Si des millions de personnes, en Afrique notamment, n'étaient pas en train d'en faire les frais, on pourrait dire que Nicolas Sarkozy ne souffre que d'une manie de chef d'Etat, dont il n'a pas le monopole. Au sein du G8, c'est commun : on s'engage un jour, pense à autre chose le lendemain, avant, le surlendemain, de feindre d'avoir oublié ce qu'on avait promis, à la légère sans doute.
La publication vendredi des derniers chiffres sur l'aide publique au développement (APD) de l'OCDE en offre une affligeante illustration : pour la deuxième année consécutive, les pays riches ont failli à leur promesse d'augmenter rapidement leur aide au développement pour atteindre les objectifs dits » du millénaire » des Nations unies qui visent à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d'ici 2015.
Dans le cas de la France, les responsabilités sont particulièrement lourdes. Non seulement c'est la première fois depuis 2000, que le montant de l'aide française chute en valeur absolue (de 10,6 à 9,9 milliards de dollars), mais,proportionnellement au produit intérieur brut, c'est encore plus spectaculaire puisqu'on passe de 0,47% du Revenu National Brut (RNB) en 2006 à 0,39% en 2007. Sombre statistique : la France décroche brutalement par rapport à la promesse faite en 2002 par Jacques Chirac, à Johannesburg, d'atteindre avant 2012 un objectif de 0,7%, promesse suivie par les autres pays européens à l'horizon 2015. A trois mois de la présidence de l'Union européenne, en juillet, on ne saurait imaginer message plus négatif !
De fait, avant même la publication de ces chiffres, dans les ministères, au Parlement, au niveau européen ou encore à l'OCDE, les esprits avaient été préparés par Paris à un glissement progressif de la référence à 2012 à celle plus lointaine – et surtout post-élection présidentielle dans le contexte français – de 2015. C'est un choix lourd : selon les calculs de Oxfam France - Agir ici estime que repousser l'échéance revient à priver les pays du Sud de 17 milliards de dollars d'aide. C'est plus qu'il n'en faut pour financer l'éducation de base de tous les enfants de tous les pays en développement pendant une année entière ! D'un coup, c'est comme si on venait de faire marche arrière. Le retour d'une » aide » au service des intérêts politiques des pays riches (du contrôle de l'immigration aux objectifs sécuritaires, en passant par la promotion des intérêts commerciaux, par exemple).
Face à ce constat, et aux demandes répétées des associations françaises de solidarité internationale, les savants stratèges en communication de l'Elysée et des ministères concernés hésitent encore entre trois approches : le silence, le flou et ce qu'il faut bien appeler par son nom, le mensonge.
Les tenants du silence arguent que, sur ce sujet, le président de la République doit simplement se taire : ces promesses qui ne sont pas les siennes mais celles de Jacques Chirac n'engageraient pas Nicolas Sarkozy. Malheureusement c'est faux : Nicolas Sarkozy lui-même avait personnellement en juin dernier, en recevant les ONG françaises repris à son compte l'engagement de Johannesburg ;
C'est ici qu'entrent en scène les adeptes du flou. Des promesses sans échéancier détaillé et budget clair ne veulent rien dire. C'est pourtant la ligne qui a été retenue le 28 février dernier lors du discours du Cap en Afrique du Sud, au cours duquel le président avait annoncé une initiative visant à » renforcer la croissance économique en Afrique sub-saharienne » , au chiffrage pour le moins mystérieux. Idem au sommet de Londres, la semaine dernière avec l'annonce d'un » nouveau partenariat » pour scolariser 16 millions d'enfants en Afrique d'ici 2010… grâce à la Coupe du Monde de 2010 en Afrique du Sud. Mêmes questions, enfin, sur l'aide en matière de santé, où la France et la Grande-Bretagne parlent maintenant d'atteindre » un niveau aussi proche que possible » de l'accès universel aux soins sans dire exactement comment.
Restait donc à tester une troisième stratégie de communication. En prenant avec Gordon Brown » en tant que membres de l'Union Européenne (…) l'engagement de respecter les calendriers de contributions annoncés » quant à l'objectif d'APD à 0,7%, Nicolas Sarkozy a, en effet, franchi sur ce dossier un pas nouveau : dire que l'on fait une chose au moment même où, en réalité on fait très exactement le contraire. Sauf annonce nouvelle qui expliquerait le fossé en cours, c'est ce que, pour résumer, on pourrait appeler mentir en connaissance de cause.




















