
Dans un train pour le sud de la France, un Israélien converse avec une Palestinienne. Après les tracas suscités par les contrôleurs -De quelle nationalité êtes-vous ? Palestinienne avec un passeport hollandais, pourquoi ? - ils s’embrassent. « Désengagement », dernier long métrage du réalisateur israélien Amos Gitaï, commence par un prologue utopique. Un baiser de paix symbolique qui pousse à s’extirper des conflits géopolitiques pour laisser une chance à l’amour, la passion.
Des pénibles déambulations du début…
Le film se décompose en deux parties géographiquement distinctes. La première, de loin la moins intéressante, se déroule à Avignon où Ana (Juliette Binoche) retrouve Uli (Liron Levo), son demi-frère israélien, le garçon du train. Leur père vient de mourir dans une grande maison belle et vide où Barbara Hendricks -c’est d’un chic ! - chante du Gustav Mahler.
Pour la nourrir, Gitaï s’est inspiré de « L’Homme sans qualités » de Robert Musil. Si l’on saisit parfaitement son point de vue -pour se réconcilier, il faut se désengager du passé, qu’il soit familial ou politique-, on adhère difficilement à ces déambulations pénibles où Juliette Binoche, en roue libre, n’est définitivement pas à son meilleur. Tout bascule pourtant lors d’une scène cruciale chez le notaire (formidable Jeanne Moreau), où Ana n’a d’autre choix que de partir en Israël chercher la fille qu’elle a abandonnée à sa naissance. Cette dernière a maintenant 17 ans. Elle vit dans un kibboutz, sur la bande de Gaza, à l’heure où les Israéliens s’apprêtent à l’évacuer.
…à l'émotion et au cœur à la fin
C’est la deuxième partie du film, celle qui emporte l’adhésion et force le respect. Gitaï retrouve sa veine, son regard critique, son statut de « veilleur » d’un pays en proie à des convulsions sismographiques qui ne lui sont évidemment pas étrangères : son fils Ben a participé au désengagement de la bande de Gaza pendant son service militaire. Le cinéaste filme des grillages, des barrières, des check-points, des franchissements de frontières, mais aussi des marches en sueur dans le désert. Il jette sa caméra au cœur de la mêlée des Israéliens et des Palestiniens, donne un poids documentaire à l’image que l’on a rarement vu. Il s’arrime à une Juliette Binoche déphasée, bousculée et géniale, contrainte à l’improvisation.
Tout, dans le volet israélien de « Désengagement », passe par le cœur et l’humain : c’est un rabbin, qui, dans une synagogue, résiste à l’arrivée des soldats puis laisse partir la Torah. Ce sont des maisons qu’on arrache, comme les dents d’une gencive, mais au bulldozer. Le crescendo tendu des réactions pour le moins mitigées des militaires. Les anathèmes lancés par des Palestiniens ultras (une référence au monologue final de « Kedma ») qu’Ana, faute de parler hébreu, ne comprend pas. Il y a, enfin, l’émotion qui emporte les retrouvailles d’Ana et de sa fille aux mains pleines de peinture (voir le prologue de « Kippour »), sitôt rassemblées, sitôt séparées.
Pour « Désengagement », Gitaï s’est vu refuser les financements de son pays qui ne jugeait pas le film « israélien ». Curieux paradoxe quand toute l’œuvre du cinéaste s’emploie justement à dénouer les nœuds réels et symboliques de cette partie du globe.













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premières réflexions à chaud :
faire parti d’un groupe, d’une nation, cela enrichit ou bien appauvrit les sentiments, le cœur et l’âme?
faire parti d’un groupe, d’une nation, Cela rapproche-il des autres, ou nous éloigne, voire nous coupe des autres groupes?
l’effet de groupe, ne nous enlève pas un peu (beaucoup) notre humanité?
Hors de notre contexte habituel, donc libre socialement, de redevient-on pas sincère, humain?
