Alberto Neuman, monstre sacré du piano, en récital à Paris

Révéré par les pianistes à l’égal des plus grands, Neuman défie toute classification. Ce chercheur qui donne un nouveau visage à Bach et à Chopin, tel Gould ou Horowitz, est aussi le plus grand interprète de Piazzolla. Et nul ne fait sentir la nostalgie et la passion du tango comme Neuman quand il chante en s’accompagnant au piano.

Alberto Neuman débutera le premier de ses récitals parisiens en réalisant un rêve: il jouera quatre pièces de Beethoven en accompagnant une lecture du Testament de Heiligenstadt, la lettre désespérée que Beethoven écrivit lorsque sa surdité devint irrémédiable. Neuman retrouvera ainsi une de ses fortes impressions d’enfance, car sa mère le menait souvent aux récitals mélodramatiques données à Buenos-Aires.

Puis, par un contraste tranché qui est une de ses marques distinctives, il jouera six études de Chopin qui seront comme une présentation des recherches qu’il mène depuis des décennies sur les œuvres de ce compositeur.

Les deuxièmes parties des récitals d’Alberto Neuman sont toujours attendues avec délectation par les amateurs. Le natif de Buenos-Aires y présente des œuvres d’inspiration populaire: Nazareth et Piazzolla, bien sûr, mais aussi Stravinsky, Satie ou Albeniz, ou encore des chansons argentines -comme le fameux tango « La Cumparsita » qu’il propose dans ses propres harmonisations. (Voir la vidéo: « Odéon », d’Ernesto Nazareth, enregistrée le 14 juin 2007.)


Alberto Neuman, brillant causeur, qui ne dédaigne pas de s’adresser au public selon la tradition de Vladimir de Pachman, suivit les leçons de Scaramuzza, Gieseking, Zecchi et Kempff avant d’étudier dix ans avec Arturo Benedetti Michelangeli.

Il ne négligea pas la fréquentation des compositeurs comme Leuchter (élève de Schönberg), Frank Martin, Scelsi ou Piazzolla. Très influencé par les travaux de Schenker et de Schönberg, Neuman a développé une méthode d’analyse musicale qui consiste à faire découler toute œuvre d’une « mélodie originelle » plus ou moins cachée.

L’application de cette méthode via les moyens techniques étonnants de Neuman donne aux œuvres les plus connues une richesse expressive qui les fait redécouvrir. Sous les doigts de Neuman, des mélodies et des rythmes intérieurs se révèlent et structurent de manière impérieuse les préludes et fugues de Bach et les études de Chopin.

Albert Neuman en concert au théâtre Le Ranelagh, 5, rue des Vignes, Paris XVIe - lundi 5 et mardi 6 mai à 20h30 - 10€/30€ - plan.

► L’interview d’Alberto Neuman sur le site Weltkunst.


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zénon denon 84 | Bonne
14H55 05/04/2008

Une merveille cet extrait d’AlbertNeuman
que jene connaissais pas /une belle découverte .
Merci à lui,
merci à vous .
Quel dommage d’etre loin de Paris .
P S : chez qui enregistre -t-il ?

 
Tinhinane | Médiatrice scientifique
23H25 05/04/2008

Merci pour l’extrait, l’info et le lien où l’on trouve d’autres superbes morceaux.

 
13H48 06/04/2008

Merci beaucoup pour cet article consacré à cet étonnant pianiste. J’ai eu la chance de prendre des cours de déchiffrage avec lui il y a une dizaine d’année au conservatoire de région de Paris. Je jouais du violoncelle et il m’accompagnait dans des sonates de Beethoven. Il adorait le Scherzo de la 3eme avec ses accents décalés. Il jouait d’une manière très percussive et rythmée. C’était vraiment quelqu’un d’exalté. Je me souviens de son regard bleu et pénétrant quand il nous racontait des anecdotes sur sa vie en Italie ou ses leçons avec Michelangeli. Je n’ai plus entendu parler de lui ensuite et suis vraiment heureux de savoir qu’il a toujours la pèche et qu’il va nous offrir des concerts.
Ca faisait du bien d’avoir un professeur extravagant et fou dans cette institution si formatée. Un peu d’oxygène dans une ambiance étriquée…

 
00H23 07/04/2008

Moi aussi je suis contente d’apprendre qu’Alberto NEUMAN nous offre toujours des concerts.
Je l’ai connu dans les années 1975-1977 à Paris aux répétitions du Canto General de Neruda , mis en musique par Theodorakis et il l’a accompagné dans l’aventure du retour en Grèce après la chûte des colonels
Je crois qu’il joué dans les premiers concerts dirigés par Mikis Theodorakis à Athenes l’été 1976.

 
20H43 11/04/2008

essai