Sur le terrain 05/04/2008 à 12h05

Serbie : les nationalistes d'Obraz n'ont pas renoncé au Kosovo

Guillaume Carré | Journaliste à Budapest


Enterrement de Zoran Vujovic, mort dans l’incendie du consulat des Etats-Unis à Belgrade (C. Saccomani/Gamma).

(De Serbie et du Kosovo) Zoran Vujovic avait 20 ans et d’après ses proches, c’était un jeune homme souriant, aimant plaisanter avec ses amis, heureux de vivre. Fan de foot, il était supporter du Partizan Belgrade, pépinière de nationalistes serbes. Le destin de Zoran aura été inextricablement lié au destin dramatique de l’ex-Yougoslavie.

Originaire du Kosovo, il a dû fuir la guerre en 1999 avec sa famille et s’installer dans la région de Novi-Sad, en Voïvodine, au nord de la Serbie. D’après des rumeurs difficilement vérifiables, sa grand-mère aurait été noyée dans sa baignoire par les combattants albanais de l’UCK.

Le 21 février, quatre jours après la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, Zoran s’est rendu à Belgrade avec ses amis supporters pour participer au grand défilé du 21 février pour un Kosovo serbe. Son corps a été retrouvé carbonisé dans le consulat des Etats-Unis à Belgrade : le jeune homme a été piégé dans l’incendie provoqué par les manifestants.

Au départ, une maison d’édition proche de l’Eglise orthodoxe serbe

La veille des funérailles de Zoran, Dane retrouve ses amis dans un bar branché de Novi-Sad. « 20 ans, c’est trop jeune pour mourir. Zoran sera une icône pour le mouvement patriotique serbe ! “ Dane est le responsable d’Obraz, un groupe ultranationaliste serbe de plus en plus présent dans l’actualité. Le mot ‘obraz’ a plusieurs sens : l’honneur, mais également la joue, qui, pour les Serbes, symbolise la franchise, la droiture.

En 1994, quand Obraz est créé, ce n’est encore qu’une simple maison d’édition qui défend les thèses ultraconservatrices de l’Eglise orthodoxe serbe. En 1998, son directeur, Nebojsa M. Krstic, théologien et sociologue de formation, décide de le transformer en mouvement politique.

La nouvelle organisation connaît un succès rapide au sein d’une partie de la jeunesse serbe pendant les guerres de Yougoslavie. Dans la nuit du 3 au 4 décembre 2001, Krstic se tue avec deux autres personnes dans un accident de voiture près de Nis, dans le sud de la Serbie. Ses disciples sont eux persuadés que Krstic a été victime d’un crime d’Etat.

‘La démocratie ? Voyez ce que cela donne, la corruption et l’incompétence’

Dane est un garçon posé, sérieux. Avec ses lunettes, il fait presque penser à un premier de la classe, le charisme en plus. Il s’exprime avec calme et conviction, autour d’un verre de rakija, l’alcool local, en expliquant les principes d’Obraz. La consommation modérée d’alcool ne lui pose pas de problème, mais il rejette l’usage de drogues, et ne participe pas aux batailles de rues contre contre les anarchistes ou les antifascistes de Belgrade, qu’il juge contre-productives. Il prend également ses distances avec les groupes de supporters :

‘Les supporters divisent la jeunesse serbe en club rivaux, alors que l’heure est à l’unité ! De plus, ils provoquent des désordres qui font peur à la population. Malgré ces critiques, je les reconnais volontiers comme des patriotes sincères. Lors des guerres des années 90, ils se sont massivement engagés pour défendre la Serbie ; ça, je respecte profondément !

Dane expose sans complexe les vues anti-démocratiques de son organisation :

La démocratie ? Voyez ce que cela donne, la corruption et l’incompétence... Non, nous, nous voulons l’ordre ! Nous voulons un chef suprême incarné par la personne du Roi lui-même, désigné par Dieu !

Enterrement de Zoran Vujovic, mort dans l’incendie du consulat des Etats-Unis à Belgrade (C. Saccomani/Gamma).

