A debattre

A Mayotte, dérapages face aux « sans-papiers » comoriens

Manifestation le 6 avril 2008 à Mayotte (Nicolas Goinard).

Loin des regards métropolitains, une partie dramatique se joue pour la France dans un coin reculé de l'océan Indien, partie dans laquelle des principes contradictoires sont en jeu, qui mettent à mal les règles républicaines, et qui ont mené à la manifestation, dimanche à Mayotte, pour l'expulsion des sans-papiers Comoriens.

Résumé de la situation pour ceux qui auraient oublié que l'empire français ne s'est pas complètement éteint. L'île de Mayotte, dans l'océan Indien, est une » collectivité territoriale » française, c'est-à-dire pas tout à fait un DOM-TOM mais une composante de la République. Un héritage du référendum organisé en 1975 pour l'archipel des Comores, alors composé de quatre îles (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte). Cette dernière vota massivement pour rester française et fut détachée de l'archipel, décision condamnée par les Nations unies.

Mayotte bénéficiant de facilités sociales françaises alors que les Comores sont un archipel resté pauvre, son pouvoir d'attraction a agi comme un aimant, attirant de nombreux Comoriens, principalement des Anjouanais, l'île la plus proche, venus en  » kwassa-kwassa » , ces bâteaux de pêche dont les accidents réguliers font de nombreuses victimes. Parmi ces migrants, des femmes enceintes tentant d'obtenir le droit du sol pour leurs enfants à naître, afin qu'ils soient français. Cette situation provoque des tensions régulières, au point que Paris a envisagé un moment suspendre le droit du sol pour Mayotte -ce qui aurait été une brèche sans précédent dans l'égalité républicaine.

M'Zungus et Mahorais unis contre les Anjouanais qui feraient couler l'île…

Cette situation a connu un brusque regain de tension récemment avec les événements d'Anjouan, où un chef rebelle, le colonel Mohamed Bacar, qui avait pris le contrôle de l'île, a été débarqué du pouvoir par une intervention armée conjointe des Comores et de l'Union africaine. Lorsque Bacar a trouvé refuge à Mayotte (puis a été exfiltré à la Réunion où il se trouve toujours), les Anjouanais de Mayotte ont provoqué de violentes émeutes le 27 mars, s'en prenant aux » métropolitains » , les » M'Zungus » , les Blancs… Des événements qui ont précipité l'expulsion de centaines de clandestins anjouanais vers les Comores. Ces événements ont choqué les habitants de Mayotte, et ont conduit à la grande manifestation de dimanche contre les » sans-papiers » . Sur place, à Mayotte, Nicolas Goinard témoigne :

« Ce qui est aujourd'hui impensable en métropole est devenu courant à Mayotte : des marches sont organisées, certes pacifistes, mais contre des sans-papiers… Les Anjouanais sont directement visés dans des slogans décomplexés. Dimanche 6 avril au matin, Mamoudzou, principale ville de Mayotte, a connu une des ces manifestations : une foule nombreuse composée de Mahorais et de métropolitains a brandi des pancartes aux textes virulents contre les voisins de l'île comorienne les appelant à partir : “Vols, insécurité… Prison pleine. Partez, partez'… Egalement sur les banderoles, des prises de position contre le droit du sol : ‘Mayotte est trop petite, elle risque de couler.'

Cette marche, organisée en réponse aux émeutes du 27 mars qui ont suivi l’arrivée à Mayotte de Mohammed Bacar, despote chassé du pouvoir par l'Union africaine et cause de l'immigration continue d'Anjouanais vers l'île aux parfums, faisait suite à une série de défilés organisées cette semaine dans l'île, notamment à Labattoir sur Petite Terre, et à M'tsapéré, en périphérie de Mamoudzou. Il n'y a pas eu de débordement en marge de ces cortèges. Les émeutes sont désormais loin, même si elles ont choqué une grande partie de la population mahoraise.”

Manifestation le 6 avril 2008 à Mayotte (Nicolas Goinard).

