas reçu pendant plusieurs années, elles ont dû repasser le concours.
Ce qui revient à dire, on supprime certes mais sans parler des profs et des instits à qui on permet de passer le concours alors que le gouvernement est incapable de les employer. »
Ca doit faire bien longtemps alors !
Car maintenant, c'est tout le contraire. L'Education Nationale n'offre qu'un tout petit nombre de postes au concours.
Résultat, à la rentrée (et dans les mois qui suivent), les IA se rendent comptent qu'il en manque beaucoup, des postes.
La méthode ?
Ils font revenir des « listes complémentaires » (ceux qui ont « échoué » au concours (un peu trop loin dans leur rang de classement). Et ils les envoient direct sur le terrain, sans même passer par la case « formation » (IUFM). Ils ne partiront en 2ème année d'IUFM que l'année scolaire suivante !
Super, ça, pour vos bouts de choux ! ; -)
De iFFLYG
10H59 | 11/04/2008 |
Lu dans le texte « cette idéologie négatrice de la fraternité ». Faites la guerre pas l'amour !
De William Tel
à Lille | 11H51 | 11/04/2008 |
Je ne comprends pas bien comment vous articulez vous-même la « nécessité » de faire des économies et les réformes « nécessaires » de l'autre. Sous-entendez-vous que les économies pourraient être faites en redéfinissant les maillons de la hiérarchie et non en supprimant des postes de professeur ; si c'est le cas vous ne le montrez pas explicitiment. Je pense qu'en termes de nombre d'emplois de fonctionnaires, le compte n'y serait pas, or c'est bien là l'objectif poursuivi par le gouvernement. Cassez du fonctionnaire. Mais pas du tout pour rétablir l'équilibre budgétairte comme on l'entend ici ou là (le gain financier du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux est absolument dérisoire au vu de la dette extérieure) , c'est dire que la logique de cette « réforme » n'a rien d'économique mais qu'elle est entièrement poltique au mauvais sens du terme, c'est-à-dire idéologique. La diminution du train de vie de l'état ne concernant ni les députés (qui s'étaient augmentés généreusement sous Raffarin), ni le président lui-même (qui n'a pas attendu de travailler plus pour gagner plus). En termes de stratégie de communication, puisque rien n'est laissé au hasard dans ce domaine, le message est assez clair, non ?
La démarche n'a donc rien d'un « cafouillage » et ce n'est pas par la naîveté qu'on fera avancer la gauche. Les partis qui s'en réclament n'offriront de « projets alternatifs » que le jour où ils accepteront de poser les problèmes autrement que leurs adversaires. Mais pour ça il faut un certain courage politique, celui de faire réellement progresser nos sociétés. Le jour où réforme sera à nouveau synonyme de progrès social (entendu au bénéfice d'une majorité), cela ne soulèvera plus de contestations. C'est bien dans ce domaine qu'il faut juger des choses à leurs effets.
à William Tel
De sinclair
16H36 | 11/04/2008 |
Je vous rejoins dans votre analyse les « reformes » a la calculette sont de la poudre aux yeux cote économie que ce soit le non remplacement de fonctionnaires ou la reforme des retraites.
Le but est bien de privatiser les missions de l'etat. On a commence GDF est le dernier l'Education Nationale va y passer aussi. De même que la SCNF etc.. Les compagnies d'assurance n'attendent que la casse de la sécurité sociale qui est bien entamée. Au vu de la quantité de spot de pub on sent le cote juteux de l'affaire. même chose pour les hôpitaux vis a vis des cliniques prives.
Il s'agit bien non d'économies mais d'un projet politique qui vise a nous amener vers un modèle libéral Anglais ou Americain.
à sinclair
De martin citron
stagiaire en Colombie | 17H41 | 11/04/2008 |
Entièrement d'accord, on diminue le nombre de profs, d'hopitaux, les moyens de la sncf, on augmente les prix du gaz… le français se dit « service publique de merde c'est cher et puis on paye et c'est pas bien… » et la le secteur privé arrive la bouche en coeur, pourquoi pas Lagardère santé, Bolloré éducation… c'est le miracle, tout va mieux ! ! ! sauf que c'est cher et réservé a ceux qui peuvent payer, les autres, les pauvres a l'hopital publique, a l'école publique…pour faire de bonnes betes de somme, des malades pas trop chers….
