Temoignage

Un ancien codétenu d'Ingrid Bétancourt raconte

Alors que l'ex-mari de la franco-colombienne craint qu'elle ne soit déjà morte, Luis Eladio Pérez témoigne de leur détention.

L'ex-député otage Luis Eladio Pérez le 27 février au Vénézuela (Reuters)

Les stigmates de ses sept années de captivité encore visibles, l'ex-parlementaire raconte à Paris les détails de sa séquestration et analyse les erreurs et les défis de l'échange humanitaire. La mort d'Ingrid Betancourt, explique Pérez, marquerait le début de la fin des Farc et de la politique du président Alvaro Uribe.

« On m'a trompé. Ce jour-là, je me suis rendu dans une zone de la guérilla pour récupérer une fourgonnette que les Farc m'avaient volée et que, selon des informations qu'ils m'avaient fait parvenir, ils voulaient me rendre. Mais quand je suis arrivé sur les lieux, au lieu d'une fourgonnette, je me suis trouvé face à un groupe important de guérilleros. Ils se sont saisis de moi et m'ont emmené, soi disant pour parler avec leurs chefs d'une proposition politique. Et je suis resté là bas sept ans, à attendre… »

Calé dans un fauteuil de l'hôtel Fouquet's, à Paris, Luis Eladio Pérez revient sur ce 10 juin 2001, quand, alors parlementaire, il est allé se jeter dans la gueule du loup. Ses traits émaciés et son corps décharné trahissent une perte de poids brutale. Il a le regard fatigué et les pieds détruits par les 1500 jours durant lesquels, en guise de punition suite à une tentative d'évasion, il a dû marcher pieds nus sur les chemins accidentés de la jungle. Ses reins ont été endommagés par les innombrables nuits passées à dormir sur la terre humide et sa peau est constellée de traces de tous les parasites et des maladies qui s'acharnent sur les hommes vivant dans la moiteur tropicale.

Il porte, dans un coin de l'âme, la tristesse de ne même pas avoir appris en son temps la mort de sa mère. On pourrait dire que durant les sept années de sa détention par la guérilla colombienne des Farc, la jungle a tout pris à Luis Eladio, sauf son espérance. Durant les cinq dernières années du gouvernement d'Alvaro Uribe, la tentative de négocier un échange d'otages contre des prisonniers subversifs a échoué de nombreuses fois. Fatalité, ou intransigeance ? Qu'est ce qui rend Pérez si optimiste aujourd'hui ?

« Je veux y croire. J'ai beaucoup de mal à croire le président Uribe, mais je veux y croire. Je lui ai présenté une proposition, et il l'a acceptée. Je l'ai présentée aussi au président français Nicolas Sarkozy et il l'a acceptée, avec toutefois quelques modifications. Je suis très critique vis à vis des Farc mais je reconnais aussi qu'aujourd'hui, ils ont la volonté politique de négocier. En fin de compte, je crois que le succès d'un accord humanitaire tient à la réconciliation des esprits. »

Luis Eladio garde jalousement le secret des détails de sa proposition, comme si cela pouvait lui permettre de conjurer la malédiction qui a jusqu'ici pesé sur cette négociation. A peine laisse-t-il échapper que les 39 otages « échangeables » seraient libérés contre un groupe d'environ 500 guérilleros, que cet échange interviendrait dans un pays tiers, et que certains gouvernements étrangers reconnaîtraient l'identité politique des Farc.

Après sa rencontre avec Luis Eladio, le président Uribe a rendu public, il y a deux jours, un décret selon lequel l'accord humanitaire sera effectué quand le groupe armé hors la loi aura libéré les personnes qu'il séquestre. A ce stade, le gouvernement s'engage à libérer sans limite les guérilleros emprisonnés, sans tenir compte du type de délit commis ou de la peine qu'ils ont à purger.

Le silence

« La perte de liberté, c'est ne pas savoir où tu vas… Demander où on t'emmène, et ne pas recevoir de réponse. Les deux premières années, j'ai parcouru sans relâche, avec les guérilleros, les montagnes de Nariño et les terres du Putumayo, au sud du pays, sans connaître notre objectif final. Personne ne m'adressait la parole. C'est alors que j'ai commencé à parler avec les arbres. »

Luis Eladio a compris que sa détention durerait longtemps le jour où il a entendu à la radio le commandant des Farc, connu comme le Mono Jojoy, annoncer qu'il l'avaient capturé pour obtenir du Congrès une loi d'échange humanitaire. Parlementaire lui même, Luis Eladia savait pertinemment que jamais le Sénat colombien ne se lancerait dans ce genre de loi et qu'en fin de compte, l'accord humanitaire ne se ferait pas par voie législative, mais bien via un processus de négociation avec l'exécutif. Pourquoi tant d'entêtement de la part des Farc durant toutes ces années ?

