
150 clandestins ont été expulsés de Mayotte, une semaine après les émeutes d’Anjouanais qui avaient suivi l’accueil par la France de l’ancien homme fort d’Anjouan, Mohammed Bacar, chassé du pouvoir par l’Union africaine.
Un homme, chapeau traditionnel sur la tête, est assis à l’arrière d’un fourgon de police. Mardi vers 11 heures, il a été interpellé près du marché de Mamoudzou, principale ville de Mayotte, petit territoire français dans l’océan Indien. Et comme bon nombre de clandestins anjouanais, cet homme a certainement été renvoyé sur Anjouan mercredi matin par le Tratinga III, nouveau bateau chargé par la préfecture d’effectuer des rotations vers cette île de l’archipel des Comores à seulement 70 km des côtes mahoraises.
150 clandestins ont ainsi été expulsés, une semaine à peine après les émeutes d’Anjouanais dans les rues de Mamoudzou à la suite de l’accueil par la France de l’ancien homme fort d’Anjouan, Mohammed Bacar, chassé du pouvoir par l’Union africaine. Ces derniers temps, 300 Anjouanais auraient été expulsés en moyenne chaque semaine. Et d’après nos informations, la préfecture redouble d’efforts pour les chasser à force de contrôles intempestifs et surveillance des plages, qui s’accentuera avec un troisième radar dans la zone sud, dans les jours à venir.
Aussi, il n’est pas rare de voir la gendarmerie mobile patrouiller sur les plages de l’île où débarquent souvent les Anjouanais. 80 gendarmes mobiles sont arrivés en renfort de Toulouse et sont logés dans le centre d’hébergement réservé aux sportifs dans le quartier de Cavani à Mamoudzou. Un observateur local décrit: « Ils sont là pour deux ou trois mois. » La police municipale de la ville principale ne lésine pas non plus sur les moyens en délogeant les Anjouanais. A la télé locale, une de ces sans-papiers condamnée à l’errance estime:
« Les Mahorais ne veulent pas de nous. Qu’ils nous donnent des bateaux pour rentrer chez nous au lieu de nous expulser… »
La prison de Mayotte serait pleine… Et pendant ce temps, Mohammed Bacar, dictateur déchu, débarqué à Mayotte où vit son frère, reste protégé par l’armée à La Réunion. Pas de quoi calmer les Anjouanais qui après l’annonce de l’arrivée de Bacar, n’ont pas accepté cette protection accordée par la France et se sont révoltés. Dans le quartier de Kawéni, des groupes de jeunes ont pris à partie des M’zungus (métropolitains), brûlant quelques voitures au passage. La situation s’est aujourd’hui retournée. Et la « chasse » aux Anjouanais a commencé, alors que cette communauté ne faisait déjà pas l’unanimité dans l’île, souvent accusée de créer de l’insécurité, et beaucoup stigmatisée. Comme par ce métropolitain qui, devant son portail portant la mention « attention chien méchant », explique:
« C’est pour faire peur aux Anjouanais. Ils n’aiment pas les chiens. Mais je n’ai pas de chien. »
Tout autour de son jardin, il a disposé du fil barbelé sur la clôture. Pour les Anjouanais, Mayotte est un eldorado. Mais sur l’île aux senteurs, ils sont bien souvent contraints à la clandestinité. Dès qu’ils sont arrêtés, ils sont expulsés… en vain puisqu’ils reviennent bien souvent. En 2007, 16 000 Anjouanais ont été reconduits à la frontière par le bateau Maria-Galanta. En revanche, ceux qui ont des papiers travaillent souvent dur… Un Mahorais raconte:
« C’est comme en métropole où les boulots difficiles ont été abandonnés par les blancs. Ici, c’est pareil, les Mahorais sont dans les bureaux, et les Anjouanais travaillent sur les chantiers. »
C’est ça l’eldorado…






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Les Anjouanais clandestins pensent que la cause de leurs malheurs vient du coup d’état de Bacar et ils trouvent assez rude la protection que la France lui donne.
