Loin des regards métropolitains, une partie dramatique se joue pour la France dans un coin reculé de l'océan Indien, partie dans laquelle des principes contradictoires sont en jeu, qui mettent à mal les règles républicaines, et qui ont mené à la manifestation, dimanche à Mayotte, pour l'expulsion des sans-papiers Comoriens.
Résumé de la situation pour ceux qui auraient oublié que l'empire français ne s'est pas complètement éteint. L'île de Mayotte, dans l'océan Indien, est une » collectivité territoriale » française, c'est-à-dire pas tout à fait un DOM-TOM mais une composante de la République. Un héritage du référendum organisé en 1975 pour l'archipel des Comores, alors composé de quatre îles (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte). Cette dernière vota massivement pour rester française et fut détachée de l'archipel, décision condamnée par les Nations unies.
Mayotte bénéficiant de facilités sociales françaises alors que les Comores sont un archipel resté pauvre, son pouvoir d'attraction a agi comme un aimant, attirant de nombreux Comoriens, principalement des Anjouanais, l'île la plus proche, venus en » kwassa-kwassa » , ces bâteaux de pêche dont les accidents réguliers font de nombreuses victimes. Parmi ces migrants, des femmes enceintes tentant d'obtenir le droit du sol pour leurs enfants à naître, afin qu'ils soient français. Cette situation provoque des tensions régulières, au point que Paris a envisagé un moment suspendre le droit du sol pour Mayotte -ce qui aurait été une brèche sans précédent dans l'égalité républicaine.
M'Zungus et Mahorais unis contre les Anjouanais qui feraient couler l'île…
Cette situation a connu un brusque regain de tension récemment avec les événements d'Anjouan, où un chef rebelle, le colonel Mohamed Bacar, qui avait pris le contrôle de l'île, a été débarqué du pouvoir par une intervention armée conjointe des Comores et de l'Union africaine. Lorsque Bacar a trouvé refuge à Mayotte (puis a été exfiltré à la Réunion où il se trouve toujours), les Anjouanais de Mayotte ont provoqué de violentes émeutes le 27 mars, s'en prenant aux » métropolitains » , les » M'Zungus » , les Blancs… Des événements qui ont précipité l'expulsion de centaines de clandestins anjouanais vers les Comores. Ces événements ont choqué les habitants de Mayotte, et ont conduit à la grande manifestation de dimanche contre les » sans-papiers » . Sur place, à Mayotte, Nicolas Goinard témoigne :
« Ce qui est aujourd'hui impensable en métropole est devenu courant à Mayotte : des marches sont organisées, certes pacifistes, mais contre des sans-papiers… Les Anjouanais sont directement visés dans des slogans décomplexés. Dimanche 6 avril au matin, Mamoudzou, principale ville de Mayotte, a connu une des ces manifestations : une foule nombreuse composée de Mahorais et de métropolitains a brandi des pancartes aux textes virulents contre les voisins de l'île comorienne les appelant à partir : “Vols, insécurité… Prison pleine. Partez, partez'… Egalement sur les banderoles, des prises de position contre le droit du sol : ‘Mayotte est trop petite, elle risque de couler.'Cette marche, organisée en réponse aux émeutes du 27 mars qui ont suivi l’arrivée à Mayotte de Mohammed Bacar, despote chassé du pouvoir par l'Union africaine et cause de l'immigration continue d'Anjouanais vers l'île aux parfums, faisait suite à une série de défilés organisées cette semaine dans l'île, notamment à Labattoir sur Petite Terre, et à M'tsapéré, en périphérie de Mamoudzou. Il n'y a pas eu de débordement en marge de ces cortèges. Les émeutes sont désormais loin, même si elles ont choqué une grande partie de la population mahoraise.”

