Profitant du vide juridique, une association propose d'envoyer à ses « clients » un nécessaire pour se suicider grâce à de l'hélium.

SUICIDE n. m. Moyen par lequel un employé sabote l'image de son entreprise en se pendant dans les locaux.(De Genève) La Suisse, pays des banques, des montres, des montagnes, du chocolat et du suicide… à l'hélium. Depuis un bon mois, Diginitas propose à ses « clients » cette nouvelle voie vers l'au-delà. Officiellement, l'euthanasie est ici interdite. Mais officieusement, la Suisse, comme les Pays-Bas, la Belgique et l'Etat de l'Oregon, aux Etats-Unis, tolère le suicide assisté et médicalisé à condition qu'il s'agisse d'un acte « altruiste et sans mobile égoïste ».
Chantal Sébire qui réclamait à corps et à cri que l'Etat la laisse mourir, n'aurait donc eu aucune peine à passer de vie à trépas dans la Confédération. Ainsi va le tourisme de la mort. Un tourisme dont se passeraient bien les Suisses à vrai dire…
Mais revenons à Dignitas, qui se bat depuis des années pour légaliser la mort programmée et qui a aidé plus de 300 personnes en 2007. Dirigée par Ludwig A. Minelli, un ancien journaliste et juriste d'une septantaine d'années, l'association fournit donc à ses nouveaux candidats pour le grand voyage une bombonne d'hélium avec un sac plastique. A eux, quand ils se jugent prêts, de mettre ce dernier sur leur tête, de le fermer avec une sangle à la hauteur du cou et ensuite de libérer l'hélium. La mort est rapide, sans douleur, sans trace, selon Dignitas. Après environ une minute la personne perd conscience et son cœur s'arrête de battre quelques instants après.
Pour l'association basée à Forch, près de Zurich, le recours à l'hélium est aussi une manière de passer outre l'avis des médecins. Jusqu'à aujourd'hui, ils étaient les seuls à donner les clefs du monde des morts sous la forme d'une prescription de natrium pentobarbital (NAP), un psychotrope létal de la famille des barbituriques.
Et pour mieux expliquer sa nouvelle démarche et pour se couvrir judiciairement, Dignitas diffuse largement les images de personnes qui se sont données la mort en utilisant de l'hélium, un système bon marché : 300 francs contre 40000 francs pour le cocktail de la mort au NAP. Une somme que certains candidats au suicide étaient prêts à débourser pour mourir.

Le procureur zurichois Andreas Brunner a été un des premiers à recevoir les photos que Ludwig A. Minelli envoie dans un acte de militantisme. Il en est encore choqué. Pour le magistrat Brunner, ces clichés sont insoutenables : les personnes ont des spasmes durant de longues minutes avant de mourir. « Le NAP est beaucoup mieux adapté au suicide », affirme-t-il.
Mais avant de lancer des procédures pénales contre Dignitas, qui profite du vide juridique actuel, l'homme de loi de la capitale financière de la Suisse appelle le gouvernement fédéral à mettre fin à la zone grise qui entoure l'euthanasie dans le pays. En clair : le conseil fédéral doit légiférer. Ce qu'il avait refusé de faire l'automne dernier en expliquant qu'une réglementation fédérale –pourtant déjà élaborée- conférerait aux organismes comme Dignitas une forme de reconnaissance étatique qui pourrait encourager le tourisme de la mort.
N'empêche, depuis le 18 février, jour où le premier candidat à l'hélium s'est donné la mort à Zurich, trois autres personnes ont suivi cette voie. Ludwig A. Minelli, qui ne ménage pas ses efforts pour diffuser son message dans les médias suisses, mais aussi allemands, ne cache pas que sa liste d'attente est pleine et sa technique du suicide à l'hélium facilement exportable. Le patron de Dignitas propose d'ailleurs d'envoyer un DVD de démonstration à toute personne intéressée. Qu'elle soit à Paris, Londres, Berlin ou Monaco.
Mais avant d'exporter sa méthode inspirée, selon nos recherches, par « Final Exit », véritable mode d'emploi du suicide à l'hélium écrit par Derek Humphry et traduit en plusieurs langues –un DVD publié en 2007 est même disponible sur le Net-, Dignitas doit convaincre l'opinion publique suisse qui est divisée sur le sujet.
D'un côté, les Helvètes comprennent que le suicide assisté doit être accordé aux personnes en fin de vie et dont la maladie est incurable et qui provoque des souffrances physiques et psychologiques graves. Mais dans le même temps, ils sont choqués par la méthode.
