La marée noire de Total s'étend de Donges à l'île de Ré
Le 16 mars, 400 tonnes de fuel lourd se déversaient dans l'estuaire de la Loire, suite à un accident à la raffinerie Total de Donges. Selon le groupe pétrolier, 100 tonnes seulement auraient dérivé dans l'estuaire, le reste aurait stagné autour de la raffinerie. Mais aujourd'hui, les plages de l'île de Ré et de l'île d'Oléron sont souillées par des nappes d'hydrocarbures échouées.
Lors d'une conférence de presse en début de semaine, le préfet de Charente-Maritime n'a pas écarté la possibilité d'un dégazage de navire. Mais le laboratoire du Centre de recherche sur les pollutions accidentelles des eaux, le Cedre, a procédé à des analyses sur un échantillon recueilli sur l'île de Ré. Verdict : il s'agit du même type d'hydrocarbure que celui de Donges.
Ne pouvait-on pas prévoir que la marée noire allait se propager aux îles voisines ? Gabriel Ceroni, du Collectif anti-marées noire ne décolère pas. En l'absence de chiffres officiels, il évalue la quantité de fuel souillant les côtes des îles autour de 100 tonnes. Pour lui, c'est une preuve supplémentaire que les plans d'intervention en cas de pollution maritime, dits Plans Polmar sont totalement inefficaces :
« On avait repéré cette nappe dérivante trois jours avant qu'elle ne touche les côtes de l'île de Ré. Et qu'est-ce qui a été fait ? Rien du tout ! Il est pourtant bien plus facile de récupérer du fuel en mer que sur une plage. »« Désormais, ce n'est plus Total le responsable, mais l'Etat. C'est la préfecture qui aurait dû s'organiser pour éviter ces conséquences. »
« Plus inquiétant : les grosses marées à venir »
Bio-Littoral est une start-up du Laboratoire de biologie marine de l'Université de Nantes. Cette petite entreprise fait partie du groupe d'experts mis en place par la préfecture de Loire-Atlantique suite à la marée noire de Donges. Anne-Laure Barillé, gérante de Bio-Littoral, se rend donc tous les mercredi soirs à la préfecture. Selon elle, la propagation d'une telle nappe est difficilement prévisible, ce qui la rend d'autant plus dangereuse :
« C'est un fuel qui reste aggloméré dans l'eau, qui ne s'éparpille pas en gouttelettes. C'est mieux pour le récupérer. Mais c'est également un fuel qui se balade beaucoup, au gré du vent, des courants et des marées. La nappe de fuel n'est pas allée en ligne droite vers l'île de Ré, c'est plus un trajet de yo-yo. »« Ce qui est encore plus inquiétant, en revanche, ce sont les grosses marées qui approchent. Le pétrole qui est encore accroché aux berges de la Loire pourrait se répandre dans les prairies humides, là où les vaches iront ensuite brouter. Les conséquences sur cet autre éco-système est un problème de plus. »
Spécialisée dans les diagnostics environnementaux, Anne-Laure Barillé estime qu'il faudra environ cinq ans, soit deux générations de chaque espèce vivante, pour que les conséquences de cet accident pétrolier disparaissent.
Article suivi : Marée noire : Total paye mais ne s'explique pas.
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Je me souviens qu'au début de cette affaire, on nous expliquait au journal de 20h qu'un tuyau avait fui pendant le remplissage du réservoir d'un pétrolier.
Je voudrais savoir quelle genre de surveillance est prévue et réalisée sur ce type d'intervention. Apparement, du type qui ne détecte pas une fuite de plusieurs centaines de tonnes, s'il l'on croit cette version. Pas un ouvrier avec une lampe torche si le coin est un peu sombre, pas un capteur de pression qui dit que ça coule pas comme ça devrait ? Personne au bord de l'eau ? Personne sur le bateau qui dit « ça monte pas » en regardant les cuves et en se grattant la tête ?
Je voudrais bien une enquéte là-dessus ; j'ai dans l'idée qu'en creusant un tout petit peu, on trouverait des gains de productivité. Du même genre que ceux qui font disparaitre les caissiéres des supermarchés, ou les vendeurs de tickets des stations de métro.(On a perdu depuis trés longtemps le poinçonneur sur le quai). Les pompistes. Les cordonniers.
Sur le dos de qui se font ces « gains » ? Depuis longtemps, sur la convialité, qui se dégrade lorsque les interactions humaines se font rares, et maintenant, sur l'environnement, notre bien collectif.
Le message, c'est que si nous voulons préserver ce qui est précieux, il faudra payer, et indemniser les entreprises qui se trouveraient empéchées d'exploiter un bon filon. Total a tous les droits, y compris celui de polluer, puisque grâce à Total, nous avons de l'essence. Comment lutter contre cette prise de pouvoir ?
Les OGM, dont personne ne veut, ou presque, en Europe ; le débat a l'assemblée semble faire figure d'une telle concession que nous ne remarquons même pas qu'« ils » reviennent(les OGM ! ).Monsanto aussi veut le pouvoir sur nos vies. L'eau, la santé sont des domaines trés recherchés également. Les états ont-ils encore le choix ? Ou ce monde de cauchemar est-il déjà en place ? Celui du régne des « grands groupes », des monopoles sur des territoires, des activités, des clients devenus des consomateurs captifs, asservis par leurs besoins toujours croisssants des produits offerts à leur avidité.
Il est trés urgent de changer !




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