Il faut remettre en cause l'héritage délétère de l'école


Une pendule sur le tableau noir lors des examens de fin d'année (O. Culmann).

"Ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux partant à la retraite". Cet objectif du ministre Darcos est significatif de la méthode
 d'ensemble du gouvernement concernant l'Etat: d'un côté faire des
 économies, de l'autre réformer, sans réunir les deux propos et sans se 
référer explicitement aux dysfonctionnements, notamment aux abus 
dénoncés depuis des années par la Cour des comptes. Qu'attendent les
 parlementaires qualifiés, les syndicats, le PS, les autres partis de 
gauche et même certains tenants de la majorité pour dénoncer cette "méthode", tout en affirmant la nécessité impérieuse de réformer 
l'Etat mais avec une vraie stratégie du changement.

Des réformes qui ne s'attachent qu'aux symptômes

L'école est particulièrement concernée. Chaque nouveau ministre de
 l'Education nationale, quel que soit son bord, croit devoir, dès le
 pied mis rue de Grenelle, s'engager dans des réformes vite grignotées 
ou étouffées par le mammouth et qui ne s'attachent qu'aux symptômes
 (incivilités, violences, illettrisme, évasion annuelle de 150000 jeunes
 en échec total), sans que les mécanismes profonds du fiasco ne soient mis
 en évidence.

D'où l'incapacité, notamment après les incendies des
 banlieues de novembre 2005 comme à l'occasion de la crise du CPE, de 
pointer les liens entre les rouages et les contenus du système scolaire et
 la crise sociale. Actuellement, succédant à celle déjà calamiteuse de De Robien, on
 assiste à une gestion véritablement schizophrénique du ministère par 
Xavier Darcos: modalité bureaucratique de suppression de postes; 
réformes improvisées et aberrantes; entre les deux aucune analyse 
critique du fonctionnement administratif de notre Education nationale et 
aucun projet d'avenir.

Or notre système scolaire amalgame un double héritage:

  1. Il perdure
 comme institution napoléonienne jamais remaniée sous les Républiques: 
centralisation, système rectoral, pédagogie codifiée par circulaire 
dans des bureaux cloisonnés, hiérarchie d'inspections, normes
 généralisantes et abstraites comme l'entrée des enfants au CP selon 
leur année de naissance et non selon leur profil personnel…
  2. Il se
 revendique d'une idéologie républicaine qui combine un postulat d'
égalité illusoire et le concept de méritocratie.
 L'école, par la généralisation, sans réflexion institutionnelle ni
 intellectuelle d'un enseignement secondaire conçu au XIXème siècle pour 
une mince couche sociale, est devenue une machine à sélectionner. La
 réussite passe par l'absorption d'une culture encyclopédique et
 abstraite, condition du parcours ultérieur de voies d'excellence 
généreusement financées par l'État: classes préparatoires, grandes écoles ouvrant aux carrières prestigieuses publiques et privées.

La méritocratie républicaine ou le poison idéologique du mépris

Fondement de l'édifice social, ce système engendre d'un côté une
 arrogance pas forcément consciente dans la haute fonction publique, de 
l'autre des frustrations multiples. Certains voudraient faire perdurer le
 tabou de cette méritocratie républicaine par l'ouverture des concours 
à quelques bons élèves de banlieues. Mais l'idéologie des Pères de 
la République se réclame de la sélection d'une "élite de
 l'esprit" par l'enseignement secondaire, et les diplômes et les 
métiers physiques, pénibles, manuels,
 "sales" n'y sont pas reconnus dans leur utilité sociale, ils
 restent au bas de l'échelle des considérations et des rémunérations. 
D'où la perception de l'enseignement technique ou professionnel comme
 une voie de rebut pour 
non "méritants". Le leitmotiv d'une société française en crise 
parce que 
l'ascenseur social ne fonctionne plus, cautionne ainsi l'image d'une 
société 
pyramidale et le poison idéologique du mépris.

