(Du Touquet) Dans les provinces chinoises, les révoltes se multiplient : 200 par jour selon les derniers chiffres officiels, mais sans doute plus. Présenté en compétition officielle au Figra, le documentaire « Colère de Chine » rappelle opportunément que la Chine gronde aussi de l'intérieur.
« En Chine, c'est une tradition : à chaque fois qu'un empereur est renversé, c'est à la suite d'une révolte de paysans. »
Dissident emblématique du Printemps de Pékin, Han Dongfang espère que ces révoltes finiront par faire plier le pouvoir. Il reçoit de plus en plus d'appels à Hong Kong, où il anime une émission sur Radio Free Asia. Des appels de paysans en colère contre des expropriations, des extensions d'industries, ou qui crient simplement leur faim… Une situation que le documentaire « Colère de Chine », réalisé par Marie Stéphane, Jean Lapierre et Jean Eifer, explore en 22 minutes. Une visite dans l'arrière-cuisine, peu reluisante, du boom économique chinois (voir la vidéo) :
Le reportage s'attache d'abord à un village du Guangxi où le traitement du manganèse empoisonne le quotidien des habitants. Ils ont manifesté. La police a réprimé. Les potentats régionaux du PCC sont aussi montrés du doigt par les villageois de Taishi, dans la province du Guangdong. Expropriés pour une extension d'usine, ils réalisent que la majorité des dédommagements versés par l'entreprise sont partis dans la poche de leurs gouvernants. La répression de leur protestation se soldera par 6 morts et 158 blessés.
Les révoltes gagnent aussi les métropoles. Mais il est impossible de chiffrer précisément le phénomène, comme l'explique Jean Lapierre, l'un des réalisateurs du film (voir la vidéo) :
Présenté mercredi soir pour la soirée d'ouverture du festival, un autre film, réalisé pour les mêmes producteurs par Anthony Dufour, apporte un début de réponse à cette question. Alors que le message officiel des autorités est que les journalistes peuvent interroger n'importe qui dès lors que la personne est d'accord, « Pékin 2008, doubles jeux » montre que la réalité est différente. Une scène comique tellement elle est absurde, tournée il y a quelques jours place Tian Anmen (voir la vidéo) :
► « Colère de Chine » de Marie Stéphane, Jean Lapierre et Jean Eifer.
► Pékin 2008, doubles jeux d'Anthony Dufour.
► Addendum du 30/3/2008 à 19h53 : « Colère de Chine » a reçu le prix Olivier Quémeneur-Reporters sans Frontières au Figra 2008.




















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De hagalma
22H25 | 27/03/2008 |
Bravo à ce reportage. Ultra-libéralisme et ultra-communisme mêmes effets : le discours de tout à chacun s'efface, pour le discours dûment estampillé, qui du Parti, qui des lois du Marché (voir le débat sur les retraites ! ). Peut-être qu'ils traitent de la même chose : des objets en veux/vends-tu en voîlà. Par exemple les J.O.
Plus près de chez nous, une voiture fabriquée en Roumanie. T'en veux une ? Pas de problème, prix d'ami. Comment qu'on fait ? Chut ! Bon, d'accord, l'ouvrier roumain est payé 250 euros par mois. Et je ne vous parle pas de l'ouvrier chinois… grâce à son salaire, la Chine va se payer une bonne conduite.
Enfin, c'est peut-être pas encore fait ?
De tomtombenz
Etudiant Master en alternance | 22H46 | 27/03/2008 |
Ca fait plaisir de voir que ça bouge de l'intérieur.
Mais le plus frappant dans cet article est la vidéo du journaliste et du policier à la fin. On se rend compte qu'aussi bien ont été brifé les policiers ils arrivent vite à un paradoxe flagrant.
De FdT
En pleine décroissance | 10H54 | 30/03/2008 |
L'effervescence de la société chinoise est souvent occultée en France. La Chine est un géant au pied d'argile.
Ce pays en arrive à un point où il n'aura pas d'autre choix que de se libéraliser et se démocratiser, sans cela la pression sera telle qu'à tout moment cette société risquera d'imploser.
La Chine devra aussi prendre à bras le corps les graves problèmes environnementaux liés à une industrialisation anarchique et soumise pour ainsi dire à aucune norme de protection environnementale.
La répression touchent à ses limites, la stabilité du colosse chinois passera par une démocratisation de sa société. Le PCC n'a plus le choix, Pékin va être contrainte de faire baisser la pression, la force cette fois-ci n'y pourra rien.
Comme le dit l'auteur l'histoire de la Chine est une alternance incessante de dynasties renversées par des révoltes populaires. L'impression de stabilité de l'empire du milieux est trompeuse et dûe au fait qu'aucune de ces révoltes massives n'a apporté de changement drastique à l'organisation du pouvoir. A chaque fois la nouvelle classe dirigeante ne faisait que perpétuer l'ancien modèle jusqu'à l'émergence de Sun Yat-Sen…
NB : notons également que cette effervescence de la société chinoise est une bonne nouvelle pour Taiwan. Non pas que la Chine céderait à des revendications indépendantistes mais se satisfera du statu quo plutôt que de se risquer dans une aventure guerrière aux conséquences économiques et sociales hasardeuses. D'ici là la Chine se démocratisera peut être et les Taiwanais se verront alors éventuellement accorder le droit à l'auto-détermination.
Certains pensent à un scénario inverse : une « bonne » guerre pour unir les citoyens contre un ennemi commun. Je ne crois pas à cela, la Chine n'est économiquement pas suffisamment mûre, et socialement trop instable pour se risquer à cela…espérons-le !
De kkadim 24768
service public rhone alpes | 09H17 | 28/03/2008 |
bon faudrait d'abord mettre une chose au clair : LA CHINE N EST PAS COMMUNISTE. retourné à vos livres d'histoire, de philosophie, bref essayer de mettre sur papier ce qu'est le communisme ( qu'il soit révé et idéalise, ou plus affreusement tel qu'il fut appliqué ), ce régime n'est pas communiste. c'est une dictature utilisant les outils du totalitarisme communiste au profit de ses élites et des grandes puissances économiques de l'économie libérale.
et puis reprenez un bon vieux manuel d'histoire du XIX° siécle sur la « révolution industrielle », l'attitude des dirigeants d'entreprises n'a pas varié.