Cette crise met en conflit l'histoire des relations régionales, une réalité coloniale qui ne dit pas son nom, et les règles de la République. Elle conduit à des comportements inadmissibles sur un » bout de France » , même éloigné, comme en témoigne ce texte que nous avons reçu de Jean-Philippe Decroux, proviseur du lycée de Kahami à Mayotte, responsable local du syndicat des proviseurs SNPDEN. Dans ce long texte, daté du 1er février, soit avant les derniers incidents, M. Decroux dénonce la manière dont est gérée la question des sans-papiers par l'administration française, conduisant à des » drames humains, des atteintes aux droits et à la dignité humaine » . Après avoir souligné l'ambiguïté du statut de » sans-papiers » dans un archipel autrefois intégré où les traditions familiales et économiques incluaient la liberté de circuler, et la politique du » chiffre » du ministre Brice Hortefeux qui utilise Mayotte pour compenser son incapacité à remplir ses quotas ailleurs, le proviseur relève :

« Le souci de “faire du chiffre” ne permet évidemment pas de porter une réelle attention aux situations. C'est ainsi que des enfants de parents expulsés se retrouvent, de plus en plus nombreux, totalement livrés à eux-mêmes… parfois à n'importe qui. Il n'est pas rare de voir des enfants mendier ou se nourrir sur les décharges publiques. Des bandes se forment et on a affaire là à de vraies bombes à retardement.

A l'inverse, lors de la visite de la CIMADE (seule association agréée par l'Etat pour visiter les centres de rétention), sa responsable s'est déclarée choquée » du nombre de mineurs expulsés seuls chaque année » -ce qui est strictement interdit par la loi- et « confiés à des personnes plus ou moins proches » . Pour 2006, le chiffre de 3093 est avancé ! Elle ajoute que » le centre de rétention de Mayotte est le pire de France » . La surpopulation peut y atteindre 200 personnes pour 60 places. Les gens sont massés dans deux petites pièces de 50m2, sans les matelas ni les draps réglementaires, avec seulement cinq gamelles pour la nourriture. »

Former des élèves « en situation irrégulière“ est la meilleure forme de coopération régionale

S'agissant des élèves, le proviseur relève ainsi :

” Les vacances scolaires, période de moindre réactivité, sont particulièrement propices aux expulsions massives. »

Et il ajoute :

 » la question de l'immigration à Mayotte, ce » confetti » , îlot de prospérité au cœur du canal du Mozambique, ne peut être à l'évidence réglé uniquement par de bons sentiments. (…) il faut admettre que la tâche des responsables est complexe si l'on veut éviter que » Mayotte ne coule sous le poids de l'immigration clandestine » , comme le disait le président de la Collectivité. En revanche, la situation des » élèves clandestins » ne devrait souffrir -quant à elle- d'aucune ambiguïté » .

Quelle solution à cette situation qui résulte du choix très contestable, et illégal au plan international, fait en 1975 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, de séparer Mayotte du reste des Comores? Le proviseur esquisse une piste:

 » Chacun s'accorde à dire que la solution à l'immigration clandestine est dans l'amélioration des conditions de vie dans le pays d'origine, afin bien entendu que les gens ne soient pas contraints à fuir la misère et à chercher à Mayotte un sort meilleur. Le consensus se fait alors sur la nécessité de développer la » coopération régionale » .

Les actions dans ce domaine sont encore modestes et se heurtent de plus à quelques obstacles. On peut citer évidemment le » mode de gestion » de certains responsables sur place, mais -pour ce qui concerne la formation-, quelle efficacité peut-on attendre, par exemple, d'une action de formation pédagogique menée par nos professeurs français en direction d'enseignants anjouanais alors que ces derniers n'ont pas touché leur traitement depuis plusieurs mois ? En tout cas, les élèves en situation irrégulière accèdent, à Mayotte, à des formations de qualité et à de vrais diplômes. Tout ceci n'a rien à voir avec le délabrement du système éducatif des Comores. Au-delà de la mission incontournable de l'école qui se doit d'accueillir tous les élèves sans distinction et d'offrir à tous l'opportunité d'un destin individuel réussi, la formation des élèves « en situation irrégulière“ est la meilleure forme de coopération régionale. Si l'on se place en effet dans l'optique d'un retour ultérieur dans le pays d'origine, on donne ainsi à ce pays la chance de bénéficier de personnes qualifiées, ce qui est l'un des incontournables du développement économique. On fournit également des citoyens qui ont pratiqué, à travers l'école de la République, des valeurs de tolérance et de démocratie. Tout ceci ne peut être que porteur de progrès.”

Une approche humaniste et républicaine dont, c'est le moins qu'on puisse dire, la gestion actuelle de la crise des Comores/Mayotte semble bien dépourvue.

