L'énergie de la mer a franchi une étape symbolique. Seagen, la première hydrolienne de production dépassant le mégawatt vient d'être posée par 24 mètres de fond, dans le détroit de Strangford, en Irlande du Nord.
L'un des plus puissants courants de marée du monde lui permettra de produire jusqu'à 1,2 mégawatts d'électricité en pointe, pendant dix-huit à vingt heures par jour.
L'installation, partiellement émergée, comporte un pylone central, sur lequel un bras mobile portant deux hélices circule entre une position basse de production et une position haute facilitant la maintenance. Les deux hélices bipales de 16 mètres d'envergure sont réversibles, afin d'exploiter le courant aussi bien lors de la marée montante que descendante.
Bientôt une ferme de sept hydroliennes au Pays de Galles
Seagen devrait être opérationnelle dans quelques semaines et reliée au réseau électrique cet été. Elle doit alimenter un millier de foyers. Le constructeur, Marine Current Turbines, prolonge ainsi l'expérience acquise depuis l'installation en 2003 de l'hydrolienne Seaflow de 300 kW à Lynmouth, près de Cardiff. La suite ? Une ferme de sept hydroliennes totalisant une puissance crête de 10 mégawatts devrait être installée d'ici 2012 au large de l'île galloise de Anglesey.
L'installation de Seagen confirme la position de pionnier de la Grande-Bretagne en matière d'énergie de la mer. On sait qu'elle risque d'être quelque temps handicapée par un coût élevé, induit par la spécificité du milieu marin (corrosion, accessibilité…).
Mais on sait également qu'elle représente un vaste potentiel (surtout l'énergie des vagues), tout particulièrement pour une nation encerclée par la mer et qui dispose d'un « savoir-faire-sous-la-mer » développé pour l'exploitation du pétrole offshore.
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De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 18H41 | 07/04/2008 |
Bravo, il suffit de faire la planche par temps calme pour senti toutes ces forces qui habitent le milieu marin et qui ne demandent qu'à être utilisée par nous. En complément, j'aurais bien aimé trouver un schéma, une infographie pour comprendre le principe et l'originalité de cette solution …
à Claude PELLETIER
De A.V.
tamagotchi89 | 20H08 | 07/04/2008 |
Bah, Claude ? ? ? ? … Fais la planche au large de l'Irlande, et tu comprendras.
à A.V.
De napakatbrax
21H18 | 07/04/2008 |
Une info sur le montant de l'investissement ? Noter que la puissance dégagée équivaut à 10% d'une centrale nucléaire moyenne, et à 3% du futur EPR.
D'où l'intérêt de connaître les coûts de mise en service et de fonctionnement…
http://www.LesMotsOntUnSens.com
à napakatbrax
De Cheyenne
Ermite | 21H48 | 07/04/2008 |
Heu… je ne crois pas.
Un réacteur nucléaire moyen, c'est 1000 MW en continu (24h sur 24) et donc une centrale (qui comporte de 2 à 4 réacteurs), ça peut taper dans les 4000 MW.
Les futurs réacteurs EPR fourniront une puissance de 1450 MW.
…bref je sais pas où t'es allé chercher ces pourcentages, mais c'est plutôt de l'ordre du pour mille…
à Cheyenne
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 03H50 | 08/04/2008 |
Il n'y a pas petits profits, mais je crois que le solaire est plus porteur et que les éoliennes ont « le vent dans les voiles »… Enfin, pourvu qu'on avance… http://nouvellesociete.org/415.html
Pierre JC Allard
à pierrejcallard
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 11H42 | 08/04/2008 |
Le solaire, c'est plusieurs types différent dénergie :
- le photovolaique (conversion directe des UV en électricité : faible rendement et très fort côut de production des paneaux (a la fois en argent et en pétrole). Il faut un temps de l'ordre d'une dizaine d'années pourqu'un paneau solaire ait produit l'energie suffisente à produire un congénère.
- le thermique passif (les paneaux sur les toit pour chauffer l'eau chaude sanitaire et le chauffage central) : très bons rendements. A généraliser d'urgence. C'est le genre d'investissement qui devrait ere soutenu massivement par l'état car très bon impact environnemental et création de milliers d'emplois à la clef. Avec l'isolation, c'est un des points clefs d'une relance écologique de l'économie.
- le thermique « actif ». Ce sont des fermes de parabolles de taille moyenne (5/6 m) qui concentrent le soleil (comme une loupe géante) et utilisent la forte température obtenue au foyer pour faire tourner un moteur Stirling, qui active une génératrice électrique. Le refroidissement du moteur fournit de l'eau chaude. Ces fermes se développent beaucoup aux états unis, principalement dans les régions ensoleillés.
www.stirlingenergy.com/
Le gros avantage est de pouvoir produire une énergie locale avec un faible investissement (le prix d'une grosse voiture allemande). C'est parfait pour electrifier un village isolé en région tropicale.