« Je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer les membres du Secrétariat général des Farc pour en discuter avec eux. J'ai vu seulement une fois le Mono Jojoy qui, vu les circonstances, s'est montré fort aimable. J'étais avec Ingrid Betancourt et il est venu nous voir et nous a demandé de quoi nous manquions. Nous lui avons dressé une liste très longue et insolite de choses, qu'il nous a accordées. Mais lorsque nous avons voulu parler de politique avec lui, il a éludé. Il nous a dit qu'il allait revenir bientôt mais nous ne l'avons plus jamais revu. Dans les jours qui ont suivi, toutes les choses que nous lui avions demandées nous sont parvenues… et quelques autres en plus ».

L'évasion

« Il vaut mieux mourir que vivre dans ces conditions. C'est pourquoi nous avons décidé de nous enfuir. C'était une idée d'Ingrid (Betancourt), elle a tout organisé, je ne sais pas comment elle se débrouillait pour élaborer des stratégies et obtenir les choses les plus improbables. Elle s'était inventé des sortes de flotteurs que nous camouflions sous nos vêtements et avec six biscuits, du sucre et trois hameçons en poche, nous nous sommes enfuis. Nous avons nagé en zigzag en descendant le fleuve toute la nuit et le jour nous nous cachions.

“Il paraît qu'ils étaient pas loin de 900 guérilleros à notre recherche. Nous nous nourrissions de poisson cru et nous avons ainsi survécu cinq jours, jusqu'à ce que nous perdions les hameçons. Moi, je commençais à m'effondrer, à cause de mon diabète. Et au sixième jour, on n'en pouvait plus.”

Alors ils ont décidé de se rendre. Et les représailles ont commencé. Ils ont passé quatre ans enchaînés à un poteau dans les campements. Et aussi sans chaussures pendant les marches interminables, qui peu à peu ont détruit les pieds de l'un et de l'autre. Luis Eladio a subi trois comas diabétiques, un infarctus et a reçu une aspirine pour tout remède. Ingrid a commencé à sombrer dans la dépression et la maladie. Des maux similaires ont commencé à atteindre les autres prisonniers.

A la fin de l'année dernière, le président vénézuelien Hugo Chavez, tour à tour nommé, puis démis, par son homologue colombien comme médiateur dans la négociation avec les Farc, a demandé instamment à la guérilla de libérer unilatéralement les enfants et les otages malades. Les libérations ont commencé quelques jours plus tard.

“Je crois que c'est le fait que les otages ont commencé à tomber gravement malades qui a poussé les Farc a changer d'attitude. Le grand succès de la médiation de Chavez et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, c'est qu'aujourd'hui, les Farc acceptent de faire des gestes politiques, comme celui de notre libération. Leur Secrétariat général abrite sans nul doute deux mouvances, l'une militaire, l'autre politique et c'est cette dernière qui, grâce en partie aux médiateurs, est parvenue à s'imposer.”

La marche

“On s'invente des stratégies de survie. Pour exercer mes muscles du visage pendant les deux premières années durant lesquelles je suis resté silencieux, j'utilisais un petit miroir qu'une guérillera m'avait prêté. Avec Ingrid, pour maintenir notre mémoire, on a lu d'innombrables fois ‘Don Quichotte’ et la Bible, seuls livres dont nous disposions. Pour ne pas que notre intellect s'atrophie, Ingrid nous donnait des cours de français et les trois Américains des cours d'anglais. Et pour pallier nos carences en calcium, Ingrid me dit un jour : ‘Lucho (diminutif de Luis, ndt), il faut que nous mangions aussi les arêtes des poissons’, puisqu'en fait c'était le seul aliment vraiment nutritif auquel nous avions droit. Parce que, je vais vous dire une chose, en sept ans j'ai dû manger à peine cinq fruits et six fois de la viande. Alors Ingrid m'a montré comment avaler toute l'arête de poisson sans qu'elle reste coincée et sans me blesser la gorge.”

