Bien sûr, il y a le soupçon de fraude électorale, débuté par la découverte de bulletins dans les chaussettes d'un président de bureau de vote, frère d'un colistier du maire sortant.
Bien sûr, il y a « l'Alduysme », dynastie municipale héréditaire avec Paul Alduy, maire de Perpignan de 1959 à 1993, et Jean-Paul Alduy depuis. Une situation qui s'apparente finalement à une sorte d'entreprise familiale, avec son implantation locale, sa clientèle fidèle car fidélisée par de petits gestes commerciaux, et la reprise de la boutique par le fils.
Bien sûr, il y a les manifestations devant l'hôtel de ville pendant toute une semaine, le recours devant la justice administrative afin d'annuler le scrutin, et la constitution d'une association qui dépasse les clivages politiques pour la défense de la démocratie à Perpignan.
Mais au-delà de la gravité de ces faits, les élections municipales de Perpignan préfigurent de manière positive, l'avenir d'une gauche « mosaïque ».
Il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout si on est d'accord sur l'essentiel
La première union menée par la candidate Jacqueline Amiel-Donat comprenait le Parti socialiste, le Parti communiste, Lutte Ouvrière, le Parti radical de gauche, l'Esquerra Republicana de Catalunya (autonomistes catalans de gauche), et le Mouvement Républicain et Citoyen. L'entre deux tours va permettre la fusion avec les dissidents socialistes, le MoDem, les Verts, et Convergence démocratique de Catalogne (autonomistes catalans de centre gauche).
Cette large union est perçue comme trop hétéroclite par certains. On raille l'association « contre-nature » de centristes et de communistes, ou d'autonomistes et de chevènementistes… Pourtant, il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout, quand on est d'accord sur l'essentiel, c'est à dire, ici, la volonté commune d'améliorer le sort des Perpignanais. Malgré leurs différences, l'ensemble des sensibilités politiques présentes s'accorde sur les principales attentes des citoyens telles que la lutte contre les habitations insalubres, l'augmentation et la rénovation des logements sociaux, le respect de l'environnement et du patrimoine, la défense de la mixité sociale, la sauvegarde de l'aéroport, la remise en question du futur et coûteux théâtre municipal… Aussi, sans présumer de la décision des juges ni du résultat de possibles nouvelles élections, si l'union de la gauche devait gérer la ville, les divergences s'effaceraient derrière la recherche d'un consensus au service de l'intérêt général.
Au-delà du caractère local de la situation, l'union réalisée à Perpignan peut apparaître comme une expérimentation bénéfique pour le futur de la gauche française. Aussi bien sociale et solidaire que républicaine et écologiste, elle saurait satisfaire un électorat fatigué des querelles de chapelles, et qui attend impatiemment une gauche active et constructive.
Fini les égoïsmes partisans de la gauche plurielle
Une gauche « mosaïque » doit dépasser l'idée surannée d'une gauche « plurielle » où l'unité intrinsèque fait cruellement défaut. En effet, dans cette configuration, chaque composante est guidée par l'intérêt particulier de sa formation, de ses responsables et de ses militants. Elle ne représente plus qu'une somme d'égoïsmes partisans, alors qu'elle doit porter l'espoir de tous et avoir une vision d'ensemble pour la société. Cependant, il faut éviter le regroupement acculturant d'un « grand parti », et proposer une organisation sui generis qui sache allier la force de l'unité et le respect d'une richesse de courants.
Même si une mosaïque se compose d'abacules de tailles et de couleurs différentes, leur combinaison figure une image singulière. De la même manière, la gauche française doit oublier ses divisions pour atteindre un objectif partagé.


















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De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
21H26 | 03/04/2008 |
Nous raillons l'alliance centro-communiste parce qu'elle prête à rire quand on a entendu le discours de Bayrou à Pau fustigeant je cite « l'archaïsme sociolo-communiste ». Après, c'est une affaire de conscience tant pour les représentants que pour les électeurs. D'ailleurs, Bayrou l'a payé, et à Perpignan ça n'a pas payé c'est tout.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De kawouede
14H08 | 04/04/2008 |
Tout à fait d'accord. Sans doute la mauvaise influence fréchiste ? ; -)
De Servais-Jean 4591
Hi-Han | 22H51 | 03/04/2008 |
Aprés « le centre du monde » de Dali, « le coup de la chaussette » électorale, voilà que Perpignan donne des leçons à la gauche.
