L'envoi de renforts en Afghanistan et le sommet de l'Otan à Bucarest illustrent le virage prôné par le Président. Décryptage.

Quelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un » briefing » d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006 :
» L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant » … » l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale » … » le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier. »
Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un » briefing » de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours :
» Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits… Sa vision du monde : la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture… L'Otan devient globale, y compris en Afrique » .
« Situer la France au sein de sa famille occidentale »
Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.
Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. » Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier » , souligne notre » briefeur » . On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur :
» J'ai d'abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (…) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c'était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d'action, sa capacité d'influence à l'intérieur comme à l'extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous ? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix. » .
Appelons cela l'Atlantisme décomplexé… C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme » Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini » … Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises : une partie de l'UMP appréciera.
Faire intervenir l'Otan en Afrique ?
Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan :
» Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert » …
Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.
Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.
L'Otan est devenue incontournable : cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le » hors zone » , c'est-à-dire sur les interventions hors du » théâtre » historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique !
Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de » bloc » qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer.





















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De remi86
le croquant ...du poitou | 10H23 | 02/04/2008 |
Relique : « objet ou autres » qui attire un certains nombres de personnes pour alimenter leur foi…et proportionnel a l argent qu'elle peut generer, je qualifie donc cette politique a la gloire de bush et de ses faucons de relique auquel adhere sarko…Avec en plus quelques épis de mais transgenique dans nos posterieurs pour mieux faire passer la pilule…
De ibouse28
10H27 | 02/04/2008 |
Quand est-ce que la France a quitté l'Otan ? Mais, la France a toujours été l'esclave de Service de l'oncle SAM, surtout pendant la guerre froide et pendant l'apartheied en Afrique du Sud. La France a toujours été le bras droit de l'Amérique surtout en Amérique Latine(Argentine, Chili…). Toute l'Europe Occidentale -fabriquée par les Américains -fait partie intégrante de l'Otan.
Après la Seconde Guerre Mondiale, les Sovièts et les Américains se sont partagés l'Europe. Les Européens n'avaient que deux choix : être colonisés par les Américains(Otan) ou par les Soviètiques(Pacte de Varsovie).
De DidierB63
Devant un écran | 10H28 | 02/04/2008 |
Ce qui compte pour notre président, c'est de pouvoir peser sur les affaires du monde, a cause de son coté mégalo.
Il ne supporterait pas d'être le président d'un pays qui n'a plus qu'une importance relative dans le monde.
Alors, il fait le choix de s'aligner sur les États-Unis, au nom de la fin de l'hypocrisie et de la transparence, pour aller mener, comme Bush, ses petites guerres personnelles.
Ce n'est pas l'Allemagne qui l'aidera dans cette voie. Les allemands sont très soucieux de ne pas s'embarquer dans des conflits sans objectifs.
Nicolas Sarkozy ne cherche-t-il qu'à se faire plaisir ? D'après mes informateurs, il voudrait que l'OTAN change de nom et s'appelle OMLS : Organisation du Monde Libre de Sarkozy.
http://polemiquons.over-blog.com/article-18347442.html
à DidierB63
De Thiery
11H33 | 02/04/2008 |
Quand Sarkozy parlait de bourbier …
http://latelelibre.fr/index.php/2008/04/afghanistan-quand-sarkozy-ne-vou…
De marie 75
10H31 | 02/04/2008 |
et les retraites décomplexées elles aussi !
Voir les chiffres ci-dessous (à diffuser)
Selon les chiffres du Conseil d'orientation des retraites, le passage à 41 ans ne ferait faire que 2 milliards d'économies dans… douze ans, en 2020, 4,6 milliards en 2030 et 8,4 milliards en 2050. Avec toutes les conséquences que l'on connaît déjà. Qui seront les plus pénalisés ? Les jeunes, qui commencent à travailler à 21,5 ans en moyenne
à marie 75
De remi86
le croquant ...du poitou | 10H35 | 02/04/2008 |
eh marie en parlant de jeunes va voir ca : http://www.leparisien.fr/home/info/vivremieux/articles/LE-REPULSIF-ANTIJ…
à remi86
De marie 75
10H51 | 02/04/2008 |
néo-fascisme ambiant … j'avais vu
amitiés ! ! !