Le 4 février dernier, Luis Eladio Perez, le plus rebelle des otages des Farc, a entrepris la “marche de la liberté”. Quelques jours auparavant, dans l'émission “Les voix des otages”, sur une radio colombienne, il avait entendu que les Farc annonçaient sa libération ainsi que celle des ex-parlementaires Gloria Polanco, Orlando Beltrán Cuéllar et Jorge Eduardo Gechem. Il n'en a rien cru jusqu'aux dernières heures avant le départ, quand le commandant lui a ordonné d'emballer ses affaires. En sortant, il a vu Ingrid. Après un an de séparation, cinq minutes lui ont suffit pour se convaincre de l'état de santé alarmant dans lequel elle se trouve.

La libération de Luis Eladio Perez en compagnie de trois autres otages a été précédée de la remise en liberté de deux otages (Clara Rojas et Consuelo Gonzalez), comme gestes unilatéraux de la guérilla. Puis, Raul Reyes, le numéro deux des Farc, en charge des négociations avec les gouvernements étrangers impliqués dans le processus, a été abattu lors d'une incursion de l'armée colombienne sur le sol équatorien et un autre commandant emblématique a été assassiné par l'un de ses hommes de confiance, infiltré par les services secrets colombiens. Les Farc vont-elles poursuivre ces libérations malgré ces deux coups durs ?

“Les Farc vont libérer de la même façon Ingrid Betancourt et les trois autres otages ‘politiques’ qui restent en leur pouvoir. Et le gouvernement colombien devra répondre à ce geste en libérant, en tant que prisonniers politiques, les guérilleros réclamés par les Farc. Ce qui m'inquiète, c'est le triomphalisme qui règne actuellement chez les troupes colombiennes depuis la mort des deux leaders de la guérilla.”

Après que les troupes colombiennes ont violé le territoire du voisin équatorien afin d'éliminer Reyes, le président Uribe a déclaré à la presse qu'il avait donné la priorité à une solution militaire. Alors que se passera-t-il si le gouvernement décide finalement de tenter un sauvetage militaire des otages ?

“Tout le monde mourra. C'est ce que j'ai dit au président Uribe, et je lui ai dit aussi que les Farc, loin d'être en déroute, sont au contraire plus fortes que jamais. Ils ont beaucoup d'argent, et disposent de plus d'hommes et de territoire qu'avant.”

La liberté

“On a marché sans s'arrêter 230km durant 14 jours. Une douzaine de guérilleros me surveillaient et j'étais sans cesse convaincu que nous étions encerclés. Cette impression s'est transformée en certitude quand j'ai entendu le chef de l'armée colombienne lui-même, le général Padilla, annoncer à la radio qu'ils nous avaient localisés. J'ai eu peur, non de mourir, mais que la guérilla n'interrompe l'opération et ne me réexpédie dans la montagne.”

Luis Eladio raconte que, durant ces deux semaines de marche vers la liberté, sa plus grande impatience était qu'Hugo Chavez, à qui les Farc avaient décidé de remettre les quatre otages, reçoive rapidement les instructions de la guérilla. Plus vite il aurait la localisation des otages, plus vite il agirait et plus grande serait la pression internationale pour éviter un échec de l'opération.

“Cela faisait environ trois ans que nous ne nous étions pas vus.. et tout d'un coup, comme ça, au beau milieu de la jungle, ils étaient là tous les trois, Gloria, Orlando et Jorge Eduardo. Quelle joie immense de nous revoir, qui plus est pour être libérés. Après les larmes, sont venues les blagues…

'Ah comme t'as l'air vieux et moche… et toi alors… Dis donc Glorita t'as pas un peu honte de te montrer dans un état pareil…'

‘Evidemment, je continuais à craindre que tout se casse la figure, et c'est pourquoi, quand on a vu arriver les hélicoptères vénézueliens mais qu'ils n'atterrissaient pas, je me suis mis à courir paniqué vers le centre de la clairière en faisant des gestes avec les mains et en hurlant que nous étions là, qu'ils ne nous laissent pas en plan… Maintenant, quand je revois ces images, je ne peux pas m'empêcher de pleurer.’

L'avenir

Comment conjurer la peur après tant d'échecs ? Comment parvenir à restaurer la confiance entre deux ennemis qui négocient au milieu de tirs croisés et qui s'accusent mutuellement de trahison ?

Les échecs répétés sont dûs à un bras de fer politique. Ni le président Uribe, ni les Farc ne veulent perdre. Je crois que le secret c'est de leur retirer la table pour qu'ils arrêtent, et de leur présenter une proposition dans laquelle les deux sortent gagnants. Les Farc ne vont pas poursuivre les libérations ‘gratuites’ comme la nôtre, mais en même temps ils savent qu'ils ne peuvent pas courir le risque de restituer des cadavres.”

