Bernard Collot, « ancien instit de classe unique », est aujourd'hui chercheur aux Centres de Recherches des Petites Structures et de la Communication et essayiste. Alors qu'une pétition en faveur de la défense des classes uniques circule et que le débat sur le système scolaire français prolifère sur le Web, il nous envoie cette tribune :
Les classes uniques sont en première ligne sous le couperet du « redéploiement » de la arte scolaire. Apparemment cela ne concerne qu’une microscopique poignée d’Astérix, pourquoi en faire un cheval de bataille national ? Les classes uniques ont toujours constitué un problème. Problème pour les enseignants qui se voient mal dispatcher simultanément une manne scolaire dûment découpée à cinq ou six niveaux différents (ils ont bien raison, c’est impossible ! ). Problème pour les parents qui croient innocemment au bien-fondé de ce qu’on leur ressasse. Problème pour l’administration pour qui elles sont, pédagogiquement, incontrôlables ! Elles sont indigérables pour l’école industrielle.
Des pédagogies surprenantes et peu conformes au taylorisme scolaire ambiant
Leur vrai problème, c’est que ça marche ! Un véritable mystère ! Lorsque les travaux imprudemment diligentés par le ministère ont démontré que leurs résultats étaient même supérieurs à la moyenne nationale (Oeuvrard, 1990), la surprise était d’autant plus grande que ces conclusions étaient établies sur l’ensemble des CU, c’est-à-dire des classes dont une grande partie étaient occupées par des débutants, certaines avec un turn-over démentiel.
Bien sûr, dans un bon nombre aussi, se sont développées des pédagogies pour le moins surprenantes et peu conformes aux idées admises d’un taylorisme scolaire de bon ton, et ce quasi clandestinement, tout au moins sans tapage.
Pour couronner le tout, voilà que, dans ces microstructures, ce sont les parents et les élus qui se battent becs et ongles pour conserver ce dont normalement ils devraient se débarrasser. Seraient-ils plus stupides et portant moins d’intérêt que les autres à la réussite de leurs enfants ? Une tâche dans le marasme généralisé et bentolinien à propos de l’école.
Le prétexte de la carte scolaire pour ne pas s'interroger
Il y a belle lurette que ceci aurait dû intriguer nos ministres, nos pédagogues patentés, l’administration, les associations de parents, les citoyens. Mais non : ignorance totale et le prétexte de la carte scolaire pour ne surtout plus avoir à s’interroger.
Que dirait-on, dans notre très ultralibérale société où l’entreprise est reine, d’une entreprise en difficulté qui se débarrasserait de son seul secteur qui marche sans même chercher à savoir pourquoi il marche ? Et pour une économie de bout de chandelle qui lui coûtera bien plus cher en recherches de productivité jamais trouvée.
Bien sûr, on se doute que découvrir les raisons de l’efficience des classes uniques pourrait être très dérangeant pour le système, les croyances sur lesquelles il s’est bâti, ce qu’on projette d’y injecter, la stabilité de l’opinion sur laquelle on s’appuie.
Lorsque les dernières classes uniques auront disparu, c’est à dire dès cette année, au plus tard l’an prochain, il n’y aura plus aucun îlot prouvant qu’une alternative est possible. Plus aucun îlot ordinaire (des enfants ordinaires, des enseignants ordinaires, des parents ordinaires, des élus ordinaires) sur lesquels s’appuyer, plus aucun îlot vieux de décennies à au moins observer. On perd un laboratoire qui ne coûte rien, qui n’a même pas à être expérimenté.
Chape de plomb de l'industrialisation scolaire
Il ne s’agit pas de sauver quelques privilégiés de l’école au détriment de la masse. Il s’agit de préserver une fenêtre ouverte, une possibilité peut-être à étudier, avant que la chape de plomb de l’industrialisation scolaire n’étouffe tout.
C’est le même combat que celui du développement durable, de l’écologie, de toutes les alternatives. Les dernières fermes biologiques scolaires auront disparu d’ici un an, contrairement à leurs homologues de l’agriculture. Mais elles n’ont été défendues par personne, et pourtant l’école n’a plus que des consommateurs.