Cette crise met en conflit l'histoire des relations régionales, une réalité coloniale qui ne dit pas son nom, et les règles de la République. Elle conduit à des comportements inadmissibles sur un » bout de France » , même éloigné, comme en témoigne ce texte que nous avons reçu de Jean-Philippe Decroux, proviseur du lycée de Kahami à Mayotte, responsable local du syndicat des proviseurs SNPDEN. Dans ce long texte, daté du 1er février, soit avant les derniers incidents, M. Decroux dénonce la manière dont est gérée la question des sans-papiers par l'administration française, conduisant à des » drames humains, des atteintes aux droits et à la dignité humaine » . Après avoir souligné l'ambiguïté du statut de » sans-papiers » dans un archipel autrefois intégré où les traditions familiales et économiques incluaient la liberté de circuler, et la politique du » chiffre » du ministre Brice Hortefeux qui utilise Mayotte pour compenser son incapacité à remplir ses quotas ailleurs, le proviseur relève :
« Le souci de “faire du chiffre” ne permet évidemment pas de porter une réelle attention aux situations. C'est ainsi que des enfants de parents expulsés se retrouvent, de plus en plus nombreux, totalement livrés à eux-mêmes… parfois à n'importe qui. Il n'est pas rare de voir des enfants mendier ou se nourrir sur les décharges publiques. Des bandes se forment et on a affaire là à de vraies bombes à retardement.A l'inverse, lors de la visite de la CIMADE (seule association agréée par l'Etat pour visiter les centres de rétention), sa responsable s'est déclarée choquée » du nombre de mineurs expulsés seuls chaque année » -ce qui est strictement interdit par la loi- et « confiés à des personnes plus ou moins proches » . Pour 2006, le chiffre de 3093 est avancé ! Elle ajoute que » le centre de rétention de Mayotte est le pire de France » . La surpopulation peut y atteindre 200 personnes pour 60 places. Les gens sont massés dans deux petites pièces de 50m2, sans les matelas ni les draps réglementaires, avec seulement cinq gamelles pour la nourriture. »
Former des élèves « en situation irrégulière“ est la meilleure forme de coopération régionale
S'agissant des élèves, le proviseur relève ainsi :
” Les vacances scolaires, période de moindre réactivité, sont particulièrement propices aux expulsions massives. »
Et il ajoute :
» la question de l'immigration à Mayotte, ce » confetti » , îlot de prospérité au cœur du canal du Mozambique, ne peut être à l'évidence réglé uniquement par de bons sentiments. (…) il faut admettre que la tâche des responsables est complexe si l'on veut éviter que » Mayotte ne coule sous le poids de l'immigration clandestine » , comme le disait le président de la Collectivité. En revanche, la situation des » élèves clandestins » ne devrait souffrir -quant à elle- d'aucune ambiguïté » .
Quelle solution à cette situation qui résulte du choix très contestable, et illégal au plan international, fait en 1975 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, de séparer Mayotte du reste des Comores? Le proviseur esquisse une piste:
» Chacun s'accorde à dire que la solution à l'immigration clandestine est dans l'amélioration des conditions de vie dans le pays d'origine, afin bien entendu que les gens ne soient pas contraints à fuir la misère et à chercher à Mayotte un sort meilleur. Le consensus se fait alors sur la nécessité de développer la » coopération régionale » .
Les actions dans ce domaine sont encore modestes et se heurtent de plus à quelques obstacles. On peut citer évidemment le » mode de gestion » de certains responsables sur place, mais -pour ce qui concerne la formation-, quelle efficacité peut-on attendre, par exemple, d'une action de formation pédagogique menée par nos professeurs français en direction d'enseignants anjouanais alors que ces derniers n'ont pas touché leur traitement depuis plusieurs mois ? En tout cas, les élèves en situation irrégulière accèdent, à Mayotte, à des formations de qualité et à de vrais diplômes. Tout ceci n'a rien à voir avec le délabrement du système éducatif des Comores. Au-delà de la mission incontournable de l'école qui se doit d'accueillir tous les élèves sans distinction et d'offrir à tous l'opportunité d'un destin individuel réussi, la formation des élèves « en situation irrégulière“ est la meilleure forme de coopération régionale. Si l'on se place en effet dans l'optique d'un retour ultérieur dans le pays d'origine, on donne ainsi à ce pays la chance de bénéficier de personnes qualifiées, ce qui est l'un des incontournables du développement économique. On fournit également des citoyens qui ont pratiqué, à travers l'école de la République, des valeurs de tolérance et de démocratie. Tout ceci ne peut être que porteur de progrès.”