La presse colombienne a révélé que ces derniers temps, Ingrid Betancourt a été conduite à quatre reprises dans des dispensaires pour recevoir des soins, dans l'impénétrable département de Guaviare. La dernière fois, c'était justement le 27 février, au moment où Luis Eladio et les trois autres otages étaient libérés. Ce jour-là, un guérillero s'est approché du curé du hameau et lui a dit : “Mon père, priez pour nous et priez pour Ingrid parce qu'elle va très mal.”

“Vous voulez que je vous dise quelque chose ? La mort d'Ingrid, ce serait le début de la fin des Farc, mais aussi, et le gouvernement colombien doit avoir bien ceci en tête, elle pourrait signifier le début de la fin de la politique du président Alvaro Uribe.”

Traduction : Catherine Segal.

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Portrait de Courageux anonyme

De Glius

20H32 | 29/03/2008 | Permalien

Ingrid sortira t elle vivante de ce conflit ? Espérons le… s'il n'est pas déjà trop tard.
Mais n'oublions pas qu'elle n'est pas la seule victime de ce type de conflit…

Portrait de elisa33

De elisa33

21H15 | 29/03/2008 | Permalien

la France serait prête à accueillir des guérilleros, dit UribeBOGOTA (Reuters) - Le président colombien Alvaro Uribe a déclaré que la France serait disposée à accueillir des guérilleros colombiens qui libéreraient des otages retenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

« Le guérillero qui nous livrerait des otages n'irait pas en prison », a dit Uribe lors d'une visite à San Jose del Guaviare, dans le sud-est de la Colombie.

« On m'a également demandé : est-il possible d'aller à l'étranger ? Et nous avons répondu : oui, il est possible d'aller à l'étranger (…) Nous en avons parlé avec le gouvernement français, qui serait disposé à accueillir une telle personne », a-t-il ajouté.

Le gouvernement d'Uribe a proposé cette semaine de libérer plusieurs centaines de guérilleros en échange de la remise en liberté de Betancourt, captive du mouvement rebelle des Farc depuis février 2002 et dont la santé inspire des inquiétudes.

Les mécanismes envisagés par Bogota pour faciliter la libération des otages s'accompagnent d'un fonds de 100 millions de dollars destiné à verser des récompenses à ceux qui libèrent des captifs.

Il est notamment prévu que les membres des Farc qui choisissent de déserter et de libérer des otages ne soient pas emprisonnés et reçoivent une protection en Colombie ou à l'étranger.

Les autorités colombiennes ont confirmé jeudi qu'Ingrid Betancourt, âgée de 46 ans, était gravement malade, atteinte du virus de l'hépatite B et souffrant de malnutrition.

Javier Mozzo Peña (nouvelobs.)

Portrait de JahRastafari

à elisa33 Portrait de elisa33 De JahRastafari

22H40 | 29/03/2008 | Permalien

« la France serait prête à accueillir des guérilleros »

Je me demande comment cela se conjuguerait avec le fait que que les FARC figurent sur la liste des organisations « terroristes » du conseil de l'Europe (http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/site/fr/oj/2006/l_082/l_08220060321f…) et donc de la France : Aussitôt le sol français foulé, hop en taule !
Rappelons au passage que l'Europe et les USA constituent les (seuls) pays à qualifier les FARC (ainsi que l'ELN d'ailleurs) « d'organisation terroriste ».

Portrait de psyche

à elisa33 Portrait de elisa33 De psyche

Agitateur d'inconscience | 12H52 | 30/03/2008 | Permalien

Bonjour à tous,

Voilà donc l'éclaircissement du discours diplomatique de Super Sarkozy :
-« j'irai moi-même chercher Ingrid Betancourt s'il le faut ! ».
(Il n'a pas dit si Carla l'accompagnerait ,comme Cécilia en Lybie ! ? )

La face cachée de cette super déclaration serait donc :
-« je reviendrai avec des petits gérilleros dans mes valises ».

La phase 1 serait « perçue » comme une action héroïque.(encore faudrait-il transformer ces paroles en actes ! est-ce que Kouchner l'accompagnerait avec son sac de riz sur l'épaule ! ? )

La phase 2 serait « aperçue » comme une nouveau volet de « l'immigration choisie »…

Mais arrêtons là les polémiques et souhaitons simplement la libération d'Ingrid Betancourt avant qu'il ne soit trop tard pour elle.

Portrait de jissé

à psyche Portrait de psyche De jissé

Ingé retraité | 21H42 | 30/03/2008 | Permalien

Bonsoir, Psyché.