Obraz, mouvement monarchiste, reste profondément attaché à l’Eglise orthodoxe serbe, celle qui a su maintenir l’unité du peuple serbe à travers les tempêtes de ces vingt dernières années’. C’est d’ailleurs la question religieuse qui différencie Obraz du Parti radical serbe (SRS, parti de Tomislav Nikolic, le candidat ultra nationaliste à la présidence serbe, battu par le pro-européen Boris Tadic).

Dane explique : ‘Nous respectons le SRS, ce sont sans aucun doute de vrais patriotes, mais le parti Radical est démocratique et laïc, c’est en cela que nous différons.’

Leur héros : Ratko Mladic, recherché par le tribunal de La Haye

Le lendemain, une petite dizaine de militants d’Obraz se rendent aux funérailles de Zoran Vujovic. Ils ne le connaissaient pas, mais tiennent tout de même à lui rendre hommage. Dans un très beau cimetière de la région de Novi-Sad, la cérémonie se déroule dans la plus pure tradition orthodoxe. Plusieurs milliers de personnes sont venues ; parmi elles, des hommes politiques, et le joueur de football Predrag Mijatovic, ancien du Real Madrid.

Sur un mur du modeste local qu’occupe Obraz dans la banlieue de Belgrade est accroché le portrait de Ratko Mladic, le commandant de l’armée des Serbes de Bosnie pendant la guerre, recherché par le tribunal pénal international de La Haye, notamment pour le massacre de Srebenica. Un héros national pour le groupe ultranationaliste.

Mladen est, à 28 ans, le guide suprême de l’organisation. D’un ton docte, il résume l’histoire de la Serbie et du Kosovo depuis le Moyen-Age. Mladen dépeint le peuple albanais comme un peuple vil et peu civilisé ,descendu de ses montagnes albanaises pour opprimer les chrétiens orthodoxes, à savoir les Serbes, pour le compte de l’occupant turc :

‘Au XIXe siècle, les Albanais se comportaient en maîtres absolus vis-à-vis des Serbes. Aucun peuple n’a jamais été aussi opprimé que le peuple serbe sous le joug albanais :

Pour Obraz, cette oppression aurait continué même du temps de la Yougoslavie de Tito. Mladen décrit un Kosovo où les Serbes auraient vécu un véritable apartheid, avec la complicité des traîtres’ de l’époque incarnés par les Serbes communistes se revendiquant Yougoslaves :

‘Le régime communiste voulait forcer les Serbes à oublier leur tradition nationale ! Au Kosovo, les Albanais n’étaient pas obligés de parler serbe, mais un Serbe ne parlant pas albanais ne pouvait en aucun cas trouver du travail.’

Pour Obraz, l’indépendance du Kosovo n’est pas irrévocable

Quand on évoque les massacres commis contre la population albanaise en 1998-1999, Mladen prend un air étonné, niant ce qui relève pour lui de la désinformation propagée par les médias occidentaux :

‘Quels massacres ? Où sont les tombes des Albanais ? De combien de victimes parle-t-on au juste ? S’il y a eu des crimes commis par les Serbes contre des civils albanais, il ne s’agit que de cas extrêmement isolés’

Et selon lui, si le conflit au Kosovo a fait tant de victimes côté albanais, c’est à cause des bombardements de l’Otan, et des pratiques de l’Armée de libération du Kosovo, qu’il accuse d’avoir utilisé ses compatriotes comme boucliers humains.

Pour Mladen et son organisation, l’indépendance du Kosovo n’a rien d’irrévocable :

‘Nous devons tout d’abord reconstituer une armée digne de ce nom. Sans force militaire, personne ne nous prendra au sérieux. Il est vrai que nous n’avons pas pour l’instant les moyens d’arracher le Kosovo à l’OTAN mais le moment viendra où la donne internationale changera, où l’OTAN sera occupée ailleurs, les Albanais devront alors nous faire face sans personne derrière qui ils pourront se cacher !