Une approche humaniste et républicaine dont, c'est le moins qu'on puisse dire, la gestion actuelle de la crise des Comores/Mayotte semble bien dépourvue.
Pierre Haski, avec Nicolas Goinard à Mayotte
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à helios33
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H25 | 07/04/2008 |
Si c'est une solution pourquoi pas et ça se décide par référendum ?
à Les Chats
De helios33
17H36 | 07/04/2008 |
Puisqu'on trouve normal que le droit de vote s'exerce d'une façon particulière en Nouvelle-Calédonie, pourquoi refuserait-on aux Mahorais d'avoir leur propre législation sur les étrangers, accompagnée des moyens de la faire respecter ?
à helios33
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H41 | 07/04/2008 |
Moi je suis pour la paix des ménages ; -))
à helios33
De déluge
menuisier | 21H36 | 07/04/2008 |
Pourquoi ?
Mais parceque par référendum les habitants de ce territoire ont choisis de rester et d'être français.
Alors je sais que ça te défrise HELIOS, mais la francité est affaire de choix et non de sang. C'est se reconnaître membre d'une même famille.
Combien de test veux tu imposer aux « Mahorais » ?
Ils sont français comme moi.
D'accord, pas comme toi.
à déluge
De déluge
menuisier | 21H37 | 07/04/2008 |
Le commentaire ci dessus s'adresse à Helios,
pas à Les Chats.
à déluge
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 21H41 | 07/04/2008 |
Ouf, je pige mieux !
à françoise.V
De déluge
menuisier | 21H57 | 07/04/2008 |
Je peux pas me corriger tranquile ?
Faut que vous soyiez là Françoise ? Tout le temps ! ?
…
Maman ?
: -)
à déluge
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 22H26 | 07/04/2008 |
Bon, je ne dis rien alors. Pas que tu te sentes coincé !
à leconcombrevert
De déluge
menuisier | 22H50 | 07/04/2008 |
Merci.. ?
à déluge
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 22H53 | 07/04/2008 |
De rien !
à déluge
De helios33
07H43 | 08/04/2008 |
tu n'as pas très bien compris ma position. Je ne veux imposer aucun test aux mahorais. Je veux qu'ils décident eux-mêmes de la position qu'il faut adopter à l'égard de l'invasion qu'ils subissent, et qu'ils mettent en oeuvre les solutions qu'ils veulent avec l'aide de la métropole, sans se préoccuper des « principes » ayant cours dans cette dernière.
De clodio
retraite de l,etat | 17H15 | 07/04/2008 |
je suis a la reunion depuis 30 ans .le probleme de la revolte des anjouanais a mayotte a commence voici une semaine.suite a l,invasion de l,ile d,anjouan par les troupes de l,u.a transportees par des bateaux de l,armee francaise et a la suite de la fuite du dictacteur d,anjouan le president bacar , d,apres le president du conseil regional de la reunion m.verges aurait ete transporte par une vedette francaise jusqu,a mayotte avec 22 hommes armes et non en kwessa kwessa comme l,a affirme le ministre des dom tom. suite au debut de revolte des anjouanais contre les blancs qui a fait pas mal de victime. bacar et toute sa clique furent transporte a l,ile de la reunion et mis en garde a vue a l,aeroport de gillot en tant que demandeur d,asile
De hogan
actif | 19H13 | 07/04/2008 |
Il faut quand même préciser qu'au regard du droit international, Mayotte n'est pas un territoire français, mais comorien. En effet, l'ONU a voté une quinzaine de motions demandant à la France d'évacuer le territoire de Mayotte qu'elle occupe en toute illégalité. Mais la France, comme Israël en Palestine, s'est confortablement assise sur ces motions…
à hogan
De helios33
19H15 | 07/04/2008 |
et elle a bien raison de le faire
à hogan
De déluge
menuisier | 21H32 | 07/04/2008 |
Comparer Gaza avec Mayotte ?
