Suite de la série d'instantanés de Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallélian consacrée au Liban, ce pays qui a les yeux rivés sur Damas…
A Beyrouth, les yeux étaient rivés jusqu'à dimanche sur Damas. « Bachar El Assad a eu le culot de discuter de la question libanaise dans la capitale syrienne », s'énerve un chrétien croisé dans un bar du quartier d'Hamra. Durant deux jours, le président syrien Bachar El Assad a cherché à briser son isolement en abritant un mini-sommet de la Ligue arabe. Sans les Saoudiens et les Egyptiens qui ont brillé par leur absence, mais avec Khadafi qui s'est illustré par son sens inné de la provocation. Le maître de Libye a fait la leçon à ses petits camarades en leur rappelant qu'ils se détestent tous. Comment dans ces conditions trouver des solutions à l'amiable, s'est-il interrogé avant de prédire que les dirigeants arabes auront le même destin que Saddam Hussein. Ils finiront au bout d'une corde s'ils poursuivent sur la voie de l'oligarchie. Sacré dictateur libyen. Mais l'heure n'est pas à l'humour au Liban, toujours plus partagé. Pour Al Akhbar, proche du Hezbollah et de l'opposition, le sommet a été une réussite. Faux, rétorque L'Orient Le Jour, journal francophone de Beyrouth, qui prend aux mots les déclarations du ministre des affaires étrangères syrien :
« Puisque le Liban est souverain qu'il règle donc lui-même ses problèmes. »
Et le quotidien beyroutin de citer El Assad qui a osé une boutade à son envoyée spéciale :
« Nous avons confié désormais le dossier libanais aux îles Comores. Ce sera à eux de le résoudre puisque tout ce que nous faisons est mal interprété. »
Sacré dictateur syrien… Mais l'heure n'est vraiment pas à l'humour à Beyrouth. L'après-sommet fait planer le risque d'une nouvelle flambée de violence au pays des Cèdres. Encore une fois, les Arabes se sont quittés en décidant de ne rien décider. Et Amir, qui regarde la pluie tomber sur Beyrouth, lâche, fataliste :
« Autant rester à la maison que d'aller à la plage. Aujourd'hui, la météo n'est pas bonne.
Ainsi va la politique et la vie au Liban. Seul point positif : l'absence à Damas des leaders saoudiens qui font du forcing pour imposer le nouveau président libanais. Quant à la France, elle n'est même plus sur le banc des remplaçants ni même dans les tribunes. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères, sait-il encore où se trouve le stade ? L'Ayattolah Mohammad Hussein Fadlallah, leader spirituel du Hezbollah, a même renvoyé l'équipe de Sarkozy au vestiaire après les déclaration du président Bling-Bling. Ce dernier se réjouissait de l'absence du Liban à Damas. Carton rouge de Fadlallah qui a déclaré que la France de Sarko ne joue plus dans la ligue… libanaise. Game over pour l'influence hexagonale dans la région !

























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De Otto67
23H08 | 08/04/2008 |
Le Liban ! ?
La ou s'enerve un chrétien croisé…
Mais aussi là ou l'influence hexagonale est Game Over.
Ce que vous oubliez de dire(Sid Hamed Hammouche et Patrick Vallélian) c'est que les chrétiens qui représentaient encore au début des années 80 plus de 50% de la population ne représentent plus aujourd'hui que moins d'un tiers de la population libanaise et que eux aussi quelque part ils sont Game Over.
D'ailleur justement le magasin sur la photo est certainement un magasin chrétien dans un quartier chrétien faute de quoi la patronne aurait des ennuis avec les islamistes du Hezbollah mais cela vous oubliez de le dire.
De ghantoos
00H57 | 09/04/2008 |
Quand on sait pas, on ne se permet pas de parler.
Remettons les idées de toutes et de tous en place.
Je demande à rue89 d'arrêter de citer dans ses articles sur le Liban : le « chrétien », le « chiite », le « sunnites », le « druze » etc. Tant qu'une pression médiatique sera alimentée au jour le jour sur le Liban chrétien, puis le Liban musulman, puis le Liban druze, bientôt il n'y aura plus de Liban. Le Liban est un Pays à part entière, et merci de le considérer ainsi. Les actes de vandalismes inter-confessionnels, c'est en France qu'on les voit ! Pas au Liban !
Le sujet de l'élection présidentielle et de la situation actuelle au Liban peut être résumé facilement à l'équipe 14 mars (le gouvernement actuel), à l'équipe du 8 mars (l'opposition), à la Syrie, à la Ligue Arabe, à l'ONU, à la France, aux Etats,-Unis, à l'Iran, etc.. Oui tout ça est facile. Mais c'est l'Histoire qui a dicté la situation actuelle du Pays du Cèdres, et non l'équipe de l'un ou de l'autre. Je vous demande du fond du cœur de vous documenter, de poser des questions aux personnes de votre entourage susceptibles de vous apporter des réponses, avant de juger si simplement la question Libanaise.
Quant à toi Otto67, tu as une réaction déplorable. Vide de toute réflection.