à marie 75
De remi86
le croquant ...du poitou | 11H01 | 02/04/2008 |
mais non , c est pas du neo-fachisme lol, c est un moyen de pas les faire trainer dans les cages d escaliers donc de récupérer leurs désœuvrements et les envoyer en Afghanistan…. plus besoin de campagne de recrutement…Et toc encore des economies de l etat sur le budget du ministere de la désinformation…
De andycap
photographe | 10H38 | 02/04/2008 |
Qu'entends-t-on par politique atlantiste ? il me semble qu'il n'y a jamais de distinctions faites entre les différentes sensibilités américaines. On dit les américains, comme on dit les chinois ou les russes, on globalise, on généralise, on mondialise. Ce qui nous amène assez souvent à des amlagames facheux. Or il me semble qu'il est particulièrement important d'être très précis. La politique étrangère américaine vue par les démocrates ou les républicains c'est pas tout à fait la même chose.
Il n'est pas certain que sous un régime démocrate on aurait eu un 11 septembre. Et les relations avec les pays arabes seraient certainement différentes.
Sarkozy lui a choisi son camp pour ce qui est des américains. C'est à la droite du parti républicain qu'il se situe. Avec les faucons, les vont en guerre, au nom des valeurs de l'occident. Et dans ce camp là on a pour habitude de dire qu'on se défend quand on attaque. On envahit, on vole, on oppresse et on tue bien entendu dans le seul but de se défendre, une vieille méthode qui a fait ses preuves. Et le choix de Sarkozy c'est de s'allier à un gouvernement complètement contrôlé par les industries de l'armement et du pétrole, avec les conséquences à long terme que cela peut avoir, notamment avec l'Iran, et le terrorisme… quand on rentre en guerre, il faut s'attendre à qques ripostes… qu'est ce qu'il faut des bombes dans le métro, des attentats comme à Madrid, pour comprendre que action = réaction et que le reste du monde ne va pas se laisser mettre par les Etats-Unis et leurs alliés sans réagir.
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 10H39 | 02/04/2008 |
J'entendais Fillon dire que refuser d'envoyer des renforts en Afghanistan, c'était se désolidariser des membres de l'OTAN et refuser de lutter contre le terrorisme…
Alors, quand même, on a beau être habitué aux grossières manipulations de la droite, mais faut pas pousser :
Un, ça fait quarante ans que la France s'est retirée de la structure militaire intégrée de l'OTAN (sous de Gaulle, père spirituel de l'UMP, normalement, ou bien j'ai raté un épisode ? ) : elle participe aux sommets de l'OTAN et aux réunions des ministres des Affaires étrangères des pays alliés, mais pas à celles des ministres de la Défense, même si ça ne va peut-être pas durer avec Talonnettes Ier aux manettes, et elle prend part de loin, et au cas par cas, à certains exercices de l'OTAN, mais les forces françaises ne sont pas placées sous le commandement des forces alliées, et c'est tant mieux. Donc, de quelle solidarité parle Fillon ? Sans compter que même les Alliés qui font partie de la structure intégrée en question ne sont pas obligés de faire bloc et de participer systématiquement aux opérations décidées par l'OTAN.
Deux, est-ce que quelqu'un s'imagine vraiment qu'en mettant le souk dans un pays qui n'arrête pas de se faire envahir, un coup par les Soviétiques, un coup par les vaillants défenseurs du monde judéo-chrétien libre, on va éradiquer le terrorisme ? Qu'une fois les taliban éliminés, les derniers terroristes auront tellement peur qu'ils rangeront leurs explosifs pour aller ouvrir un bar-tabac à Kaboul ?
Trois, c'est pas une guerre, c'est une opération de « sécurisation » de la population, dixit Lefebvre, l'ineffable député-porte-parole de l'UMP. Ah bon ? ! Parce que, jusqu'à présent, l'intervention de la « coalition multinationale » n'a pas donné grand-chose, de ce côté-là, depuis sept ans que ça dure. La population, elle est partagée, tiraillée entre les taliban et les forces américano-alliées (avec leurs supplétifs afghans) et victime des représailles des uns et des autres, sans parler des frappes chirurgicales un peu ratées… Pis, pour « sécuriser » la population, on pourrait peut-être demander à Karzaï d'arrêter de faire ami-ami avec tous les seigneurs de guerre, les expulser de son gouvernement, donner un grand coup de balai contre la corruption et les magouilles et se mettre vraiment au travail, au lieu de parader et de nous faire l'arbitre des élégances ?
Je suis un peu vénère, c'est vrai.
à Quinine
De jojo1er
10H50 | 02/04/2008 |
« Un, ça fait quarante ans que la France s'est retirée de la structure militaire intégrée de l'OTAN »
Plus pour longtemps l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne réglera ça…
Jojo1er, 4 février 2008
à jojo1er
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 12H52 | 02/04/2008 |
Vous pouvez m'expliquer le rapport entre le traité de Lisbonne et l'Otan ? Plusieurs des signataires de ce traité ne sont pas membres de l'Otan, comme l'Autriche et la Suède, et plusieurs membres européens de l'Otan ne sont pas membres de l'Union européenne, à commencer par la Norvège.