Vous avez mille fois raison, le problème étant que la nature de l’homme,animal social, l’amène nécessairement à chercher quelqu’un à qui s’identifier. La peur face à la liberté absolue nous amène à nous rassembler, à revendiquer l’appartenance à certains groupes, et ceci à l’exclusion des autres. De tous temps les hommes ont été jugés en fonction de ces appartenances. C’est surement regrettable mais probablement aussi inévitable
On pourrait presque avoir pitié d’une bande d’envahisseurs, en lisant ça…
David Vincent, sors de ce corps!…
Que voulez vous dire ? Qui sont les envahisseurs ?
à mon souvenir on les reconnait à leur auriculaire raide.
Que voulez vous dire ? C’est cryptique ici
Ben, je dirai que vous manquez de culture. Vous n’avez pas de télé comme tout le monde :-)
Effectivement je n’ai pas de télé.
Mais j’ai l’impression qu’on fait des allusions et qu’on utilise des vocabulaires cryptiques.
Pour moi phalange = suplétif des nazis
Raide je ne capte pas par contre Israel=Nazi je dis non.
JB
Nan, vous n’y etes pas du tout.
Pablico fait référence à une série télévisée de science fiction, naguère très populaire, où les mechants envahisseurs extra-terrestres étaint fort heureusement reconnaissables à la position particulière de leur auriculaire.
ouf
Mais non, juste une blague!
http://sfstory.free.fr/films/envahisseurs.html#A%20propos
Décidement, c’est la journée des liens!
Là, c’est meme un doublon!
Bonjour!
merci
comme quoi, la communication est une dure science. je pensais faire un mot avec l’auriculaire, et j’ai failli vexer. désolé
nin nin nin… nin nin nin…nin nin nin…nin nin nin…le maxi flip du haut de mes 8-10 ans
vive l’enfance, la quatrième dimension et au delà du réel (non ne règlez pas l’image de votre téléviseur !)
Le mot désengagement, ou retrait, est utilisé pour désigner les colonies démantelées.
Doit-on rappeler que ces colonies sont tout aussi illégales que l’occupation de la France en 1940?
Je n’ai rien contre Israël en tant qu’Etat, contre les Israëliens en tant que peuple, mais je ne considérerais jamais les colons comme des « citoyens » d’une quelconque « démocratie ».
@SiDi
Le démantelement était la phase précédant le retrait d’Israel d’un territoire occupé.
Où est le mal ?
Où est le problème?
Y-en-a-t-il un?
Il me semble que vous avez une drole d’idée de ce que sont des « citoyens » et une « démocratie », idée qui ne correspond pas à ce que ces mots veulent dire normalement.
Ca pue
C’est le phosphore blanc dans les rues de Beirouth qui pue et qui tue. Mais il ne faut pas en parler…
@rue89
désolé de prendre cet article en otage mais si on efface mon commentaire parce que je dis du mal de l’annonceur (leclerc), ça nous situe ou au niveau de la censure ? Si je dis du mal de Auchan, mon commentaire va-t-il être supprimé ? Si je dis du bien de Auchan ? L’annonceur a-t-il son mot à dire sur le contenu du site ? Si je donne cent mille euros à Rue89, allez vous supprimer les commentaires qui me contredisent ?
Je sais que ma provocation était gratuite ( à ma décharge je souffre de pubophobie et la moindre publicité me rend agressif), que vous avez besoin d’argent pour tourner, je serais même prêt à vous donner trente euros par mois si ça pouvait éviter la pub, et je suppose que vous avez déjà répondu à ces questions dans un autre article, si c’est le cas, pourriez vous m’en donner l’adresse
@rue89
pourquoi il n’y a plus des dessins humoristiques aujourd’hui sur rue89??
mr et mem leclerc , rendez nous chimulus et ses compères !!! sinon , je boycotte la flamme olympique ,;:!:;,!!
Oh oui, j’espère que c’est juste technique, sinon je serais malheureux. Un journal sans bubulles, c’est fade comme de l’eau du robinet.
Coucou ! J’adore les bulles … en revanche, l’eau de robinet ne pourrait être fade que parce qu’on n’en manque pas !