Prétendre "intégrer" sans toucher à cette idéologie négatrice de la fraternité est un 
leurre et une hypocrisie que la gauche devrait enfin remettre explicitement 
en cause... De surcroît les comportements d'une partie de l'élite parvenue au 
sommet peuvent être intolérables: anciens élèves des grandes écoles
 pantouflant dans le privé sans indemniser l'Etat qui a payé leur
 formation, va et vient entre la haute fonction publique et la direction des
 plus grandes entreprises, parachutes dorés, cumul des mandats, dépenses 
inconsidérées en voyages, en réceptions fastueuses.


Dans un pays qui prône l'égalité, ces dysfonctionnements, couteux,
 sont particulièrement scandaleux. L'inefficacité par rapport au terrain
 des hiérarchies administratives -dont il faudrait absolument revoir la 
matrice napoléonienne- n'est jamais mise en cause, alors qu'il y 
aurait là de véritables économies à opérer, outre le fait qu'il est
 grotesque de prétendre gérer l'éducation par circulaires.
 Les fonctions régaliennes de l'Etat en matière scolaire sont à 
redéfinir. La partie, qui se joue au ministère de l'Education 
nationale, lance un défi majeur aux forces de gauche pour qu'elles se 
mettent au travail et se concertent afin, face au cafouillage actuel, d'
offrir rapidement un vrai projet alternatif.


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11H12 11/04/2008

Moui. Comme pour tout, il y a du vrai là-dedans, mais bon.
Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage.
Que de chiens enragés, en ce moment...

http://journalduntraducteur.wordpress.com

 
10H06 12/04/2008

Je suis assez d'accord à force d'obéir aux injonctions de la compétition... symbolisée par les notes, on favorise l'émergeance d'une élite implacable qui ensuite n'a plus de doutes sur sa supériorité. (et impose ses vues sans concertation... rôle positif de la colonisation!!!). Les programmes sont à repenser par les citoyens.
Par ailleurs, j'ai entendu que Fillon accusait les profs de monter la tête aux jeunes.

Mais qui ne réagit pas en connaissant cela :

Très concrètement, à la rentrée prochaine dans la Loire, en collège, nous aurons 240 élèves de plus mais 44 postes d’enseignants seront supprimés.

Nous aurons en primaire 720 élèves supplémentaires. Il sera créé 7 postes. Soit 1 poste pour 103 élèves.

Nous comptabilisons 20 fermetures de classes en lycées d’enseignement général et nous ne savons pas encore combien de BEP disparaîtront dans les lycées d’enseignement professionnel.

 
17H56 12/04/2008

D'accord avec KarlM

Non pas réformer par la pénurie, mais vers le haut : pour en finir avec l'hypocrisie républicaniste (et non avec l'idéal républicain, c'est autre chose), l'hyper centralisation, etc.)

Bravo Mme Citron dont je recommande les livres

 
11H32 11/04/2008

Extrait du Communiqué de presse de Ferc CGT- FO- FSU- Sgen CFTD- UNSA éducation- FCPE de l'Essonne réagissant aux propos du Préfet alors qu’ils étaient reçus en délégation :
« Vous pouvez poursuivre vos gesticulations de rue et même préparer vos banderoles pour l'année prochaine, rien ne sera changé concernant les décisions nationales ».

 
13H19 11/04/2008

Seccotine
40.000 élèves dans les rues le gouvernement s'en fout, c'est pas important.

400 taxis ou 2000 buralistes ou coiffeurs dans les rues alors là ça devient sérieux.

Pour le moment quelques centaines d'éleveurs bloquent le tunnel du Mont-Blanc et là aussi c'est pris trés au sérieux.

De qui se moque-t-on? De ceux qui sont l'avenir de notre pays, de nos enfants, donc de nous tous.

En traitant un citoyen de pauv'con, Sarkozy nous a tous traité de pauv'con. Et maintenant il nous prouve ce qu'il nous a dit, pour lui nous sommes tous des cons, sauf ceux qui peuvent par leur action paralyser le pays, les taxis, les paysans,etc.

A l'UMP ils sont devenus fous. Et tous, Gouvernement et parlementaires.
Qui va gagner,les fous ou les cons?

