Cherchez bien, vous ne le trouverez pas : le terme « droite » a bien disparu du tableau, au Conseil général d'Ille-et-Vilaine. Fini : plus de groupe « divers droite » et encore moins d'étiquette qui trahirait une filiation avec la majorité présidentielle. En Ille-et-Vilaine, on est désormais « à gauche » ou « au centre ».
La nouvelle assemblée départementale a été officiellement installée jeudi 20 mars. Parmi les treize nouveaux élus, six appartiennent au groupe « Socialiste et démocrate de progrès ». Deux au groupe « Radical et républicain ». Et cinq au groupe « Union du centre ».
Historiquement, l'Ille-et-Vilaine a longtemps été classée à droite. Une droite certes plutôt centriste, chrétienne et europhile : l'Ille-et-Vilaine fut longtemps le bastion de Pierre Méhaignerie, président historique du Département, et le centre névralgique du CDS. Mais à droite quand même. Ce fut sa couleur politique de 1848 à 2004. Cette année, les élections cantonales du mois de mars ont confirmé la majorité sortante, de gauche, et laissé à la tête du Conseil général le socialiste Jean-Louis Tourenne.
Comme ailleurs, tous les cantons n'étaient pas en jeu. Certains mandats issus de cantonales partielles précédentes courent donc toujours. Or, parmi ces élus, plus d'un se dit toujours « de droite » ou « divers droite ». Quant aux nouveaux élus, ils s'empêtrent un peu.
Pour joindre l'élue « centriste », appelez à l'UMP
Ainsi, pour joindre Isabelle Le Callennec, nouvelle élue « Union du centre », il faut appeler la permanence départementale de l'UMP. La conseillère générale de Vitré, qui a suivi son patron, Pierre Méhaignerie, à l'UMP après son raliement à Nicolas Sarkozy, affirme avoir fait « toute sa campagne en tant que centriste ». Mais, lorsqu'on l'interroge sur l'absence de toute groupe de droite, elle s'agace :
Aucun lien pour autant avec la ligne de François Bayrou. Pas sûr, en effet, que la candidate UMP, élue à l'issue d'une triangulaire avec un candidat MoDem, soit du même centre que Pierre-Yves Reboux, le conseiller général MoDem. Ce dernier, quoique « très méfiant avec les journalistes, surtout la presse nationale », s'étrangle encore du tour qu'on lui a joué :
« Je devais avoir un groupe de six centristes, qui n'auraient jamais été à l'UMP. Un groupe qui se serait appelé “centre', point. On m'avait promis deux groupes distincts. Finalement, au dernier moment, nous n'étions plus que deux et les autres se réclamaient eux aussi du centre. Il a fallu accepter de faire un groupe ‘Union du centre', sinon nous n'avions pas de moyens.’
Moins d'une semaine après la création officielle de ce groupe politique, Pierre-Yves Reboux est « convaincu que ça galvaude d'identité centriste » et semble n'avoir pas digéré de partager sa banquette avec certains élus locaux historiquement marqués à droite :
« On se fait cataloguer quand on se dit de droite »
Tout au long de la campagne, Jean-Luc Bourgeaux a battu le pavé en se disant de « centre droit ». Aujourd'hui élu pour la première fois, lui non plus ne semble plus y retrouver ses petits, dans ce groupe « Union du centre » qui fait pencher le centre à droite mais le département sur son flanc gauche. Il estime que ses camarades ont peut-être pêché « par précipitation » lorsque fut choisi le nom du groupe :
« Est-ce parce que on se fait cataloguer si on dit qu'on est de droite ? Dans des cantons un peu plus menacés, ça a pu être mal vu. Moi je n'ai pas honte de dire que je suis de droite ! “
Si l'on en croit Isabelle Le Callennec, les « centristes de l'UMP » se félicitent aujourd'hui du terme « Union du centre ». Le MoDem Pierre-Yves Reboux, lui, estime qu'un tel groupe banalise l'identité centriste. Tandis que Jean-Luc Bourgeaux craint pour sa part pour « la lisibilité du centre-droit et de la droite ». Le choix du porte-parole pourrait d'ailleurs ajouter à la confusion : c'est le député Thierry Benoit qui a été choisi à ce poste. Ce quadra élu député de Fougères en 2007 sous la bannière modérément orange du MoDem… n'a finalement jamais pris sa carte au parti de François Bayrou mais toujours clamé son appartenance à l'UDF. Depuis, il siège sans étiquette sur les bancs du Palais bourbon et milite pour la réconciliation entre Nouveau centre et MoDem. Pas sûr que la lisibilité de l'identité centriste y gagne.


























1
De Charles Mouloud 12542
Bras gauche de la Vénus de Millau | 19H57 | 30/03/2008 |
Charles Mouloud (Bras gauche de la Vénus de Millau) 18H02 21/03/2008
En Ille et Vilaine, il n'y a plus de Droite !
Lors de l'installation du nouveau conseil Général, qui voit Jean Louis Tourenne reprendre son fauteuil de président, renforcé par les nouvelles victoires cantonales,plus aucun opposant ne se revendique de Droite.
cf Ouest France du jour :
…« L'opposition se veut toutefois unie pour faire entendre ses propositions. Elle a d'ailleurs choisi de ne constituer qu'un seul groupe intitulé “ Union du centre ” et son porte-parole Thierry Benoit a obtenu un franc succès, accompagné par un fou rire aussi généreux que spontané, lorsqu'il a détaillé toutes les nuances du centre. »…
Il aurait décliné les composantes en énumérant : le centre droit, le centre gauche de droite,le centre non modem, le modem,…Mais le centre central , où est ce ?
« Au conseil général, il y a une gauche et un centre mais plus aucun élu ne se revendique à droite ! “O.F.
Beaucoup d'accidents à prévoir aux feux orange !
Entre ceux qui freinent et ceux qui accèlèrent, ne pas oublier ceusses qui calent !