La nouvelle fait déjà grincer des dents en interne: la veille de l’annonce d’un plan social vendredi dernier, Le Monde a signé le contrat d’embauche de la journaliste Françoise Fressoz. Jusqu’ici éditorialiste aux Echos, dont vient aussi le nouveau directeur général, David Guiraud, elle devrait prendre la tête du service politique du quotidien du soir. Cette embauche en catimini -elle n’a pas encore été annoncée officiellement par la direction- est jugée « inadmissible » par un syndicaliste.
Une information que le président du directoire du groupe Le Monde, Eric Fottorino, ne « peut pas confirmer ». Il reconnaît cependant être en discussion avec Françoise Fressoz « depuis très longtemps », et réserve « un certain nombre d’annonces » aux salariés de son groupe: « J’ai d’autres annonces à faire dans les prochains jours, qui ne concernent pas nécessairement des arrivées », nous a-t-il déclaré.
Lors du dernier conseil de surveillance, vendredi, Eric Fottorino a annoncé un plan de redressement qui prévoit 130 suppressions d’emplois, dont les deux tiers à la rédaction du quotidien, ainsi que la cession de filiales comme Les Cahiers du Cinéma, Fleurus Presse ou les librairies La Procure. Fait inédit dans l’histoire du journal, certaines de ces suppressions de postes se feront par le biais de licenciements.
Une assemblée générale de l’intersyndicale CGT-CFDT-SNJ du groupe est prévue ce mardi pour se prononcer sur le plan de redressement. Ce recrutement en externe d’une chef de service la veille de l’annonce du plan social pourrait provoquer une grève. Le plan de départs ne concerne que la Société éditrice du Monde (SEM), justement celle où vient d’être embauchée Françoise Fressoz.
Augustin Scalbert






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Ca me rappelle un constructeur chez qui j’avais travaillé, il avait procédé à des charrettes déguisées en négociations de départs volontaires, viré des milliers d’intérimaires, vendu des usines partout dans le monde, et dans le même temps continuait à embaucher ….
Oui la pratique est courante ! En 2004 et 2005, le groupe dans lequel je travaillais a licencié des centaines de personnes sans plan social naturellement, avec pseudo négo, voire pour certains avec brutalité… Parallèlement, il rachetait des entreprises, ne communiquait plus sur ses effectifs, mais annonçait tranquillement sur un site d’emplois cadres qu’il recrutait 600 ingénieurs par an !!…. Quand l’information relative aux effectifs est réapparue, le groupe avait grossi en personnel !!
Classique dans les entreprises aujourd’ hui : les patrons ont tellement pourrie l’ ambiance qu’ ils préfèrent des nouveaux de l’extérieur qu’ils n’ ont pas encore dégoutés …
c’est surtout eux même et leurs chiens de garde ( DRH etc) qu’ ils devraient virer ( sans indemnités) et remplacer ..Pour un monde meilleur ..
Classique.
Bonjour.
Une année j’ai vu que les recrutements prévus dans ma boîte étaient reportés .. Aux calendes grecques.
Par contre deux autre postes ont été créés à la place … Pour engager des « experts en recrutement ».
Ce qui fut fait.
Jc
La situation au Monde comme dans toute la presse écrite est grave voir même désespérée et ce dernier avatar des aventures sans fin du journal augure mal de l’avenir. Une maladresse de plus et rien de plus serait-ton tenté de dire mais il se trouve que l’on est là peut-être au cœur de la question. Les négligences additionnées les unes aux autres de celles de Colombani à celles aujourd’hui de Fottorino de cette suite d’approximations on arrive au chaos sans que l’on comprenne pourquoi… Le Monde mérite mieux et la presse écrite (fusse-t-elle sur le net !) doit ressaissir sinon…
La presse écrite s’effondre… de quoi ravir Rue89, MediaPart, et bien d’autres encore!
Pas sûr que ça les arrange tant que ça…
L’info sur le Net est encore fragile et je n’ose imaginer les dégâts que provoqueraient (provoqueront ?) les requins de la finance s’ils lui mettent la main dessus avant qu’elle se soit endurcie…
A voir et à suivre ! L’info du net - et uniquement du net - est un concept en pleine naissance. Il est trop tôt pour analyser ce marché encore trop risqué.
Les différents types de médias ne sont pas, il semble, en concurrence les uns les autres - comme on le croyait à l’émergence de la radio, dont on craignait qu’elle vampiriserait la presse écrite; puis à celle de la télé, etc.
On a constaté au contraire que plus les sources d’information se multiplient, plus les gens s’y intéressent. Bien qu’il semble aussi qu’il y ait un certain effet de seuil, ou de saturation, au-delà duquel on assiste à une pollution, le brouhaha venant dissimuler l’information véritable.