à Pierre Haski
De jojo1er
15H52 | 02/04/2008 |
Une petite recherche sur votre moteur préféré autour des mots clefs « otan », « traite », « lisbonne », « ue », « tce » et/ou « coopération européenne » devrait vous permettre de vous documenter un peu plus à ce sujet.
Comme le texte n'a pas été modifié sur ce point vous pouvez bien entendu voir ce qui avait été rédigé sur le TCE à ce sujet.
Le traité de Lisbonne (comme le TCE le prévoyait) change la relation à l'OTAN des états qui en sont membre. Dans Maastricht la coopération européenne prime sur les décisions de l'OTAN, dans le TCE et Lisbonne et pour les états qui sont membres de l'OTAN, l'OTAN prime sur la coopération européenne.
Un rapport entre Lisbonne et l'OTAN ? Je ne vois pas vraiment à la base, mais je n'ai pas rédigé ce traité constitutionnel ni sa version V1, ni la V2.
Jojo1er, mais c'est vrai que ce texte est très brouillon et un travail journalistique en profondeur devrait nous permettre de décrypter un peu mieux tout ça, sachez quand même que je serais assez heureux de me rendre compte que je me suis trompé dans la lecture de ce texte infâme.
à Pierre Haski
De Avril
21H52 | 03/04/2008 |
Le traité de Lisbonne est un tel embrouillamini que vous ne trouverez pas de phrases claires sur le sujet, mais un faisceau de convergencs dans le mécanisme des institutions européenne, notament à travers la PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Defense). L'idée est :
- le traité de Lisbonne renforce la PESD
- la PESD renforce le lien à l'OTAN
1/ Intervention du secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, M. Jean-Pierre Jouyet, l'Assemblée nationale, 7 février 2008 (lien) :
« Ce Traité (de Lisbonne) permettra aussi à l'Europe de mieux relever des défis globaux, (…) EN AUTORISANT UNE MEILLEURE ARTICULATION ENTRE LA POLITIQUE EUROPEENNE DE DEFENSE ET DE SECURITE (PESD) ET L'ACTION DE L'OTAN, ce Traité permettra à l'Union de nourrir en matière de défense des ambitions correspondant à celles qui devraient être celles d'un espace économique de 500 millions d'habitants. »
2/ Rapport d'information n° 405 (2006-2007), présenté par MM. Jean François-Poncet, Jean-Guy Branger et André Rouvière au nom de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat. (lien)
« la clef du développement d'une véritable relation de complémentarité entre l'OTAN et la politique européenne de sécurité et de défense se trouve en large partie à Washington.
Dès lors que la PESD incite plus fortement les Européens à renforcer leurs capacités de défense et à accroître leurs budgets militaires, elle devrait être perçue de manière plus confiante aux Etats-Unis. il est, en effet, de l'intérêt de l'OTAN de pouvoir s'appuyer sur des capacités européennes plus affirmées, comme il est de l'intérêt des Etats-Unis de voir les Européens capables d'agir seuls lorsqu'ils ne souhaitent pas eux-mêmes s'engager.
CETTE COMPATIBILITE ENTRE L'OTAN ET LA PESD NE SERA CEPENDANT CREDIBLE QUE SI EST ACCEPTE, DANS LE MEME TEMPS, COTE EUROPEEN, LE ROLE CENTRAL DE l'OTAN et l'idée qu'en pratique la défense européenne ne peut se construire contre l'OTAN ».
subtil, hein ?
à Quinine
De Feu Follet
14H40 | 02/04/2008 |
Sur votre phrase que De Gaulle est le père Spirituel de l'UMP, je pense plutôt que c'est un plutôt un mauvais bâtard qui s'arroge son héritage lors des photos de familles.
Notamment le petit dernier qui s'arrange avec l'album familial pour ne prendre que les beaux clichés et utilise les reprises pour faire valoir, laissant soigneusement les cadavres dans leurs placards.
Mais je suis d'accord avec vous.
Amicalement
à Feu Follet
De Quinine
traducteur et amoureux des chats | 18H50 | 02/04/2008 |
J'aurais plutôt dû parler des députés de l'UMP qui se présentent toujours comme des héritiers du gaullisme. Je ne suis vraiment pas un admirateur de De Gaulle mais il faut lui reconnaître le mérite d'avoir sorti la France de l'OTAN.