Pierre Haski, avec Nicolas Goinard à Mayotte

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91 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Pierre Haski

à Dan51 Portrait de Dan51 De Pierre Haski

Rue89 | 16H15 | 07/04/2008 | Permalien

Peut-être l'erreur intellectuelle se situe-t-elle dans la séparation artificielle et arbitraire établie en 1975 entre Mayotte et les autres îles des Comores ? C'est le seul cas, à ma connaissance, où on a traité les résultats d'un référendum d'autodétermination région par région, et découpé ensuite en fonction des résultats. Vous parlez d'immigration clandestine, mais ce sont des mots étranges s'agissant d'un ensemble qui, dans l'histoire, formait un ensemble cohérent, et c'est seulement en 1995 qu'un visa a été imposé aux Comoriens pour entrer à Mayotte. Votre parallèle avec la France est de ce point de vue invraisemblable.

Portrait de Les Chats

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H21 | 07/04/2008 | Permalien

Je le pense aussi voilà pourquoi je dis qu'il fallait tout indépendant ou tout français.
Il y a d'autres régions même hors France où cela se reproduira.

Portrait de solstice

à Les Chats Portrait de Les Chats De solstice

pigiste | 16H03 | 14/04/2008 | Permalien

Comme en Guyane…

Portrait de pedro66

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De pedro66

informaticien bon à rien | 16H23 | 07/04/2008 | Permalien

La seule justification de ce qu'il se passe, c'est que ce sont les Mahorais qui ont voulu rester Français, et non pas la France qui a annexé ce territoire .
Il faut donc respecter la volonté de ces gens après un processus démocratique .
Les autres, Anjouan, Mohéli et la Grande Commore ont voulu leur indépendance, et ils en crèvent, comme Madagascar d'ailleurs, et bien qu'ils assument et ne viennent pas semer le désordre chez ceux qui, assurément ont fait le bon choix …

Portrait de Les Chats

à pedro66 Portrait de pedro66 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H31 | 07/04/2008 | Permalien

Mais Pierre dit simplement qu'il aurait peut-être fallu traiter ce référendum pour l'ensemble des Comores et non île par île. En tout cas on en serait pas là.

Portrait de khadina2

à pedro66 Portrait de pedro66 De khadina2

enragée | 01H00 | 08/04/2008 | Permalien

Le bon choix c'est quoi ?

Les colonies pardi !

Je n'en peu plus de me marrer de voir l'apologie du colonialisme dans les commentaires de rue89 !

Portrait de helios33

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De helios33

16H25 | 07/04/2008 | Permalien

ce n'est pas aussi extravagant que cela.
Après tout c'est la même chose aux Antilles, deux départements français et des iles indépendantes aux alentours

Portrait de pedro66

à Dan51 Portrait de Dan51 De pedro66

informaticien bon à rien | 16H18 | 07/04/2008 | Permalien

Bravo pour ce post !
Je connais Mayotte pour y avoir séjourné et c'est enchanteur, malheureusemnt on ne peut pas pousser les murs et les ressources locales ne sont pas extensibles non plus .
Donc il faut, à un moment donné, regarder la réalité en face, et renvoyer les clandestins émeutiers, fauteurs de troubles .

Portrait de déluge

à pedro66 Portrait de pedro66 De déluge

menuisier | 21H16 | 07/04/2008 | Permalien

De manière à ce que le club Med local ne soit pas en rupture de stock de Daïquiri, merde.

Portrait de pedro66

De pedro66

informaticien bon à rien | 16H15 | 07/04/2008 | Permalien

« A Mayotte, dérapages face aux “sans-papiers” comoriens »

Voilà le titre de cet article, pourquoi la semaine dernière, lors des émeutes, n'y-a-t-il pas eu d'article titré « A Mayotte dérapage des clandestins Anjouanais » .
Politiquement trop incorrect, ou bien votre impartialité journalistique est strictement limitée ! ! !

Portrait de helios33

à pedro66 Portrait de pedro66 De helios33

16H30 | 07/04/2008 | Permalien

excellente observation
Apparemment le lynchage de blancs n'est pas un « dérapage »

Portrait de pedro66

à helios33 Portrait de helios33 De pedro66

informaticien bon à rien | 16H50 | 07/04/2008 | Permalien

C'est juste un passe temps pour clandestins désoeuvrés .