Les Albanais sont des occupants et des étrangers, ils doivent rentrer chez eux’

Plus on descend dans le sud de la Serbie, plus la misère est voyante. Au nord du Kosovo, à Mitrovica, coté serbe, règne une ambiance de siège. En permanence, de petits groupes d’hommes montent une garde discrète face au pont de Mitrovica, face à la partie albanaise de la ville.

Que craignent-ils concrètement ? Difficile à dire, mais cette attitude est symptomatique du climat de peur palpable dans la partie serbe de la ville. La proclamation le 17 février de l’indépendance du Kosovo n’a fait que renforcer ce sentiment au sein de l’enclave serbe. La ville est depuis longtemps coupée en deux, deux entités irréconciliables depuis les massacres intercommunautaires.

Igor est venu en 2000 à Mitrovica ‘faire la guerre quand le Kosovo a été occupé par les Européens et les Albanais’. Igor est également un membre d’Obraz ; professeur d’histoire âgé d’une trentaine d’années, il peut citer un nombre impressionnant d’anecdotes remontant à la Première Guerre mondiale prouvant la valeur et les qualités du peuple serbe.

Il a autant d’anecdotes pour nous faire comprendre la nature intrinsèquement cruelle et lâche de ses ennemis albanais. Il regrette amèrement la ‘trahison française’ et commente quant au destin de son pays qu’‘un petit peuple courageux est en train de mourir et personne ne s’en inquiète…’

Mais tout comme Mladen, Igor ne considère pas l’indépendance du Kosovo comme irréversible : ‘Les Albanais sont des occupants et des étrangers, ils doivent rentrer chez eux en Albanie ! Dans notre situation nous ne savons pas encore si nous allons vaincre ou perdre, mais, la résurrection ne se fera pas sans morts !

Photos : Clement Saccomani/Gamma


Enterrement de Zoran Vujovic, mort dans l’incendie du consulat des Etats-Unis à Belgrade (C. Saccomani/Gamma).

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  • Cratère
    • Posté à 13h27 le 05/04/2008
    • Internaute 19638

    Et le plus flippant ? Ces gens font près de 50% aux élections présidentielles...

    Le brasier de la guerre des Balkans n’à toujours pas été éteint à Belgrade. J’espère sincèrement que la Serbie pourra un jour avancer et vivre dans la prospérité et la paix mais ça n’arrivera pas...

    Trop de discours victimaires et béliqueux, trop de propagandistes en guise de professeurs d’Histoire...

    • DBL8
      DBL8 répond à Cratère
      Retraité
      • Posté à 14h09 le 05/04/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      Pour cela, encore faudrait-il que d’autres pays ne se mêlent pas de leurs affaires.
      Ce n’est pas en obligeant des peuples à vivres comme certains dirigeants le voudraient qu’ils vont l’accepter.
      Tito à fait des conneries, nous les continuons.
      Il doit y avoir du fric à ce faire là-bas.

  • ex-riverain
    • Posté à 15h01 le 05/04/2008
    • Internaute 35098
      x

    l´Etat du Kosovo est en partie un produit de l´OTAN qui a soutenu l´UCK, une organisation qui a été autrefois considérée comme terroriste jusqu´a ce que l´OTAN en fasse un allié...l´UCK persécutait même les Albanais...
    le fédéralisme en ex-Yougoslavie était la moins pire des solutions ; aujourd´hui c´est la pire qui s´impose. les embryons de nouveaux conflits sont partout dans la religion.
    et que fait-on pour supprimer la république serbe, cette enclave dans le territoire bosniaque ?
    un détail : les bombardements de l´OTAN ont effectivement tué une partie des Albanais en fuite...d´ailleurs la question du nombre des victimes durant le conflit reste extrêmement floue, ainsi que la maniere dont les personnes sont mortes - bombardement, assassinats (et par qui), morts naturelles...les chiffres s´accordent mal avec la version donnée par la propagande de l´OTAN, et remettent en cause l´idée d´un génocide albanais.
    merci de ne pas me traiter de « nazi pro-serbe » sans argumenter au préalable.