La liberté de la presse, comme toutes les libertés, ne saurait se concevoir individuellement: elle est collective, ou n’est pas. Et c’est pas en ami du Monde, qui me gonfle depuis bien longtemps (surtout depuis que je me suis rendu compte des copier-collé de dépêches AFP), que je dis ça.
Oui, le Monde est un journal bien gonflant. Un peu comme Le Figaro, mais de gauche. Ces deux journaux sont un « hub » des dépêches AFP. Et c’est là qu’on voit que les médias d’internet et les journaux écrits sont en concurrence. Une dépêche est désormais accessible sur Yahoo.fr en intégralité gratuitement. Et Rue89 - ainsi que les autres sites d’info du net - ont pour vocation de révolutionner l’information quotidienne - qui est assez lassante à mon goût - accessible uniquement sur internet.
Pas faux. Avec le bémol que les articles du Figaro sont en général mieux écrits, et ne dépendent pas uniquement de l’AFP (je parle de la rubrique international), et que toutes les dépêches AFP ne sont pas disponibles sur Yahoo! Certaines demeurent réservés aux abonnés, afin de continuer à financer l’AFP - qui, d’autre part, est financé par nous-mêmes, contribuables.
Enfin, internet demeure limité aux foyers équipés de connexions et à l’accès public (en bibliothèque, etc.).
Papier ou écran, l’important reste les journalistes qui travaillent - et ils sont victimes de plans « sociaux », comme toutes les catégories socio-professionnelles, aboutissant à une dégradation généralisée de la qualité de l’info.
Le Monde, de gauche?????
L’avenir n’est plus ce qu’il était….
la presse écrite qui s’effondre, c’est un désastre!
Le web ne remplace pas le papier!!!
La liberté de la presse, c’est du web en plus mais pas contre l’écrit!!!!!!!!
Permettez-moi de prendre la défense du Monde et du Figaro. On peut difficilement accuser ces journaux d’être des « hubs de dépêches AFP », comme il est indiqué plus haut. Leurs sites Web sans doutes, mais surtout pas ces titres papiers. Et c’est bien pourquoi il est plus que nécessaire de défendre ces titres. Internet donne l’illusion de donner de multiples informations, mais c’est un leurre puisque la quasi-totalité des sites d’infos (mis à part quelques-uns du type Rue89 ou Bakchich) ne se servent QUE des dépêches AFP (ou Reuters et AP). On peut reprocher à ces journaux de très nombreuses choses, mais leurs disparitions seraient extrêmement préjudiciable pour la qualité et la diversité de l’information. Bien à vous.
Je suis à l’origine de l’indication: « hubs des dépêches AFP ». Je le disai avec humour et ironie mais c’est tout de même assez vrai. Le Monde et Le Figaro, ainsi que d’autres journaux, utilisent les dépêches AFP. Et, comme vous dites, les sites internet d’informations (à part Rue89, Bakchich…) utilisent ces dépêches également. Mais, d’une façon générale, ces sites concernés, n’appartient-ils pas aux journaux de la presse écrite? Ils le sont. Et vous n’en direz probablement pas le contraire. Rassurez-vous, je ne pense pas que la presse écrite va disparaitre. Tout comme le livre même si ses lecteurs sont de moins en moins nombreux. En effet, le contact avec le papier apporter une sensation différente que sur le net. Par ailleurs, la diversité de l’information ne vient pas, ou plus, des journaux de la presse écrite. Le nouveau média, celui d’internet, propose non seulement un nouveau support, mais aussi une nouvelle façon d’apporter l’information… Et cette nouvelle façon consiste, non pas à livrer l’info « cliché, mais la décrypter, l’analyser, et en débattre (je parle des sites uniquement sur internet). Tel est, par exemple, le concept de Rue89.
Il vous faut distinguer le contenu des sites Web des médias traditionnels (lemonde.fr, lefigaro.fr, nouvelobs.com, etc.) avec leurs versions papiers. Les rédactions sont différentes, n’ont pas la même façon de travailler et, je persiste, les soucis de vérification, de recoupement, de mise en perspective de l’information divergent complètement.
Sur le site Web des « médias traditionnels », le journaliste utilise presque uniquement les dépêches, ne passe pratiquement aucun coup de fil, et n’a a souvent aucune connaissance du sujet qu’il est amené à traiter. Sur ces sites, le journaliste est souvent jeune, précaire voire stagiaire (ce qui est aussi le cas sur Rue89, quand on voit le nombre de papiers écrits par un « étudiant en journalisme »), et va écrire une dizaine de papiers dans la journée en passant allègrement, par exemple, du Pakistan à un fait divers en Saone-et-Loire ou aux résultats d’une boite du CAC 40.