 
17H57 12/04/2008

On va y arriver. Les parents vont s'y mettre

A mon marché ce matin, le PCF, les Verts et le PS tractaient pour la mobilisation des lycéens

L'information finira par l'emporter sur la propagande, et une fois que l'opinion aura basculé, je ne donne pas cher de la peau de Darcos

 
18H25 11/04/2008

La semaine de classe a dû m'user les neurones, mais je ne comprends pas s'il s'agit-là du contenu du communiqué de presse ou des propos du préfet?
Merci d'éclairer ma lanterne.

 
11H40 11/04/2008

Pour déterminer le nombre d'enseignants nécessaires Darcos a certainement fait une règle de 3.

 
12H56 11/04/2008

C'est dommage que le texte soit constellé de points d'interrogation, il est difficile à lire.

Pour le fond, je ne me prononce pas. D'abord on parle de suppressions de poste sans donner de chiffres sur le nombre de professeurs, instituteurs etc.. dans l'éducation nationale, donc on peut émettre toutes les hypothèses y compris les plus farfelues. Par exemple, je me rappelle qu'il y a quelques années, certaines de mes relations internautiques se plaignaient d'être des professeurs sans classe, elles n'avaient pas d'affectation et certaines n'en ayant pas reçu pendant plusieurs années, elles ont dû repasser le concours.
Ce qui revient à dire, on supprime certes mais sans parler des profs et des instits à qui on permet de passer le concours alors que le gouvernement est incapable de les employer.

Après, pour ce qui est de la réforme des mentalités, sachant qu'elles sont savamment entretenues par ceux-là même qui y ont intérêt, du haut en bas de l'échelle, j'ose dire : on n'est pas au bout de la fin de l'hypocrisie, tant d'un côté que de l'autre.

PS :

Dans un article du Monde, j'ai trouvé ceci :

"Taux d'encadrement des élèves. "Avec un professeur pour onze élèves, il nous faut repenser l'organisation de nos services", explique M. Darcos. A la rentrée 2007, les collèges et lycées (public et privé) comptaient 5 371 368 élèves. Sur un effectif de 1 065 327 agents (France et DOM) rémunérés par le ministère de l'éducation nationale, 511 485 professeurs exerçaient dans le second degré (collèges et lycées).

En divisant le nombre d'enseignants par le nombre d'élèves, on arrive à un ratio de 10,5, donc très proche des onze élèves par enseignant évoqué par le ministre. La réalité est plus complexe. Sur ses 511 485 professeurs, un certain nombre n'exercent pas en permanence devant une classe pour des raisons diverses, remplacements, maladie, détachement… "

"Ce phénomène fait augmenter mécaniquement le ratio élèves/professeurs. Mais, surtout, l'écart entre les chiffres du ministère et ceux des syndicats enseignants s'explique par le fait qu'à la différence de l'école, il y a plusieurs professeurs par classe dans les collèges et lycées. L'existence de classes dédoublées, d'options comme les langues anciennes qui "utilisent" des enseignants pour un nombre d'élèves réduits, amplifie encore cette tendance.

La taille des classes. Avec 27,8 élèves, la taille des classes dans le second cycle est la plus élevée des trois cycles d'enseignement. La seconde reste la classe la plus chargée avec 31 élèves. Selon les chiffres du ministère, près d'une division sur cinq scolarise plus de 34 élèves.
"Supposons que dans les classes de 35 élèves, on soit partout 30 à la rentrée prochaine, vous pensez que tout sera réglé ? Que le lycée sera sauvé ?" A plusieurs reprises, Xavier Darcos a affirmé que la clé de la réussite n'était pas dans la taille des classes. Le sujet est discuté. "

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/04/11/entre-xavier-darcos-et-...

Si le ratio est du triple de la moyenne, je vous laisse imaginer l'absentéisme au sein de cette corporation. Il en va donc du changement des mentalités. Les congés maternité n'expliquent pas ce différentiel.

