Parmi les premiers pays à être soumis à l'examen périodique universel (EPU), ce nouvel examen des droits de l'homme pour tous les membres de l'ONU, la Tunisie est accusée d'avoir dicté les questions posées par les autres membres de l'institution onusienne.
Antoine Madelin, de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), ne trouvait pas de mots assez durs durant la conférence de presse donnée pour qualifier la « mascarade » qui s'est déroulé mardi au Conseil des droits de l'homme à Genève :
» Nous avons été choqués d'entendre le Japon saluer la Tunisie comme modèle de démocratie. Comment peut-on parler de démocratie dans un pays où le président a été élu à 96,4% ? Nous avons été tout aussi choqués d'entendre l'Indonésie féliciter ce même gouvernement pour sa liberté d'expression et son indépendance judiciaire. Cela alors que la Tunisie vient de se faire épingler sur ces points par le Comité sur les droits de l'homme à New York ! «
Troisième de la liste à passer son EPU, après le Bahreïn et l'Equateur, la Tunisie, aurait, selon plusieurs sources diplomatiques, cherché à “ biaiser” le processus. Après un rapport délivré par le ministre tunisien de la justice et des droits de l'homme, Béchir Tekkari, les Etats membres ont pu soumettre leurs questions et recommandations. Selon Antoine Madelin,
» La plupart des ambassadeurs se sont montrés extrêmement complaisants. Nous avons alors appris que la mission tunisienne à Genève avait téléphoné aux délégations pour télécommander leurs propos durant cet examen. Plusieurs ambassadeurs nous ont expliqué qu'ils avaient intérêt à ne pas se faire d'ennemis vu qu'ils allaient, eux aussi, être évalués »
Présente à la conférence de presse, la journaliste et opposante Sihem ben Seddrin du Conseil national pour les libertés en Tunisie (l'association est interdite au pays), arrive de New York où elle a suivi les sessions du Comité des droits de l'homme :
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» Les débats et les recommandations sur la Tunisie émis là-bas par les experts du Comité sont aux antipodes de ce qu'on a entendu à Genève. J'ai l'impression qu'on ne parle pas du même pays » .
En réalité, le Conseil des droits de l'homme est en train de subir de plein fouet le dérapage tant redouté pour son tout nouveau mécanisme l'EPU : les Etats, amenés à s'évaluer entre eux, ont intérêt à se ménager les uns les autres. Par ailleurs, comme le précise un diplomate occidental, les règles du jeu sont dictées par les rapports bilatéraux entre les pays. La France s'est ainsi montrée extrêmement complaisante envers la Tunisie, se bornant à évoquer les droits des enfants et évitant soigneusement les questions qui froissent comme la torture, la censure de la presse et de l'internet ou d'autres violations. Antoine Madelin note toutefois :
» Mais derrière ces procédés choquants, nous avons aussi découvert que des pays, comme la Corée du Sud, le Mexique, le Ghana, l'Angola, et beaucoup de délégations occidentales et latino-américaines, ont fait preuve d'une très grande rigueur en posant les vraies questions » .
La Roumanie s'est ainsi basée sur les recommandations du Comité de la torture pour demander si le gouvernement tunisien envisageait de réviser son code pénal afin de s'assurer que la torture ne soit pas utilisée dans les interrogatoires. D'autres ont questionné sur les critères selon lesquels les contenus internet étaient bloqués ou les procédures d'enregistrement des associations.
A la lumière des premiers balbutiements de ce tout nouveau mécanisme, peut-on éviter les pièges de la complaisance ? Selon les défenseurs de libertés, tout espoir n'est pas perdu. Pour cela, les Etats doivent se baser sur les recommandations des experts de l'ONU.
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à supprimé à la demande du riverain 28.04.09
De Fuel_Injected
21H51 | 10/04/2008 |
JourBon Joelle,
faut surtout pas que Seccotine s'en aille en Tunisie car c'est la même dictature qui se met en place ici !
