L'envoi de renforts en Afghanistan et le sommet de l'Otan à Bucarest illustrent le virage prôné par le Président. Décryptage.

Quelques pages dans un petit carnet de note illustrent la distance parcourue en un peu plus d'un an dans le positionnement international de la France. Mes premières notes portent sur un » briefing » d'un conseiller de l'Elysée à l'époque de Jacques Chirac, en novembre 2006 :
» L'Otan ne doit pas apparaître comme le gendarme d'un monde occidental bien pensant » … » l'Otan n'est pas l'alpha et l'omega de l'organisation de la sécurité internationale » … » le risque est que l'Otan devienne le club occidental de sécurité qui s'étendra au monde entier. »
Quelques pages plus loin, des notes toutes fraîches, lors d'un » briefing » de l'ère Sarkozy, il y a quelques jours :
» Pendant trente ans, la France a été hypocrite. Elle a fait chier tout le monde, et elle y allait. On a joué au gaullisme à peu de frais. Nicolas Sarkozy dit clairement des choses qui étaient déjà dans les faits… Sa vision du monde : la France est dans le bloc occidental, c'est assumé, et c'est une rupture… L'Otan devient globale, y compris en Afrique » .
« Situer la France au sein de sa famille occidentale »
Ces deux postures, à un an d'intervalle, sont au coeur du virage de la politique étrangère française, et ce tournant passe par l'Afghanistan, où la France va envoyer des renforts militaires, et par Bucarest, où Nicolas Sarkozy participe mercredi et jeudi au Sommet de l'Alliance atlantique.
Le successeur de Jacques Chirac assume son positionnement en des termes que n'auraient jamais employés ses prédécesseurs. » Relisez son discours de politique étrangère le plus important, celui qu'il a prononcé devant le corps diplomatique le 18 janvier » , souligne notre » briefeur » . On est allé voir, et, de fait, il affiche la couleur :
» J'ai d'abord voulu situer, franchement et nettement, et là est la première rupture, la France au sein de sa famille occidentale. (…) En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c'était mon objectif, accroît sa crédibilité, sa marge d'action, sa capacité d'influence à l'intérieur comme à l'extérieur de sa famille. D'ailleurs, comment espérer avoir de l'influence sur sa famille politique si, dans le même temps, on n'y a plus sa place ou si les membres de cette famille politique se méfient de vous ? La capacité d'influence de la France sur sa famille occidentale tient à la clarté de son engagement et de ses choix. » .
Appelons cela l'Atlantisme décomplexé… C'est donc le choix de l'engagement au côté des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, signifié par les deux grands voyages et deux grands discours prononcés par le Président à Washington en novembre et à Londres la semaine dernière. Le choix du retour plein et entier dans les structures militaires de l'Otan qui semble quasiment acquis. Dans le même temps, on entend dans les allées du pouvoir des phrases comme » Kohl-Mitterrand, Verdun, le sentimentalisme franco-allemand, c'est fini » … Un choix stratégique qui tourne le dos à quarante ans d'histoire, et, de fait, renvoie le gaullisme au musée des lubies françaises : une partie de l'UMP appréciera.
Faire intervenir l'Otan en Afrique ?
Les Américains ont répondu positivement à l'ouverture que leur a offerte Sarkozy. On a ainsi vu défiler à Paris des responsables américains qui venaient flatter l'égo national en soulignant que les Français étaient les seuls en Europe, avec les Anglais, à savoir se battre, et qu'on avait besoin d'eux en Afghanistan :
» Les Allemands arrivent là-bas avec le mauvais matériel et ne veulent pas se battre, alors que vous, les Français, vous êtes bien entraînés et motivés, et avez l'expérience du désert » …
Le choix de Sarkozy aurait du sens s'il y avait une stratégie clairement définie, au-delà du repositionnement dans l'espoir de prendre la tête d'une défense européenne ressortie de la naphtaline. L'Otan n'a pas de stratégie évidente, ni sur sa manière de gagner face aux talibans en Afghanistan, ce qui ne l'empêche pas d'accroître ses effectifs, ni sur son rôle dans l'organisation de la sécurité mondiale.