Effectivement comme aux USA, modèle de notre Sarko, un des PIB/habitant le plus élevé au monde mais une part de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté proche de 20%(sans compter les clandestins)…
On peut s'imaginer la France d'après effectivement, et dans cette nouvelle France il vaut mieux avoir du fric et se démerder tout seul sinon…
à William Tel
De la belle vie
citoyenne | 21H56 | 11/04/2008 |
Assez d'accord sur le début… le message est idéologique, et hèlas depuis longtemps… on nous a tellement bassiné à longueur de médias, (comme un lieu commun que plus personne ne remet en qustion), que finalement, les fonctionnaires c'étaient tous rien que des fainéants ! (et des nantis qui pillent honteusement les caiSses vides de l'ETAT) que tout le monde opine du chef désormais sur la nécessité impérieuse de les mettre au pas !
On oublie juste que le « fonctionnaire » c'est une « fonction », un service public rendu par l'Etat aux citoyens. Ce qui signifie une carrière où l'individu s'efface devant sa mission. Le fonctionnaire, n'en déplaise à M.Sarkozy , est « engagé », et souvent au delà des 35h et du strict intéret personnel immédiat(voir, par exemple les prof, infirmiers, militaires…) .
Mais ceci est devenu affreusement démodé par ces temps de bling bling ! (et c'est vrai d'abord : il faut être très con pour s'engager à fond, après 5 ans d'études supérieures, pour un salaire minable ! ! ! )
De Camille D
www.tsubaki.ouvaton.org | 13H53 | 11/04/2008 |
« Pluraliser les formes d'excellence » : c'était, au final et après exposé d'une véritable argumentation, la préconisation du rapport Bourdieu pour l'Éducation nationale, rapport, datant de 1984, enterré, mais c'est un pléonasme.
Il me semble retrouver cette même préoccupation dans votre tribune, et cela fait du bien.
à Camille D
De Suzanne Citron
(auteur)
Historienne et auteure | 14H55 | 11/04/2008 |
@ Camille D. C'est bien là le problème et vous m'avez bien comprise. Et cela impliquerait un vrai changement social. Le rapport Bourdieu (commandé par Mitterrand ! ) a en effet été enterré, de même que celui de Jacques Berque sur la multiculturalité.
De Infovite
Plébéien. | 12H15 | 11/04/2008 |
Réformer l'école sans réformer la société,redoublement assuré !
Mai 2008 approche !
http://info-espress.over-blog.com/
De athica
12H36 | 11/04/2008 |
Je vous laisse lire ceci :
http://www.liberation.fr/rebonds/320095.FR.php
De Suzanne Citron (auteur)
Historienne et auteure | 13H37 | 11/04/2008 |
Tout à fait d'accord avec vous, car, c'est un des points que j'ai essayé de suggérer .
C'est toute l'éthique républicaine qui est à mettre en question derrière le bling bling sarkosien : cumul des mandats, augmentations auto-octoyées, avantages des palais la République ( dont un De Gaulle s'interdisait de profiter).
À cet égard on ne peut oublier que la Gauche de Mitterrand s'était faite épingler, l'abus des voitures de fonctions était le symboles des facilités octoyées dans l'exercice du pouvoir.
Pour faire des économies sur le train de vie de État, un inventaire de tous les avantages spécifiques à la France et donc à la République française, comparativement à d'autres pays européens (logements de fonction, crédits de réceptions, voyages…), s'imposerait dans la crise sans précédent que nous sommes en train de vivre et que nous allons continuer à vivre
Autres questions soulevées.