 
20H59 11/04/2008

Excusez moi, mais ce que vous dites montre bien que vous n'avez pas écouté en cours de mathématiaues, c'est navrant... Le tragique étant que je ne suis même pas sûr que Darcos soit de mauvaise foi sur ce coup et ne raisonne pas comme vous....

Supposons que toutes les classe aient 30 élèves. Supposons que chaque classe ait 8 matières équi-réparties en temps, donc 8 professeurs. Les élèves ont 40 heures de cours par semaine, les professeurs en donnent 20 (et travaillent donc environ 40 heures en tout). On voit donc que ces 8 professeurs peuvent s'occuper de 4 classes (5 heures par classe), soit 120 élèves, ce qui fait un ratio de 15 éleves par professeur.

Moins loin de 11, hein ?

 
solstice | pigiste
16H41 12/04/2008

Je suis nulle en maths mais ce chiffre compte t'il ceux qui n'enseignent pas (congés longue maladie, non affectations et autres) ? Ce n'est pas un jugement, c'est une question !

 
catapulte | président de la République
22H35 11/04/2008

"je vous laisse imaginer l'absentéisme au sein de cette corporation. Il en va donc du changement des mentalités. Les congés maternité n'expliquent pas ce différentiel."

Tu veux bien détailler ta pensée, compte chèques ???

 
catapulte | président de la République
22H53 11/04/2008

"qu'il y a quelques années, certaines de mes relations internautiques se plaignaient d'être des professeurs sans classe, elles n'avaient pas d'affectation et certaines n'en ayant pas reçu pendant plusieurs années, elles ont dû repasser le concours.
Ce qui revient à dire, on supprime certes mais sans parler des profs et des instits à qui on permet de passer le concours alors que le gouvernement est incapable de les employer."

Ca doit faire bien longtemps alors !

Car maintenant, c'est tout le contraire. L'Education Nationale n'offre qu'un tout petit nombre de postes au concours.
Résultat, à la rentrée (et dans les mois qui suivent), les IA se rendent comptent qu'il en manque beaucoup, des postes.
La méthode ?
Ils font revenir des "listes complémentaires" (ceux qui ont "échoué" au concours (un peu trop loin dans leur rang de classement). Et ils les envoient direct sur le terrain, sans même passer par la case "formation" (IUFM). Ils ne partiront en 2ème année d'IUFM que l'année scolaire suivante !

Super, ça, pour vos bouts de choux ! ;-)

 
11H59 11/04/2008

Lu dans le texte "cette idéologie négatrice de la fraternité". Faites la guerre pas l'amour !

 
William Tel | à Lille
12H51 11/04/2008

Je ne comprends pas bien comment vous articulez vous-même la "nécessité" de faire des économies et les réformes "nécessaires" de l'autre. Sous-entendez-vous que les économies pourraient être faites en redéfinissant les maillons de la hiérarchie et non en supprimant des postes de professeur; si c'est le cas vous ne le montrez pas explicitiment. Je pense qu'en termes de nombre d'emplois de fonctionnaires, le compte n'y serait pas, or c'est bien là l'objectif poursuivi par le gouvernement. Cassez du fonctionnaire. Mais pas du tout pour rétablir l'équilibre budgétairte comme on l'entend ici ou là (le gain financier du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux est absolument dérisoire au vu de la dette extérieure) , c'est dire que la logique de cette "réforme" n'a rien d'économique mais qu'elle est entièrement poltique au mauvais sens du terme, c'est-à-dire idéologique. La diminution du train de vie de l'état ne concernant ni les députés (qui s'étaient augmentés généreusement sous Raffarin), ni le président lui-même (qui n'a pas attendu de travailler plus pour gagner plus). En termes de stratégie de communication, puisque rien n'est laissé au hasard dans ce domaine, le message est assez clair, non?
La démarche n'a donc rien d'un "cafouillage" et ce n'est pas par la naîveté qu'on fera avancer la gauche. Les partis qui s'en réclament n'offriront de "projets alternatifs" que le jour où ils accepteront de poser les problèmes autrement que leurs adversaires. Mais pour ça il faut un certain courage politique, celui de faire réellement progresser nos sociétés. Le jour où réforme sera à nouveau synonyme de progrès social (entendu au bénéfice d'une majorité), cela ne soulèvera plus de contestations. C'est bien dans ce domaine qu'il faut juger des choses à leurs effets.