Plus bas, elfrancaoui nous dit en 2 mots la réalité de l'atmosphère en Tunisie « prison à ciel ouvert » et je confirmes, car je connais parfaitement ce pays.
Restons solidaires comme tu dis car c'est la même chose qui est entrain de nous tomber sur la tête à petit feu !
Bien à toi.
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
21H33 | 11/04/2008 |
tu connais verlan ! !
à supprimé à la demande du riverain 28.04.09
De Fuel_Injected
10H37 | 12/04/2008 |
je devines le verlan ! le mien sera plus difficile à décoder de pseudo, il est même pas en l'endroit dans ma tête !
Bon week-end !
à romi45
De NuklearCocroach
21H15 | 10/04/2008 |
faudrait encore en avoir envie d'habiter dans une dictature où t'as surement déjà été en vacances en pensant pouvoir acheter une maison sur place pour pouvoir dire ça…et les frontières ça sert juste à rassurer les péteux dans ton genre,mais rassures toi on va les enlever
De Gamy
Prof. Univ | 08H08 | 10/04/2008 |
Peut on comparer une idéologie « les droits de l'homme » et une réalité dans n'importe quel pays ? c'est le dilemme idéologie-politique qui parfois porte vers l'erreur et l'extrémisme…
Peut on dire que les USA sont un pays des droits de l'homme ? non car certaines tortures sont autorisées par le congrès et même que certaines communautés sont traités en dehors de ces normes et des règles internationales. En France les sans papiers se tuent en se jetant dans l'eau ou par les fenêtres ? des élèves sont extraits de leurs écoles et renvoyés par charter… Les exemples sont multiples.
Donc à mon avis il faut introduire une échelle de mesure qui encourage les pays à s'améliorer et classifier les droits de l'homme dans l'éducation, la santé, le travail,le déplacement et le séjour, la justice et le traitement pénitencier, l'exercice du pouvoir, la presse,…
vous allez voir le classement de pays comme la Tunisie par rapport aux pays comparables ou même développés.
Les militants des droits de l'homme sont à encourager car ils permettent la vigilance et l'avancée de ce principe. Mais il ne faut pas généraliser. Certes En Tunisie au Maroc en Algérie et même en France et ailleurs il y a des avancées à faire mais il y a beaucoup de choses qui sont faites.
Donc aidons les pays qui nous intéressent à mieux avancer et à s'épanouir économiquement et politiquement.
Encourageons des idées comme l'union méditerranéenne pour influer l'évolution des comportements et rapprocher les peuples et les générations futures à l'idéologie des droits de l'homme.
à Gamy
De francodiac
retraité en AFN | 09H36 | 10/04/2008 |
Bien dit et écrit. Plutôt que vociférer, des contre-vérités quelquefois, il vaudrait mieux se pencher sur le concept de l'Union de la Méditerranée car je pense sincèrement que ce sera dans cette Union (à la condition qu'elle ne se résume pas en un vaste « marché »)que les vraies valeurs qui existent des deux côtés de Mare Nostrum pourront fleurir et ce, malgré tous les prédateurs qui s'y nichent encore, au Sud comme au Nord.
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 10H10 | 10/04/2008 |
Moi, l'union de la méditerrannée, je trouve que ça sonne bien. Mais il y a union et union, comme le montre l'expérience européenne, c'est un mot qui peut vouloir dire tout et son contraire. Comme UNION soviétique n'avait pas la même signification que Etats-UNIS d'amérique.
L'Union de la méditerrannéee pourrait bien, et c'est ce qui me fait peur, n'être rien d'autre qu'une Françafrique-du-Nord (ou tout simplement une Mafiafrique du Nord).
Et avec Sarkozy au commandes et des Ben-Ali, des Khadafi, Moubarrak, M6 ou autres généraux algériens aux commandes, c'est bien le plus évidement probable.