Or, les deux nouveaux meilleurs amis de la France trainent toujours le boulet de leur engagement en Irak, et le lègueront sans doute à leurs successeurs, très prochainement à Washington, et peut-être aussi à Londres. Et, dans une fuite en avant de dernière minute, George Bush force la main à ses alliés pour engager des démarches d'adhésion pour l'Ukraine et la Géorgie, au grand dam de Vladimir Poutine qui sera vendredi à Bucarest pour faire, lui aussi, des adieux fracassants à ses ennemis préférés de l'Otan, et, sans doute, leur dire ses quatre vérités.
L'Otan est devenue incontournable : cette alliance militaire qui n'avait pas tiré un seul coup de feu avant la chute du mur de Berlin, est aujourd'hui en plein essor, non seulement en récupérant les uns après les autres tous les pays ex-communistes, mais surtout en devenant, de fait, le bras armé occidental dans le monde entier. Oubliés les vieux débats sans fin sur le » hors zone » , c'est-à-dire sur les interventions hors du » théâtre » historique de la guerre froide, au coeur de l'Europe. A Paris, on est même prêt à envisager de voir l'Otan intervenir en Afrique, drôle de rupture avec la Françafrique !
Dans un monde où les institutions multilatérales comme l'ONU ont perdu toute capacité d'intervention, où les menaces sont diffuses et multiples, le discours sarkozyste a une logique de » bloc » qui peut sembler rassurante. Elle a toutefois l'inconvénient de s'aligner sans conditions sur des pompiers pyromanes, qui portent, avec leur unilatéralisme de la guerre d'Irak et leur incapacité à favoriser la moindre avancée dans les conflits du Moyen-Orient en général, une responsabilité majeure dans la dégradation du climat international. Pas vraiment rassurant, et les prochaines années montreront si la France ne sera pas sortie de son ambiguité diplomatique à ses dépens, pour paraphraser le Cardinal de Retz que Nicolas Sarkozy a choisi d'ignorer.



















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De guerzit
Incomprenant majeur | 09H28 | 02/04/2008 |
Otan, suspends ton vol…
à guerzit
De Soma Sema
En perdition | 10H30 | 02/04/2008 |
OTAN en emporte le vent.
à Soma Sema
De petit pain
12H27 | 02/04/2008 |
.
Ô tank
.
à Soma Sema
De Thiery
02H47 | 03/04/2008 |
INSOLITES TOUJOURS •
OTAN en emporte le ventre
Flics bedonnants, s'abstenir : les policiers roumains en surcharge pondérale ont reçu l'ordre de rester chez eux lors du sommet de l'OTAN, rapporte le quotidien roumain Adevarul. Ils seront remplacés par des hommes sveltes et présentables, spécialement détachés pour l'occasion à Bucarest.
Claire Maupas
Courrier international
à guerzit
De Servais-Jean
4591
Hi-Han | 15H46 | 02/04/2008 |
Titrer L'atlantisme décomplexé de Sarkozy me semble un peu fallacieux car l'OTAN c'est les Etats Unis, c'est l'outil qu'ils se sont forgé pour régner sur le monde.
Le premier qui a compris cela,de Gaulle, a bouté les américains hors de notre territoire.
Mais chassés par de Gaulle et maintenus dehors par tous ses successeurs, ils reviennent par la fenêtre Sarkozy.
Je ne peux plus que mettre mon espoir dans les réactions des russes et des chinois, étant donné le niveau, proche de l'encéphalogramme plat, des élites françaises.
à guerzit
De kassis01
18H09 | 02/04/2008 |
Nicolas adore les enterrements. Il enterre les victimes, il enterre les héros, il enterre les pipeules. Avec cette nouvelle décision (encore un mec de cinquante ans qui envoie les jeunes se faire tuer) il va pouvoir remplir son agenda mortuaire. Je vois d'ici les gros titres des médias : « NS dénonce les odieux terroristes qui ont torturé et tué nos valeureux soldats qui étaient là pour défendre la démocratie afghanne ».
Pauvre population afganne qui va recevoir encore plus de bombes sur la tronche. Car plus de soldats c'est inévitablement plus de dommages collatéraux. Encore plus d'opposants aux envahisseurs. Et, finalement, tout se terminera par un Dien Bien Phu et un champ de ruines.