 
17H36 11/04/2008

Je vous rejoins dans votre analyse les "reformes" a la calculette sont de la poudre aux yeux cote économie que ce soit le non remplacement de fonctionnaires ou la reforme des retraites.

Le but est bien de privatiser les missions de l'etat. On a commence GDF est le dernier l'Education Nationale va y passer aussi. De même que la SCNF etc.. Les compagnies d'assurance n'attendent que la casse de la sécurité sociale qui est bien entamée. Au vu de la quantité de spot de pub on sent le cote juteux de l'affaire. même chose pour les hôpitaux vis a vis des cliniques prives.

Il s'agit bien non d'économies mais d'un projet politique qui vise a nous amener vers un modèle libéral Anglais ou Americain.

 
martin citron | stagiaire en Colombie
18H41 11/04/2008

Entièrement d'accord, on diminue le nombre de profs, d'hopitaux, les moyens de la sncf, on augmente les prix du gaz... le français se dit "service publique de merde c'est cher et puis on paye et c'est pas bien..." et la le secteur privé arrive la bouche en coeur, pourquoi pas Lagardère santé, Bolloré éducation... c'est le miracle, tout va mieux !!! sauf que c'est cher et réservé a ceux qui peuvent payer, les autres, les pauvres a l'hopital publique, a l'école publique...pour faire de bonnes betes de somme, des malades pas trop chers....

Effectivement comme aux USA, modèle de notre Sarko, un des PIB/habitant le plus élevé au monde mais une part de la population qui vit en dessous du seuil de pauvreté proche de 20%(sans compter les clandestins)...
On peut s'imaginer la France d'après effectivement, et dans cette nouvelle France il vaut mieux avoir du fric et se démerder tout seul sinon...

 
la belle vie | citoyenne
22H56 11/04/2008

Assez d'accord sur le début... le message est idéologique, et hèlas depuis longtemps... on nous a tellement bassiné à longueur de médias, (comme un lieu commun que plus personne ne remet en qustion), que finalement, les fonctionnaires c'étaient tous rien que des fainéants ! (et des nantis qui pillent honteusement les caiSses vides de l'ETAT) que tout le monde opine du chef désormais sur la nécessité impérieuse de les mettre au pas!
On oublie juste que le "fonctionnaire" c'est une "fonction", un service public rendu par l'Etat aux citoyens. Ce qui signifie une carrière où l'individu s'efface devant sa mission. Le fonctionnaire, n'en déplaise à M.Sarkozy , est "engagé", et souvent au delà des 35h et du strict intéret personnel immédiat(voir, par exemple les prof, infirmiers, militaires...) .
Mais ceci est devenu affreusement démodé par ces temps de bling bling ! (et c'est vrai d'abord: il faut être très con pour s'engager à fond, après 5 ans d'études supérieures, pour un salaire minable!!!)

 
Camille D | www.tsubaki.ouvaton.org
14H53 11/04/2008

"Pluraliser les formes d'excellence" : c'était, au final et après exposé d'une véritable argumentation, la préconisation du rapport Bourdieu pour l'Éducation nationale, rapport, datant de 1984, enterré, mais c'est un pléonasme.
Il me semble retrouver cette même préoccupation dans votre tribune, et cela fait du bien.

 
Suzanne Citron | Historienne et auteure
15H55 11/04/2008

@ Camille D. C'est bien là le problème et vous m'avez bien comprise. Et cela impliquerait un vrai changement social. Le rapport Bourdieu (commandé par Mitterrand!) a en effet été enterré, de même que celui de Jacques Berque sur la multiculturalité.

 
Infovite | Plébéien.
13H15 11/04/2008

Réformer l'école sans réformer la société,redoublement assuré!
Mai 2008 approche!
http://info-espress.over-blog.com/

 
13H36 11/04/2008
 
Suzanne Citron | Historienne et auteure
14H37 11/04/2008

Tout à fait d’accord avec vous, car, c’est un des points que j’ai essayé de suggérer .