En même temps, il faut savoir que Bacar avait obtenu de l’Union des Comores une certaine marge de manoeuvre pour Anjouan. Mais il s’est maintenu dans des élections contestées avec le soutien de la gendarmerie. Ca rappelle un peu le film Z.
En tout cas, les Mahorais se targuaient de supporter assez bien la présence des Anjouanais sur l’ile, prétextant d’un lien familial assez fort et réel avec les clandestins. Cependant, aujourd’hui la donne a changé, car l’Union des Comores n’a jamais digéré que Mayotte ait obtenu son rattachement à la France, et les Mahorais se trouvent le popotin entre deux chaises en ce moment. Du coup ils abandonnent leurs cousins anjouanais à leur triste sort oubliant du même coup le « lien si intense du sang ».
mes élèves mahorais observent avec inquiétude de qui se passe là-bas, j’en connais deux qui s’appellent bacar,il est vrai un nom trés répandu sur l’archipel. je suis décontenancé car je ne connais que peu la réalité sur le terrain si ce n’est ce qu’en avait tiré mermet et sa fine équipe en 2007.
outre les remarques racistes classiques sur les nègres, musulmans de surcroit, j’observe un certain mépris des enseignants pour ces colorés sympathiques mais tellement en retard.
je cite en exemple un certain mousoili au même nom que le dictateur nommé plus haut: « j’ai dormi dans le manguier » beau non ?
ps : quand je prépare un de mas plats favoris, la potée auvergnate, j’ai toujours un petit pincement au coeur en piquant l’oignon de clous de girofle, dont les commores sont le premier producteur mondial.
En 1975, l’archipel des Comores composé de 4 îles liées par un peuple, une histoire, une culture, des traditions et une religion commune a été démantelé… par la France, qui a estimé devoir « annexer » l’île de Mayotte en lui octroyant le statut de collectivité territoriale française, permettant ainsi à ses habitants de devenir français et de bénéficier des droits, notamment sociaux, accordés par la République française aux plus démunis de ses citoyens.
Il est vrai que cette « annexion » a été faite « démocratiquement » puisqu’un référendum a été organisé à Mayotte dont la majorité à voté pour devenir français (comme c’est étonnant!).
Il est aussi vrai, mais moins souvent rapporté, que depuis 1975, l’ONU a condamné cette « annexion » et demandé à la France de « rendre » Mayotte à la République des Comores… ce que notre pays ignore superbement depuis plus de 30 ans.
Faut-il s’étonner que les anjouanais, demeurés citoyens comoriens et misérables, qui vivent à 70 km de Mayotte « la française » y débarquent en masse clandestinement pour tenter de profiter des mannes sociales dont profitent leurs frères mahorais, dont je rappelle qu’ils partagent la même histoire-culture-tradition-religion ? Evidemment non, et c’est humain, Mayotte étant alors le tremplin pour accéder, souvent à La Réunion, puis à la France continentale (Marseille !).
Comme cette immigration sauvage est un véritable torrent que les autorités mahoraises (françaises donc) ont grand mal à endiguer et que les anjouanais sont régulièrement renvoyés chez eux en masse sous forme d’explusions sommaires, on peut mieux comprendre qu’ils aient du mal à digérer que le colonel Bacar, présenté comme Président « auto-proclamé » d’Anjouan et récemment destitué par l’armée comorienne, ait été accueilli par la France qui prétend le juger sur son sol et non sur celui de la République des Comores !
Il y a derrière tout cela des intérêts géo-stratégiques confus pour le pouvoir français, tellement confus que personne n’y comprend grand chose, sinon que le comportement de la France s’apparente à du néo-colonialisme.
Ne vous y trompez pas: lorsque la voix officielle de la France soutient que l’on veut garder Bacar en France par égard pour les « droits de l’homme », c’est du pipeau.
La France veut le garder et le protéger, parce que c’est « son homme » et qu’elle avait approuvé son action politique à Anjouan, tout simplement.
Et ça, tout le monde le sait, ici dans les îles, d’où le mécontentement de « la population ».