Personne ne semble avoir remarqué, en début d'article, le lieu de l'interview :
« Calé dans un fauteuil de l'hôtel Fouquet's à Paris ».

Moi, cela me trouble un peu.

Le Fouquet's, c'est bien le bistro-du-coin préféré de mister bling-bling, non ?

Fort cordialement.

Bonne nuit.

Jissé

Portrait de psyche

à jissé Portrait de jissé De psyche

Agitateur d'inconscience | 15H10 | 31/03/2008 | Permalien

Bonjour jissé,

En effet celà ne m'avait pas échappé ,mais après avoir rencontré « Super Sarko » ,quoi de plus naturel que de finir au Fouquet's ! ? (une récompense en quelque sorte)

De plus comment peut-on en vouloir à un homme qui a passé 7 ans prisonnier dans la jungle ,de savourer le confort luxueux d'un lieu comme celui-ci ? ne soyons pas trop « inhumain » tout de même.

Très cordialement

psyché

Portrait de C. Creseveur

à psyche Portrait de psyche De C. Creseveur

D'actualité | 15H05 | 31/03/2008 | Permalien

Je ne suis pas un spécialiste avisé de ce genre de questions de politique internationale et plus particulièrement de marchandage pour le prix d'une libération d'otages, mais il me semble qu'accepter l'exfiltration d'une centaine, voire plusieurs centaines, de guerilleros est assez inédit, et à la limite choquant.

Tout d'abord il est choquant que l'annonce en ait été faite par Uribe avant même que nous autres français soyons au courant. Fillon s'est d'ailleurs précipité pour rattraper le coup, et je note qu'aucun journaliste ne s'est ému de ce décalage.

Il me semble qu'il s'agit là d'une décision lourde, qui aurait au moins due être discutée au sein d'une commission parlementaire.
Aussi accueillir autant de guerrilleros est un précédent politique inouï, à l'heure où nous rejoignons l'Otan en sous-main pour combattre en Afghanistan, et pourquoi pas bientôt en Irak ! Devrons nous alors recueillir les milices chiites dissidentes ? Les talibans récalcitrants ?
A l'heure où on nous parle d'immigration choisie, c'est effectivement surprenant.

Portrait de Pierrrrre

à elisa33 Portrait de elisa33 De Pierrrrre

13H27 | 30/03/2008 | Permalien

 »….la France serait prête à accueillir des guérilleros…. »

==> oui, bien sur, avec femmes et enfants, et leur donner la nationalité française, on a l'habitude, et un de plus ou un de moins….

Portrait de Charles Mouloud

De Charles Mouloud

Bras gauche de la Vénus de Millau | 21H40 | 29/03/2008 | Permalien

Merci pour ce document.

Portrait de Thiery

De Thiery

01H15 | 30/03/2008 | Permalien

Oui merci pour ce texte ….. Rien à dire …. Juste lire …. Et espérer qu'Ingrid Bétancour est vivante, les autres aussi, que les infos, les propositions des uns et des autres soient sincères. Cela fait beaucoup de conditions, de paramètres.
Il y a urgence, c'est là notre seule certitude ….
Quelles sont donc les « valeurs » politiques des FARC défendues par de telles pratiques ? Peut on justifier de la défense des plus hautes valeurs humanistes, communistes par un comportement aussi barbare ? j'allais dire bestial mais il n'y a pas d'animaux sur terre qui se comporte ainsi, seul l'Homme, lui même sorti de l'animalité y parvient.
Rien ne peut justifier cela, même le si nécessaire combat contre l'extrême droite colombienne au pouvoir.
Faut il se faire plus diable que le diable pour l'emporter ?
D'autres combats, d'autres luttes sont menées de par le monde.
En birmanie une femme, à Daramsala un homme, en Iran et partout dans le monde .
Il y a quelques années, un homme seul ou presque a résisté dans une pauvre vallée du Penshir contre tout un Empire . Cet homme là refusait l'utilisation de la torture,de la prise d'otage, du financement par la drogue, cet homme là refusait la bonne fin par n'importe quel moyen. Il s'appelait Massoud. Il est mort et celui qui nous l'a fait connaitre aussi mais reste le parcours, le combat, les convictions.
Il faut lire les livres de Christophe de ponfilly.
Aucun combat, si juste soit il, ne peut se mener avec d« aussi injustes moyens.

Portrait de CN46400

De CN46400

09H17 | 30/03/2008 | Permalien

Qui n'écoute qu'une cloche n'entend qu'un son !