C’est toute l’éthique républicaine qui est à mettre en question derrière le bling bling sarkosien: cumul des mandats, augmentations auto-octoyées, avantages des palais la République ( dont un De Gaulle s’interdisait de profiter).
À cet égard on ne peut oublier que la Gauche de Mitterrand s’était faite épingler, l’abus des voitures de fonctions était le symboles des facilités octoyées dans l’exercice du pouvoir.

Pour faire des économies sur le train de vie de État, un inventaire de tous les avantages spécifiques à la France et donc à la République française, comparativement à d’autres pays européens (logements de fonction, crédits de réceptions, voyages...), s’imposerait dans la crise sans précédent que nous sommes en train de vivre et que nous allons continuer à vivre

Autres questions soulevées.

- Derrière le mot fonctionnaire, il y a non seulement le statut de la fonction publique mais aussi la structure historique de la machine étatique française, héritée des réformes napoléoniennes du début du 19ème siècle et étoffée par la 3ème République. Peut-on prétendre à un objectif purement quantitatif de ponction sur cette machine sans le lier à un projet de « réforme » et sans analyse d’ensemble du fonctionnement de cette machine

- Combien de postes administratifs pourraient ne pas être renouvelés à l’ÉN, on ne le sait pas, puisqu’on ne connaît pas le nombre des fonctionnaires de la rue de Grenelle, des rectorats et des académies, mais on aimerait le savoir. Apprécier ensuite les inutilités, ne peut se faire, là aussi, sans grand projet de réforme, sans un grand débat collectif sur les fonctionnements, les structures, les contenus, les assouplissements, débat qui appelle synthèse des travaux sociologiques de ces dernières années et, oui certainement, de grandes remises en cause de traditions et d’habitudes de notre culture politique.

 
15H47 11/04/2008

Suzanne Citron

Vous soulevez le vrai problème de toute réforme sérieuse. Votre article, ainsi que le commentaire ci-dessus sont parfaits.
Je regrette pour vous le faible nombre de visites que vous avez. Il semble que la concurence ici même soit rude sur ce sujet.
Mais pourquoi donc faites-vous une tribune et non pas un article?

 
Gotch | ancien de la banque
15H54 11/04/2008

Quand on dit "un fonctionnaire sur deux ne sera pas remplacé", si l'on veut être honnête et conséquent avec le budget, ce sont au moins les deux tiers des postes les mieux rémunérés dans les immeubles administratifs des ministères qu'il faut supprimer : cela donnera beaucoup d'air à ceux qui d'une part travaillent vraiment, d'autre part sont bien moins rémunérés que ces privilégiés.

Il ne s'agit pas de supprimer la hiérarchie des ministères, mais un dégraissage sérieux par le haut est possible. Quel est le gouvernement qui s'attellera à cette tâche-là ? C'est d'autant plus intéressant que cela réglerait bien des arbitrages budgétaires, c'est d'autant plus méritoire que l'administration fera tout son possible pour freiner, voire annuler ces efforts.

J'avais lu une fois dans un livre que j'ai prêté depuis, donc pas recouvré ensuite, que les ministres eux-mêmes ne réussissaient pas à avoir un organigramme du personnel censé être sous leurs ordres : un comble! Le livre s'appelait "La Nomenklatura française". L'opacité est de rigueur dans ces officines!

 
17H59 11/04/2008

Gotch

Votre proposition est pleine de bon sens mais irréalisable.
Ces fauteuils dorés sont attribués à ceux qui ont été bien gentils avec les détenteurs du pouvoir et qui leur ont rendu quelques gros services.
Il convient donc aux "puissants" de conserver ces carottes bien juteuses pour pouvoir acheter les consciences.
Certains se contentent de miettes comme quelques sénateurs ou députés, mais d'autres sont plus gourmands et vont même jusqu'à réclamer des postes de direction dans les entreprises publiques.

 
catapulte | président de la République
22H43 11/04/2008

"J'avais lu une fois dans un livre que j'ai prêté depuis, donc pas recouvré ensuite, que les ministres eux-mêmes ne réussissaient pas à avoir un organigramme du personnel censé être sous leurs ordres : un comble! Le livre s'appelait "La Nomenklatura française". L'opacité est de rigueur dans ces officines!"

