
L'Américain Julian Schnabel offre une deuxième vie à « Berlin » de l'ex-leader du Velvet Underground, sorti en 1973. Pour ce documentaire musical, le cinéaste a filmé un concert à Brooklyn où le rocker interprète pour la première fois sur scène les titres aujourd'hui cultes de son album maudit.
Après de brillants débuts au sein du Velvet Underground dont il était le leader et le fondateur, Lewis Allan Reed alias Lou Reed a connu une carrière solo des plus étonnantes. En effet, même si ses premiers enregistrements avec le Velvet ont eu une influence majeure sur tout ce qui se produit de façon indépendante dans la pop depuis, le monsieur n'a jamais eu un caractère facile et le travail en équipe n'a pas toujours été simple. Au début des années 1970, il se lance dans une carrière solo.
Dès « Transformer », son deuxième album, aidé par David Bowie à l'apogée de sa Ziggy Stardust mania, c'est un succès inespéré et unanime autour notamment de « Walk On The Wild Side », puis de « Satellite Of Love », « Vicious » ou encore « Perfect Day ». Requinqué par l'enthousiasme que cet album suscite, il se lance dans un projet ambitieux avec de grandes orchestrations signées Bob Ezrin et un sujet inhabituel. « Berlin » est construit comme « Astral Weeks » de Van Morrisson ou « Melody Nelson » de Gainsbourg, il raconte une seule et même histoire.
Malheureusement, l'accueil de la critique est désastreux et le public n'accroche pas. Le choix de Bob Ezrin, à peine âgé de 23 ans, avec les lourdes responsabilités qui lui incombent, choque le label chargé d'éditer cet album. « Berlin » ne sera jamais joué sur scène et restera pour Lou Reed un album « maudit ».
Retour en 2008. Aujourd'hui, les hits de Lou Reed sont dans tous les esprits et alimentent régulièrement les bandes sons de films. Il participe même à la composition de la bande originale du deuxième film de Julian Schnabel, « Avant la nuit », inspiré de l'autobiographie de l'écrivain et poète cubain Reinaldo Arenas (« Antes que anochezca »).
Comme Lou Reed, Julian Schnabel est originaire de New York. A la fois peintre renommé et cinéaste sur le tard, on lui doit pour le grand écran « Basquiat », pour qui il a une fascination, ainsi que, plus récemment, « Le Scaphandre et le papillon » inspiré du récit de Jean-Dominique Baudy et qui lui a valu de nombreuses récompenses.
Pour « Berlin », Julian Schnabel est comme dans un fauteuil. Les moyens nécessaires à la bonne exécution de l'album sont mis en place et Lou Reed se retrouve sur scène en compagnie, en plus du combo rock habituel -basse, batterie et guitares-, d'un piano et d'une section cuivre, ainsi que d'un chœur emmené par Antony (d'Antony and the Johnsons) et Sharon Jones. Pour illustrer l'histoire que relate cet album, la fille de Julian Schnabel, Lola Montes Schnabel (ça ne s'invente pas), a tourné quelques scènes avec Emmanuelle Seigner jouant le rôle de Caroline. Ces scènes en plus d'être projetées pendant le concert, viennent ponctuer le film.
Habillement monté, ce projet s'emploie à montrer le geste artistique, s'attarde par des plans resserrés sur les mains des musiciens dans l'acte de création. Bien qu'un chef d'orchestre coordonne la section cuivre et le Brooklyn Youth Chorus, le vrai patron sur scène reste Lou Reed. Il dirige toute sa petite troupe au doigt et à l'œil, signifie d'un mouvement de main l'accélération du tempo, l'allongement d'un chorus. Les échanges avec son guitariste sont nombreux et le plaisir qu'ils prennent ensemble est communicatif.
« Berlin » est interprété à l'identique ; on y retrouve le glam, la voix rauque oscillant sans cesse à la frontière du chanté et du parlé, et les riffs blues rock explosifs. Une belle expérience pour (re)découvrir cet album longtemps banni des platines. Un enchantement qui aurait pu peut-être bénéficier de sous-titres pour mieux pénétrer dans cet univers des plus sombres.

























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De Redroom
17H34 | 26/03/2008 |
Merci de nous parler de ce grand monsieur.
Une voix unique, terrible, on se demande d'où elle sort, accompagnée par une musique simple et efficace et illustrée par de vrais textes avec de vraies paroles dedans.
Qui plus est, un homme libre ayant choisi de passer sa vie à suivre les « autres » chemins.
Moi, cette Amérique là, je l'adore.
à Redroom
De stephanemot
Author & Chief AtoZ Officer | 18H59 | 26/03/2008 |
Si « Berlin » et le Velvet restent des must, j'avais pas mal aimé son « New York ». La fameuse voix, sans artifices, et des textes toujours corrosifs.
De Schnabel, je ne connais que le très décevant Basquiat où il essayait de caser ses propres oeuvres. J'espère qu'il rend un meilleur hommage à Lou dans ce docu.