Maintenant, l'energie marine, c'est un potentiel energétique beaucoup beaucoup plus important. L'energie disponible est considérable pour des investissement beaucoup plus faible que pour le soleil. Le problème principal est la tenue des ouvrages en durée. La mer est un milieu violent. Les britaniques, avec leur expérience pétrolière en mer du Nord ont une longueur d'avance sur le reste du monde. Les Hollandais sont assez bon aussi (comme les scandinaves). Le portugal a un fort potentiel en terme de gisements, mais moins de savoir faire. Il y a donc des partenariats qui se sont crées. La france est étonnament à l'écart malgré la longueur de ses côtes. EDF fait de la recherche sur le sujet mais en france, les priorités sont ailleurs (exporter du nucléaire)…
à Cheyenne
De nono le simplet
dilétante adèle | 07H29 | 08/04/2008 |
24h sur 24 ? ?
comme si il n'y avait pas d'entretien sur les réacteurs
il y a parfois des arréts de plusieurs mois
en plus pour comparer, un réacteur c'est 1000 MW c'est vrai, il n'empéche que l'allemagne a un parc éolien de 22 000 MW fin 2006 ce qui représente 22 réacteurs nucléaires …
et l'Allemagne est moins « favorisée » au niveau du vent que la France ( 2450 MW éoliens fin 2007 ) ou l'Angleterre …
c'est de plus en plus difficile de défendre le nucléaire …
à nono le simplet
De Cheyenne
Ermite | 14H40 | 08/04/2008 |
Exact. Un arrêt de tranche, c'est 4 à 6 mois tous les deux ans. Mais lorsqu'un réacteur est à l'arrêt, les autres fonctionnent toujours. Donc une centrale de 4 réacteurs, même avec un réacteur à l'arrêt ça fait 3 réacteurs en marche, donc 3000 MW, 24h sur 24.
Quand au solaire thermique actif, j'ai bossé dessus et les futurs prototypes de centrales taperont dans le 100 à 200 MW pour une surface de plusieurs km2. Pour moi, ce type de centrale est l'avenir du solaire.
Le photoélectrique, ça serait intéressant si ça devenait rentable. Pour le moment, l'énergie nécessaire pour produire un panneau est trop importante (égale, voire supérieure, à l'énergie produite par le panneau le long de sa vie). De plus, la fabrication des panneaux et leur fin de vie sont synonymes de déchets chimiques importants.
à Cheyenne
De Pierre Vandeginste
(auteur)
Journaliste scientifique, blog Aïe ... | 15H48 | 08/04/2008 |
Le panneau pholovoltaïque a de bonnes chances d'être bientôt la source d'énergie renouvelable la plus économique. Les panneaux à couche mince bon marché arrivent, de nombreux sites de production sont en construction ou programmés…
On estime qu'un panneau PV rembourse son empreinte écologique en 2 à 4 ans. Il produit pendant environ 30 ans.
Le bizness solaire PV grimpe à environ +50% par an, soit plus qu'un doublement tous les deux ans. Et rappelons qu'il suffit à la louche de couvrir 50% de la surface de toits en France pour obtenir notre conso d'électricité…
Mais il est vrai que le solaire « thermodynamique » pourrait faire encore mieux que le PV. C'est une solution plutôt intéressante en version centralisée. Il semble que les multinationales la boudent parce qu'elle est beaucoup moins « verrouillable » (brevets) que le PV.
à Pierre Vandeginste
De Cheyenne
Ermite | 21H22 | 08/04/2008 |
Merci pour ces précisions. Je n'avais plus suivi l'évolution du photovoltaïque depuis déjà quelques années, n'y croyant pas.
à Claude PELLETIER
De A.V.
tamagotchi89 | 20H12 | 07/04/2008 |
En plus, tu le tiens, ton moyen de mourir dans la dignité !
De Pierre Vandeginste (auteur)
Journaliste scientifique, blog Aïe ... | 22H21 | 07/04/2008 |
Une petite vidéo qui aide à piger tout ça.
à Pierre Vandeginste
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 03H08 | 08/04/2008 |
Superbe.
Et une foule d'infos. Merci.
à Pierre Vandeginste
De tempel1
marié | 05H28 | 08/04/2008 |
Il est étonnant que les pales soient fixées DERRIERE leur support ( par rapport au courant) ?
à tempel1
De Pierre Vandeginste
(auteur)
Journaliste scientifique, blog Aïe ... | 13H14 | 08/04/2008 |
Les pales ne sont ni devant ni derrière, puisqu'elles fontionnent dans les deux sens (marée montante et descendante).
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 18H49 | 07/04/2008 |
Si je comprends bien l'illustration, ce sont les avantages de l'usine marée-motrice de la Rance sans les inconvénients.
Je ne suis pas plus connaisseur que ça mais je pressens qu'il y a là quelque chose de génial.