Amicalement
à Quinine
De Feu Follet
21H50 | 02/04/2008 |
Lecteur inconditionnel mais peu producteur, je n'en pensais pas moins de vous. Mais, il est vrai, qu'actuellement se prévaloir de gaullisme quand on est à l'ump…
J'aimerais connaitre leurs noms : o)
Vu l'opportunisme et l'indécense régnante
à Feu Follet
De Feu Follet
21H52 | 02/04/2008 |
J'ai oublié :
Amicalement, à Quinine
De fatalyst
11H06 | 02/04/2008 |
NS en ordre de bataille ? ? ? ?
Entre les deux tours de l'élection présidentielle, « si je suis élu président de la république, je retirerai les troupes engagé en Afghanistan…. »
Et nous voilà, meme pas un ans plustard, sur une position radicalement différente. Edifiant, non ? ? ? …..
Certain (UMPiste) diront que la situation en Afghanistan a changé (en quoi, on sait pas….), et que le président a pris la bonne décision etc…
NS remonte dans les sondages alors ça le rassure et il recommence à faire des bêtises (comme un gamin). Ont veux résoudre des problèmes vieux comme le monde par la force. Et moi qui suit un ancien des RIMA je dit encore une fois NON à l'envoie de troupe en Afghanistan. Combien de nos compatriotes vont mourir pour rien dans ce pays….
Que nous formions les soldats Afghan pour se battre, je suis d'accord, mais que l'on puisse combattre à leur place au nom d'une « démocratie » qui n'en porte que le nom c'est niet ! ! ! ! ! .
Si d'aventure, NS veut faire comme en sont temps José Maria Aznar qui, contre l'avis de tous, à envoyé des troupes en Irak parce qu'il savait qu'il ne serait pas réélu et qu'un poste important au sein d'une entreprise Américaine lui tendait les bras, il se fourre le doigt dans l'œil jusqu'au coude, notre « bon président »…. Je pense, et j'en suis convaincu, que c'est ce qu'il pense notre « président courageux ».
Je suis révolté, qu'un homme si menteur si dédaigneux en vers ses compatriotes, peut, en toutes impunité, faire mourir des hommes et des femmes de son pays pour une place au soleil. Je suis encore plus révolté qu'un camp politique suive cette stratégie qui, et soyez en sur, n'apportera que du mépris et des larmes sur eux. Ils se tirent une balle dans le pied, si je puis dire, et ils en redemandent…..
De NuklearCocroach
10H48 | 02/04/2008 |
On en reparlera quand des soldats français commenceront à rentrer dans des costards en sapin…il y'en a déjà quatorze qui ont fait les frais du suivisme stupide et criminel de la France par rapport à l'Otan.Alors c'est sur que ce n'est rien par rapport aux quatre mille morts de l'armée U.S en Irak et les « dégâts collatéraux »….mais quels intérêts vont-ils défendre quand on sait qu'il n'y a pas de pétrole en Afghanistan si ce n'est les champs de pavots contrôlés non pas par les Talibans mais par les proches du gouvernement imposé « démocratiquement » par les américains…ça va faire cher le kilo d'opium qui servira de toute façon a financer d'autres saloperies du même genre…Triste humanité…
De YoshiL7
10H48 | 02/04/2008 |
Il serait deja de bon ton que le gouvernement dise réellement aux francais que l'afghanistan, ce n'est pas juste un terrain de jeu pour entrainer et amuser nos soldats mais que ce n'est pas autre chose qu'une vraie guerre…
Sinon, pendant ce temps la, a combien allons nous chiffrer tout cela ? si il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'état, il y en a pour d'autres donc…
Les etats majors estiment à combien le nombre de francais qui tomberont la bas ? réponse toute trouvée : 0… bientot plein de légions d'honneur à titre postune…
Soit disant que l'on doit y aller pour combattre le terrorisme et finir ce combat (dixit Sarkozy), exportons donc nos soldats, peut-etre que cela importera un peu plus la menace terroriste en France du coup…
Bien évidemment aucune réponse à mes questions puisque comme d'hab, le gouvernement agira et pensera peut etre ensuite…
Et Sarko qu'est ce qu'il cherche… a s'aligner sur les USA pour piquer le leadership anglais sur ce point la (vu qu'il y a une place à prendre depuis que blair n'est plus la, mais attention, Berlusconi risque de revenir plus vite que prévu)… il se croit deja président de la france, bientot pour 6 mois de l'europe, ryentre temps, il va se proclamer président de l'union euro méditeranénne certainement… peut-etre qu'il se verrait bien prendre une bonne place au niveau de l'OTAN en y faisant rentrer la France…
à YoshiL7
De Caius
Expert en management | 11H22 | 02/04/2008 |
La vraie question est : pourquoi y aller ? Y a t-il des objectifs stratégiques clairs ?