Portrait de Les Chats

De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H18 | 07/04/2008 | Permalien

Ces évènements ne sont que la résultante des politiques incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. C'était évident qu'il y allait avoir un jour des problèmes, ces îles sont si proches et si petites, comment reprocher aux gens qui sont si pauvres d'aller à Mayotte ?
Ne fallait-il pas tout laisser français ou tout laisser indépendant ?
Dans ce choix qui a été fait, ne fallait-il pas préparer l'indépendance ?

* - « Mayotte ….un héritage du référendum organisé en 1975 pour l'archipel des Comores, alors composé de quatre îles (Grande Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte). Cette dernière vota massivement pour rester française et fut détachée de l'archipel, décision condamnée par les Nations unies. »
* - « Cette situation a connu un brusque regain de tension récemment avec les événements d'Anjouan, où un chef rebelle, le colonel Mohamed Bacar, qui avait pris le contrôle de l'île, a été débarqué du pouvoir par une intervention armée conjointe des Comores et de l'Union africaine. Lorsque Bacar a trouvé refuge à Mayotte (puis a été exfiltré à la Réunion où il se trouve toujours), les Anjouanais de Mayotte ont provoqué de violentes émeutes le 27 mars, s'en prenant aux “métropolitains”, les “M'Zungus”, les Blancs »

Toutes ces questions on peut se les poser mais maintenant comment régler ce problème humainement ?

Dommage l'article ne précise pas qui a pris le contrôle des parties non françaises après le référendum en 1975 pour l'indépendance.

Portrait de pedro66

De pedro66

informaticien bon à rien | 16H26 | 07/04/2008 | Permalien

Histoire des Comores et de Mayotte .

Avant l'indépendance du Territoire des Comores, Mayotte faisait partie de cet archipel de quatre îles, connu depuis l'antiquité.
Ces îles, placées au carrefour maritime de l'Océan Indien, connurent à une époque plus récente une succession d'invasions arabes dont une au XVème siècle arrivant du golfe persique, laissa des traces profondes.
Au XVIème siècle, les Portugais et les Français y séjournent quelque temps sans s'opposer cependant à l'influence arabe et à l'implantation de l'islam.
A la fin du XVIIIème siècle, les Malgaches envahissent Mayotte et s'y installent durablement, si bien qu'aujourd'hui encore on parle dans de nombreux villages de Mayotte le sakalave, langue d'origine malgache.
Le 24 avril 1841, le sultan de Mayotte cède à la France l'île, qui devient dès lors une colonie. Une ordonnance royale de 1846 y abolit l'esclavage.
La France n'établit son protectorat sur les autres îles qu'environ un demi-siècle plus tard (de 1886 à 1892), constituant un peu plus tard la colonie de « Mayotte et dépendances “ rattachée par la loi du 25 juillet 1912 à Madagascar, alors colonie française.
Mayotte fut Territoire d'Outre-mer de 1946 à 1975.
En 1974, par référendum, trois des îles de l'archipel optent pour l'indépendance, alors que Mayotte préfère rester française.
A la proclamation de l'indépendance des Comores en 1976, la population de Mayotte se prononça pour le maintien de l'île au sein de la République Française.
A partir de décembre 1976, Mayotte devient une Collectivité Territoriale Française, administrée par un Représentant du Gouvernement ayant rang de Préfet. Une nouvelle loi votée le 22 décembre 1979 porte que ‘l'île de Mayotte fait partie de la République Française et ne peut cesser d'y appartenir sans le consentement de sa population’.
Depuis juin 2000, à la suite d'un référendum, Mayotte est devenue Collectivité Départementale Française.

Portrait de Hops85

De Hops85

16H27 | 07/04/2008 | Permalien

Bonjour, ma mére est française blanche « M'zungu » et mon pére est lui mahorais.
Je ne suis pas né sur Mayotte, mais j'y ai vécu 6 ans avec mes parent.
Donc j'ai pu m'en apercevoir comment on vit laba.
Le probleme de l'immigration sur l'ile ce n'est pas pareil qu'ici en métropole.
Au faite pour y rentrer deja c'est plus facile car par la mer, on peut accoster n'importe ou sur l'ile donc il ya chaque jour plus d'une centaine de clandestin qui déparque sur les cotes mahoraises malgrés les radars qui ont été installé pour surveiller les cotes.
Quand ils sont sur place les clandestins vivent dans des conditions précaires, c'est a dire deja ils dorment dans des « Todis » des petites cabanes construite avec des Morceaux de Toles.
Pour se avoir un peu d'argent, ils font de la vente à la sauvette, en vendant des produits agricole ou manufacturée de mahorais francais ou de comoriens qui dispose la double nationnalité.
Au dernier recencement on estime qu'un tiers de la population de mayotte est clandestine.