Bravo les perpignanais, continuez, et vous allez devenir la commune la moins con de France, ou si vous préférez, la commune la plus intelligente, c'est plus valorisant
à Servais-Jean
De Lemmy_Nothor
Mellow Yellow | 06H08 | 04/04/2008 |
Juste une légère correction. Il ne s'agit pas du centre du monde, mais du centre de l'univers, dixit Dali.
Et pour une bonne raison : ceux qui fuyaient l'Espagne de Franco prenaient le train …et Perpignan était la première grande ville de France qu'ils traversaient.
à Lemmy_Nothor
De Servais-Jean
4591
Hi-Han | 17H11 | 04/04/2008 |
Depuis que j'ai vu « l'origine du monde » de Courbet, je ne pense plus qu'à ça
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 05H44 | 04/04/2008 |
Mosaïque, mosaïque ! !
Eparpillée façon puzzle, non ?
Les tontons flingueurs sont des bisounours à côté.
Je ne confierai pas les pieces à rassembler au futur sécrétaire du PS lors du passage des tests psychotechniques, à l'entretien d'embauche !
Seul un daltonien avec troubles associés peut s'y retrouver avec de telles couleurs assemblées.
Mais faut pas qu'il sorte dans la rue habillé comme çà, il va se faire jeter des cailloux !
De abcd
retraitée | 07H30 | 04/04/2008 |
Quant à la fameuse chaussette et à celui qui avait rempli la sienne et qui aurait déclaré « mais ma démarche n'était pas politique'(argument en béton..) on apprend que dans l'heure qui suivait, il avait deux avocats auprès de lui qui, tout à fait par hasard, sont des proches du maire ; cherchez l'erreur.
De abcd
retraitée | 08H00 | 04/04/2008 |
La « gauche mozaïque » me fait penser à un bouquin lu il y a qques années « Le Tiers Instruit “ de Michel Serres ; il magnifie le tiers-instruit, le métis dont l'esprit ressemble au manteau d'Arlequin : ‘le gaucher contrarié-complété glisse constamment sur le pansement ou la connexion, pratique cent fois le jour l'échangeur par où la sueur industrieuse va aux singularités de l'art, par où le travail sot et têtu s'épanouit en oeuvre, par où les fermentations pourrissantes de la terre finissent dans l'universel de la forme pure. Ligre ou tigron, issu du tigre et de lionne ou de tigresse et de lion, métis, Arlequin, animal croisé, dressé depuis toujours à la droite académique, demeurant gauche pour la vie banale et de base, il lie, noue,coud, cicatrise, harmonise, a dû subir cent morts pour en venir là, déchiré sous le bandage dérisoire, âme lac de larmes au centre du thorax, bâtit son jeu à deux mains, passant, repassant, caressant et signant ce lieu milieu guéri vernal, neuf, solide, serein, plus jeune que l'enfance vieillie.
Il faut une croix pour repérer un centre et un chemin pénible pour y venir. Une seule droite ou un seul côté n'y suffisent pas… ; comment un gaucher, un droitier, partagés, peuvent-ils repérer leur centre, couchés qu'ils sont le long d'un même lit ? …. Un bord du corps très souligné, si fortement existant qu'il se prend pour référence, rmène à lui, fait perdre le centre, on pourrait l'appeler le bord de gravité, rappelé toujours, comme une boule decentrée, à toucher le sol par le même côté.’ Etc…C'était ma minute à moi…
De Caius
Expert en management | 16H11 | 04/04/2008 |
Une initiative de rapprochements intéressante, en tous cas, et qui pourrait préfigurer au niveau local ce que certains cherchent à créer au niveau national (Cf. le parti de la gauche).
Ici comme là, espérons que la poursuite d'objectifs communs maintiendra cette solidarité dans le temps, en dépit des divergences idéologiques toujours présentes.