Pas mal de réponse dans cet article:
http://www.rue89.com/2008/03/15/mediapart-se-lance-un-test-pour-linfo-pa…
Pour les dessins, Rue89, OK on peut passer par les blogs, mais bon, c’est pas très sympa, le procédé, ni pour les dessinateurs, ni pour les riverains…
Bonjour Francoise,
ton lien tombe à pic!
vu . ils ont relaché le chi et ses potes ! j’irais donc assister à la descente de la flamme ..faut pas prendre en otage des povs crobarteux!!non mais.
c’est assez surprenant de voir les internautes de rue89 se dechirer sur les sujets touchant a l’actualité israelo palestinienne et là , sur cet article consacré au merveilleux pacifiste Amos Gitai , plus rien , ni divergences , ni post enflammés , rien ou presque . Est ce la position pragmatique et finalement humaine de Gitai qui aurait transpirée dans cet interessant article ? a mediter . Moi qui suit le travail de Gitai et des autres realisateurs (palestiniens ou israeliens) depuis pas mal de temps , cet article me rejouis . Et j’en profite pour repeter qu’il y a beaucoup de monde , des deux cotés , qui en ont marre des exces , de Tsahal , du Hamas ,du Fatah , des faucons , des vrais , des marchands de canons , des lobbys , US ou pas , bref de tous ces vautours qui s’acharnent sur la sainte carcasse en faisant du blé ! A croire qu’on a inventé les religions pour avoir un bon pretexte a se taper dessus , et là , y’en a trois dans le meme perimetre , c’est vous dire le bordel ! En tout cas Gitai fait partie de ces mecs qui luttent contre des moulins a vent sous les quolibets des exités de la parole divine , et ça c’est pas facile !
Bonjour Cooper,
D’Amos Gitaï, je n’ai vu que « Terre Promise » qui m’a beaucoup plu et en même temps embarrassé.
Pour nouer des rapports d’intimité entre le regardeur et le regardé, Gitaï utilise, un peu à la manière d’un Casavetes dans « Meurtre d’un bookmaker chinois », la caméra portée ou bien encore, s’exerce à des éclairages inédits du visage de ses acteurs par le biais de lampes torches, de phares de voiture, etc…
Or, à mon sens, son cinéma n’en reste pas moins, par bien des aspects, esthétisant. Comme s’il se regardait un peu trop tourner. Et ça me gêne.
Cela étant, il est quand même très fort;
Je garde en mémoire, je pense pour toujours, ces images comme volées de cette terre promise à tous les excès dont tu parles si bien, vues par l’intermittence d’une bâche qui se soulève à l’arrière d’un camion au petit matin.
Puisque tu as l’air de très bien le connaître, peux-tu nous conseiller quelques-uns de ses films?
Merci et bonne journée.
bonjour Broglio , je prefere ses documentaires a ses films , par exemple « house » qui date des années 60 et qu’il continue par « une maison a Jerusalem » 20 ans plus tard et enfin « news from house » en 2005 , ces trois docs suivent la vie d’une maison , de ses differents proprietaires et d’un quartier et de ses habitants . Interessant pour comprendre le conflit et surtout comment les gens le subissent . Si je devais conseiller un film , peut etre « free zone » et surtout « kippour » celui là c’est un magnifique film . Pour les realisateurs palestiniens je citerais le sublime « noces en galilée » de Michel Khleifi , entre autres . voilà , a noter que les realisateurs palestiniens et israeliens travaillent pas mal ensemble sur leurs projets respectifs , ils sont devenus inseparables .C’est de la contre culture vu l’environnement ,ils subissent tous les aleas de ce conflit (jusqu’a la prison pour certains) ce sera peut etre un jour de la culture purement et simplement .cordialement .
b’jour , il y a aussi KEDMA .
Dalun a raison. Un petit commentaire? Je ne l’ai pas vu.
Merci cooper!
Tout à fait et c’est pas la première fois.
Merci beaucoup Cooper; je note tout ça.
Re-bonne journée à toi.
Pas encore vu, mais ce que vous en dites les uns et les autres est assez alléchant.
Gitai est capable d’avoir des tons très différents, entre l’austère et janséniste Kadosh ( coquetterie de mise en scène :il y confie un rôle de rabbin ultra orthodoxe à un acteur arabe)et le quelquefois hilarant Alila ( il faut y voir Ronit Elkabetz en fliquette ripou et hystérique).
Gitai est juste comme pas deux dans Kippour, où trois compères égarés sur les routes de la guerre tentent de préserver leur part d’humanité.
Bonsoir Nelephant, je me disais bien que tu devais refaire surface ici …