Tant pis pour les morts. Ils n'avaient qu'à naître ailleurs. Les responsables de toute façon ne seront pas les coupables.
De Nicolas Cadène
Collaborateur parlementaire - Conse... | 09H42 | 02/04/2008 |
Je me permets de reprendre mon commentaire laissé sous l'article précédent de Rue89 sur la situation afghane.
En effet, là encore, je suis bien d'accord et parler de « rupture atlantiste » me semble tout à fait exact. Au-delà, la France tend à diviser la défense européenne et à commettre la même erreur que les USA. Celle de croire ou de faire croire en la « guerre sans mort ».
En effet, rappelons que dans une guerre extérieure, les capacités militaires matérielles et techniques ne font que devancer et qu'encadrer un corps de soldats qui se doivent d'occuper un territoire donné et de le pacifier.
Aux Etats-Unis, l'émergence au début des années 2000 du concept de « guerre sans mort » a mené à son point d'aboutissement une préférence originelle pour l'affrontement asymétrique. Il admet, formalise et aggrave l'incapacité traditionnelle au sol de l'armée. Faire la guerre au moindre coût pour soi-même et à coût maximal pour l'ennemi peut découler d'une saine logique (évidemment, du point de vue de l'attaquant)… Reste que l'absence d'une tradition militaire américaine au sol rend très difficile l'occupation du terrain. Le conflit irakien le démontre largement aujourd'hui.
Avec cette nouvelle annonce du président de la République, on ne peut que constater que ce concept de « guerre sans mort » continue à prendre culturellement de l'importance en Europe. Une armée européenne, bien que connaissant le combat au sol, serait sans doute d'ici peu de temps guère plus efficace que l'armée américaine.
Et ce, à l'inverse de l'armée russe qui démontre toujours dans le Caucase que la Russie peut encore – mais pour combien de temps ? – prélever sur sa population l'impôt du sang, avec le soutien du corps électoral (encore que cela fut plus complexe lors du conflit afghan dans les années 1980).
À mon sens, cette capacité est une ressource militaire de type social et psychologique que l'Amérique a déjà perdu et que l'Europe finirait par perdre si elle adoptait une politique de guerres à l'extérieur équivalente.
Cette capacité, que les États-Unis ont déjà perdu, a « l'avantage » de ne pas masquer la réalité de la guerre. Ne plus l'avoir c'est s'exposer à être toujours pire pour se protéger soi, c'est se voiler la face quant aux réalités des conflits armées, c'est aussi les rendre psychologiquement à la fois plus facile (trop facile) à engager et impossible à gérer (quand la réalité a repris ses droits). L'Union européenne doit garder son expérience de la guerre, son savoir et sa capacité à la faire telle qu'elle est toujours. L'alignement sur la démarche américaine serait une erreur dramatique. Cessons de faire croire aux population qu'une guerre peut être « propre » et qu'on peut donc la décider sans les consulter.
Parce que c'est bien cela qui a eu lieu. La décision d'envoyer des Français combattre en Afghanistan n'a même pas été réellement débattu au sein du Parlement… et a été annoncé en « avant-première » à l'étranger, au Royaume-Uni. Nicolas Sarkozy décide et ensuite fait semblant de consulter la représentation nationale avec un débat sans vote. Comme l'a rappelé Jean-Louis Bianco, nous sommes une des rares démocraties dans le monde où l'on peut envoyer des troupes et les laisser sur place sans que le Parlement n'en débatte sérieusement et encore moins ne vote. Cela relativise les belles promesses sur son rôle…
Nicolas Sarkozy se comporte en autocrate et continue à faire des « courbettes » à G. W. Bush en essayant d'être le « bon élève ». Il souhaite réintégrer tout à fait l'OTAN sans saisir semble-t-il ce qui avait conduit de Gaulle à s'en retirer. Lorsque certains avancent ici que « nous sommes de fait dans l'OTAN », ils oublient que de Gaulle avait demandé un directoire partagé de l'Organisation que les Américains le lui avaient refusé. Le retrait « politique » a donc un sens, mais le chef de l'État français semble prêt à y rentrer sans obtenir la garantie sur le rôle que jouerait la France ou même l'Europe en son sein. Souvenons-nous que pendant les opérations en Serbie et au Kosovo, même les Britanniques n'étaient pas informés des frappes, décidées unilatéralement.