Nous appelons donc à une mobilisation générale pour empêcher leur éradication qu’elles qu’en soient les raisons invoquées. Que l’on soit parents de classe unique ou non, futurs parents, anciens parents, enseignants, pédagogues, paysans, ouvriers, intellectuels, de gauche, de droite ou d’ailleurs, élus, simples citoyens, que l’on ait d’autres convictions éducatives, que l’on n’ait jamais mis les pieds dans une classe unique, peu importe : les préserver c’est conserver une dernière graine dont on ne sait pas si demain on n’en aura pas un besoin urgent pour sauver les meubles scolaires. On le fait bien à plus grand frais dans les silos du Groenland pour les espèces végétales.
















En notant les commentaires pour leur pertinence, vous en facilitez la lecture. Les moins bien notés se replient d'eux-même mais peuvent s'ouvrir d'un clic. Pour pouvoir commenter et noter, merci de vous inscrire. Les commentaires sont fermés après sept jours. Pour en savoir plus, lire la charte des commentaires.
Il parait que Jules Ferry aurait dit un jour quelque chose comme : en ce moment, tous les enfants de 6 ans sont en train d’étudier l’embouchure de la Loire
Respectons les traditions et que surtout rien ne change(;)
Les classes uniques, je ne sais pas si cela marche en général, mais cela marche en particulier pour mes deux petits fils qui sont dans la même classe de leur village. je constate régulièrement leur progrés rapide et surtout, le fait qu’ils semblent apprécier l’école.
Et au moins ils n’ont pas à prendre un bus ou se faire déposer par leur parents en voiture pour se rendre à leur école!
j’ai fait mon année de ce1 dans une salle où il y avait deux cours: ce1/Ce2
A la fin de l’année j’ai pu passer en cm1.
J’ai sauté une classe. J’ai eu la chance de comprendre les deux cours en même temps.
Ce n’était pas de mon fort, mais celle de mon instituteur.
Attention en « sautant » une classe vous avez peut-être aussi « sauté » quelques notions essentielles. « Ce n’était pas mon fort, mais celle de mon instituteur », cherchez et corrigez l’erreur.
Mais, ne vous inquiétez pas, moi aussi, je suis parfois victime de la traîtrise du « couper-coller »! Un conseil, persévérez !
Mes 2 enfants ont fait CM1 et CM2 dans une classe unique CM1/CM2 (2ans bien sûr) il y a moins de 5 ans dans une école de quartiers HLM (excusez-moi)
Actuellement, ils occupent la tête de classe de leur collège de centre ville
Encore une fois, ce qui compte, c’est l’amour (de ce qu’on fait, des élèves,…) laissant en retrait le livre de comportement, que la classe soit unique ou pas
@ eltellis
Comme à chacune de vos interventions, vous vous focalisez sur la forme au détriment du fond. Uniquement de la critique crétine, inutile et gratuite.
On connait votre supériorité intellectuelle, pas la peine d’intervenir uniquement pour rabaisser les autres, vous êtes pitoyable!
Un conseil, ne persévérez pas….
Signé : Un illettré qui est également passé directement du CE1 au CM1
Cher(e) Abhörsen
Mais moi je vous aimais, c’est juste pour faire joli, finalement.
Pourquoi tant de haine?
Supériorité, c’est vous qui le dites, je ne prétends à rien de tel (d’ailleurs j’aurais tort, et comme je connais mes limites…)
J’aime Rue89 qui nous offre un espace de discussion libre (j’espère), où chacun peut exprimer à sa manière, ce qu’il pense.
L’insulte ne laisse aucune place au débat démocratique, je lui préfère la dérision et vous n’avez pas de chance car la dérision, comme Cyrano, je me la sers moi-même (bon d’accord parfois je manque de modestie). Pourquoi être irrité(e)?
