Coup de tonnerre à Versailles. Le tribunal correctionnel a fermement condamné, ce jeudi, deux haut fonctionnaires djiboutiens dans un dossier annexe de l'affaire Borrel. Djama Souleïman, procureur de la République, écope de dix-huit mois de prison ferme et Hassan Saïd, le chef des services secrets, de douze mois ferme. Tout deux étaient poursuivis pour "subornation de témoins", après avoir tenté de circonvenir deux témoins clés.
L'examen du dossier avait pris deux jours aux magistrats de Versailles. Deux jours, en l'absence des prévenus (qui ne se sont jamais présentés une seule fois devant la justice française) mais aussi en l'absence des deux principaux témoins, au moment où le tribunal examinait les faits.
Ces débats à trous n'ont pas fait faillir les trois juges. En sanctionnant les deux Djiboutiens au-delà des réquisitions du procureur de la République -qui avait réclamé souze mois de prison avec sursis- les magistrats ont voulu donner un signal très clair. La justice française ne veut plus avoir à rougir dans la gestion d'un dossier aussi symbolique que délicat. Pour Elisabeth Borrel:
"C'est important qu'on ne tolère pas ce genre de procédé dans notre démocratie. Pour une première décision au fond, c'est très bien. Cela montre que les preuves existent et qu'elles sont dans le dossier. Nous verrons la suite."
A l'énoncé du jugement, Francis Szpiner a pâli. Sans doute l'avocat de Djibouti n'avait-il pas imaginé une telle issue. Sans doute aussi va-t-il faire appel de cette décision. Sollicité par Rue89, il ne nous a jamais rappelé.
David Servenay
► Article suivi: Affaire Borrel, les pressions des Djiboutiens en procès

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"Sollicité par Rue89, il ne nous a jamais rappelé."
David Servenay
Suite à la visite de Madame Borrel ici même et à la position prise par Rue89 et tous les riverains, le silence de Szpiner semble montrer l'efficacité de notre démarche.
Je me permet d'écrire "notre" vu que Rue89 c'est l'info à 3 voix.
Il y a quelques temps Djibouti a saisi le tribunal de La Haye en reconnaissant que cette procédure avait été conseillée par Chirac pour avoir accés au dossier d'instruction français ce qui a conduit à l'abandon de la thèse du suicide.
Ce conseil de Chirac, s'il semblait judicieux se trouve être en fait une énorme ânerie dont lui seul est capable. Anerie à double détente:- La première conduisant Djibouti à reconnaître le meurtre:- La seconde en posant un Président de la République comme conseillé d'un état considéré dans cette affaire comme ennemi.
Szpiner est tombé dans le piège et n'a certainement pas envie de s'en vanter.
Quant à la Justice elle continue sereinement son travail et vient de frapper un grand coup en touchant deux représentants de l'état Djiboutien.
L'étau se reserre autour du Président de Djibouti, mais peut-être aussi risque-t-il de se refermer sur un ancien président?
On peut toujours réver, parfois les rèves se réalisent.
"Sans doute l'avocat de Djibouti n'avait-il pas imaginé une telle issue."
Dieu me tripote, n'y avait pas que Szpiner qui n'avait pas imaginé ça. Je m'en réjouis autant qu'il s'en désole. Ni plus, ni moins.
A propos des magistrats de Versailles : il doit bien y avoir des méthodes plus directes pour obtenir une mutation, non ?