tribune 04/04/2008 à 11h18

L'accueil salarié de personnes âgées : une profession utile… et peu reconnue

Didier Camonin | Accueillant familial



L’accueil familial, une alternative aux maisons de retraite (G.Coulon).

Si tout le monde connaît l’accueil des enfants par les assistantes familiales, peu de personnes connaissent l’accueil familial des personnes âgées et/ou handicapées mentales. Pourtant, ce sont plus de 10 000 accueillants familiaux qui accueillent à leur domicile, de façon permanente, temporaire ou séquentielle, près de 14 000 personnes qui ne peuvent plus vivre seules.

Dénommé « accueil social » , c’est une véritable alternative au placement en institution et au maintien à domicile, pour un coût moindre. C’est l’assurance, pour la personne accueillie, qu’elle soit encadrée, suivie et entourée de façon humaine et chaleureuse au sein d’une famille. Elle partage la vie de la famille : les repas, les activités communes, les sorties, les fêtes… Cela assure sa propre famille, le cas échéant, que la personne accueillie est sécurisée par une présence continue et un suivi de sa santé.

Pour exercer cet accueil social, un agrément accordé par les conseils généraux est nécessaire. Ceux-ci déterminent combien de personnes peuvent être accueillies au domicile de l’accueillant (jusqu’à trois personnes). Si cette activité s’est enfin vu encadrée par une loi, elle est toujours en attente d’un véritable statut, dont les décrets sont encore à fixer. Face au nombre croissant de personnes à prendre en charge, une nouvelle lettre de mission vient d’être confiée à Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle, par Xavier Bertrand et Valérie Letard pour mener à bien cette mission.

L’accueil familial, un métier peu reconnu

L’accueil familial est le seul métier en France où le salarié qui l’exerce n’a pas droit à l’assurance chômage. Un métier en marge que nombre d’élus ne connaissent pas, un métier enfin qui ne s’exerce pas de la même manière selon le département où l’on réside. Chaque conseil général adapte ainsi à sa façon la loi en question, volontairement floue.

C’est un métier qui exige une présence permanente, de jour comme de nuit, de l’accueillant ; le droit aux congés n’est accordé qu’à la condition exclusive qu’un remplaçant soit trouvé par l’accueillant et agréé par le conseil général. L’accueillant doit se débrouiller pour trouver une personne compétente et digne de confiance (on lui laisse notre maison et nos accueillis) et qui acceptent d’être rémunéré à raison de 2,5 heures de Smic pour une présence constante et sans avoir droit au chômage…

Une présence permanente pour moins de 600 euros

Ce métier n’offre pas non plus des cotisations normales pour la retraite et la rémunération se décompose en plusieurs parties ; la part fixe du salaire est calculée à raison de 2,5 Smic par jour et par accueilli. Elle est complétée par les congés payés et les sujétions particulières selon l’état de santé de la personne accueillie. Le loyer de la chambre (6 euros par jour) et les frais d’entretien (entre 7 et 15 euros par jour selon le département). Ainsi, le salaire net déclaré peut être inférieur à 600 euros par mois. Et bien souvent, les accueillants attendent un ou deux mois avant de toucher leur salaire le temps que la personne placée fasse ses dossiers d’aide sociale, d’allocations logement, de tutelle ou de curatelle.

Les accueillants veulent professionnaliser leur métier et ne plus rester en marge des équipes médicales qui encadrent leurs accueillis. Connaître ainsi, sans lever le secret médical, la véritable pathologie de leur accueilli, permettrait de mieux aider celui ou celle qu’ils reçoivent. Bien souvent, cette personne, fragile et désocialisée, est amenée sans aucune explication et le temps d’apprentissage la déstabilise encore plus.

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  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 12h32 le 04/04/2008
    • Internaute 16256

    Un job qui s’apparente au servage, qu’en dites-vous ?