Dans le « Blick », le plus grand journal de Suisse, Urs Stoffel, le président de l'association des médecins zurichois s'insurge : « C'est digne des méthodes du troisième Reich. » Comme en France, le débat sur l'euthanasie fait rage.
Dessin : Charb




















127
(Pour réagir, connectez-vous)
à Thiery
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 13H38 | 29/03/2008 |
L'auteur du livre a eut une correspondance avec un ado concernant une « recette », cet ado s'est suicidé.
Interdiction du livre et création du délit d'incitation au suicide ont suivis…
De La Boulette
13H54 | 28/03/2008 |
300 francs suisses, ça fait 190 euros pour un sac en plastique et une bouteille d'hélium… Contrairement à ses clients, ce monsieur Minelli ne manque pas d'air.
http://boulettemoutarde.blogspot.com
à La Boulette
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 19H47 | 28/03/2008 |
Joliment dit.
Joliment dit.
Joliment dit.
(je n'ai pas grand chose à dire, pardon)
De Gringo
| 14H09 | 28/03/2008 |
« Yes, “n” how many years can some people exist Before they're allowed to be free ? »
Robert (Allen) Zimmerman
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
15H21 | 28/03/2008 |
Consommez les fraises d'Espagne ou du Maroc(surtout Espagne)
….
Et attendez..
Recommencez….la dégustation ..
Elle finira par vous être fatale…
à supprimé à la demande du riverain 28.04.09
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H05 | 28/03/2008 |
Ou les steaks hachés de Leclerc, Carrefour, Monoprix, etc. ?
http://www.bakchich.info/article3125.html
De eelisa
Délinquante au coin de la rue | 15H34 | 28/03/2008 |
Entre charb et les posts j'ai bien ri !
merci !
Mais la photo, c'est pour rire ?
Il est quand même pas en train de se suicider en direct !
à eelisa
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 15H48 | 28/03/2008 |
T'inquiète ! En Chine c'était en différé et ils ont mis des zimages de lui en train de faire un 110m haies !
à eelisa
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 15H50 | 28/03/2008 |
J'ai le même ressenti l'excellent dessin de Charb était largement suffisant. Dommage !
à eelisa
De Arnaud Aubron
Rue89 | 20H43 | 28/03/2008 |
Non, c'est le démonstrateur de l'association. Il existe une vidéo, dont l'image est extraite.
De guerzit
Incomprenant majeur | 15H43 | 28/03/2008 |
Une autre autre solution existe ; la fraise espagnole ! ! !
De Zoup
En rappel par rapport au système | 16H32 | 28/03/2008 |
Une chose est claire : je n'irai pas en maison de retraite. Certains peuples ont la sagesse d'avoir des traditions qui permettent aux plus âgés, lorsqu'ils sentent que le temps venu, d'aller s'asseoir en haut d'une montagne ou de s'isoler dans un coin de banquise pour attendre la mort, sereinement.
Est-ce un avenir enviable, pour une personne ayant bien vécu, d'attendre la mort avec plantés sur le dos des charognards avides de siphonner leur bien (les maisons de retraite, médecins et autres personnel vivant de ce commerce) ?
Est-ce un avenir enviable, pour une personne ayant soif de vivre, de végéter sur un lit d'hôpital avec des tuyaux partout ?
Certes, la mort apparaît comme effrayante, dans nos sociétés qui tentent de l'escamoter. Mais c'est aussi simplement la fin de la vie, et on peut avoir besoin de choisir comment la finir.
A l'heure où le spectre du vieillissement de la population effraie, où les coûts de la santé explosent, on ne peut décemment pas imposer aux gens d'attendre dans l'antichambre de la mort contre leur gré.
Il est urgent de proposer un cadre éthique, légal et médical à ceux qui souhaitent tirer leur révérence.
à Zoup
De 3-bastet
électron libre | 10H11 | 29/03/2008 |
Zoup bonjour,
Très respectable d'aller se retirer, sur une montagne ou une dune, face à la beauté de la nature.
Mais « végéter dans un hôpital avec des tuyaux partout », là je suis en désaccord avec vous. Un médecin, digne de ce nom( ? ) ne devrait proposer et décider de faire une réanimation que si il sait qu'il pourra enlever les dits tuyaux. Le but est de permettre au patient de récupérer, non pas ce qu'il était auparavant, mais une autonomie.