J’ai effectivement envie de dire ce que dans l’Education Nationale, on ne peut pas. Oui il y a une vraie loi du silence, oui il y a une pensée unique enseignante, oui il y a des gens qui en pâtissent (enseignants, élèves, parents).
Je suis certainement pitoyable, je vous le concède. Mais les gens pitoyables ne vous inspirent-ils pas un peu de compassion.
Donc soyez, grand, retirez vos insultes , à commencer par les illettrés dont je m’occupe, ils ne sont pas fiers de l’être et assez douloureux pour eux.
Ne gâchez pas l’essence de cette tribune, apprenez à sourire même des gens qui vous agacent.
pour vous répondre :
« mais moi je vous aimais » : cf CESBRON (et comme il était connu comme écrivain chrétien, j’entends d’ici les commentaires….)
pourquoi tant de haine : parce que vous savez être constructif, mais trop souvent vous vous contentez d’en mettre plein la vue avec vos corrections orthographiques ou grammaticales qui fatiguent tout le monde sans élever le moins du monde le débat, que vous qualifiez de démocratique, mais où vous critiquez l’opinion de gens sur la base de qqs coquilles au détriment de leurs idées.
quant à votre opinion, je ne pense pas l’avoir critiqué? pitoyable s’appliquait à votre manie des corrections, insupportable.
Cher(e) Abhörsen
Merci pour cette information, de Cesbron je ne connais que peu de chose (notre prison est un royaume, chien perdu sans collier, c’est mozart qu’on assassine)..).
Pour le reste, les seules fautes que je corrigent vraiment, durement ce sont les miennes, mais avec celles des autres je procède avec humour, apparemment, il ne passe pas (mon humour).
Pour le reste je vous assure que je me voudrais constructive et pas seulement dans le débat sur l’Education Nationale, qui me passionne.
Je ne critique pas l’opinion des autres, j’apporte un autre son (peut-être discordant). Je crois, que sur les classes uniques, j’ai dans ma première intervention exprimé très clairement ce que je pense : « elles sont utiles, donc elles doivent exister ». Ensuite, sur le fond de l’article je « critiquais » (ce qui n’est ni un rejet, ni une injure) les explications données, sur les résultats sans explications rationnelles (cela marche, même avec des débutants, même avec un turn over). D’ailleurs si cela ne marchait pas, faudrait-il pour autant les supprimer dans la mesure où elles sont utiles? En fait, le fait que l’expérience donne des résultats positifs, n’est à mon avis pas un bon argument. L’école et la rentabilité, d’accord, mais pas dans le sens de l’entreprise. Prenons l’exemple des ZEP (qui à l’origine devaient vite disparaître, après réussite du dispositif), qui est un échec (oui, oui, la preuve par les déclarations des enseignants) faudrait-il fermer les écoles dont les élèves font baisser le niveau national?
@ eltellis
je vous confirme que je suis d’accord avec une majeure partie de vos opinions, c’est bien pourquoi j’étais agacée par vos digressions correctives.
euh, c’était de l’humour? pas évident à comprendre comme tel, même à la relecture.
Pour le côté classe unique, je suis passé par là, ce qui m’a permis de sauter une classe. Et j’en retiens qu’il s’agit d’une fabuleuse expérience d’autonomisation des élèves. Des élèves qui le peuvent. Parce que pour ceux qui ont plus de difficultés (aïe, je vais dire une énormité : on n’est pas tous égaux devant l’apprentissage, et je ne parle pas d’intelligence mais de mode de pensée, de « fonctionnement ») la pédagogie de l’autonomie n’est pas adaptée.
Il est donc dommage que les classes uniques ne soient qu’un pis aller dans les petits villages, et non un choix réel, avec une solution alternative pour ceux à qui cette structure ne convient pas. Mais en même temps, dans les classes plus classiques, ceux qui ont besoin de plus d’attention l’ont-ils?