L'Union européenne a besoin d'une puissance militaire commune qui soit d'abord axée en Europe pour défendre le territoire de l'UE ou y empêcher des affrontements armés. Dans ce cadre, nous devons devenir totalement autonomes de l'OTAN ou au moins diriger en son sein de façon indépendante toutes ses actions sur le territoire européen. Bref, il faudrait au minimum un « SACEUR » (celui qui commande les troupes militaires de l'OTAN sur le continent européen) européen et non plus américain nommé par le président des États-Unis, confirmé par le Sénat américain et approuvé par le Conseil de l'Atlantique Nord. Or, Nicolas Sarkozy n'a absolument pas obtenu cette condition en proposant une réintégration complète de la France…
Que faut-il faire en Afghanistan ? Il est facile de répondre à ceux qui répètent « ce n'est peut-être pas une bonne chose d'envoyer des renforts, mais vous ne proposez rien ». D'une part, on peut constater une action comme étant mauvaise et donc s'y opposer, même sans proposer d'alternative. Heureusement !
D'autre part, sans retirer nos troupes, il ne faut tout simplement pas en envoyer de nouvelles. L'Afghanistan connaît de graves problèmes avec un trafic de drogue qui s'intensifie, un nombre d'attentats toujours plus important et des aides financières qui n'arrivent pas aux habitants. Jean-Louis Georgelin, chef d'état-major des armées, a rappelé sa ferme opposition à l'envoi de renforts car il craint de voir des unités françaises piégées « dans une logique d'escalade » semblable à celle que connaît l'Irak et considérées comme des forces d'occupation. Depuis 2003, le nombre des militaires alliés a plus que quadruplé en Afghanistan (aujourd'hui, environ 50 000 hommes) sans que la situation ne s'améliore, au contraire : c'est une sorte de guet apens taliban. Michael McDonnel, directeur national américain du renseignement affirme que les talibans et les chefs de tribu qui leur sont favorables contrôlent 70% du territoire afghan. Enfin, le général américain James Jones, ancien commandant suprême des forces de l'OTAN, affirme que « l'OTAN n'est pas en train de gagner la guerre en Afghanistan ».
Bref, y renvoyer de nouveaux renforts ainsi, c'est agir à l'aveugle. La bonne méthode serait que l'on débatte entre Européens, notamment au Parlement à Strasbourg, avant toute nouvelle opération militaire. Il faut agir d'abord pour soutenir le mouvement démocrate en Afghanistan, pour s'assurer de l'arrivée des aides et enfin définir sérieusement une stratégie militaire face à une guérilla très bien organisée, qui comme je le rappelle plus haut, conduit à des combats violents et à des risques de morts nombreuses.
Nicolas Sarkozy affaiblit l'Union européenne de la défense en décidant si rapidement et sans réflexion. Pourtant, ce qui est avant tout nécessaire, c'est une politique étrangère européenne plus active qui cherche à harmoniser les positions de ses États membres face aux défis spécifiques que rencontre l'Union, au lieu d'attendre passivement les décisions des responsables de la politique étrangère américaine, puis de se disputer sur la réaction adéquate.
à Nicolas Cadène
De C. Creseveur
D'actualité | 10H23 | 02/04/2008 |
Sur le plan tactique on voit d'ailleurs nettement l'infériorité de nos troupes lourdement équipées (dont on nous vante cependant le côté « technologique »), peu expérimentées et ne connaissant pas le terrain, face à des pachtounes qui sont mobiles, qui sont sur leur territoire, et qui y pratiquent la guerre depuis plusieurs décennies sans discontinuer (dont une face à 170 000 russes ! ) .
Autrement dit nous nous présentons déjà avec trois mauvaises réponses, uniquement sur le plan militaire (et encore Sarkozy voulait envoyer les chars Leclercs ! ).
Je souhaite bien du courage à nos soldats !
à C. Creseveur
De sccber
18H46 | 02/04/2008 |
Ce ne sont pas mes soldats ! Et en plus de « métier » : je ne leur souhaite rien (et je suis gentil).