L'un des problèmes majeurs est l'absence de critères surs, prédisant l'évolution.
Il me semble important de pouvoir parler, en particulier de la mort, de mettre des jalons et de ne pas être pris au dépourvu devant une situation dramatique et aigüe.
De Ramses
16H46 | 28/03/2008 |
Juste un commentaire, si vous trouvez que Blick est le plus grand journal Suisse, alors il faut peut être préciser que c'est par le tirage, parce que pour la qualité…..
Comme disait Coluche, journal a grand tirage, très bien pour allumer la cheminée
De Phil2922
Retraite invalidité | 17H06 | 28/03/2008 |
Vite, il faut envoyer le Kit à Sarkozy… !
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De A.V.
tamagotchi89 | 20H56 | 28/03/2008 |
Sarko a déjà le « kit Carla ». Elle va nous l'épuiser en moins de deux. Dans trois ans, il sera à la tisane et au couché à 8h00.
à A.V.
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 03H43 | 29/03/2008 |
Vous pensez qu'elle s'est dévoué(e) pour nous ?
à Claude PELLETIER
De A.V.
tamagotchi89 | 08H12 | 29/03/2008 |
Objectivement, je ne vois pas autre chose.
De otto didakt
citoyen en colère | 17H42 | 28/03/2008 |
je propose de remplacer l'hélium par le zyglon b
il parait que c'est très efficace.
à otto didakt
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 01H24 | 29/03/2008 |
Zyclon ! con
à otto didakt
De Alvianaud
born again | 11H46 | 29/03/2008 |
Excusez ce pauvre Otto, il n'a pas grand-chose dans le Zitron.
à Alvianaud
De otto didakt
citoyen en colère | 14H16 | 29/03/2008 |
zitron pressé bien sur !
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
17H55 | 28/03/2008 |
Le banquier suisse retrouvé mort il y a quelques temps
vêtu d'une simple combinaison en latex a peut-être utilisé ce moyen,puisqu'il avait enfilé le costume qui va très bien avec la bombonne….
De Tita
oiseau | 17H56 | 28/03/2008 |
A l'époque où j'avais dû étudier le problème de l'euthanasie, j'en étais arrivé à la conclusion d'un choix de société, moins éthique que matériel.
En effet, j'avais lu quelques rapports parlemantaires (Belges) et d'associations diverses, et je me souviens encore du cas d'un individu qui avait demandé plus d'une trentaine de fois l'euthanaisie. Puis, cet individu fut placé en centre de soins paliatif et ne l'avait plus jamais réclamé.
Le choix, c'est que les centres de soins paliatif coutent chers, très chers, tandis que l'euthanasie coutent moins cher mais est plus gènant au niveau de l'éthique traditionnelle. Quelqu'un a-t-il plus d'information sur cette relation « euthanasie » et « centre de soins paliatif » ?
à Tita
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 18H07 | 28/03/2008 |
Mis à part votre question concernant le centre de soins palliatifs, votre conclusion est pour le moins étonnante - à moins que vous ne vouliez dire qu'il ne s'agisse pas simplement d'une question idéologique, ou de valeurs morales (la bonne vieille interdiction chrétienne du suicide) mais qu'il y a aussi derrière des intérêts économiques et des enjeux politiques.
Tout ça reste bien une question éthique, qui concerne bien entendu plus de gens que les simples comités d'experts, fût-ils experts en bioéthique.
à Network 23
De Tita
oiseau | 18H22 | 28/03/2008 |
De ce que j'avais lu, il n'y avait pas photo. Les enjeux économiques et politiques étaient bien présents.
Quant à l'éthique, cette notion est à double tranchant, car c'est opposer l'espoir, l'ignorence du fait qu'on puisse trouver une solution demain, la responsabilité assassin d'un tiers, etc… au droit de disposer de son corps et de son destin dans un sentiment de liberté réelle.
J'avais eu l'impression (ce n'était qu'une impression peut-être) que la peur d'affronter un tel débat, si sensible, conduisait le dit débat sur un terrain beaucoup plus matériel. Mais je ne vois rien d'étonnant à cela.
De 3-bastet
électron libre | 18H37 | 28/03/2008 |
Bonjour Tita,
Dans certains cas la douleur, physique, morale, l'inconfort sont tels que la vie n'est plus possible pour le patient. Il se replie sur lui même, devient en quelque sorte « autiste », il ne communique plus.