Portrait de bakoko

à Hops85 Portrait de Hops85 De bakoko

séparé | 15H41 | 08/04/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord, Il ne faudrait pas confondre une entité géographique « les Comores “ et une entité politique qui n'a jamais existé, il n'y a jamais eu un pays qui se serait appelé ‘COMORE’ même s'il y a eu des essais d'Unité ou Union tout à fait théoriques. Ces îles ont toujours été plus ou moins rivales,et autrefois les habitants circulaient d'une île à l'autre, l'Etat Civil n'existait pas , les noms de famille inconnus : deux enfants nés de même père et même mère ne portaient pas les mêmes noms ( ce qui a posé un problème à Mayotte pour établir un vrai Etat Civil)car pas de filiation fiable et même les dates de naissance n'étaient pas sûres aussi on trouve les ‘ né vers… ou né en .. Il n'est pas certain que les Etats Civils des trois autres îles soient à jour.Maintenant un enfant qui nait sur l'île hippocampe est enregistré à la maternité.
Malgré tout, les problèmes de Mayotte sont nombreux. Peu à peu le niveau de vie s'améliore mais avec la départementalisation souhaitée ça avancera peut-être plus vite. Les Mahorais sont des gens charmants et les Anjouanais (leurs cousins)sont aussi agréables, mais la misère les pousse à venir à Mayotte en espérant une vie meilleure. Beaucoup ont réussi à régulariser leur situation, sur place ou en Métropole d'autres Comoriens viennent en bénéficiant de la double nationalité. Il faut noter que ce sont les jeunes (16 /30 ans) qui souffrent de ce mauvais choix’ qu'auraient fait leurs ancêtres. Comment les Mahorais, qui connaissent la situation de misère des autres îles pourraient-ils accepter de partager une pauvreté récurente et grandissante ? Malgré tout, je redis que cette population Mahoraise, est attachante, intelligente, et moderne ; les Anjouanais quand ils ne sont pas exités et gouvernés par des gourous malfaisants sont bien attachants également.
Donnons à Mayotte le droit de choisir son destin ‘le droit des peuples à vivre en sécurité et en liberté’
Faisons confiance aux Mahorais et à leurs élus.

Portrait de Hops85

De Hops85

16H33 | 07/04/2008 | Permalien

Oui, Pedro, et la depuis peu on parle de départementalisation de l'ile, un référendum est prevu dans les prochains mois pour consulter les Mahorais s'ils veulent du département d'outremer ou bien s'ils veulent rester comme telle.

Portrait de Les Chats

à Hops85 Portrait de Hops85 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H37 | 07/04/2008 | Permalien

Et concrètement qu'elle est la différence entre les deux ?

Portrait de déluge

à Hops85 Portrait de Hops85 De déluge

menuisier | 21H21 | 07/04/2008 | Permalien

Très bien Hobs85, j'espère juste vous voir sur d'autres sujets..Ou alors n'êtes vous qu'un inscrit de circonstance de plus qui disparait après que le fil soit terminé.
Pour après, sous un autre nom…