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De Caius
Expert en management | 18H26 | 04/04/2008 |
Dire une chose et faire le contraire, ce n'est pas nouveau en politique.
Encore une fois, on bute sur le même problème. Les caisses sont vides, nous dit-on, pas question de creuser le déficit… donc faisons des économies sur l'aide au développement, on verra plus tard.
Sauf que, pendant qu'on attend, la situation ne fait que s'aggraver, et que ce que l'on évite d'investir aujourd'hui dans cette aide nous reviendra dans la figure avant peu, par exemple sous l'effet de flux migratoires incontrolables.
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 18H32 | 04/04/2008 |
Il va bientôt être possible de faire un florilège assez ébouriffant des promesses non tenues de NS. Vous me direz que ce divorce entre la parole et les actes des hommes politiques est malheureusement assez classique.
Ce qui l'est moins, en revanche, c'est cette référence permanente à une légitimité incontestable née du scrutin de mai 2007 rendant tout ce qui n'est pas d'essence UMP irrecevable.
Quand on se fait matraquer en permanence par l'antienne du « je mets en application le programme pour lequel j'ai été élu par 53 % des Français », on est en droit de demander des comptes sur la légitimité d'actions contraires à ce qui était promis.
Je sens que l'urticaire va devenir géant. Les sondages trafiqués n'y changeront rien
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
19H19 | 04/04/2008 |
N'est-ce pas une hypocrisie de la pire eau que prétendre réduire la pauvreté dans le monde quand légion de dirigeants sont incapables de la réduire, l'anéantir, dans leur propre pays ? Sarkozy n'est pas le premier ni le dernier de cette légion, c'est exact, est-ce une raison pour le dédouaner.
De zénon denon 84
Bonne | 19H35 | 04/04/2008 |
Prendre l'argent des plus pauvres
des pays riches (soit-disant),
Pour le donner aux plus riches des
pays pauvres …
J'avoue qu'à ce petit jeu, je ne sais pas
ce que ça va donner !
De Annie
20H07 | 04/04/2008 |
Dire que la France a menti, ou s'est dédouané de ces responsabilités, c'est vrai. Mais c'est tout aussi tendancieux que d'établir une corrélation entre l'argent qui aurait été débloqué et la scolarisation pendant un an de nombreux enfants. Suggérez-vous que cet argent aurait servi à financer uniquement une augmentation de la fréquentation scolaire ? L'aide au développement, même lorsqu'elle est est bien intentionnée, est également intéressée. Si les ajustements structurels ont disparu, c'est qu'ils ont changé de nom. L'intérêt de pays comme la France ou l'Angleterre est la croissance économique des pays en développement qui permettrait de réduire l'immigration et garantirait une certaine stabilité sécuritaire au niveau mondial, mais c'est aussi un moyen de se garantir des marchés commerciaux.
Je ne remets pas en question en soi l'aide au développement, mais je veux connaître les politiques sous-jacentes qui conditionnent leur allocation, et je veux en connaître les conditionnalités. L'aide au développement ne peut se justifier que si les pays occidentaux s'abstiennent d'imposer un système de gouvernance et commercial à des pays étrangers, et ont les intérêts de leurs ressortissants à coeur, tous leurs ressortissants.
De dalun
20H26 | 04/04/2008 |
ça s'appele le coup de la franchise permanente.« je ne vous mentirais pas ,je tiendrais mes promesses…… ».
De re-belle
mère au foyer | 23H59 | 04/04/2008 |
« quand le FMI appauvrit le monde » ! ! ! …
http://www.lebouffon.org/spip.php ? article415
« quand le FMI fabrique de la misère » lundi investigation
http://video.google.com/videoplay ? docid=458457254201804772
et après cela, repenser le discours de notre très cher président à Dakar ! ! ! …
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/283555.FR.php
le foutage de gueule ! ! ! …
De Axior
Citoyen | 00H25 | 05/04/2008 |
Les caisses sont vides, braves gens, c'est bien triste, mais c'est comme ça. La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a, et Sarkozy n'est pas la plus belle fille du monde …
Heureusement, ouf ! on va quand même pouvoir envoyer des soldats en Afghanistan !
Comme quoi il reste encore un petit peu dans les caisses …
De Obash
02H31 | 05/04/2008 |
Dans ce domaine, rien de nouveau.