- Derrière le mot fonctionnaire, il y a non seulement le statut de la fonction publique mais aussi la structure historique de la machine étatique française, héritée des réformes napoléoniennes du début du 19ème siècle et étoffée par la 3ème République. Peut-on prétendre à un objectif purement quantitatif de ponction sur cette machine sans le lier à un projet de « réforme » et sans analyse d'ensemble du fonctionnement de cette machine
- Combien de postes administratifs pourraient ne pas être renouvelés à l'ÉN, on ne le sait pas, puisqu'on ne connaît pas le nombre des fonctionnaires de la rue de Grenelle, des rectorats et des académies, mais on aimerait le savoir. Apprécier ensuite les inutilités, ne peut se faire, là aussi, sans grand projet de réforme, sans un grand débat collectif sur les fonctionnements, les structures, les contenus, les assouplissements, débat qui appelle synthèse des travaux sociologiques de ces dernières années et, oui certainement, de grandes remises en cause de traditions et d'habitudes de notre culture politique.
à Suzanne Citron
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 14H47 | 11/04/2008 |
Suzanne Citron
Vous soulevez le vrai problème de toute réforme sérieuse. Votre article, ainsi que le commentaire ci-dessus sont parfaits.
Je regrette pour vous le faible nombre de visites que vous avez. Il semble que la concurence ici même soit rude sur ce sujet.
Mais pourquoi donc faites-vous une tribune et non pas un article ?
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 14H54 | 11/04/2008 |
Quand on dit « un fonctionnaire sur deux ne sera pas remplacé », si l'on veut être honnête et conséquent avec le budget, ce sont au moins les deux tiers des postes les mieux rémunérés dans les immeubles administratifs des ministères qu'il faut supprimer : cela donnera beaucoup d'air à ceux qui d'une part travaillent vraiment, d'autre part sont bien moins rémunérés que ces privilégiés.
Il ne s'agit pas de supprimer la hiérarchie des ministères, mais un dégraissage sérieux par le haut est possible. Quel est le gouvernement qui s'attellera à cette tâche-là ? C'est d'autant plus intéressant que cela réglerait bien des arbitrages budgétaires, c'est d'autant plus méritoire que l'administration fera tout son possible pour freiner, voire annuler ces efforts.
J'avais lu une fois dans un livre que j'ai prêté depuis, donc pas recouvré ensuite, que les ministres eux-mêmes ne réussissaient pas à avoir un organigramme du personnel censé être sous leurs ordres : un comble ! Le livre s'appelait « La Nomenklatura française ». L'opacité est de rigueur dans ces officines !
à Gotch
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H59 | 11/04/2008 |
Gotch
Votre proposition est pleine de bon sens mais irréalisable.
Ces fauteuils dorés sont attribués à ceux qui ont été bien gentils avec les détenteurs du pouvoir et qui leur ont rendu quelques gros services.
Il convient donc aux « puissants » de conserver ces carottes bien juteuses pour pouvoir acheter les consciences.
Certains se contentent de miettes comme quelques sénateurs ou députés, mais d'autres sont plus gourmands et vont même jusqu'à réclamer des postes de direction dans les entreprises publiques.
à Gotch
De catapulte
président de la République | 21H43 | 11/04/2008 |
« J'avais lu une fois dans un livre que j'ai prêté depuis, donc pas recouvré ensuite, que les ministres eux-mêmes ne réussissaient pas à avoir un organigramme du personnel censé être sous leurs ordres : un comble ! Le livre s'appelait “La Nomenklatura française”. L'opacité est de rigueur dans ces officines ! »
Faut croire qu'ils sont pas bien malins, les ministres en questions.
Pas vrai ?
Ayant accès à toutes les fiches de paies, ils ne pourraient même pas savoir qui fait quoi ? ? ?
Tu ne t'es jamais posé de questions quant à la véracité des faits évoqués par ton bouquin disparu (« La Nomenklatura française ») ? ? ?
Quid de son objectivité ? ? ?
à catapulte
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 02H06 | 12/04/2008 |
Un ministre aime avoir du travail pré-mâché : s'il doit se palucher toutes les fiches de paie, pour avoir une idée de l'agencement de ses subordonnés, il aimera moins çà qu'un beau document bien dessiné !
à catapulte
De Gotch
ancien ouvrier de la banque | 02H06 | 12/04/2008 |
Un ministre aime avoir du travail pré-mâché : s'il doit se palucher toutes les fiches de paie, pour avoir une idée de l'agencement de ses subordonnés, il aimera moins çà qu'un beau document bien dessiné !