Ce député a souffert, c'est sûr, mais que pense-t-il des 5000 cadres, dont des députés, du parti « Union Patriotique » , émanation légale des FARCs aprés négociation avec Pastrana, predesseseur de Uribe, qui ont été assassinés à la fin des années 90 par les para militaires ? Dans notre bas monde rares sont ceux qui tendent deux fois la même joue ! Uribe ne tiend pas son pouvoir de rien, en Colombie comme partout la démocratie ne peut être réservée qu'à quelques'uns !

Portrait de Servais-Jean

à CN46400 Portrait de CN46400 De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 12H42 | 30/03/2008 | Permalien

Les chiffres et les dates sont erronnés mais l'esprit y est et c'est le principal.

Dans « la-bas.org » ceux qui veulent en savoir plus y trouveront de quoi les satisfaire.

Dans son blog Danièle Mitterand donne un éclairage encore plus large sur la Colombie.

http://danielle-mitterrand.blog.lemonde.fr/

Portrait de Pierrrrre

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De Pierrrrre

21H55 | 02/04/2008 | Permalien

 »………Dans son blog Danièle Mitterand donne un éclairage encore plus large sur la Colombie……… »

==> Danièle Mitterrand qui a oeuvré pour le libération des terroristes d'Action Direct.

Par le biais de son association France-Libertés, elle soutien activement tous les mouvements terroristes marxistes et islamistes de la planete.

Elle a protégé, et contribué à cacher Cesare Battisti condamné en Italie, pour assassinat et complicité d'assassinat.

C'est un soutien actif de la dictature Cubaine (bise faite en public lors d'une visite de Fidel Castro à Paris)

Evidemment, évidemment que Danièle Mitterrand est un soutien inconditionnel des FARCS colombiens !
Et qu'elle trouvera mille reproches à faire au président colombien qui essaye de combattre ses amitiés douteuses entachées de marxisme et d'assassinats sommaires.

Portrait de Thiery

à CN46400 Portrait de CN46400 De Thiery

13H44 | 30/03/2008 | Permalien

Qui a dit le contraire ! Je vais même plus loin, je parle d'extrême droite au pouvoir ! Et en Amérique du sud nous savons ce que cela veut dire.
Mais je repose la question, la seule qui vaille : Doit on utiliser les mêmes moyens que l'adversaire ? Ou est le message pour le peuple si la philosophie sous tendue par les actes est la même des deux côtés ? Ou est l'espoir ?
Les Farc portent elles un autre message que ceux d'en face.
Qui pourrait avoir encore une once de confiance envers Les Farc,le petit peuple colombien, le monde syndical, les intellectuels, les artistes ? Ceux là sont pris entre deex feux, entre deux folies, entre deux monstruosités.
Ingrid Bétancour commençait à représenter une autre voie possible. Devenue une icône internationale, sa mort serait catastrophique pour les deux camps et signerait sans doute la fin de leurs pouvoirs. Sauvée aussi ! Comment imaginer qu'elle cessera ses activités si elle en revient avec suffisamment de forces.
Vivante ou morte, c'est partie perdue pour les deux camps qui ne valent guère mieux l'un que l'autre, c'est pourquoi sa mort est inutile pour eux, c'est trop tard.
D'une certaine manière, elle a gagné. Pour cela nous lui devons fidélité en acte et en pensée.

Portrait de CN46400

à Thiery Portrait de Thiery De CN46400

09H06 | 31/03/2008 | Permalien

Si les FARCs existent depuis un demi-siècle, c'est bien que quelque chose ne tourne pas rond dans la démocratie Colombienne. En fait le rubicon a été franchi à la veille des élections de 1948 lors de l'assassinat de Gaitan, candidat de la gauche, et du déclenchement des émeutes du « bogotazo ». Depuis la droite « gagne » toutes les élections !

Portrait de zorbek

à CN46400 Portrait de CN46400 De zorbek

20H31 | 01/04/2008 | Permalien

Je peux comprendre que qc ne tourne pas rond en Colombie mais je vois mal comment l'assassinat d'un candidat de gauche en 1948 peut justifier 60 ans plus tard l'assassinat de paysans qui ont eu le tort de résister à leur racket, ni l'enlèvement crapuleux de milliers de personnes dans le but lucratif d'extraire un max de dollars. J'ajouterai que prendre en otage une femme courageuse qui voulait précisément tenter d'établir un dialogue avec eux est la démonstration on ne peut plus claire que les FARC n'ont rien à proposer et ne sont rien d'autre qu'une bande de malfrats opportunistes et sans scrupules. Il faut vraiment avoir des oeilleres bien solides pour ne pas s'en appercevoir…

Portrait de CN46400

à zorbek Portrait de zorbek De CN46400

07H19 | 02/04/2008 | Permalien

« les FARC n'ont rien à proposer et ne sont rien d'autre qu'une bande de malfrats opportunistes et sans scrupules. »

C'est bon,c'est des méchants et Uribe un gentil qui n'a jamais trafiqué dans la coke et qui ne mange pas dans la main de la CIA ; y a plus qu'à continuer pendant 60 ans de plus !