Portrait de sophiedumont68@gmail.com

De sophiedumont68@gmail.com

étudiant | 16H37 | 07/04/2008 | Permalien

Il n'y a plus de TOM depuis la révision constitutionnelle de 2003 mais des COM (collectivités d'outre-mer) dont fait partie Mayotte.
La présentation de la décision « contestable et illégale » de Giscard est largement déformée et partiale. Les Comoriens ont toujours méprisé les Mahorais qui ne voulaient surtout pas se retrouver dans l'indépendance avec eux sachant qu'ils auraient été discriminés et maltraités. Giscard était fort embarrassé par le plébiscite des Mahorais en faveur du maintien dans la République et son représentant à l'ONU, Guy de Guiringaud, avait rédigé une note indiquant que la France ne pouvait s'encombrer de cette île « dont il faudrait se débarrasser » … la note fît scandale à Mayotte qui veut depuis toujours non seulement rester française mais revendique un statut départemental d'assimilation comme la Réunion, les Antilles et la Guyane (pour cause d'ancrage dans la République mais aussi d'égalité des droits sociaux).Mais le fait de ne pas avoir voulu décoloniser Mayotte de force ni osé mépriser la volonté claire et massive des Mahorais a conduit à en faire, malgré les réticences de Paris, un eldorado pour les Comoriens et les Anjouannais qui ont, eux, plongé dans la misère à l'indépendance. Les Anjouannais rêvent d'ailleurs de redevenir Français, comme les Surinamiens et les Brésiliens qui se précipitent en Guyane. Mais quel dirigeant de « gôche » aurait osé refuser l'extension des droits sociaux à ces territoires alors même que cela bousille leur économie et attire une immigration ingérable. C'est la quadrature du cercle.

Portrait de Pierre Haski

à sophiedumont68@gmail.com Portrait de sophiedumont68@gmail.com De Pierre Haski

Rue89 | 16H44 | 07/04/2008 | Permalien

Merci de ces précisions, j'avais zappé la disparition des TOM. Merci de ces détails sur la manière dont Mayotte s'est retrouvée française, mais comme vous dites, c'est la quadrature du cercle. Le respect de la volonté des Mahorais est respectable, mais au prix d'une situation inextricable et sans doute intenable à long terme.

Portrait de FabiendeMénilmontant

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 14H20 | 08/04/2008 | Permalien

c'est pourquoi, Pierre, il y a un ministère (ou un secrétariat d'Etat, c'est selon) de l'Outre-mer, et non plus des DOM-TOM.

cette révision fut en même temps que celle restreignant le droit de vote en Calédonie, dont j'avais parlé sur Info-Impartiale et qui, lors du vote, avait créé un tollé chez les plus con-servateurs des UMP (ce n'est pas un pléonasme…), car ils n'avaient pas lu le texte à l'avance.

ce dont Rocard révait mais que Jospin n'avait pas fait, Raffarin l'a mis en œuvre. c'est regrettable, mais c'est ainsi. certains n'osent pas aller au bout de leurs idées.

Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/

Portrait de Hops85

De Hops85

16H40 | 07/04/2008 | Permalien

Je lis ici que Chat dis qu'on airait faire le réferendum en englobant toutes les iles dans le meme sac, ce que tu ne sais pas c'est que les Mahorais a l'époque, ils était méprisé par ceux des autres iles. On les comparer a des sauvages qui ne sont pas civilsé. Donc pour leur montrer qu'ils étaient incultes, donc ils ont demander qu'ils ne voulaient pas de l'independance.

Portrait de Hops85

De Hops85

16H46 | 07/04/2008 | Permalien

La Question que je me pose aujourd'hui, quelle est l'interet de Mayotte à retourner avec les Comores ?

Portrait de Les Chats

à Hops85 Portrait de Hops85 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H12 | 07/04/2008 | Permalien

Visiblement aucun. Qu'elle serait la solution alors ?

Portrait de helios33

De helios33

17H11 | 07/04/2008 | Permalien

La solution serait peut-être d'accorder une large autonomie à Mayotte, la doter de ses propres forces de police, et laisser les Mahorais règler eux-mêmes le problème.
Ils conserveraient par ailleurs tous les avantages de la nationalité française.

Portrait de Les Chats

à helios33 Portrait de helios33 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H14 | 07/04/2008 | Permalien

L'indépendance a Mayotte ?

Portrait de helios33

à Les Chats Portrait de Les Chats De helios33

17H18 | 07/04/2008 | Permalien

Tous les avantages de l'indépendance sans les inconvénients.

Portrait de Les Chats

à helios33 Portrait de helios33 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 17H16 | 07/04/2008 | Permalien

Je n'ai pas compris helios français et indépendant ? Autonome ce serait quoi exactement ?

Portrait de helios33

à Les Chats Portrait de Les Chats De helios33

17H20 | 07/04/2008 | Permalien

Autonome comme le sont les états des Etats-Unis par exemple. Leur propre police, la faculté de voter leurs propres lois dans certains domaines. Peut-être serait-ce une étape vers l'indépendance totale ?
Après tout n'a-ton pas fait un peu ça en Nouvelle-Calédonie ?

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