De mipo
12H08 | 06/04/2008 |
Je souhaite également que les évènements de ces dernières semaines puissent mettre fin à la dynastie Alduy et que cette mosaïque de « gauchistes » convaincus dont parle Olivier Amiel puisse mettre en actes toutes ses compétences en prenant appui sur ce qui rassemble. Cela serait effectivement un bon exemple (ils en ont tant besoin) pour les dirigeants de gauche qui se sont montrés pour la plupart bien lamentables durant la campagne présidentielle. Au lieu de pointer du doigt les différences pour tenter de mettre en avant son petit moi, il est temps de réunir non pas les girouettes mais les convictions murement réfléchies et unies par une volonté commune d'agir pour le bien des populations présentes et à venir. Je pense que cette région (et ce département en particulier) est un bon terroir pour ce type d'aventure qui peut dépasser très vite le sein de la seule agglomération de Perpignan. Je crois les catalans tout à fait capable d'assumer cette responsabilité d'autant qu'il y a déjà quelque chose qui les rassemble et les porte : c'est l'amour de leur terre. Ils ont l'intelligence, l'endurance et l'expérience nécessaires autant d'atouts indispensables pour réussir. Quant aux faiseurs de quolibets, la réponse c'est le petit bourricot que vous pouvez voir un peu partout qui vous la donnera.
De Editorama
Humaniste détaché | 17H20 | 07/04/2008 |
Perpignan est une ville modelée depuis un demi-siècle par un père et un fils qui ont tantôt bâti, tantôt détruit, masi toujours dans un seul et unique objectif : promouvoir leur image et uniquement ça. Et beaucoup de perpignanais s'y reconnaissent. Des cadeaux aux habitants du nord de la ville, des fraudes, des pot-de-vin, tout y est passé. Pourtant, ils sont encore là, l'un par l'esprit et l'autre par le corps, le tout articulé autour d'un moi tyrannique et bestial qui aveugle jusque dans les urnes ceux qui l'approchent. Carrefour culturel, économique et social, Perpignan mérite mieux. Oui Perpignan est une mosaïque, mais pas celle que les tristes oppposants d'Alduy revendiquent. C'est une mosaïque de passés, de familles, de réseaux, d'influences qui régissent tout depuis des décennies. Lorsque cette mosaïque aura décidé de changer de cap, quand la vache aura maigri, alors seulement le vaisseau nord catalan aura un nouveau capitaine.
Quant à l'amitié de circonstance affichée par la cohalition de gauche, les personnages sont bien trop éloignés pour espérer les voir ensemble longtemps. Admirateurs et détracteurs de Frêche, catalanistes, eurosceptiques et euroconvaincus, centristes de gauche qui votent à droite, etc. Même les chaussettes n'auront pas raison de l'urbaniste déluré. C'est reparti pour un tour de cadran municipal, avec une clique qui n'a rien de nouveau, mais qui représente les valeurs fortes du perpignanisme. C'est ça la toile nord catalane, sauf que le réseau n'est interconnecté qu'entre le haut vernet et la porte d'Espagne.
De Olivier Amiel (auteur)
Citoyen perpignanais sous les règne... | 15H18 | 09/04/2008 |
La mosaïque prend forme avec le PS et le MRC
Les premiers abacules de la mosaïque sont posés.
Lors du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen de dimanche dernier, Jean-Pierre Chevènement a affirmé : « c'est une refondation de toute la gauche qu'il faut préparer, avec toutes ses sensibilités et toutes ses cultures : social, démocrate, républicaine, communiste, radicale, écologiste, etc. L'objectif d'un grand parti de toute la gauche doit être clairement affirmé […] nous aspirons à la confrontation loyale des idées, au sein d'un grand parti de toute la gauche, avec le seul souci du fond ». Ce à quoi, le Parti Socialiste a répondu lundi par la voix de son secrétaire national, Bruno Le Roux, qu'il était favorable à la « constitution d'un grand parti de la gauche […] nous prendrons, avec le MRC, les initiatives permettant d'accélérer ce travail commun à gauche ».