Un peu de sérieux et de décence, quand même.
A la fois pour l'un et pour l'autre.
Vous délirez.
De ex-riverain
x | 20H05 | 07/04/2008 |
…ou comme les russes en Afghanistan, hein helios33 ?
à ex-riverain
De pedro66
informaticien bon à rien | 21H26 | 07/04/2008 |
Absolument rien à voir .
Les soviétiques ( et pas les russes ), avaient envahi l'Afghanistan, les Mahorais veulent rester Français .
Ce sont les Anjouanais qui envahissent Mayotte …
Grosse différence .
Connaisez vous l'Océan Indien et Mayotte en particulier, pour en parler comme vous le faites …
De ex-riverain
x | 22H13 | 07/04/2008 |
tut tut, on parlait du caractere légal de l´occupation d´un territoire par un autre, au regard de l´ONU.
pedro66, je m´interroge sur votre amour subit pour cette île pleine de noirs pas chrétiens du tout…Jésus Marie Joseph, seriez-vous en pleine métamorphose ?
à ex-riverain
De pedro66
informaticien bon à rien | 06H41 | 08/04/2008 |
Ce n'est pas un amour subit, mais ça dure depuis 1984, date de mon premier séjour sur ces iles .
Et vous, connaissez-vous Mayotte, y êtes -vous déjà allé ?
Et il ne s'agit pas d'occupation de territoire, mais du choix d'une population à décider de son appartenance .
Du droit d'un peuple à décider de son avenir, ça ne vous dit rien ça ! ! ! !
De khadina2
enragée | 00H48 | 08/04/2008 |
merci pour cette petite vision pémonitoire de la France de demain !
De danidan0252
Mahorais | 14H42 | 08/04/2008 |
Le problème mahorais ne date pas d'hier. Mayotte fait partie géographiquement de l'archipel des sultants batailleurs. Depuis des siècles, notre population est victime des querelles entre Grands comoriens et Anjouanais. Il fut une époque vers 1845, suite aux agressions anjouanaises et aux razzias malgaches, la population locale a demandé la protection de la France à l'occasion de l'arrivée du Commandant Passot (Suite à la perte l'ile Maurice). Notre ile n'a jamais pu vivre en paix. Dans la bataille territoriale que se livrait la France et l'Angleterre, Mayotte est devenue française à notre grand bonheur (je rappelle que la Savoie à l'époque n'était pas française…..). Ensuite les autres iles de l'archipel ont été annexées à la France, mais le chef lieu de l'archipel est resté sur Mayotte. Dans les années 60, le chef lieu a été transféré à Moroni (Grande Comores) entrainant le départ des hommes mahorais, de l'administration et l'extinction de l'économie locale. une période de grande précarité (plus de vivres, ni de vetements… en bref la misère) et un dénigrement des mahorais par nos voisins a décidé les femmes mahoraises à prendre les choses en main. C'est à cette époque que les femmes ont crié « assez ! , nous ne voulons plus des Comores, nous voulons nos hommes et notre tranquillité ». Par chance, cette époque correspondait à la Décolonisation…. le choix fut simple pour nous : Restez français !
Seul problème, l'autodétermination été prévue globalement et non ile par ile. Nos grands mères ont réussi à obtenir gain de cause (merci M. Pierre Messmer), un référendum ile par ile en 1975. Nos voisins ont choisi l'indépendance.
Et bien je vais vous dire, qu'ils la gardent leur indépendance. ils ont choisi ! ! ! nous, nous n'en voulons pas
Chers voisins, il fallait y penser avant. maintenant, à qui profite l'indépendance des Comores…. à Mohamed Bacar et Consorts. Ils ont été plus malins que vous car ils ont la double nationalité.
