Comme la France, six Etats de l'UE ont déjà suspendu la culture du Monsanto 810. Tous peinent à adapter la directive de 2001.
Le projet de loi relatif aux OGM débattu en ce moment à l'Assemblée nationale n'est pas le fruit du hasard. Ni même une volonté soudaine du gouvernement de légiférer sur ce point. Il s'agit surtout, pour la France, de rattraper son retard européen avant de prendre la présidence de l'Union. Et de transposer dans le droit français, enfin, la directive européenne de 2001 sur la dissémination des OGM. Cette dernière impose aux Etats de fixer un cadre légal pour la culture des OGM en plein champ -notamment les distances à respecter avec les cultures classiques ou les responsabilités en cas de contamination.
Une directive tout simplement "intransposable", de l'avis du Vert Gérard Onesta, vice-Président du Parlement européen et faucheur volontaire. Pour lui, ce texte montre immédiatement ses limites concernant les distances de contamination:
"Espérer faire cohabiter la boue et l'eau claire dans une même éprouvette, voilà ce que propose la directive européenne! Comment voulez-vous empêcher la contamination de chaque côté d'une frontière?
"Si un Etat veut un périmètre de sécurité de 50 km, le pays voisin ne peut l'ignorer.
Si on continue dans ce sens, à la fin, les amateurs de boue s'en délecteront, et tant pis pour ceux qui préfèrent l'eau claire."
Colza, soja, chicorée, oeillets: les autorisations européennes se multiplient
Si les pays de l'Union paraissent bien embarrassés des décisions communautaires, la Commission européenne ne ralentit pas ses autorisations: le 31 mars, Bruxelles a donné son accord pour l'importation du maïs GA21 produit par la firme suisse Syngenta. Ce maïs transgénique pourra donc être importé dans les 27 pays de l'Union, mais il ne pourra pas y être cultivé. C'est aussi le cas du colza, du soja, des œillets, de la chicorée et du tabac transgéniques.
Pourtant, l'opinion publique dans l'Union est majoritairement opposée à la culture et à l'introduction de produits OGM sur le territoire. Plus radical encore, l'attitude des grands Etats face à la seule plante OGM autorisé à la culture dans l'Union: le maïs Mon 810.
En France, sa culture est suspendue depuis le Grenelle de l'environnement, durant lequel le gouvernement a décidé d'activer la clause de sauvegarde. Son cas n'est pas isolé. La Roumanie a fait de même, plus récemment, le 27 mars. Ces deux pays emboîtent le pas à la Hongrie, l'Autriche et la Grèce. L'Italie et la Pologne ont bien transcrit la directive, mais de telle manière que la culture est de facto interdite.
Avant d'intégrer l'Union, la Roumanie était le paradis des OGM, avait expérimenté le soja transgénique et avait cultivé 300 hectares de Mon 810 en 2007. Mais son entrée dans l'Union semble avoir changé la donne. C'est désormais l'Espagne qui est le premier producteur de maïs OGM en Europe, avec 60 000 hectares. Les autres producteurs, l'Allemagne, le Portugal et la République tchèque, ne dépassent pas 1 000 hectares.
"Il y a au sein de la Commission un débat farouche, qui bloque la situation"
Un exemple qui montre bien le fossé entre la législation européenne et l'attitude des Etats. Comment le combler? Selon Gérard Onesta, la solution est simple, mais prendra du temps:
"Il faut modifier la directive. Mais comme vous le savez, pour changer une loi européenne, il faut une proposition de la Commission. Or il y a en son sein un débat farouche, qui bloque la situation. Peut-être l'an prochain, avec les élections européennes qui décideront d'un nouveau président pour la Commission, les choses bougeront. C'est ça, la démocratie."
Pour Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace, la directive n'est pas si mauvaise:
"Elle laisse un cadre aux Etats suffisamment large pour pouvoir lever une clause de sauvegarde. Ou pour permettre une loi qui empêche finalement la culture de maïs OGM, comme en Pologne."
Reste que la production d'OGM en Europe est dérisoire comparée au reste du monde. Soja, maïs, coton ou autres, les Etats-Unis en ont cultivé 58 millions d'hectares en 2007, l'Argentine 20 millions, le Brésil 15, et le Canada 7. Sur le continent asiatique, l'Inde a produit 4 millions d'hectares de coton transgénique en 2007. C'est 12% de plus qu'en 2006.