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à ex-riverain
      fasciné
      • Posté à 05h30 le 06/04/2008
      • Internaute 29635
        fasciné

      Le chef d’accusation de génocide n’a pas été reprit par le tribunal pénal international de la Haye, en ce qui concerne le Kosovo, pour slobodan Milosevic. C’est un fait, vérifiable sur le site du TPIY.

      Lien

      Voir l’acte d’accusation de Milosevic.

      Les chiffres de victimes sont effectivement mal connus.
      Au plus fort des bombardements l’otan parlait de quelques centaines de milliers de « disparus ». On a retrouvé en gros 2000 cadavres aussi bien de serbes que d’albanais, dont pas mal de combattants et de policiers.

      Liens vers un article de libé remis en perspective :

      Lien

      Un autre un peu plus polémique sur le même sujet :

      Lien

  • NuklearCocroach
    NuklearCocroach
    ex GeneralSubverciòn
    • Posté à 15h53 le 05/04/2008
    • Internaute 36938
      ex GeneralSubverciòn

    le nationalisme,c’est comme le patriotisme,ça fait des beaux macchabées.pour l’être humain,ça me fait de la peine,pour le supporter de foot...

  • dalun
    • Posté à 17h08 le 05/04/2008
    • Internaute 29964

    je viens d’écouter une émission sur france culture 15 à 17 h : invitée prédag matvejevitch . c’est exactement sur l’origine et l’historique de tout cette histoire dont il était question . passionnant et trés instructif ..cette femme sait de quoi elle parle . remarquable émission .

  • Caius
    Caius
    Expert en management
    • Posté à 17h30 le 05/04/2008
    • Internaute 35080
      Expert en management

    Sous Tito, apparemment, les deux communautés ne se parlaient pas et ne se sentaient pas membres du même pays.

    Hier, les Kosovars albanophones étaient des citoyens de seconde zone dans une Serbie dont ils ne voulaient pas faire partie.

    Aujourd’hui, les Kosovars serbes sont une minorité, qui semble destinée en l’état actuel des mentalités à devenir eux aussi des citoyens de seconde zone dans un Kosovo qu’ils ne reconnaissent pas comme leur patrie.

    L’histoire se répète en inversant les rôles. Tant que le nationalisme, cette maladie mortelle, infestera les esprits dans la région, il n’y aura pas d’apaisement. Et nous ne pourrons que regarder, impuissants, un camp préparer sa revanche contre l’autre.

  • Superchango
    • Posté à 18h24 le 05/04/2008
    • Internaute 38040

    Boris Tadic a été élu président de la Serbie, en Février dernier, avec une courte avance, certes, mais sans l’aide d’aucuns nationalistes, même modérés. Pour un pays comme la Serbie, qui n’est pas encore très stable économiquement, ce qui induit forcément une pauvreté importante, cela est tout simplement remarquable.

    La pauvreté est le meilleur des terreaux pour le nationalisme, or ce nationalisme, malgré l’histoire récente, n’a pas pu accéder à la présidence de la Serbie.

    A titre de comparaison, en France, où l’histoire récente n’a pas été fortement traumatisante sur le plan national, il ne me semble pas que l’actuel président de la France, N. Sarkozy, a tourné le dos à l’extrême droite, d’une manière aussi évidente que Boris Tadic l’a fait aux dernières élections.
    Est ce que Sarkozy aurait été élu en France sans les voix du Front National ? Je ne le pense pas.

    Boris Tadic a été élu sans les voix des radicaux serbes, sans les voix des socialistes de Milosevic et sans les voix de V.Kostunica. Bref, sans les nationalistes de tout poil.