Portrait de zorbek

à CN46400 Portrait de CN46400 De zorbek

20H02 | 02/04/2008 | Permalien

« Uribe un gentil qui n'a jamais trafiqué dans la coke et qui ne mange pas dans la main de la CIA »
Les crimes et traffics de l'un ne justifient pas ceux de l'autre. Je ne vois d'ailleurs pas en quoi les FARC représententeraient une alternative, ils démontrent exactement le contraire. Uribe n'est pas Hitler et si son régime n'est pas idéal, s'en débarasser (électoralement) n'est pas impossible, ce qui n'est pas le cas des malfrats dont il est question. Au vu de leurs agissements, leur donner une crédibilité politique ou morale est un grotesque non-sens. Bétancourt agent de la CIA peut-être ?

Portrait de marie 75

à Thiery Portrait de Thiery De marie 75 3563

08H44 | 31/03/2008 | Permalien

swissinfo :
Ingrid Betancourt s'est inquiétée de la campagne en sa faveur
Bogota - Ingrid Betancourt, otage de la guérilla colombienne des Farc depuis 2002, s'est inquiétée de la campagne internationale en sa faveur, a révélé un ex-otage qui a été détenu avec la Franco-Colombienne. Selon elle, les démarches entreprises ne font qu'augmenter sa valeur d'échange et de ce fait compromettent sa libération.

L'ancien parlementaire Luis Eladio Pérez a également indiqué dans un entretien publié par la revue Semana que la campagne en faveur de la libération d'Ingrid Betancourt a « provoqué beaucoup de jalousies à son encontre ». M. Perez qui avait tenté de s« évader avec Ingrid Betancourt était devenu pendant quatre ans le confident de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle colombienne.

L'ancien otage a également déclaré qu'Ingrid Betancourt “n'était pas seulement confrontée à la privation de sa liberté, mais aussi à l'entourage des autres otages, en étant une femme au milieu de beaucoup d'hommes en abstinence sexuelle depuis 10 ans”, a-t-il dit en faisant allusion à plusieurs policiers otages des Farc.

Ingrid Betancourt fait partie des 39 otages dits “politiques” que les Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc), en lutte contre les autorités colombiennes depuis 1964, proposent d'échanger contre 500 guérilleros emprisonnés.

L'ancien parlementaire qui a été libéré unilatéralement par la guérilla le 27 février dernier avec trois autres anciens élus a répété que Mme Betancourt a été enchaînée après sa tentative d'évasion.

L'ancien sénateur a vu Ingrid Betancourt pour la dernière fois le 4 février dernier, alors qu'elle se trouvait déjà, selon lui, en mauvaise santé.

SDA-ATS, 31/3/2008

Portrait de Yémi

De Yémi

21H55 | 29/03/2008 | Permalien

Ingrid Bétancourt, libérée ou pas, morte ou non. Ça me fait une belle jambe.

Portrait de FREDERIC 67

à Yémi Portrait de Yémi De FREDERIC 67

22H54 | 29/03/2008 | Permalien

c'est parce que vous êtes déjà mort, rassurez vous, vous ne sentirez plus rien

Portrait de lioe

à Yémi Portrait de Yémi De lioe

berlin | 23H28 | 29/03/2008 | Permalien

Bonsoir yemi

Vous avez raison que ce soit Ingrid Betancourt n est pas important.Ce qui m interresse et m inquite c est qu une femme est detenu loin de sa famille et de ses enfants,et cela en dehors de toute consideration politique.
Dites moi, c est quoi alors qui vous fait une belle jambe ?

Portrait de ClaireChar

à lioe Portrait de lioe De ClaireChar

10H24 | 31/03/2008 | Permalien

Alors je ne soutiens pas les propos de Yemi, mais de là à dire qu'une « femme est détenue loirs de sa famille en dehors de toute considération politique »
Faut pas quand même pas exagérer
Ingrid Betancourt est un otage politique elle a été volontairement se mettre dans la gueule du Loup donc plus que beaucoup des autres otages non politiques des FARC son enlèvement et sa détention est un acte politique
qu'on approuve pas c'est normal mais pensons aussi à tous les paysans, flics qui eux ont rien demandé à eprsonne et se retrouvent également en captivité
maintenant pour autant je souhaite qu'elle soit libérée avant qu'il ne soit trop tard mais n'en faisons absolumment pas le cas d'une apuvre mère de famille innocente victime de la barbarie terroriste c'est pas exactement le cas non plus.