Moi, je préfère l'union des peuples, celle basée sur le fait qu'il y a des millions de personnes d'origine Nord Africaines en France et en europe (souvent pour des raisons économiques, mais souvent aussi politiques. Ils sont souvent discrets sur ce point, car on est toujours un peu honteux de dire du mal de son pays de naissance, mais économie et politique sont toujours liées…) et qu'il y a aussi beaucoup de personnes originaires d'europe qui vivent, ou ont vécu là bas.
Pour moi l'Union de la méditerranée devrait commencer avant tout par une certaine liberté de circulation, et par un nettoyage sérieux des magouilles entretenues entre les Mafias politico-économiques des deux bords depuis les indépendances. Par un soutient aux vrais démocrates Algériens et Tunisiens et pas par des courbettes devant ceux qui les martyrisent.
Au lieu de ça, les simagrés de Sarko auprès des autres européens autour de son machin sonnent plus comme « Eh les copains, je vous fait croquer ? »
Et déja que l'union européenne est loin de ressembler à mon idéal, cela me ferait encore plus mal de la voir sombrer dans la corruption et la pourriture façon Françafrique.
à Azza
De Bardamu
difficile | 10H59 | 10/04/2008 |
« on est toujours un peu honteux de dire du mal de son pays de naissance »
Ah non, pas en France. En France, il est honteux de dire du bien de son pays. On est un franchouillard ou un ignoble fasciste quand on s'y aventure.
à Bardamu
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 10H49 | 11/04/2008 |
Effectivement, vous avez raison, je suis allez un peu vite. Beaucoup des personnes dont je parle ne se taisent pas par honte, mais par prudence : prudence vis à vis des compatriotes ou de la famille restée là bas, qui ne peut s'exprimer, qui peut subir les représailles, qui ne comprendrait pas forcément. Prudence vis à vis des gens d'ici, qui ne les voient souvent de toute façon que comme des parasites ou des géneurs et est souvent travaillée en profondeur par son vieux rêve colonial et son statut de donneur de leçons.
Vers qui se tourner pour évoquer la tourmente de ces pays ?
Maintenant, quand au fait de dire du bien de la France, je ne m'en prive pas. Un minimum d'intelligence est de ne pas réduire un pays ou un peuple à une seule de ses facettes. Mon village d'origine avait placé Le Pen en tête en 2002. Ca ne m'empêche pas de l'aimer, mon village.
La France, ça peut vouloir dire collaboration, Papon, Sarkozy, colonialisme, nationalisme, esclavage, tirs de l'armée sur la foule des grévistes, livret ouvrier, Loi « Le Chapelier », Napoléon, Affaire Dreyfus etc… Ca peut être ce groupe de villageois qui refusait à mon grand père Italien (pourtant installé depuis 20 ans, qui avait aidé tant de monde dans le village, rendu tant de services) de jouer aux quilles avec eux au 14 juillet parceque le jeu était ouvert à tous les citoyens, donc, dans leur esprit, pas aux étrangers !
Tout ceci fait partie de l'hisoire de mon pays. C'est mon pays.
Mais mon pays, c'est aussi la polonaise Marie Curie parcourant les champs de bataille de la grande Guerre avec sa machine radiographique. C'est l'armée qui refuse de tirer sur la foule au Champ Polonais. C'est l'instauration du droit de Grève. C'est aussi le fils d'imigrés juifs polonais René Goscinny, qui a su, avec son pote Uderzo, croquer les travers et les fulgurances de l'esprit Français (pardon, Gaulois) avec Asterix. C'est aussi Verschave, qui est l'un des rares Français à avoir tenté de sauver notre honneur devant la tragédie de la Françafrique, c'est aussi le discours de Clémenceau à l'Assemblée Nationale en réponse à Jules Ferry sur la colonisation. C'est aussi Louise Michel, c'est aussi le révolution de 1789 et celle de 1848. C'est ces quelques Français qui avaien demandé l'abolition de l'esclavage dans leurs cahiers de doléances de 1789, tout simplement parcequ'ils trouveaient cela injuste.