De TromXuaSnoc
(informaticien) | 07H15 | 08/04/2008 |
Bonjour,
En 2002, je suis arrivé à Mayotte en même temps qu'un représentant du gouvernement. A la question sur l'avenir statutaire de l'île, notamment sur la question de la départementalisation, il m'a répondu que cela n'était pas envisagé par le gouvernement, ce sera le statut de POM. L'avantage étant de régler le différent politique avec les Comores (Union de 4 îles indépendantes), en conservant le position française dans l'océan indien, et également avec des statuts particuliers (droit du sol, …)
Les mahorais ont toujours été manipulés par leurs dirigeants et l'état français. La France est ennuyée, car en ayant laissée croire que Mayotte deviendrait un département, il sera difficile de revenir en arrière. La solution c'est d'avoir 2 discours, un pour le peuple qui continue avec le mirage du département, et l'autre pour les élus locaux : une brigade de gendarmerie sous couvert de missions standards est chargée de monter des dossiers sur les élus, notables et leurs familles. Ce sont eux qui auront le charge de demander un statut respectant les spécificités mahoraises …
Peut être que le président Sarkozy décidera de changer ce qui a été programmé depuis 15 ans, mais j'en doute !
PS : un Kwassa a fait naufrage dans la nuit du 07 au 08/04, une trentaine de personnes secourues dont 3 bébes ; il y aurait des disparus.
PS2 : Depuis le 27/03, aucun travailleur anjouanais n'est signalé à Mamoudzou par peur des représailles.
PS3 : Le 03/04, le maire de Mamoudzou a fait raser le marché au légumes, car les vendeurs étaient tous clandestins.
PS4 : Le 04/04, le même maire a envoyé les policiers municipaux prévenir ceux habitants dans des bangas en tôle de partir, car leurs maisons seront rasées.
De bachounet
cityen du monde | 08H04 | 08/04/2008 |
Les derniers évènements ne sont à mon sens que les prémices de violences qui devraient perdurer en raison d'une situation sociale explosive…
On parle beaucoup des immigrés anjouanais qui envahissent l'île…c'est incontestable…mais en contrepoids, on constate l'émigration des mahorais vers la Réunion et la Métropole.
En effet, si Mayotte est française, son statut ne permet pas aux populations locales de bénificier de tout l'arsenal des aides sociales…nombreux sont les mahorais de nationalité française qui n'ont pas de travail et quasiment pas de revenus sur l'ile et donc s'expatrient pour béneficier d'aides auxquelles ils ont droit en vertue de leur nationalité française.
Et notamment les femmes partent avec leurs enfants pour bénificier de l'allocation parent isolé ce qui leur permet de dégager un revenu supérieur au SMIC local (500 à 600 €uros par mois je crois)…combien de fois a t-on entendu parler à Lyon, Marseille, Montpellier de logements insalubres où s'entassent des familles…et bien souvent vous retrouvez des mahorais qui s'ils essayent de toucher des aides ne vivent pas pour autant comme des nababs…
Donc depuis une dizaine d'année, Mayotte voit d'une part l'arrivée massive d'immigrés et de l'autre le départ de mahorais (sans doute plus de 30 000)…
Toute proportion gardée on se retrouve dans le cas du Tibet où aujourd'hui il y a plus de chinois que de tibetains…à Mayotte bientôt il y aura plus de comoriens que de mahorais…ce qui est très mal vécu par ces derniers…
Cependant l'affaire est encore plus complexe…si les mahorais veulent le départ de tous leurs « cousins » clandestins…tout le monde sait que l'économie locale de la pêche et de l'agriculture ne fonctionne que grâce aux clandestins…nos amis mahorais en l'occurence savent parfaitement exploiter la detresse du clandestin, parfois à la limite de l'esclavage…
Et pour finir, on peut évoquer le sort de toutes ces très jeunes femmes qui sont attendues avec impatience par les hommes…il faut là aussi savoir profiter de leurs atouts et surtout de leurs détresses…
J'ai vécu sur cette île et je trouve qu'elle est un triste miroir de l'égoïsme et de la bétise humaine que l'on rencontre aux 4 coins de notre triste société…ni mieux…ni pire…
De clodio
retraite de l,etat | 09H13 | 08/04/2008 |
peut on ecrire librement sur rue 89.Mon commentaire qui a certainement mis mal a l,aise l,equipe de rue 89 n,est reste que quelques minutes a l,ecran.Il y a des verites qu,il ne faut pas dire.