La situation en Afghanistan n'est pas celle d'une lutte contre le terrorisme, même si les talibans en usent. Si c'était le cas, ce dont on aurait besoin, c'est d'agents de renseignement, et plus probablement dans les zones tribales du Pakistan qu'en Afghanistan même, mais sûrement pas de renforts de troupe.
L'Afghanistan, c'est avant tout le théatre d'une guerre civile entre ethnies, sur fond d'idéologie religieuse. Renforcer les moyens militaires n'a de sens que si, dans le même temps, il existe une stratégie pour sortir rapidement de ce conflit. Donc pour amener les talibans, soit à se retirer en les écrasant - ce qui semble bien hors de portée - soit à négocier.
Et il semble bien que ce volet politique soit totalement absent des préoccupations de nos politiques, qui n'ont qu'une vision à court terme.
De marie 75
10H50 | 02/04/2008 |
68% des Français sont contre (ouest Fce)
…………..
Mais Dom Sarkozy de Nagy Bosca s'en fout…
Il veut expédier sa Carlitta, Faudel et Macias faire un concert aux armées (cf marianne2)
Du grand guignol !
à marie 75
De Caius
Expert en management | 12H54 | 02/04/2008 |
C'est sûr que, puisque nous sommes en monarchie élective, on préfèrerait le voir envoyer le Dauphin Jean sur le front pour galvaniser les troupes.
De NuklearCocroach
10H51 | 02/04/2008 |
On en reparlera quand des soldats français commenceront à rentrer dans des costards en sapin…il y'en a déjà quatorze qui ont fait les frais du suivisme stupide et criminel de la France par rapport à l'Otan.Alors c'est sur que ce n'est rien par rapport aux quatre mille morts de l'armée U.S en Irak et les « dégâts collatéraux »….mais quels intérêts vont-ils défendre quand on sait qu'il n'y a pas de pétrole en Afghanistan si ce n'est les champs de pavots contrôlés non pas par les Talibans mais par les proches du gouvernement imposé « démocratiquement » par les américains…ça va faire cher le kilo d'opium qui servira de toute façon a financer d'autres saloperies du même genre…Triste humanité…
à NuklearCocroach
De vincelle
14H58 | 02/04/2008 |
> On en reparlera quand des soldats français commenceront à rentrer dans des costards en sapin »
bah, ça fera des cérémonies funèbres de plus pour sarko…
et avec un peu de chance, il pourra même faire le signe de croix devant les caméras.
De francodiac
retraité en AFN | 10H51 | 02/04/2008 |
Décidément la France Sarkozienne a la mémoire courte ou plutôt inexistante.Elle ignore qu'en se lançant dans l'avenir sans avoir tiré les leçons que lui ont administré le passé, elle se cassera à nouveau la gueule.
A-t-elle oublié cette France là les déculottés qu'elle a du avaler en Indochine, puis en Afrique du Nord, pour n'évoquer qu'un passé récent ? A-t-elle oublié les échecs successifs des américains au Vietnam,des anglais et russes justement en Afghanistan ? Est-elle à ce point aveugle alors qu'en Irak il est évident que les Etats Unis (encore eux) et leurs « frères » anglais ne pourront jamais imposer leur paix ? Et même sur ses propres terres, a-t-elle oublié que les régimes Nazi et de Vichy n'avaient pu avoir raison des combattants de l'ombre, résistants pour nous, terroristes pour les « occupants » ?
Là-bas, l'OTAN, la France et toutes les cliques armées des occidentaux, valets serviles de l'économie capitaliste, ne vaincront jamais leurs adversaires. Pour la bonne raison, un, que ceux-ci sont chez eux et, deux,qu'ils se battent dans l'anonymat le plus complet, sur une terre qu'ils connaissent à la perfection avec, que vous le vouliez ou non, l'aide d'une grande partie du peuple.
Les tanks, les armes les plus sophostiquées, les avions, les bombes, n'y feront rien. Au contraire, ils ne feront que donner naissance à une multitude d'adversaires qui eux aussi agiront avec efficacité…dans l'ombre.
Enfin a-t-elle oublié, la France de Sarkozy, que les Etats Unis et même leurs plus fidèles alliés (anglo-saxons pour la plupart)n'ont rien compris de la « vieille Europe » et encore moins des civilisations du Moyen Orient et d'Asie ? A-t-il mesuré, notre Président, qu'il risque d'offrir ainsi aux « résistants, ou terroristes » de tous bords une raison supplémentaire de venir menacer les français et leurs biens, sur leur propre sol ?
Mais nom de Dieu à quoi joue-t-il ?
De marie 75
11H07 | 02/04/2008 |
L'otan d'apprendre à vivre,
il est déjà trop tard ! ! ! ! ! !
