Zimbabwe: l'opposition proclame sa victoire et défie Mugabe

Robert Mugabe en meeting le 1er avril (Mike Hutchings/Reuters)

Attention danger! La tension était à son comble, mercredi au Zimbabwe, après la décision de l'opposition de proclamer la victoire de son candidat à l'élection présidentielle, Morgan Tsvangirai, avec 50,3% des voix, et la défaite du président sortant Robert Mugabe. Le Mouvement pour le Changement démocratique (MDC) a ainsi franchi le rubicon, alors que la presse officielle, mercredi matin, laissait entendre qu'un deuxième tour serait nécessaire entre Tsvangirai et Mugabe.

Depuis le scrutin présidentiel et législatif de dimanche, le climat politique était des plus tendus car si le MDC était persuadé de sa victoire, tout indiquait que le parti ZANU-PF de Mugabe n'avait pas l'intention d'accepter sa défaite. Le retard dans la proclamation des résultats était interprété par l'opposition comme le signe que le pouvoir était en train de manipuler les chiffres.

Mercredi, seuls les résultats officiels des législatives sot tombés, et donnent une défaite de la ZANU-PF, avec seulement 94 des 210 sièges, contre 105 aux partis d'opposition.

Mardi, l'annonce de discussions entre des émissaires du MDC et des responsables militaires a donné naissance à des rumeurs de départ négocié de Robert Mugabe, après 28 ans au pouvoir. Mais ces rumeurs ont été démenties, et l'annonce unilatérale du MDC, mercredi, y a mis un terme.

De nombreux observateurs redoutent des affrontements entre partisans des deux camps, surexcités à l'issue d'une campagne électorale difficile, et après des années de rivalité souvent violente. Au point que l'évèque Desmond Tutu, prix Nobel de la paix sud-africain, ait appelé sur la BBC à la constitution d'une force d'interposition mixte, composée d'Africains et d'autres, pour empêcher la violence d'éclater.

Robert Mugabe, 84 ans, est au pouvoir depuis l'indépendance de cette ancienne colonie britannique en 1980, et est vivement contesté pour avoir ruiné l'économie du pays, et établi un pouvoir autoritaire.

A lire: à 84 ans, Mugabe candidat au despotisme éternel au Zimbabwe

► Mise à jour, 2/4/08 à 18h50, avec le résultat des élections législatives.


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Par Kakayak
15H41    02/04/2008

Manipuler les votes est une habitude prise par le pouvoir zimbabwéen en place. Ainsi, en 2000, bien que les électeurs eussent repoussé par référendum, contre toutes attentes, le projet de réforme agraire, le président décida quand même d'accomplir cette réforme. En 2002, le pouvoir dut recourir à des fraudes pour remporter les élections à 56% des voix. L'aspect très serrés des résultats ne signifient donc aucunement le caractère démocratique de ces élections.

Le Zimbabwe est un pays qui subit une très grave crise économique provoquée par l'expropriation des terres des fermiers blancs: en 2007, l'inflation a augmenté de 100 000%. Isolé diplomatiquement et contesté par son peuple, le président augmente la repression de l'opposition.
La situation actuelle annonce peut être un changement de pouvoir. Si cela est le cas, il ne faudrait pas que des affrontements ne compliquassent la situation du pays. Si une révolution doit éclater, il faut absolument qu'elle soit de velour.

 
Par Caius | Expert en management
16H07    02/04/2008

Un scénario à la kenyanne, avec des affrontements meurtriers à l'issue de la proclamation des résultats est malheureusement plus qu'une hypothèse, c'est une quasi-certitude dans un pays ruiné qui a connu des années de dictature et de mesures d'intimidation.

Mugabe est mort politiquement, mais il a encore un vrai pouvoir de nuisance.

 
Par ibouse28
17H10    02/04/2008

Il est mort, politiquement, parce que l'Homme a vieilli. Mugabe est un grand homme qui doit être reszpecté par tous les Africains dignes de ce nom.

 
Par Tophee
17H13    02/04/2008

Muagbe n'est de toute facon pas a la tete du Zimbabwe pour tres longtemps. Le probleme est qu'il partiras en laissant un bordel tel que le pays ne s'en remetras pas pendant plusieur dizaine d'annees.

Ils ont pas de chance les africains, quand c'est pas les francais qui foutent le bordel, c'est les Anglais. Enfin, D'apres Sarko 1er c'est de leur faute et c'est bien fait pour eux. na!

Bien sur, vu les richesses du continent Africains, le reste du monde a plutot interet a ce qu'ils se foutent sur la geule entre eux. Mais de la dire que c'est le but des europeens, il y as un pas qu'il serait bon de franchir...