    Malheureusement, l’Union Européenne est en train de gâcher tout ces efforts du peuple serbe. Si elle avait intégré des années auparavant, tout ces pays des Balkans en son sein, les régionalismes importants de cette région auraient été relativisés. A partir du moment où une certaine perspective économique est offerte à des peuples, qu’ils soient croates, serbes albanais, monténégrins, ces peuples finissent par oublier leurs petits conflits pour des miette territoriales. Au lieu de ça, l’Union Européenne s’est même sans doute enrichi à l’aide des trafics en tout genre à l’époque des guerres récents. Du jour au lendemain, le monnaie de la Yougoslavie n’était plus le Dinar yougoslave mais est devenu le Deutsch Mark, induisant une inflation monstre dans la région, ce qui a banquerouté les banques nationales et crée une situation de grande pauvreté. Pauvreté qui a comme je l’ai écrit plus haut, induit d’importants nationalismes. Mais ce que l’on oublie bien souvent, c’est que le Deutsch Mark n’est pas devenu la monnaie la plus courante là-bas sans que les occidentaux le sachent. Les banques allemandes se sont largement enrichi de cette vague du Deutsch Mark en Europe de l’Est, ce qui a contribué à l’édification de l’Euro.

    Maintenant, alors que la Yougoslavie était parmis les pays les plus multi-ethnique en Europe, on essaie de nous faire croire que le Kosovo est multi-ethnique alors qu’il est peuplé à 90% de gens issus d’une seule nation(les albanais).

    Si l’on regarde les répartitions de populations en Serbie, alors que beaucoup d’évènements guerriers ont eu lieu dans l’histoire récente, on remarque que la Serbie reste l’un des pays les plus multi-ethnique, alors que l’on a toujours présenté ce pays dans les médias occidentaux comme un pays fortement nationaliste.
    Mais, bon, là commence une autre histoire.
    Vendre le Kosovo comme multi-ethnique à la communauté internationale, c’est comme vendre du Coca Cola et dire que c’est bon pour la santé...

  • parousnik
    • Posté à 22h34 le 05/04/2008
    • Internaute 18991

    Des gens sont nés dans un pays de 255 803 km2 et aujourd’hui ce pays ne fait plus que 88 000 km2... Je me demande ce que dirait les Français si le pays le plus puissant du monde en armement décidait de réduire de deux tiers la France... Certe les Alsaciens seraient en majorité heureux de retourner dans le giron Allemand...comme le dit un sondage « secret ». En tant que Breton je me demande si cela ne serait pas plus sain de rompre avec Paris la grise... La provence à l’Italie pourquoi pas et le mont blanc à la suisse... La Picardie ainsi que le Nord et ses ch’tis renforceraient la wallonnie attitude... Tout cela pour dire Mr guillaume Carré que sous entendre dans cet article que les Serbes sont d’affreux nationalistes et même ultranationalistes relève de la propagande de porcherie...

  • JCVION
    • Posté à 23h38 le 05/04/2008
    • Internaute 35684

    Paix à son âme ! ...
    Mais je crains que ce sujet ne soit pas trés couvert, le monde ne s’intéresse pas à l’ex Yougoslavie, l’Europe n’a pas bougé le petit doigt pour cette région lors des affrontements ethniques.Le génocide s’y est déroulé presque sans encombres mais pourquoi donc les ricains ont souhaité intervenir et arréter cette guerre ? .....cela représentait pourtant un beau spectacle depuis les rives de l’adriatique...des viols collectifs, des exécutions sommaires...c’était top à voir avec des jumelles de longue portée..Quelle bande de rabat joie ces Américains ! ! ...Nous, les braves Européens nous aurions pu mettre fin à cette guerre absurde..comment ? ? ...bien évidemment par les résolutions de l’ONU...en combien de temps ? ...MAis nous n’étions pas pressés, quelques musulmans exterminés, brulés vifs ? ? ...on s’en fout....mais grace à la diplomatie nous aurions pu régler le problème en 5 à 10 ans..mais qui est pressé de trouver une solution ? ? ..certainement pas TF1 ou CNN qui pouvaient passer en boucle de belles images...quoi de plus beau qu’un petit viol collectif au coucher du soleil au printemps, non ? ..

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à JCVION
      fasciné
      • Posté à 05h36 le 06/04/2008
      • Internaute 29635
        fasciné

      Vous oubliez de citer les petits nenfants prématurés jetés hors de leurs couveuses.