à clodio
De pedro66
informaticien bon à rien | 10H21 | 08/04/2008 |
Peux tu le réécrire.
Merci
à clodio
De Pierre Haski
Rue89 | 11H24 | 08/04/2008 |
@clodio, aucun de vos commentaires n'a été retiré. Il y en a un autre un peu plus haut dans ce fil, et il est toujours. Ne criez pas tout de suite à la censure ! ! !
De michel44
10H48 | 08/04/2008 |
Certes, la dimension insulaire de Mayotte rend caduques les comparaisons avec la Métropole. Néanmoins, l'origine du phénomène demeure identique quoi qu'en disent certains grands esprits. Tant que les inégalités dans les conditions de vie que nous connaissons, pour faire bref, entre hémisphère Nord et hémisphère Sud perdureront, l'immigration clandestine fonctionnera à plein régime soutenue par l'espoir d'un avenir meilleur.
Renvoyer ces gens « chez eux » ne sera jamais la solution sauf à se retrancher derrière des murailles militarisées. Préoccupons-nous maintenant, car demain sera trop tard, de mettre en oeuvre les moyens d'une véritable coopération entre les peuples. Pas entre les nations, pas entre les gouvernements mais entre les peuples.
De danidan0252
Mahorais | 14H36 | 08/04/2008 |
La France joue un jeu trouble dans l'affaire Mohamed BACAR. Je m'explique, avant l'arrivée à Mayotte de Mohamed BACAR, ex Président de l'île autonome d'Anjouan et ancien colonel de la Marine Nationale Française, un hélicoptère se serait écrasé à Anjouan….Je peux vous assurer qu'Anjouan ne possède pas d'hélicoptère.
De plus, depuis le début des troubles à Anjouan la Police aux Frontières est sur les dents, très peu de Kwassas kwassas arrivent à passer entre les mailles du filet tendu autour de Mayotte. Bizarrement, M. Mohamed BACAR et toute sa cour sont arrivés sans encombre sur la plage de M'bouanasta à proximité du domicile de Daniel BACAR, frère de Mohamed Apparemment personne n'a rien vu…..
Non, je pense que Mohamed BACAR était le petit pion utilisé par la France pour déstabiliser le Président de la Fédération Comorienne M. SAAMBI. Pourquoi ? Parce que M. SAAMBI, alias Haha ou Ayatollah, ne cache pas sa sympathie pour des islamistes en tout genre. Il faut savoir que des agents américains se baladent régulièrement aux Comores à la recherche d'un Grand Comorien ayant participé à l'attentat de Nairobi.
De plus, l'influence française s'atténue aux Comores (comme partout en Afrique), un réel sentiment anti français émerge dans la zone. Ce ne sont pas les Français qui ont construit le Palais du Peuple, non, ce sont les Chinois. Qui sont les maîtres d'œuvre de l'aéroport de Moroni ? les Chinois… Qui sont prêts à faire de Mohéli la nouvelle destination de luxe ? ces messieurs des Emirats Arabes unis….
Il est vrai que l'Archipel des Comores vu de l'extérieur n'est rien. Mais il faut savoir que celui qui contrôle l'archipel contrôle le Canal du Mozambique, voie maritime incontournable dans la zone.
Ici dans l'Archipel, beaucoup de chose se passe sans que personne n'y prêt attention. Je suis sûr que personne ne se doute de se qui se passe à Anjouan. Et bien, Anjouan est une petite Ile qui fait office de machine à laver et de hub pour des trafics en tout genre. Exemple, à Anjouan tout le monde est armé. Je ne parle pas de petit pistolet d'alarme, non… je parle de Uzi, Kalach, grenades, bazookas etc. Je les ai vu de mes propres yeux et j'ai même tiré. Autre exemple, vous voulez du haschich , allez à Anjouan. Vous cherchez une voiture pour pas cher, allez à Anjouan. Qui profite de tout ça ? je n'en sais rien et je ne veux pas le savoir ! ! ! !