Ce n’était pas de mon fort, mais celui de mon instituteur. (on ne se relit pas à haute voix désolé)
J’ai également fait la majeure partie de ma scolarité de primaire dans une classe unique: entre 15 et 20 élèves répartis sur les 4 niveaux CE1 - CE2 - CM1 - CM2, et je m’en suis plutôt pas mal sortie ensuite (j’ai sauté le CE1, je suis devenue prof… ok, c’est ptet pas une référence… ^^)et je ne crois pas avoir « sauté » de notions essentielles. L’intérêt était de pouvoir travailler avec tout le monde, l’instit’ pouvant nous faire faire des choses de notre niveau, ou d’un niveau moindre (pour les élèves en difficulté), ou encore du niveau de la calsse supérieure (pour les élèves réussissant bien)… c’était finalement l’ancêtre de la fameuse pédagogie différenciée! ^^ En tout cas, chapeau à ces enseignants!
au moment ou tout le monde redécouvre les bienfait du « local », il est logique que le gouvernement aille dans le sens inverse…
http://jide.romandie.com
Qu’est-ce que nous avons regretté la fermeture de la classe unique de l’école primaire dans le petit village où nous habitions !
L’Instituteur – grand I, j’insiste – était tout bonnement fabuleux. Maintenant, dépité, il attend la retraite en effectuant des remplacements… C’est triste. Un village sans école n’est plus qu’un cimetière !
Je file signer.
Ma fille aînée a fait ses deux premières années de primaire en classe unique, dans deux communes différentes. C’était des classes qui comptaient beaucoup
moins d’élèves que dans les classes de niveau (entre 10 et 20), et où il y avait une émulation entre les plus grands et les plus jeunes. Emulation et effectif réduit, c’est justement ce qui manque dans la plupart des établissements.
Ce n’est pas forcément l’effectif par classe (j’ai eu jusqu’à 30 enfants, de 4 à 10 ans !). Par contre c’est l’effectif par école qui joue ainsi que l’espace dont on dispose : mes 30 gamins avaient 2 salles, un préau trasnformé en atelier, un jardin, une mare, une cour, l’ancien logement de l’instit,un coyuloir transformé en atelier son,… Et maintenant, alors qu’elle va être fermée, il s’y est ajouté une véritable médiathèque (interface entre le village et l’école), une salle de motricité, on peut même ajouter le terrain de tennis à côté, l’ancienne voie de chemin de fer, le stade, la base da kayac pas loin…
Ce petit village de la Vienne de 400 habitants, au départ de sa classe unique il y a 30 ans, n’avait rien de tout cela !
Par contre, concernant ma fille, c’était des locaux minimalistes. Comme quoi, on ne peut pas tout avoir. Mais d’après votre description, les enfants de votre école étaient des privilégiés. En espérant que ça serve un jour d’exemple.
Pétition signée.
On ne peut pas dire que c’étaient des privilégiés : ces conditions, c’est le village qui peu à peu se les était données. L’école est ou devrait être une « entreprise éducative », le terme entreprise étant entendu comme une oeuvre commune.
400h entre la base de kayak et l’ancienne voie de chemin de fer. Je crois que je vous situe.
Je vois pas pourquoi vous dites qu’elle va être fermée, c’est vous et tous ceux qui l’utilise qui décidez. Continuez à l’utiliser.
Faites comme si de rien (n’?)était.
C’est le meilleur moyen de montrer que vous n’êtes pas en accord avec cette décision, et si tous les parents du village font de même…
J’aimerais par contre qu’on me cite des exemples de pétition qui ont fonctionné.
Absorbsion contre dissolution.
Oui Bernard, ainsi va la France. Une France skyzophrène, une société disloquée. Une éducation nationnale prise à partie qui ne sait plus où donner de la tête.
Des classes surchargées dans des univers scolaires surexploités où il faut absorber chaque année un peu plus d’élèves, un peu plus de violence, un peu moins d’apprentissage, un peu moins d’humanisme.
Ecole/parkink
Ecole/guetto
Ecole/entreprise…espèce en voie de prolifération
Des classes rurales dans des écoles à taille d’enfant, qui chaque année sont menacées d’être dissoutes et avec elles, des élèves privés de liens sociaux, des familles abandonnées, des villages désertés, des enseignants mutés.