  • Alec Sandre
    • Posté à 08h06 le 06/04/2008
    • Internaute 26308

    Pourquoi les Serbes qui défendent l’intégrité de leur pays sont-ils des ultra-nationalistes alors que les Albanais du Kosovo qui ont provoqué le « nettoyage ethnique » des populations non-albanaises ne sont que des..Kosovars ?
    Que 50% de la population d’un pays soit considérée comme des « ultras » montre une vision objective et modérée d’un conflit national et un grand respect pour la moitié des citoyens de ce pays.
    Parle-t-on,à propos de la France,des ultra-nationalistes partisans de la grande-France opposés à la légitime aspiration à l’indépendance des Corses opprimés et colonisés par l’Etat français ?
    Quant aux Serbes de Mitrovica, « Que craignent-ils concrètement ? Difficile à dire ». En 2003, sous l’administration de la Kfor, les pogroms anti-serbes ont concrètement fait des centaines de morts (avérés) et détruit des dizaines d’églises et de monastères orthodoxes.
    C’est en effet difficile à dire.

  • Renan
    • Posté à 10h00 le 06/04/2008
    • Internaute 11778

    les serbes ne savent pas une chose : ils ont perdu face a une coalition qui voulait faire eclater la yougoslavie,elle y est parvenu,a crée un tribunal international destine aux seuls perdants,et hurle a chaque fois que ces cons de serbes, qui n’acceptent pas ce diktat, se revoltent.nous avons la mémoire courte, les serbes,se sontpas battu avec beaucoup de virulence contre les nazis, et seuls les serbes l’ont fait,dans cette région d’europe,alors que les croates bosniaques,albanais,kosovars albanophones eux se sont rallies aux nazis.

  • RoPen
    RoPen
    en retraite, ce n'est pas une (...)
    • Posté à 16h42 le 06/04/2008
    • Internaute 32370
      en retraite, ce n'est pas une (...)

    Je trouve cet article beaucoup trop loin du vrai sujet.
    Allez y donc un peu plus souvent en Serbie pour mieux comprendre ces gens.

  • RoPen
    RoPen
    en retraite, ce n'est pas une (...)
    • Posté à 16h43 le 06/04/2008
    • Internaute 32370
      en retraite, ce n'est pas une (...)

    Je trouve cet article un peu léger sur le sujet de la Serbie.
    Allez donc un peu plus souvent voir ce qui s’y passe.

  • ex-riverain
    • Posté à 16h59 le 06/04/2008
    • Internaute 35098
      x

    ...oui, mais les posteurs font comme ici contrepoids en allant au fond des choses ! une sorte de lutte interne...pourvu que nous gardions cette liberté, quitte a devoir lire encore quelques messages fachos ou simplement crétins...

  • Alexandrassi
    Alexandrassi
    Journaliste
    • Posté à 20h12 le 06/04/2008
    • Journaliste 38183
      Journaliste

    « Lorsqu’on examine de près la toute récente “ déclaration d’indépendance” de la province serbe du Kosovo et la reconnaissance immédiate de cette dernière en tant qu’État par les États-Unis, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France, il importe avant tout de savoir trois choses :

    Primo, le Kosovo n’obtient aucune indépendance ni la moindre autodétermination. Il sera gouverné par un haut représentant et des institutions désignés par les États-Unis, l’Union européenne et l’Otan. Une espèce de vice-roi à l’ancienne et des administrateurs impérialistes détiendront le contrôle sur sa politique étrangère et intérieure. L’impérialisme américain a tout simplement renforcé son contrôle direct sur une colonie intégralement dépendante située au cœur des Balkans.