La france, c'est aussi les Cathares, c'est aussi l'édit de Nantes (malheureusement trop rapidement abrogé).
Bref, la France, ce n'est pas un monolithe. La France (comme du reste la plupart des autres nations, nous n'avons pas le monopole) c'est un combat permanent d'où émergent sans cesse des idées qui créent parfois l'effroi, mais parfois aussi l'admiration du monde entier. Il y a en fait plusieurs Frances
(ca fait bizarre avec un « S », pas vrai ? ), qui s'opposent et aussi se mélangent. Ce qui amène la droite à abandonner sa position Anti-Dreyfusarde, et la Gauche à laisser tomber la lutte armée.
Alors cessée de nous bassiner avec vos procès en « Anti-France ». Je connais assez bien l'histoire de France pour me sentir légitime à y faire mon choix entre ce que je juge bien et ce que je juge mal (comme les tests ADN ou la concentration des pouvoirs des média par exemple).
Personne ne cherche à priver quiconque du droit d'aimer ce pays. Mais chacun est libre de choisir ses critères. Si ce que vous aimez dans la France, c'est « Travail Famille Patrie », et bien ce n'est pas la France que j'aime. Mais celle que j'aime existe autant que la vôtre.
à Azza
De francodiac
retraité en AFN | 13H36 | 10/04/2008 |
Vos deux cris du coeur sont à respecter, bien que dans l'une comme dans l'autre de vos réactions, quelques uns des propos m'ont paru quelque peu excessifs, puisés qu'ils sont dans des rumeurs qui vont bon train. Vous dites dictatures, moi je dirai plutôt, émirats ou califats, avec tout ce que celà entraîne comme convoitises,ou luttes intestines pour le pouvoir, source de tant de profits. Bien passons.
L'Union Pour la Méditerranée (j'aurai préféré l'Union DE la Méditerranée)est mal barrée, je vous l'accorde, dès lors qu'elle se dirige vers un ensemble hétéroclite de quarante pays parmi lesquels une bonne quinzaine d'entre eux ignorent tout du language de Mare Nostrum. Compte tenu également du fait que d'un côté se trouve l'Union Européenne qui, par la volonté de ses seuls dirigeants et partis politiques, et non de ses peuples, n'est toujours qu'une immense mosaïque anachronique pour ne pas dire désordonnée qui ne parle que de « commerce », et que de l'autre subsiste un chapelet de nations où nagent au grand jour les Etats Unis et en sous-marin les Chinois,Iraniens et d'autres, et qui, là aussi, par la volonté de leurs dirigeants ou marchands, n'arrivent pas à former un bloc cohérent.
Espérons quand même.
Tout en croisant les doigts, utopistes que nous sommes, pour que les uns ne lorgnent pas uniquement sur les richesses, minières comme humaines,de l'autre et que celui-ci se garde bien d'importer chez lui la civilisation du fric et des banques de son vis à vis. Amitiés.
De patrick114
psychiatre à st anne | 09H10 | 10/04/2008 |
la tunisie ça restes dans mes moyens 300 euros la semaine billet d'avion compris
ici on n'a un certain nicolas patron de chaine de télé et de presse
De proxy
09H44 | 10/04/2008 |
je rappelle aux theoriciens de « l'echelle de mesure » que l'allemagne etait ,lors de l'avenement de la pire dictature qui se soit abattue sur l'humanite,un pays ou le citoyen jouissait d'un niveau de vie assez elevé. la tunisie est un pays de dictature ou la moindre contestation est etouffeé dans la violence.la torture y est la regle. je soupconne les pseudos internautes qui defendent cette dictature d'etre de simples fonctionnaires qui effectuent cette tache a longueur de journée d'un forum à l'autre. on retrouve les memes arguments sur tous les sites et blogs.