Dans les « médias papiers », les rédactions sont souvent organisées de telle façon que chaque journaliste a une spécialité : ce sont des « rubricards ». Il ont acquis une connaissance spécifique sur un secteur, ont fréquemment les acteurs clés au téléphone, peuvent « sortir » des informations qui n’étaient pas destinées à être rendues publiques grâce à leurs contacts, peuvent mettre en perspective l’information, savent démêler le vrai du faux et déjouer les stratégies de communication (qui n’ont jamais été aussi fortes)…
Je vous incite très fortement à acheter régulièrement des quotidiens, quels qu’ils soient (L’Huma, Les Echos, Le Monde…) .Vous découvrirez rapidement qu’ils sont souvent très riches, surprenants, et comportent souvent des infos, des reportages, des angles jamais lus sur le Web.
Ne vous méprenez pas, je ne cherche pas à discréditer ce qu’il se fait sur le Web. J’apprécie énormément les articles de Rue89, le ton de Bakchich, et je consulte énormément de blogs. Mais je pense que la contribution des journaux « papiers » à une information de qualité reste encore essentielle.
Cordialement
Cesardes,
Avant de me lancer, à nouveau, dans cette discussion, j’en profite pour vous faire part du plaisir que j’ai à débattre avec vous - nous sommes sur un site où le débat est nécessaire. Ceci étant même si nos points du vus divergent.
Il est vrai que certains journaux sont composés d’articles très intéressants n’existant pas sur internet. Je pense à certains journaux comme Libération ou Les Echos. J’essaye de lire des journaux de différents tendance. Et, j’ai lu l’Humanité - un journal que vous citez dans votre dernier commentaire. Ce journal est, comme tant d’autres, un receuil de dépêches et, plus précisément, en ce qui concerne l’Huma, un bilan des grèves de la journée. C’est un choix. Et je le respecte. Le contenu d’un papier écrit est reprochable car il contient, de manière globale, les mêmes titres que ses concurrents. Mais, d’un autre côté, je suis entièrement d’accord avec vous sur le fait que la presse écrite publie également des analyses très intéressantes. Quant aux sites internets d’information apparentant à la presse écrite, ces derniers n’ont rien de révolutionnaire en effet. J’irai même plus loin que votre analyse: le language utilisé sur ces sites n’est pas adapté au style du language du net. Et ce ne sont en aucun cas ces sites qui participeront au nouveau support d’information de demain.
Mais, si la presse écrite est en déclin, il y a bien une raison. Il y en a plusieurs même. D’une part, c’est suite à la création de l’internet. La publicité, elle, fuit les journaux pour aller sur le net. C’est bien plus rentable pour elle mais ceci est un désastre pour les journaux. De même, la population évolue. Aujourd’hui, lire un quotidien est de moins en moins fréquent. De nos jours, on veut une information sur internet car on y passe la plupart de notre temps dessus. C’est comme le livre: il est rivalisé par le e-book, un moyen pour lire un livre sur ordinateur.
Donc, oui, les journaux « papiers » sont nécessaires. Mais sembe-t-il qu’ils ne sont nécessaires qu’à une partie réduite de la population. Une partie qui diminue de jours en jours. Mais l’info est toujours là. Elle doit s’adapter aux exigeances, au monde d’aujourd’hui.
A NicolasB, bonjour,
« Tout comme le livre même si ses lecteurs sont de moins en moins nombreux »
&
« C’est comme le livre: il est rivalisé par le e-book, un moyen pour lire un livre sur ordinateur. »
Désolé mais le nombre de livre vendu est en constante augmentation depuis, au minimum 2000, cette année seulement nous avons eu une baisse de 5 %…
Le nombre de « grand lecteur » (je ne me souviens plus du nombre de livre lu/par an) est lui en baisse, tandis que les lecteurs « moyens » grimpent. Le prêt en bibliothèque, lui ne baisse pas, au contraire.
Le e-book n’est absolument pas un concurrent du livre. La « transition » a été faite, pour les encyclopédies, pas pour la littérature, ni même la bande dessinée. Si disparition du livre il y aura, ce ne sera pas avant un sacré moment (Saint Augustin a été le premier à lire « silencieusement, et en « murmurant » les mots, la transition vers la vrai lecture « silencieuse » a mis 500 ans a se faire).
Sur le e-book voir : http://www.rue89.com/2007/11/25/amazon-presente-son-kindle-vers-la-mort-…
Selon une étude de l’université de Cardif les journaux britanniques reproduisent majoritairement des textes d’agences ou de communiqués de presse.