Ecole/accueil
Ecole/convivialité
Ecole/apprentissages…espèce en voie de disparition.
Explosion contre dissolution. Est-ce donc la seule issue possible? N’y a-t-il pas d’autres voies envisageables? Se pose-t-on seulement ces questions dans les anti-chambres du pouvoir?
A quand des cours d’urbanisme pédagogique dans nos grandes écoles d’archi?
A quand des concours ouverts sur le thème de la ville/sructure scolaire à sciences Po et à l’ENA?
A quand nos grands cerveaux au service de l’Homme? Sans jamais oublier qu’à la racine de l’homme, il y a l’enfant, il y a nos élèves.
Avant d’être adulte, l’homme est un enfant. Et oui, c’est bête à dire comme ça, mais il me semble que cette donnée n’entre pas souvent en ligne de compte dans notre société. Bien sûr il y a les textes officiels sur les droits de l’enfant…les chartes, les lois qui sauvent la face, mais cachent, trop souvent, une réalité bien différente.
Ostiane
BLOG BLEU PRIMAIRE
chère collègue vous avez écrit sarkozysophrèé ou schizo…!
Tiens c’est bizarre, j’aurais jure que les enfants c’etait comme les voiture !! Et moi qui me rejouissait de pouvoir les envoyer dans une toute nouvelle usine presque entierement automatisee (en batterie pour se tenir bien chaud a 8000 par salle).
Fichtre, on m’avait dit que « etre et avoir » c’etait du SF et pourtant ca marche !!
La classe unique a ses avantages et ses inconvénients. L’avantage c’est qu’elle est en général 2 et rarement unique et qu’elle permet à l’enfant d’être scolarisé en petit comité dans un cadre qu’il connait parfaitement. Il ne vit pas le stress des écoles de plus de 100 enfants, il est près de son domicile, rentre chez lui pour déjeuner, il se socialise grâce aux différents niveaux de la classe, les grands coachent les petits. Il y a un phénomène d’émulation incroyable, chacun ayant à coeur de ne pas paraître plus sot que l’autre. L’élève peut se concentrer, la classe peut même aller très vite et ne pas prendre de retard sur le programme grâce à la discipline.
l’inconvénient, c’est que l’élève ne sort pas de son lieu-dit, ou du hameau, car le principe de la classe unique c’est d’être située hors des bourgs. Pour rejoindre l’école du bourg il devra prendre le car scolaire, ça a un coût, déjeuner à la cantine car le hameau est situé à 5 km pour certains. Il rentrera plus fatigué qu’avant, moins enclin à faire ses devoirs, car à la différence de la classe unique, à l’école du bourg on lui donne des devoirs. Comme il devra respecter les horaires du car pour rentrer, il n’aura plus le temps de baguenauder après l’école. Au lieu de mettre 5 mn pour revenir à la maison, il en mettra parfois 20 ou 30.
L’acclimatation classe unique-école élémentaire peut parfois être douloureuse, un petit trauma difficile à surmonter, même pour le hameau qui voit fermer le seul lieu d’enseignement, grâce auquel le postier s’arrêtait relever le courrier dans l’unique boite aux lettres accrochée aux flancs de l’école de classe unique. L’unique cabine téléphonique fermera elle aussi ses portes battantes. Puis la classe unique sera vendue, au mieux transformée en logement social.
Et ce sera la désertification des campagnes. Tous en ville les mecs !
Pourquoi ferme-t-on les classes uniques?
Rentabilité pour l’Etat???
Mais qui va payer le transport des élèves délocalisés?
Cette mesure va-t-elle dans le sens du grenelle de l’environnement????
Quel bénéfice ces élèves délocalisés vont-ils en retirer?
Pourtant le ministère n’a-t-il pas comme ambition de garantir une meilleure qualité d’enseignement?