Mais en même temps, nous en profitons tous indirectement…
De machepro
06H04 | 05/04/2008 |
parole,parole,parole,toujours des mots,c'est pas une chanson d'elvis ? ha bon ! de toutes facons bono a dit qu'il surveillerait les belligerants de leur promesses,nous aurons l'occasion de le voir d'ici pas tard en france,ce n'est pas dans l'habitude de la reincarnation d'elvis de deroger a ses promesses,donc aucune inquietude !
De rue411
07H41 | 05/04/2008 |
Le budget de l'aide au développement est principale dépensé dans des dépenses qui n'ont aucun rapport avec l'aide au développement.
Jacques Attali devant les sénateurs révelait le contenu de ces dépenses.
http://fr.youtube.com/watch ? v=XkFNFjwwCt8
La majorité du budget de l'aide au développement en france sert en réalite a financé :
- l'asile politique
- les bourses que la France donne aux étudiants étrangers
- le remboursement de la dette de pays étrangers.
L'aide au développement c'est dépenser de l'argent pour accompagner le développement économique des pays africains pour qu'ils ne viennent pas immigrer en europe. Hors la majorité de l'argent dépensé sert exactement a l'inverse.
De Frances Pérance
08H11 | 05/04/2008 |
No comment…
http://www.dailymotion.com/video/x1dbz5_pub-mtv-censuree_ads
De Tophee
en haut a gauche | 10H28 | 05/04/2008 |
c'est la première fois depuis 2000, que le montant de l'aide française chute en valeur absolue (de 10,6 à 9,9 milliards de dollars
Ouais, et si on compte en euros, monaie avec l'aquelle on paie rellement, cela doit etre une belle degringolade !
De naturalisée328
gestionnaire paye à Antibes | 21H58 | 05/04/2008 |
Savez-vous comment Aminata Traoré définit l'aide au développement (et la Coopération) ?
« -Chantage aux financements extérieurs, ingérence macro-économique et politique.
-Défense des intérêts économiques et financiers des puissances donatrices. »
Vu le nombre de morts, d'affamés, d'illétrés, et de victimes de guerre dan sles zone sou-développé,cela serait criminelle de refuser de l'aide.
Mais il faut reconnaître que cette situation est le résultat de l'incompétence du FMI, de la BAD et biens d'autres.
Est-t-il utile de rappeler aussi le détournement de ces fonds par les « élites » de ces pays ou des entreprises qui sont censées utiliser l'argent (notre argent)au profit des plus démunis ?
De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
15H01 | 06/04/2008 |
Faut-il comprendre que lorsque l'Etat affiche qu'il a alloué presque 8 milliards d'euros en 2007 à l'aide au développement, il ment ?
Mensonge ou détournement ?
De Jaùsep
| 21H17 | 06/04/2008 |
Je regrette que l'on puisse regarder l'aide française au développement que sous l'angle comptable.
Je crois que cette aide serait plus efficace et d'autant bénéfique aux peuples auxquels elle destinée, si l'on faisait un réel contrôle sur le terrain, de l'efficacité des prérogatives initiales concernant les nécessités et de la bonne atteinte de ces objectifs.
Trop d'abus constatés à postériori semblent désengager la volonté des peuples donateurs :
-appropriation de ces aides par des gouvernements corrompus, souvent pour amplifier l'état d'asservissement des populations.
-reprise des aides par des sociétés européennes installées sur place afin de gratter encore plus de finances, qui sous couvert d'actions caritatives, mènent des actions commerciales où le profit semble prédominant.
Exemple qui m'a été donné :
Au Maroc, une société de distribution des eaux lance une action humanitaire ayant pour objectif l'aide à la scolarisation des enfants, notamment les filles, en équipant les écoles de sanitaires.
Résultat : des réseaux équipés de système de comptage sont apparus (rendant à terme l'accès à l'eau plus problématique pour les petits revenus) et l'usage de matériels français révolus et ne correspondant plus à nos normes (car présence de plomb dans ces équipements prohibés en France)
Si notre gouvernement, officiait avec plus de cohérence et de vigilance nos aides en seraient plus efficientes, quitte à employer quelques inspecteurs sur place.
On peut toujours se poser la question du « -combien on donne ? », on peut aussi se dire « -pourquoi et pour qui l'on donne ? »
Ce n'était juste qu'un apport au sujet traité.