En résolvant une partie de ces problèmes avec une équipe de soins palliatif (médecin, kinésithérapeute, psychologue, etc…) le patient « reprend » goût à la vie. C'est une prise en charge longue, qui demande du temps, avec de multiples intervenants, qui s'adresse aussi à l'entourage. Trop coûteux !
Les équipes et services de soins palliatifs sont si peu nombreux, si rares, difficelement accessibles.
De même les centres de la douleurs sont rares, les listes d'attente longues.
Rendre leur dignité aux patients en fin de vie et leur permettre de « vivre » leur mort avec leur entourage est difficile à appliquer, faute de moyens…
à Tita
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 20H29 | 28/03/2008 |
Je crois qu'il y a mécompréhension de ce que recouvre le terme d » « éthique ».
D'abord, ce n'est pas une notion, mais le nom qu'on donne à ce qu'on appelle aussi, parfois, « philosophie morale ».
Il s'agit d'éclairer les enjeux éthiques en montrant les contradictions, les cas moraux particuliers posés, les dilemmes, etc.
Par exemple, le cas bien connu de « a-t-on le droit de mentir pour sauver un ami ? » (version Décalogue 8 de Kieślowski : « a-t-on le droit de mentir pour sauver un petit enfant juif, à Varsovie en 1942 ? »)
L'éthique n'est pas « à double tranchant », elle est censée mettre en lumière la nature problématique des choix moraux.
Enfin, opposer l'éthique à l'économique, au politique, etc., n'est qu'une façon commode de parler. Une éthique qui ne prendrait pas en compte les enjeux économiques, politiques, etc., serait ce qu'on appelle, en philosophie, pure ratiocination, spéculation abstraite.
Même Kant, dont on accuse la morale fondée sur l'impératif catégorique d'être pure intentionnalité, concevait que la morale n'avait aucun sens si l'impératif qu'elle dictait ne pouvait avoir aucune effectivité pratique.
En termes weberiens, l'éthique de conviction ne va pas sans éthique de la responsabilité, sinon elle n'est que pure casuistique jésuite. Kant a notamment écrit pour cela l'opuscule « Idée d'une histoire du point de vue universelle. »
Maintenant, que la peur d'affronter le débat conduit à le réduire à des enjeux techniques ou économiques, rien de moins surprenant - toutes proportions gardées, on fait la même chose quand on réduit la question du nucléaire à un problème technique, alors qu'il en va non seulement d'un enjeu écologique, mais avant tout politique :
les décideurs ont-ils le droit de soumettre les populations à un risque (sans entrer dans le débat piégé d'avance par les lobbies sur la teneur réelle de ce risque) sans donner à celle-ci les possibilités de se déterminer librement en toute connaissance de cause ?
A-t-on le droit d'obliger les citoyens, réduits à des consommateurs, à manger des steaks hachés frelatés ou du maïs OGM, en écartant toute étude scientifique indépendante ou toute réflexion d'ensemble sur l'agro-industrie & l'industrie génétique ?
Tout cela concerne bien sûr l'éthique, et donc la politique, sauf à considérer que l'éthique ne traite que de questions morales individuelles et non collectives.
De le Rat de bibliothèque
thésarde | 18H40 | 28/03/2008 |
Je n'aime pas votre dessin qui ne me fait pas rigoler du tout car j'ai été personnellement confrontée à ce problème et j'en ai un souvenir abominable. Bon, assez de confidences. Mais ménagez un peu ceux qui ont dû un jour……stop.
Je trouve l'idée de kit suicide ahurissante, qu'est-ce qui prouve que ça ne servirait qu'à des malades incurables qui choisissent d'arrêter de souffrir et pas à des ados ruminant leur premier chagrin d'amour ? A des travailleurs ruminant leur quinzième licenciement… ou à des mecs complètement pétés qui voudraient voir l'effet que ça fait ? Tous ceux-là pourraient très bien se consoler par la suite !
Chagrin d'amour ne dure qu'un instant
Plaisir d'amour dure toute la vi-i-e (J'aime mieux cette version là)
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 19H15 | 28/03/2008 |
Prévert , à qui on demandait si il n'avait jamais pensé mettre fin à ses jours avait alors répondu : » Si , souvent , mais je n'ai jamais su par lequel commencer ! »
Le problème lorsqu'on veut « divorcer » de la vie reste la question du consentement mutuel.