Rentabilité : c’était l’argument brandi et gobé. Or, les travaux d’Alain Mingat, du très officiel IREDU (Ibnsitut de recherche en économie de l’éducation) ont montré qu’en réalité l’économie était pour l’Etat (récupération de poste) mais totalement compensée et dépassée par un transfert de charges sur les collectivités territoriales (transport, cantines, garderie périscolaires…) Ce à quoi se rajoutent les charges colatérales ce qu’a démontré Guy VERMEIL (médecin) : santé, fatigue, échec scolaire dû à la fatigue, charges domestiques, organisation de la vue familiale etc.
Pour le ministère, et malheureusement pour une bonne partie de l’opinion publique, la « qualité de l’enseignement » n’a pas le même sens que pour ceux qui comme moi prônent (et ont pratiqué) ce que l’on peut appeler une « pédagogie biologique » en gardant au terme « biologique » le même sens et le même professionnalisme que l’entendent les agriculteurs : les enfants sont l’environnement et ils croissent !
L’ecole unique? « Etre et avoir »? J’y suis passée …
Un bon maître, une bonne école…
Et il lui fallait être bon pour « tenir » ses enseignements.
Les Grands qui aident les Petits…
Et puis la leçon de choses… à tous moments.
A la campagne … c’est la solution pour faire que nos villages ne meurent pas.
Un bourg sans écoliers, c’est la mort du village.
Et gnin-gnin-gnin……………
« Ettre et avoir » n’est pas forcément un bon exemple ! A la parution du film nous avons été nombreux, enseignants en classe unique, à être… horrifiés. La classe unique que nous défendons n’a rien à voir avec un passé ringard, au contraire, nous l’avons défendue dans plusieurs colloques comme l’école du XXIème siècle (on était encore dans le XXème !… mais cela, nous ne pourrons plus vous faire voir ce que pourrait être l’école,… sauf peut-être si vous signez en masse !
Là,nous sommes d’accord…Mais l’angélisme des villotains,envers la ruralité est insupportable.
Il faut également réfléchir,au passage en 6èm,qui pour certains élèves ,issus de classe unique,est un véritable choc.
@ manju35
»..passage en 6èm,qui pour certains élèves ,issus de classe unique,est un véritable choc. »
très facile à résoudre.. je connais des écoles ou les écoliers sont allés en cours d’année, faire connaissance de leur futur collège.. et les entrées en 6ème zen…
Pas si simple,l’instit en classe unique est souvent maternant ou paternant,et de fait ,l’unique référence pédagogique d’un enfant entre 6 et 11 ans….
maternant
ou
paternant
En effet : deux écueils possibles.
Votre post lui est simplement consternant.
Mais où donc votre consternation se loge-t-elle?
Dans le constat de l’étroitesse de votre perception de la réalité.
uN PEU HASARDEUSE TA réponse pépère..
« perception de la réalité »?Tu peux développer mon mignon.
Pour un prof.,tes idées sont courtes et vite arrêtées.
A l’image de tes dons pédagogiques ,sans doute.
Etant lecteur de Mallarmé,je vous informe que chacune de mes réponses est réfléchie, donc, comme tout coup de dé n’abolira jamais le hasard.
Sachez aussi que je ne suis pas mignon, mais affublé d’une laideur sans pareille , qui m’oblige à ne pas trop me montrer dans la sphère publique que je sais aliénée au culte de l’image.
N’étant point prof, mais instituteur, je confirme que mes idées sont courtes et mes cheveux longs, ce dont je me moque comme de ma dernière chemise, contrairement à l’intérêt que je porte à l’adjectif « court » que depuis longtemps je connote très positivement pour des raisons personnelles.
Quant à la pédagogie, sachez que j’ai quelques arguments opposés à la théorie des dons ; vous en concluerez que je ne crois donc pas aux dons pédagogiques.
Vu d’où je suis , je ne vous plains, ni ne me moque.
J’espère simplement qu’infirmier pédo psy vous faites preuve d’intelligence situationnelle.
Et je travaille au quotidien avec tes collègues,en bonne intelligence………..
FAUX. Tout au moins dans la conception que nous avons du métier d’enseignant qui est, avant tout, un professionnel.