à proxy
De Gamy
Prof. Univ | 10H09 | 10/04/2008 |
Pas du tout. Mais il faut que vous évitiez la dictature de votre pensée unique et votre vérité absolue. Il y a d'autres vérités sur le terrain…
Donnez moi la liste des opposants tunisiens assassinées ces 10 dernières années et je vous donne la liste des milliers d'innocents assassinés en algérie, Irak, Palestine,… A ce moment l'allemagne refusait l'étranger et le différent comme la plupart des parties politiques d'extrême droite en Europe actuellement… alors faisons attention à ce qui se passe en EU.
à Gamy
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 10H14 | 10/04/2008 |
Si pour vous il faut aller jusqu'à l'assassinat politique pour entre dans la catégorie « dictature », le Gabon ou le Bellarus sont des modèles.
Si vous descendez l'exigence de votre critère aux actes de Torture, cela élargit quand même un peu la définition à quelque chose d'un peu plus réaliste.
Oui, en Tunisie, la torture des opposants politique a cours.
Cela dit, sous une certaine forme, en France aussi…
Allez, retournont nous coucher, tout cela n'est pas grave.
à Gamy
De Fuel_Injected
10H19 | 10/04/2008 |
Mais comment vous voulez savoir le nombre de tunisiens assassinés puisque l'on ne sait strictement rien ?
à proxy
De Fuel_Injected
10H16 | 10/04/2008 |
Hola proxy,
ces théoriciens sont connectés en réseau !
Je les assimiles à des filles de joies !
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 10H19 | 10/04/2008 |
1958-2008
50 ans de République Françafricaine
Communiqué de Survie, le 7 avril 2008
Aujourd'hui, 7 avril 2008, on commémore le douloureux 14ème anniversaire du début du génocide des Tutsi au Rwanda qui, du 7 avril au 4 juillet 1994 a fait environ 1 million de victimes. Ce plan machiavélique d'extermination d'individus pour le simple fait d'être « tutsi » (ou pour s'être opposés à cette extermination) a été mis en œuvre grâce au soutien politique, diplomatique, militaire et financier que la France a apporté au régime d'apartheid de Juvénal Habyarimana dans un premier temps, puis aux génocidaires pendant et après le génocide lui-même.
Aujourd'hui très documenté, cet épisode a constitué la pire dérive d'un système de relations que la France entretient depuis les « Indépendances » avec les pays africains : la Françafrique. Le Rwanda a permis de voir jusqu'où était capable d'aller la République française, à savoir se rendre complice d'un génocide, pour défendre ses intérêts politiques ou économiques en Afrique, et ensuite nier toute responsabilité pour défendre l'honneur de son Armée.
Si la plupart des colonies françaises ont accédé à l'Indépendance en 1960, c'est bien dès 1958, en parallèle à l'instauration de la Vème République qui fêtera ses 50 ans cette année, qu'a été mise en place cette Françafrique néocoloniale, qui fait de la Vème République une « République françafricaine ».
Après un bref épisode consistant à tenter de mettre en place une Communauté avec les pays africains de l'ancien empire colonial, les indépendances formelles ont en effet été verrouillées par un ensemble d'accords économiques, monétaires, diplomatiques, militaires qui reviennent à établir une domination française de fait. Les hommes politiques africains qui ont eu d'autres ambitions pour leurs pays ont été éliminés par l'assassinat : Sylvanus Olympio en 1963, Thomas Sankara en 1988, ou par des coups d'Etat : Modibo Keita (1968), Amani Diori (1974), etc.