Portrait de lioe

à ClaireChar Portrait de ClaireChar De lioe

berlin | 21H57 | 31/03/2008 | Permalien

Bonsoir Claire

Je parlais de mes convictions politiques, je ne suis pas bon en expression ecrite

Bonsoir

Portrait de monika

à Yémi Portrait de Yémi De monika

ex secrétaire médicale | 07H55 | 30/03/2008 | Permalien

A yémi :

Vous avez déjà perdu votre cerveau, est-ce que vous avez un pied au bout de votre belle jambe ? Si oui réservez le pour vous foutre des coups de pied au cul à chaque fois que vous sortirez de telles monstruosités !

Portrait de parisi

De parisi

21H57 | 29/03/2008 | Permalien

Le gouvernement colombien veut la perte des Resistants colombien et surtout il a les amerloch a c'est cote. donc il va jouer au poker tout en utilisant la force pour gagner la partie. Pour les idiots qui croivent Uribe et compagnie, bonsoir …

Portrait de Servais-Jean

à parisi Portrait de parisi De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 22H47 | 29/03/2008 | Permalien

Le double voire triple jeu d'Uribé est évident.

-Le simple jeu c'est qu'il demande la libération d'Ingrid.
-Le double jeu c'est qu'il travaille pour garder le pouvoir en jouant à la victime des FARC.
-Le triple jeu c'est qu'il obéit aux USA qui ne supportent pas la gauchisation de l'amérique latine.

Il semble que les enfants d'Ingrid Bétancourt aient compris ce jeu mortel et en arrivent au point de demander à Uribé de faire l'impasse sur tout et de se concentrer uniquement sur le sort d'Ingrid quoi qu'il lui en coûte.

Analyse trés bien faite par Danièle Mitterand dans son Blog. Voir son article du 12 mars 2008 intitulé « Grand domaine, déclinaison colombienne »

http://danielle-mitterrand.blog.lemonde.fr/

Portrait de Pierrrrre

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De Pierrrrre

10H14 | 30/03/2008 | Permalien

 »…..Analyse trés bien faite par Danièle Mitterand dans son Blog….. »

==> Danièle Mitterrand qui a oeuvré pour le libération des terroristes d'Action Direct.

Par le biais de son association France-Libertés, elle soutien activement tous les mouvements terroristes marxistes et islamistes de la planete.

Elle a protégé, et contribué à cacher Cesare Battisti condamné en Italie, pour assassinat et complicité d'assassinat.

C'est un soutien actif de la dictature Cubaine (bise faite en public lors d'une visite de Fidel Castro à Paris)

Evidemment, évidemment que Danièle Mitterrand est un soutien inconditionnel des FARCS colombiens !
Et qu'elle trouvera mille reproches à faire au président comombien qui essaye de combattre ses amitiés douteuses entachées de marxisme et d'assassinats sommaires.

Portrait de Kara

à Servais-Jean Portrait de Servais-Jean De Kara

Itinérante | 11H01 | 31/03/2008 | Permalien

Oui. Mais franchement, comment peut-on croire qu'Uribe lâchera 500 guérilleros ? ? ? ? Il ne le fera jamais. Il est en position forte dans son pays ! ! Il l'a toujours dit et ça s'est vérifié lors de l'attaque sur les terres équatorienne contre Raul Reyes, il n'y aura pas d'échange humanitaire, seule la force militaire sera utilisée.

Portrait de dulconte

à parisi Portrait de parisi De dulconte

Mordu par un fachogarou | 01H55 | 30/03/2008 | Permalien

Parisi, votre antiaméricanisme défi l'entendement.

Uribe et sa clique sont des ordures.
Les Farcs sont des ordures.
Les paramilitaires sont des ordures.
Les autres groupes de guerilloros sont tout autant de ordures.

Il est étonnant que tout ce petit monde ne s'entende pas mieux. Il

Au milieu de tout ça les Colombiens essayent de vivre dans leur magnifique pays….

Traiter les FARCS de résistants franchement, p'tre dans les années 80 et encore. J'espère que vous ne considérez pas le sentier lumineux comme un groupe résistant, ça serait un comble.

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