à stephanemot
De brogilo
in angulo | 21H00 | 26/03/2008 |
« De Schnabel, je ne connais que le très décevant Basquiat où il essayait de caser ses propres oeuvres. »
Bien vu, stephanemot.
Je ne peux que souscrire.
à Redroom
De Sexus Empiricus
19H36 | 26/03/2008 |
D'accord (en bémol) avec « Survivant », rock'n roll animal bénéficie d'une formation solide : c'est du robuste. Même la pochette avait du chien. Malgré le « respect » que j'ai pour cet album (un peu pieux comme respect ? ), ce n'est pas le son de Lou Reed que mes oreilles placent au-dessus du reste.
Sans nommer aucun album, Redroom dit à mon sens l'essentiel.
Si j'ajoutais une remarque sur le caractère de cochon du bonhomme, ce serait pour trouver à redire. Un travers d'artiste (les grands sont souvent invivables, mais tous les mal lunés à grosse tête ne font pas non plus des artistes : ça ne suffit pas, sinon ce serait trop facile, et nous aurions des millions d'artistes).
Quand on ne comprend rien aux textes de Lou Reed, comme c'est mon cas, reste son organe (je veux dire sa voix), et les compositions minimales dont il a le secret.
Berlin est un album parfait dans son genre. J'ai l'impression (archi-fausse, bien sûr, à mettre sous le coup - disons - de l'émotion) que Lou Reed a sorti ce bijou en ayant en tête La Salamandre de Tanner.
De survivant
18H13 | 26/03/2008 |
Pour moi « rock'n roll animal » reste de loin son meilleur album. Enfin, même si ça ne rajeunit pas dans tous les cas ça détend un peu l'atmosphère de reparler des zicos qui sont encore debout. Merci François Justamente.
De Leprivilégié
Serf de la World Company | 20H07 | 26/03/2008 |
Fan de Bowie depuis 1970 et je le suis toujours, j'ai découvert Lou Reed, entre autres, grâce à lui et curieusement ce n'est pas Transformer (produit par Bowie), mon Album préféré mais Berlin et plus encore sa participation au Velvet Underground.. J'achèterai si un Dvd sort de ce documentaire. Mais ce qui « m'interpelle » le plus c'est la photo de lou Reed jointe à l'article….sex, drugs and rock'n Roll … . Je vais remettre un bon Velvet, « I'm waiting for the man » de quand il était - nous étions jeunes. Merci François Justamente
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 20H12 | 26/03/2008 |
Hey, Babe . Take a walk on the Street 89 « wild side
De Marc
20H21 | 26/03/2008 |
J'ai rien à dire… Lou est dans mon panthéon… aux coté de Coltrane, Miles Davis, Don Cherry (qui a participé à un album de LR « the bells »), Hendrix, Molvaer…
arfff….
si ça vou branche… Heroine vidéo de 74… c'est cadeau : http://marc.vasseur.over-blog.com/article-11708412.html
De cooper59
pour la decroissance ! | 21H03 | 26/03/2008 |
Article interessant , mais pourquoi Berlin serait un album banni des platines ? Tous mes potes l'ont , moi aussi , il use les platines depuis plus de trentes ans , se vend en occaz . Bon , si vous voulez qu'ils soit maudit et banni ça me derange pas . Je vais aller voir le film evidemment .
De Grums
à bâbord + + | 07H52 | 27/03/2008 |
Merci à tous,
Ca m'a raffraîchit la mémoire de vous lire. Au fil des lignes m'est venu ce petit air que tout le monde connait de Take awalk on the wild side. Je vais aller bosser avec ça dans la tête, suis en scoot et il fait beau, ça commence bien. Bonne journée à tous.
De titote1
12H06 | 27/03/2008 |
tudjuuu ! j'ai encore le bras qui m'demange ! ! ha ha ! merci pour l'article et la video 74 ..
On etait jeunes , on etait fous .. mais come c'etait bonnnnn ! !
à titote1
De cooper59
pour la decroissance ! | 01H30 | 28/03/2008 |
personnellement j'ai pas changé mes habitudes de l'epoque , concerts , bars , curiosité pour ce qui se passe , road movie avec mon break (420 000 bornes) , saut par la fenetre si j'entends le mot mariage ou credit , jamais de toubib tant que c'est possible et ça marche , suis toujours aussi en forme ! toujours fou et c'est toujours bon , vois pas pourquoi j'aurais du changer quoique ce soit titote !
De vladtepes
13H16 | 27/03/2008 |
Trop bien, la photo qui illustre l'article.
Je savais pas que Darry Cowl et Charlélie Couture étaient potes à ce point-là ! …
De cooper59
pour la decroissance ! | 21H44 | 27/03/2008 |
Walk on the wild side , j'peux plus l'ecouter , y'a des trucs comme ça qui saturent ; le velvet et Nico pas de probleme .
De demian
22H20 | 27/03/2008 |
I know where temptations lies
inside of your heart
you can talk during this