A la Une 28/03/2008 à 20h00

A 84 ans, Mugabe candidat au despotisme éternel au Zimbabwe

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

Son pays est en ruine, il a 84 ans et il règne depuis 28 ans... Et pourtant, Robert Mugabe se présente pour un sixième mandat, samedi, à l'élection présidentielle au Zimbabwe, et a fait en sorte de ne pas pouvoir perdre !



Le président Mugabe après avoir voté, samdi à Harare (Howard Burditt/Reuters)

Deux candidats se présentent contre le « père de l'indépendance » de l'ex-Rhodésie : son éternel rival Morgan Tsvangirai, et un ancien membre du parti au pouvoir, Simba Makoni, exclu pour s'être proclamé candidat contre la président sortant. Les deux hommes participent à cette élection sans illusion, après une campagne marquée par l'intolérance de la Zanu-pf, le parti de Mugabe, et par la perspective de la fraude organisée par l'administration aux ordres du pouvoir. Le gouvernement zimbabwéen a refusé la présence d'observateurs occidentaux, privilégiant les observateurs russes, iraniens ou vénézuéliens.

La question à l'ordre du jour au Zimbabwe n'est donc pas tant de savoir qui gagnera l'élection de samedi, mais quand et comment Robert Mugabe finira pas abandonner le pouvoir. Naturellement en fonction de son age, par une révolution de palais tant son entourage semble aujourd'hui divisé, ou plus violemment encore si son peuple décide un jour qu'il en a trop subi sous la férule de cet homme élu pour la première fois en 1980 porteur de tant d'espoirs, et qui a tant déçu. Le spectre des événements du Kenya et des violences post-électorales de janvier est dans tous les esprits.

Un quart de la population du pays s'est déjà enfuie à l'étranger pour survivre, errant dans les villes sud-africaines en quête de petits boulots alimentaires ; le pays vit avec une inflation sans équivalent de ... 100000% (si ça a encore un sens ! ) ; et autrefois grenier à blé de l'Afrique australe, il reçoit aujourd'hui une aide alimentaire vitale pour une bonne partie de la population. L'économie s'est écroulée, et aura besoin d'un sacré ballon d'oxygène pour redémarrer, mais aussi et surtout de confiance.

Les pressions internationales sur le Zimbabwe ont échoué ; les pays africains, et en particulier l'Afrique du Sud, ont reculé devant l'obstacle et toléré les outrances d'un homme qui a mené son pays et son peuple dans l'impasse. Les Zimbabwéens sont donc seuls dans un huis-clos avec un despote octogénaire qui n'aura connu, dans sa vie, que la guerrilla marxiste mâtinée d'éducation jésuite, et 28 ans de pouvoir absolu entamé par une répression sanglante au Matabeleland et poursuivie par une fuite en avant suicidaire. Ses successeurs, un jour prochain, auront tout à reconstruire sur un champs de ruine.

A lire : Robert Mugabe, libérateur du Zimbabwe devenu oppresseur.

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    C'est nous les Africains
    Qui revenons de loin
    Nous venons des colonies
    Pour sauver la Patrie
    Nous avons tout quitté
    Parents, gourbis, foyers
    Et nous avons au cœur
    Une invincible ardeur
    Car nous voulons porter haut et fier
    Le beau drapeau de notre France entière
    Et si quelqu'un venait à y toucher
    Nous serions là pour mourir à ses pieds
    Battez tambours, à nos amours
    Pour le pays, pour la Patrie
    Mourir au loin
    C'est nous les Africains.
    I
    Nous étions au fond de l'Afrique
    Gardiens jaloux de nos couleurs,
    Quand sous un soleil magnifique
    A retenti ce cri vainqueur
    En avant ! En avant ! En avant !
    II
    Pour le salut de notre empire
    Nous combattons tous les vautours
    La faim, la mort nous font sourire
    Quand nous luttons pour nos amours
    En avant ! En avant ! En avant
    III
    De tous les horizons de France
    Groupés sur le sol africain
    Nous venons pour la délivrance
    Qui par nous se fera demain
    En avant ! En avant ! En avant !
    IV
    Et lorsque finira la guerre
    Nous reviendrons dans nos gourbis ;
    Le cœur joyeux et l'âme fière
    D'avoir libéré le pays
    En criant, en chantant : en avant !

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