à Nicolas Cadène
De jojo1er
10H37 | 02/04/2008 |
L'union européenne s'est vassalisée toute seule à l'OTAN grâce au traité de Lisbonne, qui sur ce point n'est pas différent du TCE.
Jojo1er, ce qui restait de la démocratie française s'est éteint le 4 février 2008
à Nicolas Cadène
De Rue de la Paix
Altruiste | 12H26 | 02/04/2008 |
Bonjour,
1/ intéressant de voir qu'un collaborateur parlementaire a autant de temps à consacrer le matin (pendant un journée de travail ? ) à la lecture des sites d'informations. Veille parlementaire ?
2/ ah les beaux discours de nos politiques (et affiliés) qui justifient la guerre avec des beaux discours… qu'elle était belle l'époque ou le Général Delattre nous envoyait vers notre destin…
3/ maintenant que la France se dissout (tout du moins sa souveraineté) dans un magma européen aux frontières mal délimitées et changeantes , pourquoi ne pas en faire de même avec la défense… ? La solution atlantiste plus que la solution européenne ?
Bref,… encore une histoire de lobby ? Après la relance de la construction immobilière et la fin programmée de la publicité sur les chaînes publiques pour faire plaisir à Bouygues et M6, la relance de notre participation à des conflits… pour faire plaisir à Thomson, Lagardère ? ? Tout cela est finalement très cohérent. bonne nuit.
à Nicolas Cadène
De marie 75
3563
14H41 | 02/04/2008 |
collabo de qui ? ? ? ?
à Nicolas Cadène
De Frosch
20H45 | 02/04/2008 |
Surtout si l'on rajoute le fait que la campagne afghane ressemble de plus en plus au Vietnam.
Les alliés de EU sont de plus en plus retissant et maintenant le nouveau président français va envoyer vos pauvres soldats au casse pipe !
(Voir article du Guardian
http://www.guardian.co.uk/world/2008/feb/29/afghanistan.terrorism)
De C. Creseveur
D'actualité | 09H44 | 02/04/2008 |
Ce qu'il y a de formidable avec Sarkozy c'est que quelle que soit l'option choisie sa stratégie de communication est toujours la même : « c'est la fin de l'hypocrisie ! »
En 2007 il souhaite que les armées françaises se retirent, parce qu'il ne faut pas être hypocrite (« la France n'a pas vocation à rester durablement en Afghanistan », disait-il) ; en 2008 il souhaite y envoyer des renforts de troupes, parce qu'il ne faut pas être hypocrite (nous devons d'abord terminer notre lutte contre le terrorisme) !
Face au vent une girouette n'a jamais tort !
Quant à sa politique atlantiste j'aimerais beaucoup qu'on m'explique comment ce fin stratège entend développer défense européenne forte et indépendante, si d'entrée de jeu on place celle ci sous la coupe de l'Otan, donc des USA ?
à C. Creseveur
De honolulu38
Ni en lutte ni assoupis | 13H04 | 02/04/2008 |
Evidemment, même s'il semble y avoir un retour en force des Talibans, il ne faut surtout pas envisager d'aller à l'encontre de déclarations faites il y a plusieurs mois en arrière, surtout pas !
Et tout aussi évidemment, le fait que l'ONU ait à nouveau prolongé (le 20 mars 2008) sa mission d'un an en Afghanistan n'indique pas du tout un souhait du Conseil de Sécurité de poursuivre les efforts dans ce pays, pas du tout !
à honolulu38
De C. Creseveur
D'actualité | 13H26 | 02/04/2008 |
Prenez votre fusil Honolulu et allez-y donc si ça vous semble plus cohérent !
à C. Creseveur
De honolulu38
Ni en lutte ni assoupis | 13H54 | 02/04/2008 |
C'est ce qu'on appelle une argument de grande portée intellectuelle… C'est sûr, si personne n'avait de fusil, personne ne tirerait sur les autres, personne ne serait tué. C'est très bien, très gentil ça…
Vous m'étonnez ! Estimez-vous que la communauté internationale n'a pas à tenter d'intervenir dans des zones de la planète ? Protestez-vous depuis le début contre la présence française en Afghanistan ?