Le tourisme planétaire, façon SARKOL'UMP !
Il n'y a pas que Sarko et Carlitta qui vont au Maroc…
Humanitaire le brave homme !
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php ? article12556
Publico (Espagne) / Expulsés : les vies brisées par la politique de Sarkozy
Beaucoup de jeunes marocains sont renvoyés vers leur pays, où ils n'ont ni
famille ni un toît pour s'abriter
Sans ressources ni famille au Maroc, Samira vit de la charité. En France
elle avait une promesse d'embauche.
- LAURA LEÓN
TRINIDAD DEIROS - Tanger *(Maroc)* - 29/03/2008 21 : 32
Assise dans un café obscur du Boulevard de Paris, à Tanger, il est difficile
de l'imaginer s'opposant à trois robustes policiers français. Les mêmes qui
l'ont mise de force dans un bateau au port de Sète et ils l'ont attachée à
la couchette d'une cabine où elle a passé plus de dix heures enfermée.
Samira Bobouch, 23 ans, petite, a peine un mètre cinquante de taille. Avec
sa chemisette bleue et entourée du paysage habituel de moustaches et des
fumeurs sans complexes, elle semble fragile. Ses yeux, immenses et
myopes - les agents ne lui ont pas permis de prendre ses lunettes - se
remplissent des larmes quand elle raconte son histoire.
Une vie de jeune fille normale tronquée par une promesse électorale. Celle
que le président français a faite quand il était candidat pour séduire les
électeurs d'extrême droite. Ou plutôt par une politique de chasse à
l'immigrant chargée à celui que l'on considère comme le cerbère de Sarkozy,
de son ministre de l'Immigration, d'Intégration et d'Identité Nationale,
Brice Hortefeux. Ses devoirs étaient clairs, il devait expulser 25.000 sans
papiers en 2007. Samira est l'une des Marocains qui ont été, selon
l'euphémisme que le Gouvernement français utilise, éloignés.
Bénévole dans un centre pour autistes à Marseille, où elle vivait avec sa
famille, Samira était arrivée au pays légalement à 15 ans. Mais 35 ans de
travail comme ouvrier agricole de son père en France ne lui ont pas donné le
droit à un titre de séjour.
Les prisons pour les immigrés
« À Marseille la police donnait la chasse aux Arabes et aux Noirs », se
souvient-elle. Le 19 novembre passé dans un contrôle routier, la police
l'arrête ; elle ne reviendra pas chez elle. Du commissariat ils l'emportent
au centre de rétention de Canet, où elle reste confinée.
« On m'a dit que d'autres immigrés avaient été drogués pour qu'ils ne
résistent pas à l'expulsion et que je mange seulement le pain qu'ils nous
donnaient. »
Le 4 décembre, la police transfère Samira à l'aéroport de Marignane avec
l'intention qu'elle monte dans un avion à destination de Casablanca. Mais
elle se débat avec bec et ongles. Sa famille, ses anciens professeurs et les
militants du Réseau d'Education sans les Frontières (RESF), une association
qui dès 2004 dénonce les expulsions, l'aident à frustrer cette première
tentative en montant une manifestation dans le terminal.
Il ne manquait que 2 jours pour qu'elle comparaisse à nouveau devant un juge
qui peut-être l'aurait libérée. Le maire avait déposé à la Préfecture de
Marseille une promesse d'embauche à son nom.
Samira n'a pas pu se présenter devant le tribunal. Un jour avant, le 5
décembre, trois policiers en civil se présentent au CRA et l'obligent à les
suivre. « Avant de sortir, ils m'ont fouillé et m'ont confisqué un portable
pour éviter que j'alerte le RESF, mais j'avais 2 autres portables qu'ils
m'avaient donné et j'ai pu donner l'alarme depuis les toilettes », explique
t'elle.
L'avis est arrivé tard. Les policiers l'ont fait sortir par la porte de
derrière et l'ont obligé à monter dans une voiture avec laquelle ils l'ont
conduite au port de Sète. Là, Samira se débat à nouveau et appelle au
secours en criant aux passagers de l'embarcation « personne ne m'a aidé et
j'ai pensé, dans quel pays (le Maroc) on m'envoie, si tous ces gens n'ont
pas bougé le petit doigt pour m'aider. »
Finalement, l'un des policiers s'exaspère et la met au bateau en vociférant
« Dehors, ici, nous ne t'aimons pas, rentre chez toi ». Après, « dix heures
attachée » tandis que son mobile qu'ils lui avaient rendu n'arrêtait pas de
sonner. Sans affaires et avec quelques euros en poche, Samira arrive dans un
pays qu'elle ne connaît plus : le Maroc.