Faut croire qu'ils sont pas bien malins, les ministres en questions.
Pas vrai ?
Ayant accès à toutes les fiches de paies, ils ne pourraient même pas savoir qui fait quoi ???

Tu ne t'es jamais posé de questions quant à la véracité des faits évoqués par ton bouquin disparu ("La Nomenklatura française") ???

Quid de son objectivité ???

 
Gotch | ancien de la banque
03H06 12/04/2008

Un ministre aime avoir du travail pré-mâché : s'il doit se palucher toutes les fiches de paie, pour avoir une idée de l'agencement de ses subordonnés, il aimera moins çà qu'un beau document bien dessiné!

 
Gotch | ancien de la banque
03H06 12/04/2008

Un ministre aime avoir du travail pré-mâché : s'il doit se palucher toutes les fiches de paie, pour avoir une idée de l'agencement de ses subordonnés, il aimera moins çà qu'un beau document bien dessiné!

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
16H47 11/04/2008

Statistiques et réalité

J'ai vite cessé de lire l'article, lassée par les "?".
Cela dit, à propos du nombre d'élèves par classe, merci à tous ceux qui sont directement concernés 'élèves, parents, enseignants) de répondre à la question "combien d'élèves y a-t-il dans la classe, ou les classes, cette année. N'oubliez pas d'indiquez le niveau, merci".
Je réponds en premier, en tant que professeur:

- une seconde, 31 élèves (miracle, si j'ose dire)
- une première ES (classe d'examen dans ma matière): 35 élèves
- une autre première, S, (toujours classe d'examen, donc): 36 élèves.

Soit 102 élèves dont 71 passant une épreuve du bac cette année. Et je suis une "super privilégiée" n'ayant que quinze heures de cours à assurer. Ceux qui en ont dix-huit ont en général une classe en plus.
Ne venez pas vous étonner que "le dialogue" et "le siuvi individualisé" soient difficiles lorsque nous aurons encore plus d'élèves.

 
18H28 11/04/2008

Je confirme. Ma fille a passé son bac en 2005 : terminale S 35 élèves. Y compris, je le signale pour les cours de langues étrangères !!!

 
la belle vie | citoyenne
23H09 11/04/2008

Dans l'éducation nationale ( à divers postes )depuis 20 ans je n'ai jamais eu ou vu de classe de 11 élèves (sauf BTS Très particuliers) . mais des classes d'examen entre 35 et 39: OUI!
Et des gens usés par ce boulot parce que mal préparés, mal évalués, expédiés loin de chez eux (ou démissionnés) , humiliés par le système et le discours ambiant... Auxquels on ne propose aucune alternative de réorientation: la seule réponse donnée aux gens qui ne peuvent plus enseigner c'est l'arrêt longue maladie ou la démission !!!
Les discours sur les passerelles et les secondes carrières ça ne m'amuse plus! l'etat avec les profs comme avec l'armée se comporte en employeur irresponsable et absolument contre productif ! (incompétence ou volonté idéologique ?)

 
catapulte | président de la République
22H30 11/04/2008

"le mammouth"

"incivilités, violences, illettrisme"

"fiasco"

"égalité illusoire"

"généreusement financées par l'État"

"au bas de l'échelle des considérations et des rémunérations"

"rebut pour 
non méritants"

"économies à opérer"

Voilà une poésie qui fait plaisir à lire !!!

Sans même parler de cette apologie du descendeur social...

 
Naradamuni | sans
01H47 12/04/2008

Ré-Création, libre imagination.

$t nabot chanoine dé latrinès,

Le va tiquant, tant titubant,

Ici encore, toujours sévit.

Après T$arcos la grenelle et son anon,

La buissonniére sauvage envisageons;

Juste sourire au nez, des néo-cons.