De Ekios
03H18 | 09/04/2008 |
Lorsque le Liban comprendra que son salut est dans la laïcité …
Force toute fois m'est d'admettre que la mise en œuvre d'une telle chose serait à l'heure actuelle suicidaire …
De jissé
Ingé retraité | 03H36 | 09/04/2008 |
@ghantoos.
Bonjour et bienvenue sur Rue89.
Au sujet de votre premier paragraphe et de manière générale il est des endroits et des époques où chacun se définit presque exclusivement par rapport à son groupe ethno-sociologique.
Sans pour autant qu'il y ait forcément racisme ou exclusion aussi bien vu de l'extérieur que de l'intérieur.
Et si l'on ne prend pas ces données en considération, il est impossible de s'y retrouver.
Sauf à faire partie de l'une d'entre elles.
Et quand on ne sait pas il est utile d'apprendre, en en parlant.
Bonne journée.
Jissé
à jissé
De compte supprimé 32
08H29 | 09/04/2008 |
On ne saurait mieux dire. Meme si l'on trouve bon nombre de « collabos » potentiels du cote chretien, comment pourrait-on ignorer la dimension religieuse (pour ne pas dire tribale) de ce conflit ?
à jissé
De rahil
10H43 | 10/04/2008 |
@ Jisse.
que les gens se definissent comme ils veulent. je vis au liban et je connais TRES PEU de gens qui se presentent en declarant leur confession. ce sont les journalistes qui passent un temps fou a vouloir leur faire « admettre'.
donc ecoutons les gens, et laissons les se presenter comme ils veulent. il y aura d'un coup moins de maronites, de sunnites et de chiites, et plus de libanais laics.
à rahil
De jissé
Ingé retraité | 11H24 | 10/04/2008 |
@rahil
Bonjour.
Réponse un peu tardive, je vous prie de m'en excuser.
Avant la fin de la guerre, mon épouse a passé son enfance dans un des « restes » de l'Empire Austro-Hongrois, à l'est de la Pologne. (région alors non-soviétique)-
Dans une ville qui a 5 ou 6 noms, selon les « origines' : Lemberg, Léopold, Lvev, Lviv, Lvow, Léopolis ..
Peuplée presque exclusivement de “minorités” : Polonais, Ukrainiens, Juifs, Russes, qq descendants d'autrichiens, catholiques, qq orthodoxes.
Chacun s'y retrouvait de préférence “entre soi”.
Sans avoir à “se présenter”.
Même si les écoles étaient communes (Ma B-Mère y était enseignante).
“Comparaison n'est pas raison” dit le proverbe ..
Mais enfin ..
Bonne fin de journée.
Jissé
De Marc Renaud
13H18 | 09/04/2008 |
Les conflits libanais sont liés principalement à deux choses distinctes de la religion :
- le statut de « paillasson » octroyé à ce pays par ses voisins et par les puissances européennes qui sont tous venus à un moment ou un autre de son histoire s'y essuyer les pieds ou y régler leurs différents, s'appuyant sur telle ou telle communauté pour faire valoir leurs visions. Le confessionnalisme institutionnel (président maronite, 1er ministre sunnite et président de la Chambre chiite + découpage électoral en fonction de la couleur religieuse des régions) est d'ailleurs né de ces influences et de ces diktats étrangers. Les tensions internes au Liban sont toutes nées ou été fortement influencées par la situation géopolitique de la région (Israël, Syrie, Egypte, Palestine…) ;
- le bon vieux grégarisme, profondément humain et qui consiste, en cas de situation difficile, comme un conflit, à suivre celui qui vous ressemble le plus, à savoir un chiite lorsque l'on est chiite, par exemple. Donc, sans que la religion explique les origines du conflit en question d'une quelconque façon.
Pour résumer par rapport aux réactions ci-dessus et pour faire écho à la réaction de Ghantoos :
- voir ce pays à travers l'unique prisme de la religion est une vision très occidentale (française ? ) et, surtout, source d'erreurs d'appréciation flagrantes sur ce qui se passe là-bas
- il existe une littérature très dense et surtout trèsq hétéroclite sur ces questions. ça n'aide pas çà y voir clair. Je veux pas faire mon prof, mais relire par exemple Georges Corm ou Henry Laurens aide à ouvrir ses neurones à un proche Orient plus compréhensible.
De ghantoos
15H17 | 09/04/2008 |
En voyant en début de semaine que 4 articles allaient être consacrés au Liban sur rue89, je n'ai pu que m'en réjouir. Je m'attendais à lire une vision différente des médias « populaires ».
Pendant 30 ans la presse s'est battue pour faire apparaître le conflit libanais comme un conflit confessionnel. La guerre est finie depuis bien longtemps maintenant, mais on continue à entendre et donc a penser la même chose : le Liban est étouffé par ses Religions. Ceci est faux.
Pendant la guerre, l'occident a laissé la Syrie abuser de sa présence militaire au Liban sous prétexte que le Pays sombrait dans un conflit confessionnel. Le Pays sombrait dans une guerre politique (et même géo-politique), et la présence syrienne au Liban en arrangeait plus d'un (le « un » ne désignant, bien sûr, pas uniquement les voisins géographiques directs du Pays du Cèdre..).
Quand bien même l'avis d'un libanais serait intéressant, le simple fait de préciser sa confession dans un article ne fait qu'entretenir le mythe du perpétuel « conflit confessionnel libanais ».