Plus exactement l’étude montre que 60% des articles des « quality papers » au Royaume Uni proviennent principalement ou exclusivement le contenu des agences ou des communiqués de presse. (Times, Guardian, Telegraph … équivalent de monde/figaro/libé etc…). Seul 12% des articles publiés sont le fruit d’un véritable travail journalistique.
En France, ces métrics sont probablement équivalent sinon pire. En effet la diffusion et la profitabilité des titres de presse anglo-saxonne leur donnent des moyens nettement plus importants qu’aux titres français.
Avec Internet, les émetteurs des communiqués de presse engagent une communication directe avec le public. Les dépêches d’agences sont accessibles à tous. Elles sont indexés par google diffusé par yahoo etc…
Les journaux papiers et surtout leurs sites internet doivent évoluer.
et j’ajouterai à Cesardes que le même schéma (licenciements & recrutements simultanés) s’est passé dans la même entreprise, en 1990 ou 1991 je crois. le Monde avait déjà quitté Les Italiens. l’histoire se répète…
et trois ans plus tard, était mis en place un plan de rigueur visant entre autres les « anciens », dont je faisais partie, sauf que je n’avais que 5 ans d’ancienneté, alors que d’autres avaient commencé cyclistes à 14 ans et y avaient pris leur retraite. pour eux, ce fut plus dur !
Fabien
http://menilmontant.noosblog.fr/
@ Cesardes
C’est de l’humour je suppose, car sinon il faut consulter… Les quotidiens papier ne sont que des organes de propagande. Comment expliquez vous que ces entreprises continuellement déficitaires intéressent des hommes pour qui le fric est Dieu ?
Il va donc falloir que je consulte, puisque mon post était des plus sérieux. Mais vu le ton utilisé, je ne vais pas m’abaisser à répondre à votre réaction (même si vous abordez un problème crucial et extrêment compliqué pour la presse).
La tension monte au 80 boulevard Auguste Blanqui. Après la tenue d’une assemblée générale, mardi 8 avril, au siège du journal « Le Monde » dans le 13ème arrondissement à Paris, la majorité des salariés du groupe a voté la grève pour le lundi 14 avril. Le quotidien du soir ne devrait donc pas paraître ce jour. Les salariés entendent ainsi protester contre le plan de redressement qui prévoit le départ de 130 salariés dont les 2/3 au sein de la rédaction.
je n’achète pas bcp le monde depuis un certain temps… mais ce plan est une catastrophe. On tue la rédaction!
Fottorino, voyon, Fottorino, ce ne serait pas ce type qui écrit des bouquins, pleins de bons sentiments ?
Ce type qu’on admirait jadis pour ses mollets grimpeurs du Tour de France ?
Ce gars qui aimait son père et qui lui rendait hommage ?
Ah, vous voulez dire, qu’il s’est renié, qu’il joue aux Transiteurs façon DRH, qu’il licencie à tours de bras ?
Fottorino, vous voulez dire l’ambassadeur des basses oeuvres ?
http://anthropia.blogg.org
Si les Français n’achètent plus de journaux, c’est qu’ils n’y trouvent que peu d’intérêt. Dans ce jeu, seule la presse régionale s’en sort grâce à la rubrique nécrologique (eh oui, c’est un fait) et aux informations hyperlocalisées du village (concours de belote, ouverture de la pêche, spectacle de l’école du village etc).
Aujourd’hui, les journaux papiers se prennent pour des prêt à penser. L’exemple le plus flagrant fut le débat autour du Traité Européen de 2005. Mais les Français sont loin d’être des imbéciles et se passent très bien de la « pédagogie » dispensée par ces journaux. De plus, quant un journal commence à se détacher idéologiquement de ses lecteurs, il ne faut pas s’étonner que ceux-ci aillent voir ailleurs et notamment en surfant sur internet.
Quant au plan social subi par le Monde et au delà de l’aspect dramatique provoqué par la perte d’un emploi (il faut manger et payer sa maison), il y a une certaine cocasserie. En effet, les journalistes de ces journaux chantaient la mondialisation heureuse ainsi que le libéralisme (nommé « liberté »). Pendant des années, ils ont été préservés et voilà que ça leur tombe dessus.
Un peu plus de solidarité avec le monde des ouvriers et des salariés par le passé aurait peut être préservé les emplois de journalistes aujourd’hui.
Bis repetita…Cela me rappelle 1994-1995, l’époque où, après l’élection de Jean-Marie Colombani à la direction du « Monde », je m’employais, en ma qualité de « préposé au bonheur » à inciter certains de mes petits camarades à quitter l’entreprise en douceur ( en échange d’un chèque attractif…) pour réduire la masse salariale pendant que dans le même temps JMC autorisait son directeur de la rédaction à embaucher de vieux copains…