Plus de moulins pour nous rouler,

Plus de poussières dans leur prières.

Ouf, enfin vide, enfin sincère.

Plus d'anonyme derrière l'écran:

Chacun défendant à ses dépends,

Comme si d'or fut sa prison.

Et sous les ordres et les missions

D'inculcation et de confort maton,

Un jour victime, un jour bourreau,

Un autre jour sauveur... la vocation!

Libéré d'enseigner à coup de talon.

Quand l'bénéfice est l'étalon,

Le barbelé entre en fonction.

Marcher au pas devient leçon,

Lever drapeau, chanter canons,

Anihillier les sauvageons.

Tous ces symboles et soustractions,

Au pire, pérorés pour le meilleur

Sont ils, forcepsement bon ?

Où sont buissons, sentant si bon

bruissant au coeur de l'unisson

Là, quand libre est imagination.

Résignés, Pétionnez, Signez, Ré-Pétitionnez, Ré-Créez

 
Suzanne Citron | Historienne et auteure
14H32 12/04/2008

Complément à mon avant-dernier §, dans "Challenges", 10 avril, p. 65 (à propos de Jérôme Kerviel).

<< Clairvoyant, le petit Breton a parfaitement compris qu'il n'avait aucune chance d'égaler les plus grands dans un système très français où les diplômes initiaux comptent autant, sinon plus, que la compétence, y compris dans les salles de marché dominées par les polytechniciens .>>

 
solstice | pigiste
16H39 12/04/2008

"La partie, qui se joue au ministère de l'Education 
nationale, lance un défi majeur aux forces de gauche pour qu'elles se 
mettent au travail et se concertent afin, face au cafouillage actuel, d'
offrir rapidement un vrai projet alternatif."

Euh, je ne vois pas vraiment en quoi la gauche est plus qualifiée que la droite en la matière. Par contre, remettre les choses à plat, c'est une évidence. Et si on allait voir du côté de ceux chez qui ça fonctionne avec, on peut rêver, de l'intégration, des résultats et des profs heureux ?

Je pense que c'est en Finlande et je dois avoir un truc qui traîne la dessus mais où ?

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
17H06 12/04/2008

Hors-sujet (le sujet m'intéresse pourtant)

Quelqu'un pourraît-il m'expliquer la raison de ces points d'interrogation placés n'importe où? Est-ce un code d'Internet, tel que le @ au lieu du "à"? Dans les deux cas, quel est le sens voire l'intérêt de la chose?

 
Suzanne Citron | Historienne et auteure
18H41 12/04/2008

Désolée pour vous.

Je vais m'informer auprès du webmaster, car mon propre texte est typographiquement normal.

 
Nom pas déjà pris | Agé de cent mille ans
18H47 12/04/2008

Merci de votre réponse. Votre texte est "chez moi" constellé de points d'interrogation au milieu des phrases
(ainsi que l'un des messages auquel j'ai réagi).
Bon, du coup, je vais faire l'effort de lire votre article en entier!

 
Bardamu | difficile
20H30 12/04/2008

Pour le constat d'échec, je crois que tout le monde est d'accord : il n'y a plus que les classes préparatoires qui fonctionnent peu ou prou en France, et elles sélectionnent trop peu de monde pour être un élément moteur du système éducatif.

Mais vous n'indiquez pas beaucoup de solutions de substitution à "l'idéal méritocratique"...

Et j'avoue que la référence à Bourdieu est plus inquiétante qu'éclairante!

 
Suzanne Citron | Historienne et auteure
21H43 12/04/2008

Le rapport de Bourdieu s'intitulait:
Propositions pour l'enseignement de l'avenir
élaborées à la demande de M. le Président de la République par les professeurs du Collège de France.
Paris 1985.

(Compte-rendu de Frédéric Gaussen dans Le Monde du 28 mars 1985:" Le Collège de France préconise l'autonomie des lycées et des universités.")

 
10H39 13/04/2008

merci, je cherchais le titre, le voici en ligne :
http://s.huet.free.fr/paideia/diaphorai/colfce.htm