D’autre part, dans la concepttion qui est celle d’un certain nombre de classes uniques, ces dernières sont des lieux éducatifs traversés par une grande quantité d’adultes. L’instit est celui qui est le garant du fonctionnement d’un navire, mais plus le distributeur, tout au moins le distributeur unique de savoirs. Encore une fois, la classe est d’abord une communauté éducative où chaque membre apporte aux autres.
en fait, pour eux c’est plus facile..
ils sont déjà autonome, ils ont appris à travailler seul aussi, et hésitent moins à prendre la parole en public
C’est pas le même public..
il ne faut pas généraliser hâtivement : dans les classes uniques on peut vivre le meilleur et le pire…
Et ce choc de la 6ème ?? un jour un prof de collège m’a dit : vos élèves, ce sont des rebelles ! à quoi j’ai répondu que je n’étais pas sûr d’avoir bien travaillé dans ce sens mais que j’étais content de l’apprendre !!
le même prof, 5 mn après, de me dire : j’apprécie vos élèves : ils participent, sont autonomes, posent des questions,mettent de la vie dans le groupe classe…
Tout cela en 5 mn……………
C’est vraiment unique.
Votre remarque est extrèmement fréquente de la part des profs ou du principal du collège qui suit la classe unique.
Oui, bon, le « choc de l’entrée en sixième », c’est surmontable. Ils ont connu la civilisation avant, non? Ils savent avant qu’ils verront des nouvelles têtes, qu’ils auront des nouveaux profs etc. A force de vouloir les protéger de tout, on fait des enfants qui ne savent plus rien faire.
Passé ringuard ! Comme si le seul critère valable au XXI siècle était d’être moderne! Même chez les enseignants !
Mon fils, qui fut un élève moyen, a un souvenir excelent de son école primaire à classe unique pendant deux ans. Et il avait appris profondement les bases de chaque discipline.
L’instit ringuard devait y être pour beaucoup . . .
par la force des choses, la classe unique reprend un peu le principe de l’école mutuelle d’il y a bien longtemps, basée sur l’entraide, qui elle aussi a été supprimée, bien que/parce que très efficace et atypique.
mais comme le pain dont la qualité dépend surtout du boulanger, les classes dépendent surtout de l’instituteur - et comme il est probable que les instituteurs formatés et formateurs ne doivent pas se disputer pour rejoindre une classe unique, ces classes doivent donc surtout attirer les locaux et/ou les motivés tentés par une expérience différente. souvent, il n’en faut pas plus (mais c’est deja beaucoup) pour réussir la bonne alchimie!
Les raisons de son efficience sont beaucoup plus complexe que cela (mais pas si compliqué à mettre en oeuvre). Un aperçu dans « une école du 3ème type ou la pédagogie de la mouche » L’Harmattan.
Il faut bien avoir en tête que tout le système éducatif et les principes sur lesquels il s’appuie sont fondés sur le taylorisme et reprennent même le ratio studorium des jésuites du XVIIème. Le système éducatif est une chaîne idustrielle qui a besoin d’ailleurs de produits standardisés dans chaque case pour produire, au bout, des objets également standardisés. Pratiques, programmes sont pensés par rapport à cette chaîne.
La classe unique, en amont de tout le système, permet une approche complètement différente des apprentissages. « On débarque dans une autre planète » disait Marcel Trillat venu faire un reportage pour « envoyé spécial » dans ma classe.
Sur la photo qui illustre l’article, on voit une croix au mur. Je doute donc que ce soit la meilleure illustration de cette école laïque des hussards noirs de la République dont on déplore la disparition progressive dans nos campagnes. L’Education Nationale ne ferme que les écoles publiques.
Le grand Meaulnes et « Etre et avoir » seront bientôt des documents d’archéologie. La fermeture des écoles rurales va amplifier la désertification des campagnes. Avec tout ce que cet ultime exode implique comme conséquences sociales, culturelles, économiques et écologiques.
La photo, je n’y suis pour rien ! elle n’a strictement rien à voir, soit avec mon ancienne école, soit avec les écoles des amis avec qui je travaille !