    • sinclair
      • Posté à 17h33 le 04/04/2008
      • Internaute 2580

      Oui du servage puisque est fourni outre le gite le couvert, l entretien du linge avec présence jour et nuit 365j sur 365 le tout pour entre 600 et 1000€ par mois pratiquement le montant du RMI pour un couple. De plus les responsabilités en cas d accident sont passées sous silence mais a mon avis relèvent de l accueillant.

      On ne dira pas esclavage consenti mais sacerdoce.

    • marie 75
      • Posté à 09h46 le 05/04/2008
      • Internaute 3563

      je ne connaissais pas les conditions de salaire, c’est scandaleux si on compare avec le prix d’une maison de retraite et le peu « d’affection » qui y entoure les vieux.

  • Caius
    Caius
    Expert en management
    • Posté à 14h13 le 04/04/2008
    • Internaute 35080
      Expert en management

    Voici une activité socialement utile, altruiste, qui correspond à un besoin de la société qui est non seulement criant (on manque de places d’accueil), mais qui va croissant.

    Et cette activité n’a pas de statut satisfaisant au plan national !

    Il ne fait aucun doute que la plupart des Conseils Généraux sont pleins de bonne volonté, et il est normal que la gestion de cette profession se fasse au plus près des intervenants, donc à ce niveau. Mais ils ne sauraient se substituer entièrement à l’état en matière de normes sociales et professionnelles.

    Plusieurs conditions nécessaires, à mon avis, pour un statut enfin satisfaisant :
    - la reconnaissance de cette activité comme une profession à part entière, avec un régime de protection sociale digne de ce nom ;
    - la création d’une organisation professionnelle représentant ce type de travailleurs sociaux ;
    - un système de formation dédié pour ces professionnels (paramédical, psychologie...)
    - un corps de vacataires compétents, géré par chaque Conseil Général pour assurer les remplacements en cas d’indisponibilité
    - la reconnaissance des accueillants comme partenaires des équipes médicales, par l’intermédiaire par exemple du médecin traitant de l’accueilli qui serait tenu d’associer l’accueillant au suivi du patient, pour ce qui concerne les soins particuliers à lui prodiguer.

    Une belle piste pour l’avenir, en tous cas, prometteuse à la fois en termes de mieux-être social et d’emploi.

    • Marie57
      Marie57 répond à Caius
      • Posté à 14h20 le 04/04/2008
      • Internaute 37904

      Une très belle piste, effectivement, Calus : vous avez bien cerné les enjeux ...et les attentes.

      Sans compter que c’est une opportunité d’emploi, de maintien dans les communes rurales des populations, de créations de places pour personnes âgées et handicapées sans investissement et bien sur, d’une approche très humaine du service à la personne.

      Et si les Conseils Généraux font ce qu’ils peuvent, sans nul doute qu’un véritable statut de cette profession, servirait à tous dans un esprit de parfait partenariat.

      • Caius
        Caius répond à Marie57
        Expert en management
        • Posté à 17h43 le 04/04/2008
        • Internaute 35080
          Expert en management

        Merci, Marie. Oui, en plus, cela peut servir à l’aménagemetnt du territoire. Keskonattend ?

    • sabaudia
      sabaudia répond à Caius
      • Posté à 18h17 le 04/04/2008
      • Internaute 8229

      pour tester depuis plusieurs années les services d’aide à la personne âgée, aucun n’est satisfaisant pour les deux parties à la fois.
      La présentation idyllique de ce type d’accueil est en réalité un véritable esclavage pour la famille accueillante si elle fait consciencieusement son travail, et en cas de dérive... combien de personnes âgées maltraitées ?
      quel regard extérieur permanent pour éviter ces dérives ?
      on nous rabat les oreilles avec les services à la personne, il faut en faire usage pour en connaître tous les abus et les dérives dues à des personnels sans aucune formation venu à ce type d’emploi avec le seul but de toucher un salaire.
      Quant aux « associations » et « sociétés » qui prétendent encadrer ces emplois, il y a urgence pour faire le tri et revoir certains agréments

      • Caius
        Caius répond à sabaudia
        Expert en management
        • Posté à 19h57 le 04/04/2008
        • Internaute 35080
          Expert en management

        C’est clair, la formation est au coeur du problème, car on ne s’improvise pas auxiliaire de vie. Il y faut une réelle compétence, c’est un métier, pas une occupation.