Un réseau de soutien
Elle n'espérait trouver personne, mais là attendait son ange gardien :
Boubker Jamlichi. Ce militant sait ce que c'est que d'être victime d'une
injustice, non en vain il a passé six ans dans les cachots de Hasán II. Avec
Lucile Daumas, une Française installée au Maroc, et d'autres militants il a
monté une antenne marocaine du réseau Education sans Frontières.
A peine une douzaine de personnes qui essaient d'aider les jeunes qui,
expulsés par la France, arrivent dans un pays où ils n'ont souvent pas de
famille ni de toit où se protéger. D'autres fois, de la famille reste au
Maroc, mais, comme dans le cas de Samira, des circonstances personnelles ou
bien le long séjour en France ont rompus les liens. La mère de la jeune
fille l'a prise quelques jours dans sa maison et après lui a dit qu'elle
devait partir.
Le RESF fait ce qu'il peut, et parfois ils accueillent les jeunes dans leur
propre maison. Mais ce n'est pas toujours possible, Jamlichi déplore de ne
pas toujours pouvoir recevoir les expulsés car « il est impossible de les
laisser dans la rue. »
De retour dans leur pays, les problèmes des expulsés ne font que commencer.
Dès l'arrivée, la police marocaine les transfère au commissariat où on les
accuse émigration illégale. Cependant, la plupart d'entre eux ont quitté le
Maroc légalement quand ils étaient mineurs. Ce n'est pas une histoire de
pateras ou de se cacher dans le fond d'un camion, mais de personnes pour qui
la majorité représente le saut à la marginalité qu'implique l'absence de
papiers.
Jamlichi, Lucile et le reste des militants de RESF accompagnent les nouveaux
arrivants et, presque toujours, obtiennent leur libération immédiate. Dans
les cas ou ils ne sont pas présents, les jeunes gens peuvent être placé en
garde à vue. Au Maroc, la première tentative d'émigration illégale est punie
d'une peine d'un mois de prison avec suspension de la peine.
Le malheur de ces adolescents « , déplore Jamlichi, » c'est que tous les
abandonnent ; leur pays d'adoption les abandonne et celui d'origine aussi
».« Face à cette situation impossible, c'est l'État marocain qui devrait les
prendre en charge. Au lieu de cela, ils reçoivent Sarkozy, le responsable
d'une politique criminelle de persécution des migrants, comme un ami “.
Précisément à Tanger, dans la ville ou beaucoup d'expulsés arrivent, le
président français a présenté le 23 octobre son Union Méditerranéenne. Dans
son discours, il a loué ‘ l'indéfectible amitié franco Marocaine’ et la
‘solidarité’ qui doit présider les relations entre la France et ses
partenaires du sud.
Samira ne sait rien de ses belles résolutions. Elle reconnaît seulement
que, dans son malheur, elle a eu de la chance. Depuis qu'elle est arrivée au
Maroc, elle n'a pas dormi dehors. Jamlichi s'est apitoyé d'elle et l'a logée
avec sa famille dans sa maison ; après elle a obtenu qu'un bienfaiteur
propriétaire d'un hôtel lui donne un logement gratuit durant un mois.
Maintenant elle vit avec d'autres jeunes filles qui lui permettent de dormir
sur un canapé de leur appartement d'un quartier populaire. Mais ‘vivre de la
charité c'est dur ’
Elle ne trouve pas de travail et elle souffre d'une mentalité étrangère à
ses coutumes françaises. Avoir été si bien intégrée dans le pays qui
maintenant l'a expulsée, l'empêche de s'acclimater dans son pays d'origine.
Samira n'était pas habitué à ne pas pouvoir sortir d'une maison dès que
tombe la nuit au risque d'être prise pour une prostituée. ‘Je veux rentrer
chez moi’, sanglote t'elle.
Ancien camp de concentration
Elle n'est pas la seule Jihad Errais, un autre Marocain encore plus jeune,
19 ans, souhaite ‘désespérément’ reprendre sa vie. Jihad était un élève
exemplaire qui venait d'obtenir une place dans la meilleure école
d'hôtellerie de Paris. Sans papiers on lui a aussi refusé la résidence-, et
effrayé par les expulsions il a essayé de voyager en Espagne et s'est jeté
Dans la gueule du loup.
La police espagnole l'a arrêté à La Junquera, non loin de Perpignan, et l'a
remis à ses collèges français. Menotté ‘comme un criminel’, il a été confiné
au centre de rétention de Rivesaltes. Ses installations se trouvent dans le
même lieu où autrefois se trouvait un camp de concentration nazi. Là sont
morts ou ont attendu la déportation dans les camps d'extermination
d'Auschwitz, de nombreux Juifs, des Tsiganes et des républicains espagnols.