à Jonas2
De jissé
Ingé retraité | 12H03 | 08/04/2008 |
Bonjour, Jonas.
L'installation marée-motrice de la Rance, m'avez piqué l'exemple. (aucune rancune de ma part)
Bon, l'est normal qu'elle produise moins que l'Irlandaise mais, avantage ou inconvénient, elle consomme nettement moins en Guinness !
Cordiale bonne fin de journée.
Jissé
à Jonas2
De marie 75
13H32 | 08/04/2008 |
la rance cela n'a rien donné : ca n'alimente même pas la ville de St Malo.
Il faut espérer que ce nouveau syst. donne des résultats.
à marie 75
De JMT97400
ingénieur | 15H10 | 08/04/2008 |
« La rance n'a rien donné »… quelle affirmation péremptoire !
La Rance c'est 250MWe soit 3 millièmes de la puissance totale des usines françaises
C'est environ 550GWh de production soit 1,25 millièmes de la consommation totale française d'électricité.
Est-ce que St Malo a plus de 75.000 habitants ?
Sachant que historiquement cette usine a été construire comme prototype en vraie grandeur pour mettre au point les groupes bulbes réversibles qu'EDF a utilisés ensuite dans de nombreuses autres usines.
Accessoirement, quand certains pétroliers laissent échapper trop de cochonneries en mer la retenue permet de mettre des productions à l'abri….même au prix d'une baisse de la production
Et enfin souvenez-vous du temps qu'il fallait pour faire le tour avant la route sur le barrage ?
JMT
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 18H54 | 07/04/2008 |
C'est comme qui dirait une « thalasienne » (cousine de l'éolienne). La force de l'eau sans les pbs d'ensablement. Planche et doigts de pieds en éventail garantis.
De totoshop
18H54 | 07/04/2008 |
Juste une question : quid de l'impact sur la faune et la flore aux abords de ce pylone ?
Elles m'effraient ces hélices.
De Blaise11
I'm hard, but I'm fair. | 19H15 | 07/04/2008 |
Réponse par une autre question : quid de l'impact sur la faune et la flore aux abords d'une station pétrolière marine ?
à Blaise11
De Gudule
19H29 | 07/04/2008 |
…et que dire de Tchernobyl…
De A.V.
tamagotchi89 | 19H34 | 07/04/2008 |
Et bien tous les baigneurs qui s'approcheront d'un peu trop près seront transformés en plancton. Le plancton, lui, restera plancton. Bref, que des bonnes nouvelles pour la mer.
à A.V.
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 19H49 | 07/04/2008 |
Excellent A.V. Merci. Je n'avais pas beaucoup ri aujourd'hui.
à A.V.
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 20H58 | 07/04/2008 |
Toujours ce départ dans la dignité. Un de +. Que de moyens d'arriver à sa fin !
De the-swift
20H00 | 07/04/2008 |
L'eau étant un milieu notablement plus visqueux que l'atmosphère, le forçage (courant, 5-6 noeuds au grand maximum) étant bien plus faible que les condidions habituelles de vent, il ne faut pas imaginer les pales tournant à la même vitesse que celle d'une héolienne.
On peut donc « supposer » un impact très limité sur la faune et la flore.
Le site web de TidalStream indique une vitesse de rotation de 10 m/s… ce qui ne veut pas dire grand chose,on voudrait plutot des tours/s ou radians/s. Apparemment l'hélice a un diamêtre de 10 metres, ce qui ferait environ une vitesse angulaire de 2 rad/s soit un tour complet en un peu plus de 3 secondes… ?
http://www.johnarmstrong1.pwp.blueyonder.co.uk/Turbines.htm
à the-swift
De Tespascap
09H00 | 08/04/2008 |
Une question néanmoins : si on se met à concevoir d'énormes parcs hydroliens, ça ne risque pas de freiner les courants marins, et donc de perturber les écosystèmes, etc. ?
à Tespascap
De Azza
Ingénieur en informatique scientifi... | 11H49 | 08/04/2008 |
En y allant violent, cela pourrait peut être favoriser l'ensablement autour du site, au maximum.
Pour freiner de manière significative un courant marin, même mineur, il faudrait absorber tellement d'énergie que la consommation mondiale serait largement satisfaite (voire dépassée de plusieurs ordres). On en est loin
L'impact des gaz a effet de serre sur l'environnement et indirectement sur les courants majeurs tels que le Gulf stream sont soupçonnés être immensément plus violents. En fait, pour produit un kW d'energie à partir du fossile, on génère une anomalie energétique sur l'atmosphère largement supérieure et qui augmente avec le temps (comme les intêrets sur une dette pourtant finie en valeur)
à the-swift
De depassage
13H46 | 08/04/2008 |
a de telles vitesses la difference de densite (eau/air=1000) risque d'etre un peu plus influente que la difference de viscosite (eau/air = 30). C'est Reynolds qui me le dit (Re >> 100000). Le regime est tres turbulent.