    Secundo, la reconnaissance immédiate du Kosovo par Washington confirme une fois de plus que l’impérialisme américain entend enfreindre absolument tous les traités ou accords internationaux qu’il a signés jusqu’à ce jour, y compris les accords qu’il a sortis lui-même et imposés à d’autres par la force et la violence. » (« Kosovo : Une nouvelle colonie pour Washington », par Sarah Flouders)

    Voir la série d’articles sur les Balkans dans la catégorie du site :

    Lien

  • ex-riverain
    • Posté à 23h03 le 06/04/2008
    • Internaute 35098
      x

    Sarah Flounders et non Flouders.

    Lien

    merde alors, alexandrassi a raison...la réalité est pire que ce que j´imaginais...ouvrons les yeux...

  • pcak
    • Posté à 09h52 le 07/04/2008
    • Internaute 19172

    Avons nous oublié la ligne bleue des Vosges et le « pensez y toujours, n’en parlez jamais ». Rassurant ,Bécassine n’est pas une spécialité franco-française !

  • iconographik
    • Posté à 11h24 le 07/04/2008
    • Internaute 31737

    « Que craignent-ils concrètement ? Difficile à dire »

    hallucinante mauvaise foi !

  • lovelydist
    • Posté à 00h47 le 08/04/2008
    • Internaute 38364

    En lisant les « réactions », je vois qu’elles jugent cet article selon leur attitude à l’égard du Kosovo, mais j’ai l’impression qu’en fait, l’article parle de l’impact d’une guerre sur la mentalité d’un peuple...
    il ne cherche pas à savoir qui a « raison » dans cette guerre, il cherche à démontrer les conséquences d’une série des « torts » qui a déjà eu lieu...
    Le psychose massif y a déjà démarré depuis des années. Obraz n’est qu’un exemple d’une tendance balkanique générale, présente de tous les côtés des frontières ! C’est vrai que l’auteur aurait dû aller comparer du côté albanais aussi... Il faut arrêter de chercher qui a frappé le premier quand c’est la mélée générale. Et l’article parle des gens déterminés à continuer la boucherie

  • Alexandrassi
    Alexandrassi
    Journaliste
    • Posté à 05h25 le 10/04/2008
    • Journaliste 38183
      Journaliste

    Extrait de « Balkaniser les Balkans » par Juan GELMAN (mondialisation.ca)

    « Il paraissait impossible de réduire encore plus l’ex-Yougoslavie déjà réduite à la portion congrue, mais non : avec la reconnaissance immédiate des USA et de la majorité de l’Union Européenne, la soi-disant indépendance du Kosovo est chose faite. Peu importe que cet acte viole le droit international, la Charte des Nations Unies et les résolutions de son Conseil de Sécurité. Le fait décisif est qu’ainsi l’ont voulu les “ faucons-poulets ” de Washington avec le soutien d’une portion bien armée de l’OTAN et une ONU qui regardait ailleurs. Les conséquences sont inimaginables et on se souvient de la prophétique phrase d’Otto von Bismacrk à la fin du XIXe siècle : “ Si la Grande Guerre éclatera, ce sera par la faute d’une quelconque maudite chose dans les Balkans ”. Il en fut ainsi.(...)

    Les USA ont commencé le travail kosovar il y a des années déjà. Belgrade a combattu contre le bras armé des séparatistes serbo-albanais, l’Armée de Libération du Kosovo (UCK), une créature de la CIA, comme Oussama Ben Laden. Cela a été reconnu par l’agence d’espionnage elle-même, qui lui a fournit entraînement, armes et argent, en particulier en 1998 et 1999, peu avant que les USA et l’OTAN bombardent l’ex-Yougoslavie durant 11 semaines.

    Le Département d’État qualifia officiellement l’UCK de “ mouvement insurgé ”, bien que ses hauts fonctionnaires disaient hors micro qu’il s’agissait de terroristes. Bien sûr Milosevic n’était pas un saint, mais la minorité serbe du Kosovo n’oubliera pas le 17 mars 2004 : l’UCK attaqua, tua une vingtaine de civils, brûla toutes les églises orthodoxes et laissa à la rue 60.000 serbo-kosovars. Tout cela dans l’indifférence des forces de paix de l’ONU stationnées dans la capitale Pristina et dans la province. »

    extrait de :

    Lien