Tous les présidents français ont utilisé la trop fameuse « cellule africaine » de l'Elysée pour manipuler les pouvoirs africains. Lorsque, dans les années 90, des conférences nationales tenteront de réformer des relations opaques et corrompues et d'instaurer des régimes représentatifs, la manipulation des élections assurera la continuité du système. Omar Bongo (Gabon), Paul Biya (Cameroun), le clan Eyadéma (Togo), Lansana Conté (Guinée), Denis Sassou Nguesso (Congo-B.), Idriss Déby (Tchad), restent aujourd'hui en place grâce au soutien de la France. Le système de corruption mis en place est scandaleux. L'affaire Elf en a témoigné, même si les investigations sont restées très partielles, tandis que l'édification par les présidents africains de fortunes pharaoniques (« biens mal acquis ») commence à engendrer enquêtes et plainte.
Après avoir promis une rupture avec ce système de corruption, le président français Nicolas Sarkozy a donné des gages aux régimes les plus corrompus, avec comme dernier épisode l'éviction de Jean-Marie Bockel de son poste de Secrétaire d'Etat à la Coopération à la demande des principaux prédateurs qui, précisons-le, sont aussi bien des Présidents africains dictateurs que des affairistes français implantés en Afrique.
Afin de dénoncer cette perpétuation du néocolonialisme français en Afrique et de susciter un mouvement de réprobation, Survie lance aujourd'hui un « Moi(s) contre la Françafrique ».
Ce « Moi(s) » se déroulera du 7 avril (date du début du génocide au Rwanda en 1994) au 13 mai (le 13 mai 1958 pouvant être considéré comme l'avènement de la Vème République avec le retour au pouvoir du général de Gaulle). Conférences, projections-débats, concerts, manifestations seront organisés un peu partout en France sur les sujets aussi cruciaux que le soutien militaire à Idriss Déby au Tchad, le pillage de l'uranium nigérien par Areva, les biens mal acquis des dictateurs africains en France, etc. (Voir le dossier de presse ci-joint).
En cette année 2008, et à l'occasion du 50ème anniversaire d'une Vème République Françafricaine, il est plus que temps d'opérer une véritable rupture avec la Françafrique et de mettre en œuvre une réforme de la politique de la France vis-à-vis du continent africain par l'arrêt du soutien aux dictatures, la promotion de la démocratie et la défense des droits de l'Homme, la conditionnalisation de l'aide à la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, l'instauration d'un contrôle sur les activités des multinationales françaises en Afrique, la fin de l'ingérence militaire, la fin du domaine réservé de l'Elysée et l'instauration d'un contrôle parlementaire sur la politique extérieure de la France. Un engagement à encourager à tous les niveaux, politiques et citoyens.
Contact presse : Alexandra PHAETON alexandra.phaeton@survie-france.org Tél. : 01 44 61 03 25
De romi45
découvre l'information | 10H53 | 10/04/2008 |
un site interessant sur la tunisie
http://laconscience.nuxit.net/index.php ? p=tunisie
De Voyageur
11H46 | 10/04/2008 |
Encore un organisme de l'ONU (le Machin) qui se discredite mais bon ce n'est pas nouveau pour le « condeil » des droits de l'homme
Regardons, attendons, et voyons les Pays qui seront épinglés. J'ai ma petite idee la dessus
Wait and see
Jean Michel
De lefrançaoui
19H53 | 10/04/2008 |
Enfin une réaction intelligente ! je ne peux pas en dire plus car je vis partiellement à Tunis et je ne peux m'exprimer par le web de ce pays. Je vous donnerai ma réaction quand je serai de retour en Fance dans quelques semaines : état paranoïaque, prison à ciel ouvert pour tout un peuple (en résumé ).
De NuklearCocroach
21H06 | 10/04/2008 |
Encore un beau pays qui respecte sa population et les droits humains,n'y aurait il pas un événement de portée mondiale qu'on pourrait organiser là-bas histoire de respectabiliser leur dictateur,avec langue de bois en direct au journal télé et cirage de pompes intégral,comme avec les chinois,car après tout,au point où on en est…
à NuklearCocroach
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 10H54 | 11/04/2008 |
Une année « France-Tunisie » par exemple ?