à honolulu38
De C. Creseveur
D'actualité | 16H31 | 02/04/2008 |
Oui je proteste depuis le début puisque tout comme pour l'Irak cette guerre n'est qu'une guerre économique où des gens meurrent en nombre pour le seul contrôle des gazoducs quand on nous vend une prétendue guerre contre le terrorisme.
Si vous estimez que cette guerre est juste, je vous invite donc à nouveau à la faire vous même. Quoique l'argument vous paraisse de faible portée intellectuelle, je pense qu'une fois que vous tiendrez votre Famas, serré dans votre petit treillis et harnaché d'un sac à dos de 25kgs, à courir dans les montagnes nuit et jours après des talibans invisibles, vous changerez peut-être d'avis.
à C. Creseveur
De honolulu38
Ni en lutte ni assoupis | 07H58 | 03/04/2008 |
J'estime en tout cas qu'il faut malheureusement que que des soldats dans leur petit treillis tiennent leur petit famas pour s'opposer à des régimes qui veulent voir les femmes dans leurs petites burkas et des hommes dans un tout petit univers coupés du monde et dont les « dérivés » sont sanctionnés par des petits coups de petits fouets.
Mais je ne suis pas un va-t-en guerre qui frissonne de plaisir en imaginant des Rambos musclés dans des territoires hostiles.
à honolulu38
De C. Creseveur
D'actualité | 09H14 | 03/04/2008 |
Vous n'êtes pas un va-t'en guerre, mais naturellement ça ne vous gêne pas d'y envoyer des soldats se faire tuer à votre place.
Pour ce qui est de l'oppression talibane sur la société afghane, je tiens simplement à vous rappeler que chaque fois que les conflits se sont apaisés ce joug s'est toujours relaché.
Il en va de l'Afhanistan comme de l'Irak : quand vous importez une guerre dans un pays sous un prétexte quelconque vous y renforcez mécaniquement la cohésion contre l'agresseur. Si les talibans ont pris la tête de cette cohésion c'est d'abord la conséquence de notre agression.
Aujourd'hui notre « lutte contre le terrorisme » laisse l'Irak en pleine guerre civile et dans un état de délabrement épouvantable.
Au moins la France n'a pas sa part dans ce désastre.
Jugez-vous utile qu'elle aille prendre sa part dans le nouveau désastre qui se prépare en Afghanistan ?
à C. Creseveur
De honolulu38
Ni en lutte ni assoupis | 09H38 | 03/04/2008 |
Si, ça me « gêne » qu'un soldat meure, ça me « gêne » qu'une victime d'un attentat meure, ça me « gêne » qu'un être humain souffre et meure. Vous dénaturez mes propos.
La situation de l'Afghanistan est différente de celle de l'Irak. Je vous rappelle encore une fois que les USA sont allés en Irak sans l'accord de l'ONU alors qu'une mission onusienne est présente en Afghanistan et se prolonge.
Je suis d'accord avec vous pour dire que des erreurs scandaleuses et dramatiques de politique et de stratégie peuvent créer des situations explosives. Je refuse la réaction qui revient à dire « m'en fiche, c'est pas ma faute ! ».
Alors non je ne juge pas utile que la France aille prendre sa part d'un désastre, mais j'espère qu'une action renforcée aux côtés de l'ONU peut avoir des effets positifs. Sous quels délais, je n'en sais rien. Cela posera-il aussi des problèmes, certainement. Toute action ou absence d'action a ses effets bénéfiques et ses revers.
Et si les missions de stabilisation, de sécurisation et de contribution à la réorganisation du pays peuvent avoir sans qu'il y ait le moindre mort, croyez-moi, j'en serai le premier heureux.
à honolulu38
De C. Creseveur
D'actualité | 10H46 | 03/04/2008 |
Soit le problème c'est qu'il y a deux opérations en Afghanistan, l'une sous le couvert de l'ONU, l'autre pas. Or c'est à la seconde que nous allons militairement prêter main forte. Il s'agit bien d'aller faire la guerre, pas de pacifier le pays.
à honolulu38
De Axior
Citoyen | 15H32 | 02/04/2008 |
Votre argument tient la route, mais je n'en tire pas les mêmes conclusions que vous. Le retour en force des talibans vient du fait qu'une partie de la mission qui incombe à la coalition internationale tarde à porter ses fruits sur tout le territoire.