        D’autre part vous avez raison de souligner le besoin qu’il y a à contrôler la qualité la qualité des soins prodigués, ce qui relève bien sûr de la DDASS, mais nnécessite aussi l’implication du médecin traitant.

  • Marie57
    • Posté à 14h15 le 04/04/2008
    • Internaute 37904

    L’accueil des personnes âgées ET des personnes handicapées serait plus précis
    un excellent site pour tout savoir sur l’accueil familial, ceux qui proposent un accueil et ceux qui en cherchent un : Lien

  • patrick114
    patrick114
    psychiatre à st anne
    • Posté à 19h41 le 04/04/2008
    • Internaute 33205
      psychiatre à st anne

    j’espère avoir autant de chance qu’au démarage

  • patrick114
    patrick114
    psychiatre à st anne
    • Posté à 19h45 le 04/04/2008
    • Internaute 33205
      psychiatre à st anne

    et merci a marie pour le p’tit lien

  • Marie57
    • Posté à 21h05 le 04/04/2008
    • Internaute 37904

    rectificatif : la DDASS n’a rien à voir là dedans. Nous parlons d’accueil pour adultes. Les contrôles sont faits par le Conseil Général : assistant social, infirmièrs (res), médecins. Un médecin généraliste comme dans toute famille est présent également. Certains accueillis sont suivis en Centre hospitalier psychiatrique : rendez vous mensuels, suivis des infirmieres au domicile de l’accueillant, par exemple. D’autres auront une activité et un suivi (variable là encore selon les départements) par un CMP.

    • sinclair
      sinclair répond à Marie57
      • Posté à 11h24 le 06/04/2008
      • Internaute 2580

      Beh si les DDASS sont l’organisme de tutelle qui entre autre délivrent l’autorisation aux associations comme FAMIDAC .

  • Didier Camonin
    Didier Camonin
    Auteur(e) de l'article Accueillant familial
    • Posté à 21h05 le 04/04/2008
    • Internaute 37680
      Accueillant familial

    Que voulez vous dire Patrick avec » j’espère avoir autant de chance qu’au démarrage » ?

  • patrick114
    patrick114
    psychiatre à st anne
    • Posté à 10h49 le 05/04/2008
    • Internaute 33205
      psychiatre à st anne

    que j’ais connus ça dans mes jeunes années au fin fonds du morvan n’étants pas encore vieux mais remplissant l’autre critères apres avoir vue la maltraitance dans les maisons de vieux ce que je serais un jour aussi inch’alla je me dit que ça me parrais une bonne alternative affaire a suivre

  • Martine23accueillante familialheureuse
    • Posté à 11h47 le 09/04/2008
    • Internaute 38529

    L’accueil familial est certe un engagement complet et sans limite auprès de personnes en souffances, mais c’est le plus beau métier du monde.
    Il est vrai qu’il existe certaines dérives dans des familles qui ne sont pas assez investies par leur mission d’accompagnement, mais n’en existe t-il pas dans toutes les structures qui prennent en charges des personnes parfois si compliquées à comprendre quand la communication est essentiellement non verbale ?
    L’amour que nous offrons, celui que nous recevons en retour efface tous les souvenirs des petites misères quotidiennes, l’accueil enrichi l’accueillant et l’accueilli.
    Alors oui, nous travaillons tous les jours de l’année, oui, nous n’avons pas encore la possibilité de prendre des congès, mais surtout oui, nous avons un métier qui nous rapproche des vrais valeurs : la sincérité, l’amour et le partage...