Une plaque commémore leur souvenir.
Jihad ne s'est pas débattu. Ils l'ont menacé de le mettre à la prison s'il
le faisait. Il a aussi passé enfermé dans une cabine tout le voyage jusqu'au
Maroc. Maintenant il est à Tineghir, au sud, où son père vend des légumes
dans le souk. Il était l'espérance de sa famille, qui l'a envoyé avec son
oncle en France pour qu'il étudie. L'école d'hôtellerie de Sucy en Brie a
gardé sa place. Au Maroc, il n'existe pas de formation analogue. Djihad a
abandonné ses études.
‘ Je n'ai jamais fait de mal à personne ’, explique t'il avec un accent
français parisien sans équivoque.
‘Pourquoi ? Ils t'abandonne au milieu du désert, et te disent débrouille
toi . Je ne comprends pas pourquoi ils m'ont fait cela. Je me suis toujours
efforcé pour m'intégrer et quand j'y parviens on m'expulse. Quand il n'est
pas dans son village, Jihad vit dans une chambre à Rabat - untrou de
souris’ dit Lucile Daumas - sans fenêtres, sans eau courante et sans
toilettes
Une ‘violence terrible’
‘L'hypocrisie de cette politique a son ironie maximale quand Sarkozy dit
qu'il favorisera l'immigration légale pour l'embauche de travailleurs
d'origine marocaine dans le secteur de l'hôtellerie, alors que Jihad qui
allait étudier hôtellerie est expulsé, dénonce t'elle.
Cette militante ne sait que faire pour aider ces jeunes. Dans chaque bateau
qui amarre à Tanger ; dans chaque avion qui arrive à Casablanca, quatre ou
cinq viennent’. Le réseau n'a pas de moyens pour tous. Lucile déplore la
‘terrible violence’ qui est exercée envers ces jeunes et elle ne se mord pas
la langue pour montrer du doigt les consulats marocains en France, ‘des
complices’ puisque ‘ils délivrent les laissés passer sans lesquels ces
jeunes, qui n'ont pas de passeport, ne pourraient pas être expulsés’.
Il y a des histoires encore pires que celles de Samira et Jihad. Le RESF a
dénoncé des cas comme celui-là d'un adolescent qui a essayé de se suicider
trois fois avant d'être expulsé.
La semaine passée, Lucile a reçu un appel de l'un de ces jeunes. Personne
n'était allé le recevoir, mais il n'avait pas d'argent et il n'a pas eu le
temps de lui dire où il était. Le deuxième appel s'est coupé aussi, alors
que le jeune l'implorait ‘je n'ai pas où aller, aide-moi’. Lucile angoissée
a rappelé. Le numéro du portable était celui d'un homme qui lui avait prêté
son téléphone. Depuis, le silence. La trace de cet adolescent, comme celle
de beaucoup d'autres, a été perdue dans les rues de quelque Médina du Maroc.
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à marie 75
De fatalyst
11H12 | 02/04/2008 |
Otan en emporte le vent….. : o(
à marie 75
De Alyssa
17H54 | 02/04/2008 |
Ce n'est pas en fuyant son pays qu'on l'aide à évoluer ! Heureusement que les Français n'ont pas agi ainsi à chaque fois que leur pays fut en danger à travers les siècles ! ! !
Ces pays d'Afrique continuent tranquillement d'accumuler les richesses pour une caste, ne développent pas les infrastructures publiques nécessaire au peuple (éducation, santé, fonction publique, état de droits, système économique) espérant ainsi provoquer l'exode vers l'étranger de leur jeunesse innombrable (aucune politique d'émancipation des femmes transformées en pondeuses dès l'âge pubère… et ainsi ces despotes continuent à amasser les fruits de leur politique inique, celle d'une classe d'esclave soumise qui n'a d'espoir que dans l'émigration dans un eldorado : France, pays exsangue pourtant en accumulant une dette histoire de 1 300 milliards d'euros et dont elle est incapable de rembourser ! Alors que la France supporte 60% d'inactifs (des sans emplois : chômeurs, jeunes, vieux, femmes au foyer), elle continue à accueillir chaque année des dizaines de milliers d'étrangers !
La France n'est pas Crésus, ni Emmaüs, ni la croix rouge ! On y vit pas d'amour et d'eau fraîche (d'ailleurs 75% des rivières sont polluées par les pesticides pour favoriser les cultures intensives destinées à nourrir toujours plus de bouches : 63 millions de Français en 2007, alors que nous n'étions qu'à peine 20 millions au milieu du 18ème siècle ! )