L'Afghanistan a besoin d'une plus grande stabilité politique, et les progrès sociaux, bien qu'impressionnants, sont loin d'être suffisants. C'est là-dessus qu'il faut mettre le paquet, sinon, plus on enverra de troupes dans l'est pour tenter de résoudre le problème par la force, plus on aura d'opposants en face.
Les paysans dans ce coin là du pays sont complètement désolidarisés des forces armées internationales, ils se radicalisent et se rallient progressivement aux talibans.
De Bon Scott
09H45 | 02/04/2008 |
Sarko et l'atlantisme, depuis le temps que le locataire de l'Elysée admire tous des Américains, avec malheureusement une certaine inculture(il veut tellement faire parti du village's people des puissants). Vouloir jouer un rôle important avec les Américains dans le monde, je crois que nous allons le payer très cher.
Son atlantisme n'est pas né d'hier,
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/205032.FR.php
http://www.spcm.org/Journal/spip.php ? article10628
http://omegalpha.over-blog.com/article-13651959-6.html
Et de plus les journalistes comparent sa femme à Jackie Kennedy (bof), quel pied pour lui !
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 09H51 | 02/04/2008 |
Le petit Nicolas joue avec ses petits bateaux, ses petits hélicoptères et son sous marin télécommandé ; il s » amuse avec sa barbie a Eurodisney ..Il voyage avec sa maman en Inde ..
il aime bien manipuler son petit téléphone et il cherche parfois la bagarre dans les cours de récré ..
Enfin , il adore se déguiser en cow-boy et faire manœuvrer ses petits soldats de plomb ..
C'est un enfant normal, bien qu » un peu trop agité ..
à Numerosix
De C. Creseveur
D'actualité | 10H25 | 02/04/2008 |
Je suis étonné qu'il n'ait pas été détecté en primaire !
De François et François
10H07 | 02/04/2008 |
L'alignement de la politique étrangère française à celle des USA ne doit pas être considérée comme une surprise. En effet, au cours des élections présidentielles de 2007, le programme de l'UMP était de redéfinir les rapports entre la France et les Etats Unis. Toutefois, il n'est pas sur que tous les députés UMP approuvent ce changement.
Il me semble que les députés socialistes ont proposé de censurer le Gouvernement pour protester contre cet alignement. On pourrait espérer que la majorité des députés votassent cette censure, une partie des députés UMP se ralliant à l'opposition.
à François et François
De jojo1er
10H43 | 02/04/2008 |
« il n'est pas sur que tous les députés UMP approuvent ce changement.
Il me semble que les députés socialistes ont proposé de censurer “
Il me semble surtout que tout ce beau monde à permis l'adoption du traité de Lisbonne qui prévoit (tout comme le TCE) la pleine implication des moyens militaires et financiers des états européens au service de l'OTAN, et bien sûr sans contrôle sur les décisions de l'OTAN qui elles restent une prérogative américano-américaine…
Jojo, 4 février 2008….
De talonette66
animatrice | 10H09 | 02/04/2008 |
espérons que l'analyse de monsieur cadène soit aussi celles de quelques journalistes, intellectuels, analystes politologues, car ces propos tiennent compte des faits, et d'une certaine légitimité de l'europe, qui devrait se renforcer.
enfin puisque georgelin le dit depuis des mois, la dgse aussi, ainsi que le raporte le caanrd depuis octobre au moins, il n'y avait pas beaucoup de tribunes pour interpeller les politiques…
il faudrait se réveiller
De laurentdub
10H22 | 02/04/2008 |
Il est vrai que ne pas suivre les EU et la GB en Irak est la meilleure décision que Chirac a pris en 12 ans de présidence. Il est également vrai que la force de notre diplomatie vient de ce non-alignement atlantiste, qui nous permet d'entretenir des relations privilégiées avec les pays arabes.
Mais il n'y a rien de surprenant dans la rupture de Sarkozy. Dans une entrevue d'un haut fonctionnaire du Quai d'Orsay sur contre-feux, toutes les clés de la politique étrangère française sont là. Même l'absence de stratégie et d'objectifs bien définis, comme le souligne à juste titre Pierre Haski
http://www.contre-feux.com/debats/internationald/que-penser-de-la-politi…