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J'entendais Borloo dire que la France était le pays le plus restrictif en termes d'OGM. Aurait-il omis quelques pays?
C'est très classique. De tous temps les gouvernements ont défendu au niveau européen, sans le dire, des positions qu'ils avaient peur de défendre au niveau national, les sachant impopulaires. On peut ensuite justifier les changements en disant que c'est à cause de l'Europe.
Les opérateurs économiques (Monsanto par ex.)ne doivent plus jamais être seuls à écrire notre futur commun.
Les citoyens ont leur mot à dire ; et les politiques ont pour mission de faire vivre la Démocratie.
Dans le traité constitutionnel l'Europe annonçait son projet d'une "agriculture productiviste fondée sur les biotechnologies". Il fut dit non entre autres à cette dérive.
L'impact du soja ogm en Argentine vient de paraître dans un tout récent rapport.
Ce modèle d'agriculture n'est ni viable ni enviable.
Voir l'excellent site stop ogm.
Oui aux oeillets naturels.
Non aux oeillères transgéniques.
Si les firmes insistent, on sera bien forcé de ne pas leur dire avec des fleurs.
J'habite à côté de la frontière allemande. Si je comprend bien, si un champ de MON810 est de l'autre côté de la frontière, le bon maïs bio que j'achète içi n'est plus bio!
Mais c'est pas grave puisque tout est fait dans les règles...
C'est n'importe quoi l'Europe, non ?
Bonsoir à tous,
Et si nous suggérions FORTEMENT nos divers responsables politiques quelque soit leur sensibilité de faire du sol Français une spécificité BIO!?
En effet si nous étions les seuls à produire uniquement du bio, nous ferions de cette spécificité un atout économique.
Par exemple les éleveurs bio espagnols sont obligés d'importer de la nouriture non ogm pour nourir leur bétail et ainsi pouvoir conserver leur label.
votre titre aurait pu etre: vaste bordel les ogm's,
L'agriculture dite «biologique» (expliquez moi ce qu'est une agriculture non biologique) est chère, par ses faibles rendements et son caractère aléatoire….
Rappelons à ses marquis de l’agitprop genre Bové ou autre verts (ce parti politique m’étonnera toujours…rien que son nom..) que si il n'y avait pas eu l'agriculture ordinaire, nous n'aurions pas de patates aujourd'hui, la dernière récolte «biologique» ayant été désastreuse. C'est un caprice réservé à ceux qui ont les moyens de leur paranoïa (je ne vise personne mais si je parle bien d’eux…).
Présenter, à l'occasion de l'actuelle discussion du projet de loi sur les OGMs, une alternative entre les OGMs et l'agriculture réactionnaire comme un choix de société est au mieux une imbécilité, plus probablement une malhonnêteté.
Dans une société libre, il n'y a pas de choix de société, il y a les choix des individus.
Nul besoin qu'on m'impose ou qu'on m'interdise les OGM ou les tomates bio, je suis assez grand pour choisir quand je fais mes courses.
J'en ai marre de tout ce pataquès autour des OGMs fait de fantasmes, de trouille, d'à peu près, d'amalgames douteux, d'analyses partiales et tronquées. On touche les limites de la pseudo-démocratie qu'on appelle la «démocratie d'opinion», qui donne la prime au plus bonimenteur, au meilleur agitateur de fantasmes.
Revenons à une pensée rigoureuse (quel beau mot «rigueur», à tort méprisé par nos politiciens) : soit il y a dommages du fait des OGMs et les victimes doivent porter plainte. On verra bien l'issue du procès. Soit il n'y a pas de dommages et pas de victimes, et alors, où est le problème ?
Un sondage dit que 78 % des Français souhaitent une interdiction temporaire des OGMs, mais un autre sondage dit qu'ils sont 40 % à penser qu'ils n'absorbent pas de gènes ni d'ADN lorsqu'ils mangent des légumes de leur jardin. Quelle leçon tirez vous du deuxième sondage sur la valeur du premier ?
La connerie humaine m'épatera toujours....
Toujours la même chose: confondre les OGM avec les principes round-huppés de culture de MONTESANTO. C'est la méthode Montesantiste qui est condamnable mais pas les OGM en tant que tels, sauf si quelques esprits mystiques désirent une croisade de plus.
- J'ai fait un rêve...
- Jean-Marie Pelt était président de la république...
- Albert Jacquart, ministre de l'intérieur...
- Pierre Rabhi, ministre de l'agriculture...
...
- A vous, continuez de me faire rêver!