De Pouffpouff
En activité | 16H03 | 08/04/2008 |
De grâce ne me parlez pas d'égalité républicaine à Mayotte quand on sait qu'une sage-femme fonctionnaire, enseignants et autres gagnent beaucoup plus à Mayotte qu'à St-Denis (93). + meilleure retraite, revenu partiellement non déclarable aux impôts etc.
Mais j'apprends par cet article que l'ONU avait condamné la partition des îles.
Quant à croire qu'en donnant de solides études aux élèves sans-papiers on va aider à développer le pays d'origine, je croyais que plus personne ne professait une telle ineptie (vu le nombre de médecins béninois exerçant dans la seule région parisienne supérieur à ceux au Bénin).
De Matthieu_Mayotte
au boulot | 21H02 | 08/04/2008 |
Bonjour,
Je tiens à apporter un témoignage sur ce qu'il s'est passé à Mayotte fin Mars, et la situation depuis. Je travaille dans un bâtiment qui s'est retrouvé au coeur des manifestations du le 27 Mars. De nos fenêtres, nous avons pu suivre les évènements et la façon dont ils ont dégénéré.
D'abord, il faut comprendre comment l'arrivée de MBacar a été ressentie : les anjouanais ont cru que le colonel était protégé par les autorités françaises malgré ses exactions, alors que les autorités ne faisaient que respecter le droit français. Nous avons beaucoup apprécié le commentaire du secrétaire de la préfecture, qui indiquaient que « les comoriens reprochaient à Bacar de ne pas respecter les droits et l'homme et la loi, et reprochaient ensuite à la France de respecter la loi et les droits de l'homme… » Bref, cette incompréhension s'est changée en manifestation qui pendant presque deux heures a simplement consisté à perturber un peu le trafic (pas plus et pas moins que les manifs des instituteurs en 2007). Et puis ça s'est emballé… Effet de foule, frustrations plus ou moins lointaines, enbrigadement par quelques leaders… ça s'est transformé en une bonne occasion pour foutre la pagaille, et en découdre un peu avec les flics… Il se passait la même chose dans les banlieues françaises, à l'automne 2005 (ou 2006 ? ). Toutes les banlieues ont flambé ? Non ! Une minorité de délinquants a mis le feu et l'ampleur des dégats donnait l'impression d'un soulèvement massif. Pareil ici. Au final, il n'y avait qu'une soixante de jeunes, 25 ans au max, et un ou deux plus agés qui menaient l'ensemble. L'une de mes connaissance, un mzungu, s'est fait caillassé toute sa vitrine par des gamins de 15 ou 16 ans. A-t-on une conscience politique à cette âge ? Non ! Ils ne savaient sans doute pas qui était MBacar ! Ce sont les jeunes évoqués par le principal de Kahani, des bandes qui font mal la différence entre le jeu et le délit, et qui n'ont rien à perdre, puisque ni famille, ni toit, ni biens… Quelqu'un a dit : « c'est les mzungus » et on s'en est pris au mzungus… C'était la première fois, jamais je n'ai vu le moindre acte de ce genre depuis 15 ans. Quelques cas isolés, mais on ne peut pas dire que l'ile soit raciste dans un sens ou un autre. Des reproches, de la jalousie, une incompréhension culturelle ou linguistique, oui, a existe, mais jamais à ce point. Ca a dégénéré, « à l'Africaine », genre Cote d'Ivoire, point final. Le lendemain, il n'y a pas eu le moindre débordement, tout le monde pensait avoir fait un cauchemar.
Cela n'enlève rien à la gravité des faits, c'est juste un témoignage, ce que je crois être une explication. J'ai vu moi aussi les mzungus pris en otage, les motos renversés, etc et j'en reste assez choqué. Mais en aucun je n'ai vu les 50 000 clandestins de Mayotte descendre en ville pour tout casser. 95% des anjouanais vivant ici ont condamné ces manifestations et ses débordements. 95% des anjouanais ne demandent qu'à se faire oublier et se fondre dans la masse pour faire leur business tranquillement, loin des flics.
Le problème, c'est que les 95% grossissent de plus en plus.